Grimpeurs égarés au mont Louis, au parc national Banff, le 26 juin 2011
Noyade dans le ruisseau Redearth, parc national Banff, le 21 juin 2011

Grimpeurs égarés au mont Louis, au parc national Banff, le 26 juin 2011

La personne qui a signalé la disparition a vu les deux grimpeurs pour la dernière fois au point de rendez-vous pour le covoiturage à Calgary à 6 h 45 le 25 juin. Ils y avaient laissé une voiture et ont dit qu'ils avaient l'intention d'escalader le mont Edith. En se rendant à Banff, ils se sont ravisés, car ils voulaient un plus grand défi, et ont décidé d'escalader plutôt le mont Louis. Ils ont quitté le parc de stationnement en bordure de la route vers 8 h 30 et ont atteint le mont Louis vers 10 h 30. Après avoir croisé un groupe sur le parcours Kain, ils ont décidé d'emprunter le parcours Gmoser. Ils ont dévié du parcours à deux ou trois reprises, mais ont toujours fini par retrouver leur chemin. Ils ont atteint le sommet à la tombée de la nuit. Ne voulant pas entreprendre la descente à la noirceur, ils ont renforcé de blocs de neige un bivouac entouré d'un muret de pierres au sommet (2 682 m) et y ont passé la nuit. Ils avaient laissé leurs téléphones cellulaires dans la voiture et n'ont pu communiquer avec personne pour donner leur position. Cette nuit-là, il a neigé jusqu'à une altitude de 2 100 m.

Le lendemain matin, après une longue nuit froide, ils ont amorcé la descente en empruntant le parcours habituel de rappel. Sur la descente, il y a un endroit où il faut grimper sur 10 m jusqu'à un col avant de pouvoir continuer la descente en rappel. Ils ont dévié du parcours à un relais de rappel avant d’arriver à cette étape, le premier de cordée ayant grimpé trop tôt et ayant continué à monter sur environ 30 m. Comme il n'a pas pu trouver d'autre relais de descente en rappel, il a cru qu'il devait y avoir une erreur dans le livre, et il avait l'intention de continuer à grimper plus haut pour retrouver le parcours de rappel.

Descente du mont Louis. Les cercles indiquent la position des grimpeurs égarés, et les flèches, le bon parcours de descente.
Descente du mont Louis. Les cercles indiquent la position des grimpeurs égarés, et les flèches, le bon parcours de descente.
© Parcs Canada

Un spécialiste de la Sécurité des visiteurs à Parcs Canada a été informé qu'une équipe de grimpeurs manquait à l'appel à 6 h. Après avoir obtenu confirmation que le véhicule se trouvait toujours au point de rendez-vous pour le covoiturage, le spécialiste de Parcs Canada a vérifié au début du sentier et y a trouvé le véhicule. Il a laissé une note sur le véhicule pour demander aux occupants de communiquer sans tarder avec le centre de répartition des appels d’urgence de Banff dès leur retour; il a aussi appelé au téléphone cellulaire des grimpeurs et leur a laissé un message texte. À 8 h, le spécialiste de la Sécurité des visiteurs a entrepris une reconnaissance aérienne au-dessus du mont Edith. Après une reconnaissance approfondie des divers parcours d'ascension et de descente, ainsi que des endroits où des problèmes auraient pu survenir, l'équipe de sauvetage n'a trouvé aucune trace d'un pic qui avait été escaladé récemment. Elle a alors décidé de diriger ses recherches du côté du mont Louis, le seul autre sommet de ce secteur populaire auprès des grimpeurs, au cas où les grimpeurs égarés auraient modifié leur itinéraire.

Après un vol de reconnaissance sur le parcours d'ascension du mont Louis, l'équipe de sauvetage a remarqué le bivouac qui avait été renforcé dernièrement au sommet, et a entrepris de chercher sur les parcours de descente. À 9 h 30, elle a repéré les grimpeurs à mi-chemin dans la descente. Ils ne semblaient pas blessés. Le premier de cordée avait dévié du parcours et son coéquipier était encore rattaché aux points d'ancrage. Ils ont appelé au secours en tendant les bras au-dessus de la tête, en formant un « Y ». L'équipe de sauvetage a quitté les lieux pour refaire le plein de carburant et pour aller chercher l'équipement d'hélitreuillage.

À leur retour, les sauveteurs ont revérifié la position des grimpeurs. Le premier de cordée ramenait le deuxième grimpeur jusqu’à un point d’ancrage qu’il avait installé sur une petite corniche. L’équipe de sauvetage a atterri dans la vallée Gargoyle et s’est préparée à envoyer l’équipement d’hélitreuillage aux grimpeurs. Le premier sauveteur est descendu, il a renforcé le point d'ancrage et a préparé les grimpeurs en vue de l’hélitreuillage. Il a confirmé qu’ils étaient bien les personnes manquant à l’appel et qu’ils étaient tous deux bien portants. Le deuxième sauveteur est descendu par hélitreuillage, il est resté sur le câble d'hélitreuillage et a remonté un des deux grimpeurs. L'hélicoptère est alors revenu pour reprendre le premier sauveteur et le deuxième grimpeur. À 10 h 45, les deux grimpeurs avaient été hélitreuillés de la montagne, ils avaient été ramenés à Banff par hélicoptère, puis à leur voiture.

