La forêt boréale du parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton se trouve à une altitude supérieure à 330 mètres, principalement dans les hautes terres du centre et des versants sud et ouest du plateau. Cette zone protège plus de 20% de la forêt boréale de l'écosystème du nord du Cap-Breton.

carte du parc national
Cette carte du parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton montre la forêt boréale et son étendue.

La forêt boréale, dense et sombre

La forêt boréale comprend surtout des sapins baumiers et des bouleaux blancs, mais aussi des épinettes blanches et des épinettes noires. Par opposition à la forêt acadienne, la forêt boréale mature n'a pas une grande diversité d'espèces. L'épaisseur du couvert forestier et les sols acides empêchent la prolifération des buissons et des strates herbacées. Les arbres adultes demeurent relativement petits et vivent entre 50 et 100 ans seulement. Les végétaux courants du tapis forestier comprennent la trientale boréale, le cornouiller du Canada, la clintonie, la maïanthème du Canada, la linnée boréale et le sphaigne brun.


La région forestière boréale s'étend presque partout dans le nord du Canada, mais plus de la moitié fut bouleversée par les activités humaines, comme l'exploitation forestière et minière. Pour favoriser l'étude à long terme et pour différentes autres raisons, la protection de la forêt boréale est primordiale dans le parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton.

Les animaux représentatifs de la forêt boréale comprennent l'orignal, le lynx du Canada, le lièvre d'Amérique, l'écureuil roux, la grive solitaire, la mésange à tête brune et le mésangeai du Canada.

La tordeuse des bourgeons de l'épinette, l'orignal et la forêt boréale

Le sapin baumier est l'arbre dominant de la forêt boréale dans le nord du Cap-Breton et ses jeunes pousses font le régal de la tordeuse des bourgeons de l'épinette, dont il ne faut pas se fier au nom. À la fin des années 1970 et au début des années 1980, les forêts de conifères du Cap-Breton ont beaucoup souffert d'une infestation de la tordeuse des bourgeons de l'épinette. Ce papillon est toujours présent dans les forêts de conifères mais, tous les 30 ans environ, on observe une explosion démographique et des dommages conséquents. Lorsque l'explosion démographique coïncide avec une forte concentration de sapins baumiers, la situation est propice au renouvellement du paysage forestier.

Habituellement, les événements majeurs que sont une infestation d'insectes ou un incendie de forêt donnent lieu à une colonisation par des végétaux très rustiques, comme le framboisier ou la fougère-aigle commune. Lentement, des arbres reprennent ensuite possession du terrain forestier : le bouleau blanc, le sorbier, le petit merisier, le sapin baumier. Au bout d'une vingtaine d'années environ, la nouvelle forêt se compose essentiellement de bouleaux et de sapins. Le bouleau à papier y domine, puisqu'il pousse beaucoup plus rapidement. La voûte forestière conséquente convient tout particulièrement à l'amateur d'ombre qu'est le sapin baumier. Après quelques dizaines d'années, la forêt ne présente plus que des sapins baumiers et quelques bouleaux isolés. En y revenant quelques dizaines d'années plus tard, on ne verra plus que des sapins baumiers, une monoculture idéale pour la tordeuse des bourgeons de l'épinette. Il s'agit là d'un cycle continu de destruction, de régénération végétale et de colonisation par le sapin baumier.

Les orignaux disposent d'une nourriture abondante tout au long de l'été, mais l'hiver venu, ils se nourrissent essentiellement des branches et de l'écorce des bouleaux blancs, ainsi que de celles d'autres espèces à feuilles caduques, de même que du sapin baumier. Lorsque l'infestation de la tordeuse des bourgeons de l'épinette s'est déclarée au sein de la forêt boréale, la régénération forestière qui a suivi a fourni aux orignaux une quantité considérable de nourriture. Bénéficiant alors de ressources alimentaires abondantes et de l'absence de ses principaux prédateurs naturels (les loups ayant disparu de cette région), la population d'orignaux a explosé dans le parc.

La régénération de la forêt boréale se trouve aujourd'hui en perte de vitesse, en proie à un abroutissage excessif. En effet, l'imposante population d'orignaux peuplant le parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton consomme généralement de 50 à 60 % des nouvelles pousses établies dans les zones touchées par la tordeuse des bourgeons. Après plus de 15 années d'observation, le personnel du parc ainsi que divers groupes de chercheurs ont pu constater que la forêt boréale, au lieu de se rétablir, était en train de se transformer graduellement en terres herbeuses.

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