Homme et femme observant les oiseaux
Observateurs d'oiseaux au parc national des Îles-de-la-baie-Georgienne

Que vous soyez ornithologue du dimanche ou chevronné, vous ne pouvez passer outre les parcs nationaux du Canada. Certains d'entre eux sont véritablement époustouflants et méritent assurément le détour. Voici un aperçu de ce qu'ils vous réservent. De plus, une fois sur place, vous trouverez des fiches et des guides ornithologiques pour vous aider dans vos recherches.

1. Parc national de la Pointe-Pelée – zone importante pour la conservation des oiseaux (ZICO)

Paruline polyglotte sur une branche
Paruline polyglotte

En plus d'être l'un des plus petits parcs nationaux du Canada, la Pointe-Pelée est l'endroit où l'on répertorie le plus grand nombre d'espèces d'oiseaux. Ainsi plus de 390 espèces ont été signalées dans la zone propice à l'observation, allant des parulines aux bécasseaux et des canards aux rapaces diurnes.

Lors des deux grandes périodes de migration, en mai et à l'automne, plus de 200 espèces d'oiseaux migrateurs néo-tropicaux y font escale. Dès le mois de mars, la population aviaire du parc s'accroît avec le retour de la sauvagine et on peut alors observer des cygnes, des canards de surface, des grèbes, des huards et des canards plongeurs. À la fin d'avril, c'est au tour des oiseaux chanteurs de s'y poser et la majorité d'entre eux y passent dans les trois premières semaines de mai. Puis en juin, à l'approche de l'été, c'est l'arrivée des moucherolles et des oiseaux de rivage. Pour qui aime les oiseaux de proie, c'est en septembre que leur diversité est la plus grande. La sauvagine, et plus particulièrement les oies, reviennent ensuite en grand nombre en novembre et jusque tard en décembre.

En mai, dans le cadre du Festival de la plume, déjeuners, dîners-causeries et randonnées ornithologiques quotidiennes se succèdent durant plus de deux semaines! Les néophytes et les mordus ont alors accès à des sentiers spécialement balisés pour maximiser leurs chances de voir des oiseaux. À cette période, une bonne journée se solde par l'observation d'une centaine d'espèces par visiteur. Pas étonnant que le parc soit le rendez-vous privilégié des ornithologues… et des oiseaux en Amérique du Nord!

2. Réserve de parc national, réserve d'aire marine nationale de conservation et site du patrimoine haïda Gwaii Haanas

Macareux huppé nageant dans l’eau
Macareux huppé

Les îles de Gwaii Haanas sont un véritable paradis pour les observateurs d'oiseaux. Quelque 1,5 million d'oiseaux de mer nichent le long des 4 700 km du littoral de Haida Gwaii. Environ la moitié de ces oiseaux se rencontrent à Gwaii Haanas.

Comme les îles sont situées dans la voie migratoire du Pacifique, des dizaines d'espèces d'oiseaux y font halte au printemps et à l'automne. Le littoral et la forêt fournissent un abri, un lieu de nidification et des sources de nourriture de toute première importance à une gamme variée d'oiseaux de mer.

On peut donc observer, entre autres, le macareux rhinocéros, le guillemot à cou blanc, le macareux huppé, le macareux cornu, le starique de Cassin, le guillemot colombin, l'océanite cul-blanc et l'océanite à queue fourchue, sans oublier le guillemot marmette, l'huîtrier de Bachman, le cormoran pélagique, le pygargue à tête blanche et le faucon pèlerin de la sous-espèce pealei qui nichent également le long des côtes.

3. Parc national Fundy

Deux pygargues à tête blanche sur une branche
Pygargues à tête blanche

Au parc national Fundy, on découvre l'environnement côtier maritime de la baie de Fundy et le plateau des collines avec ses profondes vallées fluviales. Ces deux systèmes écologiques se subdivisent en écosystèmes accueillant plus de 260 espèces d'oiseaux, du plus commun au plus inusité.

Parmi celles-ci, on compte un grand nombre d'oiseaux migrateurs. D'ailleurs, durant la migration printanière, on peut observer jusqu'à quinze sortes de parulines (tigrée, à croupion jaune, à gorge noire et la paruline bleue). Au nombre des habitués du parc, il y a également le grand pic, le junco, le bec croisé à ailes blanches, le grand héron, le cormoran, le bécasseau semi-palmé, le pluvier semi-palmé et la gélinotte huppée. Quant au majestueux faucon pèlerin qui a été réintroduit avec succès, il se trouve le long des falaises du parc.