Le spécialiste de la Sécurité des visiteurs de Parcs Canada est hélitreuillé avec le deuxième grimpeur égaré.
Le spécialiste de la Sécurité des visiteurs de Parcs Canada est hélitreuillé avec le deuxième grimpeur égaré.
© Parcs Canada

Analyse
Il est connu que l’ascension du mont Louis nécessite une bonne journée et qu’il est difficile d'y trouver le parcours tant à l’ascension qu'à la descente. Beaucoup de groupes entreprennent cette ascension avant l’aube afin de pouvoir se trouver loin du sommet et redescendre avant les orages de l’après-midi. Même si les journées sont plus longues à cette période de l'année, le fait que les grimpeurs aient quitté le début du sentier tard (à 8 h 30) ne leur a pas laissé suffisamment de temps pour faire l'ascension et la descente en une seule journée. De plus, comme ils ne savaient pas qu'il y avait une zone de desserte pour les cellulaires dans le haut de la montagne, ils n'ont pas apporté leurs téléphones cellulaires pour confirmer que tout allait bien. Heureusement pour eux, ils avaient des vêtements de surplus (bonnets, blousons) pour rester au chaud pendant la nuit, étant donné qu’ils ont sagement décidé de ne pas s'aventurer sur une descente assez complexe et non familière dans la noirceur. S'ils avaient informé la personne qui a signalé leur disparition de leur changement de trajet, l'équipe de sauvetage aurait pu les retrouver plus rapidement.


 

Noyade dans le ruisseau Redearth, parc national Banff, le 21 juin 2011

Le présent rapport concerne sept kayakistes de niveau avancé qui avaient entrepris de franchir des chutes et des rapides de classe 5 et 6 sur le tronçon inférieur du ruisseau Redearth vers 14 h 30. Certains membres du groupe ont descendu sans problème la cascade Jugbuster, une dénivellation de plus de 9 m qui débouche sur un énorme bassin d’eau. Cependant, un kayakiste a été aspiré au fond de l’eau et n’a pas refait surface. Une à une, des pièces de son équipement sont remontées à la surface de l’eau. Le kayak a suivi, puis le pagayeur est apparu, dos au ciel. Le groupe estime qu’il a pu s’écouler jusqu’à cinq minutes avant que le kayakiste ne remonte à la surface. Le corps a ensuite été emporté en aval, et un autre pagayeur est parti à sa suite. Environ 1 km plus en aval, la victime tournoyait dans un remous. D’autres membres du groupe ont fait une descente en rappel pour retirer le corps de l’eau, car le kayakiste parti à sa recherche avait déjà dépassé la victime et ne pouvait plus remonter le canyon pour la rejoindre. Le groupe estime qu’il s’est écoulé entre 45 minutes et une heure avant que les kayakistes ne ramènent l’homme sur la terre ferme et n’amorcent la RCR.

La cascade Jugbuster, dans le canyon du ruisseau Redearth
La cascade Jugbuster, dans le canyon du ruisseau Redearth © Parcs Canada

L’une des membres du groupe est partie à la course en direction de son véhicule, où elle avait laissé son téléphone cellulaire. Une fois alertés, des spécialistes de la Sécurité des visiteurs de Parcs Canada sont partis de Banff et de Lake Louise, et un hélicoptère a été dépêché de Canmore. Deux spécialistes de la Sécurité des visiteurs ont rejoint le groupe de kayakistes en remontant le canyon à pied. La victime reposait sur les roches au fond du canyon, à environ 1,5 km en amont de la route, et ses compagnons étaient en train de pratiquer la RCR. Le pilote de l’hélicoptère a réussi à déposer les sauveteurs dans le canyon au moyen d’une élingue de 45 m de longueur, et le patient a été transféré à bord et acheminé aux SMU en attente à proximité. Les SMU ont poursuivi leurs efforts de réanimation. La température centrale du patient étant de 24,5 degrés, l’hôpital a procédé à un réchauffement interne tout en poursuivant le travail de RCR. Le décès a été prononcé vers 19 h 45.

Les spécialistes de la Sécurité des visiteurs de Parcs Canada travaillant dans un endroit exigu, dans le canyon du ruisseau Redearth
Les spécialistes de la Sécurité des visiteurs de Parcs Canada travaillant dans un endroit exigu, dans le canyon du ruisseau Redearth
© Parcs Canada

Analyse

Les descentes en eaux vives de ce genre gagnent en popularité – les adeptes de ce sport recherchent des dénivellations de plus en plus grandes et des endroits de plus en plus sauvages. Quand les choses tournent mal, la marge de manœuvre est presque nulle.

Rapports d'accidents