Le 28 juillet 1755, le Conseil d'Halifax ordonne que la population acadienne soit déportée dans les colonies angloaméricaines. Les Britanniques procèdent à un premier rassemblement des Acadiens en août au fort Cumberland, un mois avant que ne débute la Déportation à Grand-Pré et à Pigiquit. Dès le mois d'octobre 1755, et jusqu'en 1762, des centaines de familles acadiennes sont expulsées sur des vaisseaux vers les colonies anglo-américaines, l'Angleterre et la France. Entre 6 000 et 7 000 Acadiens sont ainsi expatriés. De la seule région de Beauséjour, 1 100 personnes sont déportées en 1755 tandis qu'environ 2 000 se réfugient au Canada, à l'île Saint-Jean et à la rivière Miramichi dans les années qui suivent. Toutefois, un groupe d'Acadiens demeure dans la région et, sous la conduite de Charles de Boishébert et de Joseph Broussard dit Beausoleil, résistent contre la garnison du fort Cumberland. Après plusieurs affrontements — dont celui de l'été 1755 au Village-des-Blanchard (Hillsborough, N.-B.) et celui de janvier 1759 au pont de Sang, non loin du fort de Beauséjour —, les résistants acadiens se rendent aux autorités britanniques.

Les familles acadiennes réfugiées à la Miramichi et dans la baie de Restigouche sont aux prises avec de grandes difficultés pour assurer leur survie. En 1761, une nouvelle attaque anglaise force un bon nombre d'entre elles à se rendre après avoir vécu cachées dans les bois pendant plusieurs années. Quelque 200 de ces Acadiens et Acadiennes sont faits prisonniers et sont conduits aux forts Cumberland et Edward (Windsor, N.-É.) ainsi qu'à Halifax.

En 1764, un groupe de 388 Acadiens, soit 73 familles, vivent autour du fort Cumberland, dans des abris de fortune. Ces familles subsistent grâce aux provisions que leur accordent les autorités anglaises, tout en effectuant de menus travaux pour les militaires. N'étant plus sous la surveillance du fort après 1764, elles vont fonder de nouveaux villages, principalement au Nouveau-Brunswick et en NouvelleÉcosse. Elles sont rejointes par des déportés qui reviennent des colonies anglo-américaines, du Canada, de France et d'ailleurs. Les Acadiens commencent ainsi la fondation d'une seconde Acadie.