Édifice public Dominion

Édifice fédéral du patrimoine classé

London, Ontario
Édifice fédéral du patrimoine classé Édifice du Dominion (© (Canada. National Archives, Picture Collection, PA-124500, n.d.))
Photo extérieur
(© (Canada. National Archives, Picture Collection, PA-124500, n.d.))
Adresse : 457, rue Richmond, London, Ontario

Loi habilitante : La Politique du Conseil du Trésor sur la gestion des biens immobiliers
Date de désignation : 1990-06-07
Dates :
  • 1935 à 1936 (Construction)

Autre nom(s):
  • Édifice du Dominion  (Nom de la désignation)
Ministère gardien Travaux publics et Services gouvernementaux Canada
Référence du rapport BEEFP 89-090
Numero RBIF : 10889 00

Description du lieu patrimonial

L’édifice du Dominion, qui se dresse dans le quartier des affaires de London, est un exemple caractéristique d’architecture classique moderne. Il s’agit d’un édifice de six étages pourvu d’une haute tour à une extrémité. Construit en pierre calcaire taillée lisse, l’édifice rappelle un gratte-ciel en gradins qui serait muni d’un long prolongement à l’arrière. Il se distingue par l’élan vertical prononcé venant des sections de plusieurs étages et des fenêtres en retrait, du granit noir poli employé pour le bandeau et autour des portes d’entrée et par les décorations sculptées dans la maçonnerie. La désignation se limite au tracé au sol du bâtiment.

Valeur patrimoniale

L’édifice du Dominion est un édifice fédéral du patrimoine classé en raison de son importance historique, de l’intérêt qu’il présente sur le plan architectural et de la place privilégiée qu’il occupe au sein de son milieu.

Valeur historique
L’édifice du Dominion est un très bel exemple associé au thème de l’accroissement de la présence fédérale dans les villes du Canada et au thème des grands édifices publics érigés en vertu de la Loi de 1934 sur la construction d’ouvrages publics. En effet, pour tenter de soulager les pires effets de la Dépression, le gouvernement fédéral a mis de côté 40 millions de dollars pour la construction d’ouvrages publics, afin de créer des emplois et de stimuler l’économie. L’édifice du Dominion domine parmi les 26 édifices construits en vertu de cette loi.

Valeur architecturale
Cet édifice est un excellent exemple du style d’architecture classique moderne, essentiellement une variante du style Art Déco. Ce style est fondé sur des principes visant l’établissement d’une présence forte, mais digne, des grands immeubles officiels dans les villes. L’édifice du Dominion, immeuble en béton armé qui a abrité tour à tour divers ministères, a été construit à des fins fonctionnelles et témoigne de l’excellente qualité des matériaux et de l’exécution.

Valeur environnementale
Cet immeuble dramatique situé bien en vue a conservé son rapport historique avec son milieu, qui lui n’a pas changé, et rehausse le caractère actuel du quartier des affaires. La construction de l’édifice du Dominion a préludé une croissance remarquable du développement urbain et du coeur visuel du centre-ville de London. L’immeuble est bien en vue et constitue un repère local bien connu.

Références :
Shannon Rickets, édifice du Dominion, 475, rue Richmond, London (Ontario). 89-090.

Édifice du Dominion, 475, rue Richmond, London (Ontario). Énoncé de valeur patrimoniale 89-090.

Éléments caractéristiques

Les éléments suivants, qui définissent le caractère de l’édifice du Dominion, devraient être respectés, par exemple :

le style de la construction et la bonne qualité des matériaux et de l’exécution, c’est-à-dire :
sa dimension monumentale, son profil et son groupement qui s’élève depuis une base d’un étage en volumes à reculs successifs, et l’élan vertical prononcé créé par les sections à étages multiples qui séparent des fenêtres et des entrées placées en retrait profond; les motifs sculptés de l’extérieur, dont la feuille d’érable, la rose, le trèfle, le chardon et la fleur de lis; l’espace public principal à l’intérieur avec ses plafonds à caissons et ce qu’il reste des accessoires originaux, comme les luminaires et les portes en laiton; les murs de marbre poli avec sols coordonnés en terrazzo.

La façon dont l’édifice du Dominion rehausse le paysage urbain de London de par sa construction, sa dimension et son emplacement ainsi que son rapport physique et fonctionnel avec les autres bâtiments de la ville.

Énoncé de valeur patrimoniale

Avis de non-responsabilité - L'énoncé de valeur patrimoniale a été mis en place par le BEÉFP, afin de clarifier l'objet de la désignation d'un bâtiment fédéral du patrimoine et ce qui confère à l'édifice son importance patrimoniale. Il est donc un document de référence clé pour toute personne impliquée dans un projet d'intervention sur des édifices fédéraux du patrimoine et il est utilisé par le BEÉFP lors de ses examens d'intervention.

