Parc national du Canada du Mont-Riding

Rassemblement des bisons du lac Audy

Collaboration entre Parcs Canada et les Premières nations

WASAGAMING, MB, 25 janvier 2011 - L'observation des bisons au lac Audy est une expérience mémorable pour un grand nombre de visiteurs au parc national du Mont Riding (PNMR). Cette harde captive d'environ 44 bêtes vit dans une enceinte de 500 hectares située dans la partie sud centrale du parc. Pendant la plus grande partie de l'année, les bisons n’exigent aucune attention spéciale de la part des spécialistes de la conservation des ressources du parc, mais tous les hivers, on les rassemble afin de vacciner les jeunes veaux, d’évaluer la santé générale des animaux et de réduire la taille de la harde.

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Indifférent aux éléments. Le bison, parfaitement adapté aux hivers du Manitoba, est l'attraction la plus populaire au lac Audy, dans le parc national du Mont Riding. Des membres des Premières nations ont aidé les employés de Parcs Canada lors du rassemblement annuel des bisons dont le but était d'évaluer la santé de cette harde captive. Ces bêtes forment non seulement une harde d’exhibition, elles font également partie d'un effort de conservation visant à préserver la diversité génétique de l’espèce.
© Parcs Canada
« Puisque l'enceinte du lac Audy est un espace restreint, nous voulons maintenir une harde qui permettra au public d’observer le comportement naturel des bisons sans surcharger les pâturages », explique Angela Spooner, une agente de conservation des ressources au PNMR. « L'objectif est de maintenir une harde ayant une composition naturelle selon l’âge et le sexe. »

Le 11 janvier, neuf bêtes ont été retirées de la harde. À la même occasion, les veaux nés cette année ont reçu une étiquette d'oreille et un vaccin contre la jambe noire. Des tests de dépistage de la tuberculose étant prévus cette année, les responsables ont profité du rassemblement pour les effectuer.

Plusieurs motifs expliquent pourquoi cette opération est menée en hiver. Puisqu’il n’y a pas d’eau dans les enclos de rassemblement, il est pratique que les bisons puissent consommer de la neige, comme dans un milieu sauvage, pendant qu'ils y sont gardés. Si ce rassemblement était fait pendant les chaudes journées de l’été, certaines bêtes pourraient souffrir de chaleur excessive en raison du stress. En outre, il est plus facile d'effectuer ce travail en hiver car on peut attirer les bisons dans les enclos avec du foin, ce qui ne fonctionnerait pas en été en raison de l’abondance d'herbe fraiche.


Après avoir été rassemblées par Spooner, les bêtes sont dirigées vers une chute à bétail où elles sont examinées en toute sécurité et où les employés de l’Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) peuvent procéder aux tests de dépistage de la tuberculose. Les bêtes ont été examinées à plusieurs reprises dans le passé et aucun cas de tuberculose n’a été découvert. Tous les troupeaux de bœufs, de wapitis et de bisons de la région sont régulièrement assujettis à ces tests.

Participation des Premières nations

Les membres de la Première nation ojibway de Keeseekoowenin (PNOK) jouent un rôle important dans le rassemblement des bisons en participant à tous les aspects. Parcs Canada est toujours favorable à l’augmentation de la participation des Premières nations à cette activité, car le bison est un élément culturel important et qu’elles ont un lien traditionnel avec les terres qui font partie du parc.
« Le bison est une source de nourriture que nous avons conservée grâce à nos chefs au moment de la conclusion du traité à la fin des années 1800 », explique le chef de la PNOK, Norman Bone. « Le bison, le wapiti, le chevreuil, le poisson. Voilà nos aliments traditionnels.»

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Collaboration inter organisation. Jack Dubois de Manitoba Conservation, Lyndon Bone de la Première nation ojibway de Keeseekoowenin et Roxanne Grzela de Parcs Canada ont participé au rassemblement annuel des bisons dont le but était d’évaluer la santé de cette harde captive. Ces bêtes forment non seulement une harde d’exhibition, elles font également partie d'un effort de conservation visant à préserver la diversité génétique de l’espèce.
© Parcs Canada

Bien que des millions de bisons occupaient jadis les plaines de l'Ouest, ils étaient pratiquement disparus au début des années 1900. Dans le cadre d'un effort national de conservation, plusieurs parcs nationaux de l'Ouest du Canada ont gardé des hardes captives de bisons. On a commencé à réintroduire les bisons dans le PNMR dans les années 1930. À ce moment, les prairies du lac Audy ont été choisies parce qu’il y avait des preuves que des bisons y vivaient avant leur disparition.

« Lors de la négociation du traité, nous avons obtenu le droit de chasser », explique le chef Bone. « En raison des problèmes linguistiques, ce qui n'a pas été bien compris est que le droit de chasser signifie avoir accès à notre source de nourriture. La participation de notre collectivité au rassemblement des bisons peut être comparée, je pense, à une chasse moderne. »

Les têtes, les peaux et la viande de bison récoltées dans le cadre du rassemblement de cette année seront remises à la Coalition des Premières nations ayant des intérêts dans le parc national du Mont-Riding, qui regroupe la PNOK ainsi que six autres Premières nations situées près du parc. Le gibier récolté cette année dans le cadre des autres activités de gestion de la faune sera remis aux diverses banques alimentaires locales.

Histoire du bison dans les parcs nationaux

Au départ, on gardait des bisons dans les parcs nationaux afin que le public puisse en faire l’observation. La majorité des parcs nationaux n’abritent plus ces hardes à des fins d’observation. Parcs Canada a modifié ses priorités et il gère présentement la harde du lac Audy à des fins de conservation, afin de contribuer à la diversité génétique de l'espèce.