En décembre, le parc participe au décompte des oiseaux de Noël et les visiteurs peu frileux peuvent se joindre aux ornithologues qui scrutent le parc en tous sens.

4. Parc national des Îles-de-la-Baie-Georgienne

Paruline des prés sur une branche
Paruline des prés

Le parc national des Îles-de-la-Baie-Georgienne héberge une grande diversité d'espèces d'oiseaux nicheurs, particulièrement les oiseaux chanteurs qui nichent sur l'île Beausoleil, la plus grande des 63 îles que compte le parc.

Le parc chevauche la zone de transition entre les Grands Lacs et les basses terres du Saint-Laurent et le bouclier boréal. La moitié inférieure de l'île Beausoleil est couverte d'une riche forêt de feuillus où on trouve des oiseaux du sud tels que la grive des bois, le piranga écarlate et la paruline bleue. L'écosystème du bouclier boréal et canadien dans la partie nord de l'île accueille des espèces nordiques comme la paruline à tête cendrée, la paruline du Canada et le troglodyte des forêts.

Au printemps et à l'automne, les oiseaux migrateurs qui voyagent le long de la côte est de la baie Georgienne traversent le parc d'une île à l'autre. La migration est chaque jour très dynamique et surprenante! Il se peut donc que vous tombiez par hasard sur des volées mixtes de parulines, de viréons, de roitelets, de grives et de moineaux au cours de votre randonnée sur l'un des sentiers de l'île Beausoleil.

5. Réserve de parc national de l'Archipel-de-Mingan

Groupe de macareux moines sur une falaise
Macareux moines

Au-delà du 50e parallèle, frôlant la Côte-Nord du golfe du Saint-Laurent, se trouvent une trentaine d'îles calcaires et plus de mille îles et îlots granitiques disposés en un chapelet d'une rare beauté. On y trouve quelques 200 espèces d'oiseaux. Près de 45 d'entre elles nichent dans l'archipel de Mingan, dont 13 espèces d'oiseaux marins et plusieurs espèces de passereaux habitant la forêt boréale. La réserve de parc constitue également une halte migratoire importante pour les oiseaux de rivage dont le bécasseau maubèche rufa, un oiseau en voie de disparition.

Que ce soit l'eider à duvet, la sterne, le macareux moine ou le petit pingouin, plus de 40 000 couples d'oiseaux marins ont élu domicile dans un paysage hors du commun! Les plus importantes colonies de sternes arctiques du golfe du St-Laurent ainsi que les plus grandes colonies de sternes pierregarins du Québec sont situées dans l'archipel de Mingan. On y retrouve également la colonie de macareux moines la plus à l'ouest de son aire de répartition et quelques rapaces nichent aussi dans les îles, dont le pygargue à tête blanche et le balbuzard.

Fait à noter, le territoire de la réserve de parc comporte deux sanctuaires d'oiseaux migrateurs : Betchouane et Watshishou.

6. Réserve de parc national des Îles-Gulf

Huîtrier de Bachman au bord de l’eau
Huîtrier de Bachman
© N. Kroeker

Située sur la voie migratoire du Pacifique qui relie la toundra de l'Alaska et le Nord canadien aux zones tropicales et subtropicales de l'Amérique Centrale et de l'Amérique du Sud, la réserve de parc national des Îles-Gulf est un incontournable pour les oiseaux et pour ceux qui les observent.

La grande diversité d'habitats terrestre et marin que présentent les îles Gulf attire des milliers d'espèces résidentes et migratrices d'oiseaux de mer. Notamment, on peut y observer des engoulevents d'Amérique, des pygargues à tête blanche, des faucons pèlerins, des petits ducs des montagnes, des bécasseaux d'Alaska, des guillemots (du pacifique, à cou blanc et marbré) des macareux huppés et rhinocéros, des gélinottes, des chouettes rayées, des martins-pêcheurs, des oies des neiges, des huîtriers de Bachman, des moucherolles à côtés olive… En fait, plus de 300 espèces y séjournent!

La flèche Sidney (île Sidney) et la baie Bennet (île Mayne) sont deux endroits de la réserve de parc national des Îles-Gulf qui valent à eux seuls le détour puisqu'ils sont reconnus internationalement à titre de zones importantes pour la conservation des oiseaux (ZICO) en raison de l'abondance et de la diversité de leurs oiseaux marins qu'on y trouve, y compris des espèces rares et menacées.

7. Parc national Terra-Nova

Greater yellowlegs on a rock
Grand chevalier

Comme son nom l'indique, le parc national Terra-Nova se situe dans la forêt boréale insulaire canadienne de l'est de Terre-Neuve. Les espèces d'oiseaux qui y habitent vivent habituellement dans la forêt boréale. Le parc reçoit également une forte influence de l'Atlantique Nord et souvent, des oiseaux y sont poussés par les tempêtes qui déferlent le long de la côte.