Le Dominion Public Building de London, en Ontario, imposant spécimen du style classique moderne, a été construit en 1935-1936 selon les plans dressés par la société d’architecture Watt and Blackwell de London, en collaboration avec l’architecte
Roy O. Moore. L’immeuble devait accueillir les bureaux de ministères fédéraux, mais c’est au bureau de poste qu’étaient destinés les locaux publics les plus prestigieux. Malgré les rénovations et le réagencement des espaces intérieurs faits en 1983, l’immeuble a conservé sa vocation initiale d’édifice du gouvernement fédéral. Le ministère qui en a la garde est Travaux publics Canada. Consulter le Rapport 89-90 du BEEFP.

Raisons de la désignation
Le Dominion Public Building a été désigné édifice classé en raison de ses rapports avec l’histoire, de son impressionnante architecture et de l’importance qu’il a dans son milieu urbain.

Du point de vue historique, l’immeuble est un exemple tangible de l’accroissement de la présence fédérale dans les petites et grandes villes du Canada et représente aussi un des plus gros investissements parmi l’ensemble des édifices publics financés par la Loi sur la construction d’ouvrages publics de 1934. Sa construction a préludé à une ère de croissance remarquable pour la ville de London.

Sur le plan architectural, l’immeuble marque un sommet dans la carrière des trois principaux architectes intéressés, Watt, Blackwell et Moore. Pendant les années qui ont suivi la Crise de 1929, le gouvernement fédéral a retenu les services d’éminents architectes locaux pour travailler en complémentarité avec son personnel interne, ce
qui en l’occurrence a donné naissance à un des beaux spécimens de l’architecture classique moderne au Canada, style qui rompt avec la composition classique Beaux- Arts auparavant privilégiée pour les grands immeubles officiels.

Dans son milieu urbain, l’immeuble jouit d’un grand prestige en raison de sa taille, de sa fonction et de la qualité de son architecture. L’espace vert situé de l’autre côté de la rue vient encore renforcer son image publique.

Eléments caractéristiques
La valeur patrimoniale du Dominion Public Building procède de ses façades principales et de ses locaux publics les plus importants.
La façade principale donne sur l’étroite rue Richmond, où l’élan vertical de la construction est matérialisé par les reculs successifs des murs latéraux, les deux étages supplémentaires de la tour centrale et les fenêtres verticales profondément encastrées dans la maçonnerie.

Pour la façade, le choix s’est porté sur un revêtement de pierre calcaire à taille adoucie et pour le soubassement et le pourtour des portes d’entrée, sur du granit noir poli. La façade est animée de décorations sculptées dans la maçonnerie qui présentent les formes stylisées Art déco typiques de l’architecture classique moderne. Certains de ces motifs sculptés se distinguent par l’emploi délibéré de symboles canadiens, suivant en cela les idées prônées à l’époque par l’architecte John Lyle et d’autres de ses collègues en faveur de moyens appropriés d’expression de l’identité nationale. Les façades latérales font aussi ressortir la volumétrie puissante, l’élan vertical et les ornements stylisés de la façade de la rue Richmond, mais de manière plus sobre.

Il importe que ces façades soient conservées avec soin en tant qu’ensemble homogène exprimant l’architecture classique moderne, avec cette relation réciproque entre volumétrie, proportions, matériaux et figures décoratives qui est caractéristique du style. La mise en place d’un programme d’entretien régulier s’impose pour conserver la maçonnerie en bon état; en outre, il serait essentiel, si l’on devait entreprendre d’importants chantiers de réfection ou de restauration, de faire appel à des spécialistes de la conservation compétents dans les domaines visés. Les éléments décoratifs en bronze et les autres matériaux typiques de l’époque devront aussi être conservés et restaurés au besoin. Certains choix malheureux ont été faits par le passé dans le remplacement de portes et de fenêtres; en règle générale, il faut choisir des éléments de remplacement qui emploient les mêmes matériaux et qui ont la même couleur et la même forme que les éléments d’origine si l’on veut maintenir l’intégrité architecturale des façades.

La salle des guichets du bureau de poste était un exemple saisissant de l’application des principes classiques modernes à la composition intérieure: belle esthétique des volumes et des proportions, détails décoratifs à la fois simples et stylisés et élégance des matériaux. La salle renferme des murs de marbre poli, des sols coordonnés en terrazzo, des plafonds à caissons minutieusement ouvragés ainsi que des portes et des ferrures en laiton et en bronze. Malgré des rénovations récentes, les espaces intérieurs ont en bonne partie conservé leur qualité d’origine. Il faudra faire tous les efforts nécessaires pour préserver leur qualité aux espaces publics intérieurs ou la leur rendre. La continuité entre l’intérieur et l’extérieur est particulièrement importante pour les édifices spéciaux de ce type.

Les aménagements extérieurs sont restés à peu près inchangés, à part de légères modifications ayant pour but de rendre l’immeuble accessible aux personnes handicapées. Il importe que ces aménagements soient conservés tels quels. On pourra permettre certaines modifications sur le derrière de l’immeuble; il faudra toutefois s’assurer que la volumétrie principale du bâtiment d’origine ne souffrira pas de tels travaux.