Lieu historique national du Canada Rocky Mountain House

La capote 

La capote, sorte de long pardessus, est étroitement associée à la traite des fourrures en Amérique du Nord. Il n’est pas surprenant que l’essor de ce vêtement typiquement canadien ait coïncidé avec la traite des fourrures à grande échelle pour les marchés européens. En effet, les capotes, ou plus précisément les couvertures de laine à partir desquelles on les confectionnait, sont devenues l’un des articles d’échange les plus recherchés et ont remplacé les fourrures en tant que vêtement d’hiver par excellence chez les Autochtones comme chez les nouveaux arrivants.

Origines

La capote a peu à peu été associée à la Compagnie de la Baie d’Hudson jusqu’à être parfois appelée « manteau de la Baie d’Hudson ». Comme elle provient de la Nouvelle France, elle va également de pair avec les habitants et les voyageurs français. Le terme « capot » ou « capote » est un mot français désignant une cape. L’emploi du terme capote en Amérique du Nord remonte au tout début des années 1600, à l’époque où des marins français viennent échanger leurs manteaux avec les Micmacs de la Côte de l’Atlantique. Dans son journal autobiographique, Pierre Radisson (1636 1701) affirme porter une « cappot » ou « capot » bien avant que la mention d’un tel article ne figure dans les archives de la Compagnie de la Baie d’Hudson (CBH).

Types de capotes

À l’occasion, la capote désigne des pardessus réalisés à partir de peaux ou de cuirs variés. Selon certaines descriptions, les premières capotes n’ont probablement pas toujours été munies d’une capuche; d’autres soutiennent que les premières capotes confectionnées au Canada ressemblaient aux justaucorps de l’aristocratie : très ajustées au dessus de la taille, elles s’évasaient jusqu’au dessous du genou. Si à l’origine le terme capote désigne différents types de manteaux, avec le temps, il fait surtout référence à la couverture à capuche de la Baie d’Hudson, largement répandue chez les commerçants de fourrures européens et les négociants en fourrures autochtones. Bien entendu, le style et l’étoffe de cette dernière varient aussi, mais dans la plupart des cas, les capotes sont faites d’une sorte de couverture de laine ou tissu lourd, comme l’« étoffe du pays » artisanale, fabriquée en Nouvelle France. Vers la fin des années 1700, elles sont généralement confectionnées à partir de « couvertures à points » (couvertures de laine dont l’un des bords comporte des lignes noires ou « points » indiquant la grandeur du morceau d’étoffe). Même si, surtout plus tard, les capotes comptent parfois des boutons ou une espèce de brandebourg, en général, on les attache au moyen d’un ruban noué ou d’une longue ceinture tissée, appelée ceinture fléchée.

Les capotes sont taillées selon différents patrons. Le modèle le plus répandu est très dépouillé, sans frange ni gland, et comporte un simple capuchon. Des patrons plus complexes existent pour les manteaux plus luxueux. Le Musée royal de l’Ontario, par exemple, a publié un patron d’anorak de la Baie d’Hudson muni d’un capuchon orné de franges, d’après une capote de la fin du 19e siècle faisant partie de la collection du Musée. (Voir Dorothy Burnham, Cut My Cote, Toronto, Royal Ontario Museum, 1973.)

Compte tenu de la variété des étoffes disponibles, la grande diversité des couleurs et des ornements de capotes n’a rien d’étonnant. Si les premières capotes réalisées au moyen d’une étoffe tissée en Nouvelle France étaient surtout de couleur grise, les manteaux confectionnés à partir de couvertures à points ou fabriqués et vendus tout faits étaient offerts dans un grand choix de couleurs et de rayures.

La capote est adoptée très tôt par les commerçants de fourrures de Montréal, les Territoriens et bien d’autres. Après 1821, lors de la fusion de la Compagnie de la Baie d’Hudson et de la Compagnie du Nord Ouest sous le nom de Compagnie de la Baie d’Hudson, presque tout le monde en vient à porter ce vêtement. Au cours du 19e siècle, par exemple à Rocky Mountain House, à Fort St. James, à Lower Fort Garry, à York Factory et à Churchill, il a probablement été le type de manteau d’hiver le plus populaire.

Deux bons exemples de capotes simples, sans ornements. Selon certaines sources, les capotes s’arrêtaient au genou. Ces photographies montrent que l’on pouvait se procurer un manteau plus long.

Un grand nombre des photographies qui subsistent donnent à voir des capotes fabriquées localement au moyen de couvertures de traite. Une grande proportion de ces photos montrent des manteaux confectionnés à partir de couvertures à points blanches à rayures de couleur, que l’on appelle parfois « couvertures de chefs » (probablement parce que les chefs sont les plus susceptibles d’être photographiés ainsi vêtus). Toutes les couvertures, quels qu’en soient la couleur et le motif de rayures, sont susceptibles d’être cousues pour devenir des capotes. Les chasseurs autochtones préfèrent de loin le blanc, qui leur sert de camouflage dans la neige. Au 19e siècle, des capotes toutes faites sont également disponibles. La CBH achète des capotes de plusieurs manufacturiers en Angleterre pour les vendre à ses employés et à ses clients autochtones. Ces capotes déjà confectionnées sont offertes en plusieurs couleurs. Les archives de York Factory permettent de constater que cette dernière fournissait des capotes « gris foncé » et « bleu clair » prêtes à vendre, les bleu clair étant les plus recherchées.

Ces manteaux peu communs, réalisés à partir de couvertures de laine à points, constituent une tradition canadienne de longue date qui se poursuit de nos jours sous la forme de parkas, offerts dans les couleurs et rayures traditionnelles, encore vendus par les magasins La Baie.

Renseignements additionnels

Voir le site Web de la Société d’histoire nationale du Canada à l’adresse suivante : www.furtradestories.ca 

 Pour un article sur les capotes, publié dans le Northwest Journal, voir : www.northwestjournal.ca/XIII3.htm  (en anglais).

Pour obtenir de l’information de base sur les couvertures, consulter le site Web de la Compagnie de la Baie d’Hudson, « Notre histoire », à : http://www.hbc.com/hbcheritagef/history/blanket/history/default.asp