Durant toute l'année, vous pourrez découvrir les mésanges à tête brune et à tête noire, le pic (chevelu, mineur, à dos noir et tridactyle), le tarin des pins, le roitelet à couronne dorée, le junco, le durbec des sapins, le roselin pourpré, le bec-croisé bifascié et le bec-croisé des sapins, toutes espèces qui proviennent des forêts. Plusieurs autres espèces telles que le moucherolle à côtés olive, le bruant à gorge blanche et le bruant fauve, la paruline à croupion jaune et la paruline à tête cendrée arrivent tôt au printemps.

Les oiseaux de rivage comme les sternes pierregarin et arctiques, les grands et petits chevaliers à pattes jaunes, le pygargue à tête blanche, le pluvier et toutes sortes d'espèces de canards et de bécasseaux peuvent être observés dans les deux sanctuaires d'oiseaux du parc.

8. Parc national Forillon

Groupe de cormorans sur une falaise
Cormorans
© David Carrier

Le parc Forillon se distingue par la formidable diversité de ses paysages, de sa faune et de sa flore. Sur une péninsule d'à peine 245 km², le visiteur traverse forêts, marais, lacs, rivières, falaises et bords de mer, autant d'habitats pour de nombreuses espèces d'oiseaux. Des forêts grouillantes de vie aux falaises spectaculaires, Forillon offre donc aux passionnés de la faune ailée une étonnante concentration d'oiseaux forestiers, aquatiques et marins. On peut y rencontrer un total de 253 espèces d'oiseaux, dont 132 espèces nicheuses.

On y observe notamment sept espèces différentes d'oiseaux marins nicheurs, soit le petit pingouin, le guillemot marmette, le guillemot à miroir, le goéland marin, le goéland argenté, le cormoran à aigrette et la plus importante colonie de mouettes tridactyles de l'est du Canada. On peut également y croiser plusieurs espèces de rapaces (crécerelle d'Amérique, busard Saint-Martin, pygargue à tête blanche, etc.), de canards (sarcelle, fuligule, canard noir, macreuse, eider, arlequin plongeur, garrot, harle, etc.) et d'oiseaux forestiers (paruline, viréo, pic, passereau, etc.)

9. Parc national Wood Buffalo – site du patrimoine mondial

Famille de grues blanches d’Amérique
Grues blanches d'Amérique

Au parc national Wood Buffalo, tout est grandiose. S'étendant sur 44 807 km², il s'agit du parc national le plus étendu au Canada. Il abrite notamment un exemple remarquable et typique des plaines boréales nordiques du Canada, dont l'aire de nidification de la dernière bande migratrice de grues blanches du monde et le delta Paix-Athabasca, un des plus vastes deltas intérieurs d'eau douce du monde.

Au printemps et à l'automne, les oiseaux aquatiques migrateurs empruntant les quatre voies de migration du continent nord-américain passent par ce delta, c'est dire combien il y a à voir : grue blanche, cygne siffleur, oie des neiges, bruant des neiges, grèbes à cou noir, cornu, à bec bigarré et jougris, beaucoup d'espèces de canard, alouette cornue, foulque d'Amérique, bruant lapon et à face noire, phalarope, pluvier, avocette d'Amérique, etc. D'une saison à l'autre, les belles découvertes s'y succèdent.

10. Parc national des Lacs-Waterton

Colibri roux en vol
Colibri roux

Petite portion de la Couronne du continent, le parc des lacs-Waterton est le point le plus étroit des Rocheuses où convergent les écosystèmes des prairies, des montagnes et des lacs. Ces multiples habitats accueillent plus de 255 espèces d'oiseaux.

En mai et juin, on peut y voir, entre autres, les parulines, les colibris, les tétras, les geais, de même que le grand héron, le cassenoix d'Amérique et différentes espèces de pics. À l'automne, le chaînon Maskinonge et celui des Lacs-Waterton sont des haltes migratoires primordiales pour les canards, les oies, les cygnes et les harles.

Depuis plus de 100 ans, chaque année, au printemps et en hiver, des observateurs effectuent le décompte des oiseaux. C'est l'occasion pour les ornithologues de ratisser le parc à pied, en voiture, en ski et en raquette, selon la saison, avec en mains leur liste d'oiseaux et de sentiers propices à l'observation des espèces les plus rares ou les plus nombreuses. Ils se réunissent ensuite en fin de journée pour partager leurs découvertes.