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Homme contre bison. Qu’est ce qui permet de ralentir un bison suffisamment longtemps pour qu’on l’examine? Richard Bone, membre de la Première nation ojibway de Keeseekoowenin (PNOK) se prépare à manipuler une des barrières de la chute à bétail lors du rassemblement des bisons de Parcs Canada du lac Audy, dans le parc national du Mont Riding. La PNOK a aidé les employés de Parcs Canada à évaluer la santé de cette harde captive. Ces bêtes forment non seulement une harde d’exhibition, elles font également partie d'un travail de conservation visant à préserver la diversité génétique de l’espèce.
© Parcs Canada

Les bisons de Parcs Canada proviennent tous de Wainwright, en Alberta, de ce qui était alors le parc national Buffalo. Cette harde source a ensuite été déplacée au parc national Elk Island. Des tests génétiques nous ont appris que les bisons de Parcs Canada ne possèdent aucun gène lié au bétail domestique, ce qui veut dire qu'ils sont purs, contrairement à certaines races commerciales. En effet, pendant un certain temps, des producteurs ont fait des croisements entre le bison et le bœuf afin de produire un animal plus docile. Aujourd'hui, on trouve encore des gènes de bovin dans certaines lignées de bison parmi les plus pures.

On peut comprendre pourquoi les producteurs de bison ont cherché à rendre ces imposants animaux plus dociles. Le poids des femelles peut atteindre jusqu'à 550 kg (1200 livres) tandis que dans les cas des mâles, ce poids peut atteindre 800 kg (1800 livres). Il y a de bonnes raisons pour demander aux visiteurs de demeurer dans leurs véhicules lorsqu’ils conduisent dans l'enceinte des bisons. Ces animaux sont rapides comme l'éclair, très agiles et leur caractère imprévisible commande le respect de tous ceux qui les connaissent bien.

Le bison et son environnent

Les chercheurs étudient présentement le lien entre le bison, les prairies de fétuque et les conséquences des feux dans le maintien des habitats des prairies de fétuque.

« La prairie de fétuque doit être dérangée pour maintenir sa diversité », explique Spooner. « On dit que les bisons sont les tondeuses de la nature. Tout comme les feux, les bisons aident plusieurs espèces à survivre, et même à prospérer, dans la prairie. Non seulement leur broutage favorise la croissance d’un grand nombre de types de plantes, mais les perturbations dont ils sont responsables contribuent à enrichir la diversité des espèces animales telles que les oiseaux chanteurs, les insectes, les rongeurs et les espèces proies en général. Les prédateurs, notamment les rapaces, les renards, les coyotes et les ours en tirent également des avantages. C’est pourquoi le bison est considéré comme une espèce clé. »

Pendant que l’on poursuit la recherche sur le bison et son important rôle dans l'environnement, les Premières nations contribuent également de façons de plus en plus nombreuses au renforcement de cet ensemble de connaissances.

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Collaboration inter organisation. Bob Keffen de l'Agence canadienne d'inspection des aliments et Roxanne Grzela de Parcs Canada ont participé au rassemblement annuel des bisons dont le but était d’évaluer la santé de la harde captive du lac Audy, dans le parc national du Mont Riding. Ces bêtes forment non seulement une harde d’exhibition, elles font également partie d'un effort de conservation visant à préserver la diversité génétique de l’espèce.
© Parcs Canada

« Je me souviens d’avoir assisté à une réunion avec des aînés. Les femmes racontaient que les hommes partaient pour localiser les animaux », se rappelle le chef Bone. « Nous étudions tout – animaux, plantes, météo, étoiles. Notre survie en dépendait. Tout ceci est encore pertinent de nos jours. Nous avons toujours été des chercheurs. Nous mettrons cela en pratique d’une manière un peu différente lorsque nous participons au rassemblement des bisons au lac Audy. »

Le secteur émergeant du savoir écologique traditionnel (SET) appuie cette déclaration. Les scientifiques du domaine de l'environnement entrevoient comment les préceptes des Premières nations peuvent être utiles à leurs propres études. Parce qu’il repose sur l’observation pratique et quotidienne des interactions entre les espèces et des changements qui se produisent dans l’environnement au fil du temps, le SET peut aider les chercheurs à acquérir une compréhension plus profonde de la nature.

« J'ai adopté une nouvelle attitude envers la recherche », a déclaré le chef Bone. « Notre peuple avait l'habitude de résister aux chercheurs et aux anthropologues qui venaient chez nous pour étudier, une fois de plus, notre culture et de notre mode de vie ». Maintenant, je considère que nous avons été les pionniers de la recherche sur ces terres. »

Parcs Canada est fier d'être un leader dans le domaine de la collaboration avec les Premières nations en ce qui a trait aux enjeux liés à la gestion de la faune.

« Les bisons font partie de l'histoire naturelle vivante », conclut Spooner. « La valeur de ces animaux dépasse leur impressionnante présence physique. Ils jouent un rôle clé dans la fonction naturelle des prairies de fétuque. Nous devons gérer activement les bisons et le milieu, tout en reconnaissant l'importance du bison dans le mode de vie des Premières nations.

Si vous désirez obtenir des renseignements plus détaillés à ce sujet ou sur les bisons du lac Audy, veuillez téléphoner au 204 848 7275, expédier un courriel à l’adresse suivante: info.rmnp@pc.gc.ca, ou visiter le site www.pc.gc.ca/riding.