« Le printemps, c’est vouloir siffler même avec plein de slush dans les souliers ».

Doug Larson, journaliste

C’est particulièrement le cas du printemps dans nos parcs nationaux des montagnes, alors que les fleurs alpines éclosent, que l’eau coule bruyamment dans les ruisseaux et qu’on y hume partout une odeur de fraîcheur et de vie.

Toutefois, le printemps est aussi une époque où les visiteurs doivent être particulièrement prudents. Les écosystèmes printaniers sont fragiles. La météo est changeante. Les animaux sont actifs et ont besoin de leur espace.

Laissez les bourgeons bourgeonner, les fleurs éclore et les grenouilles croasser... et laissez le printemps se déployer en vous!


1. Fleurs sauvages : la cure des couleurs de la nature

Une femme étendue dans le gazon et observant une anémone pulsatille dans le parc national de Jasper.

Même leurs noms suffisent à vous faire fondre après un long hiver : épilobe des montagnes, épilobe à feuilles larges, parnassie fimbriée, violette palmée, myosotis des Alpes.

Bien que dans les parcs des montagnes la saison de floraison batte son plein de la fin-juin à la mi-août, à certains endroits, vous trouverez des fleurs en éclosion à la fin du mois de mars. Mais ne les cueillez pas, s’il vous plaît! Les fleurs sont importantes pour les abeilles, les colibris et d’autres pollinisateurs.

Pour vivre pleinement l’expérience des fleurs printanières : tenez-vous dans une vallée de montagne à faible altitude et parcourez du regard les pentes pour observer la première floraison de l’anémone pulsatille (photo ci-dessus).

2. Animaux : réveillés et occupés

Une mère grizzly et trois oursons dans le parc national du Canada des Glaciers.

Vous vous réveillez parfois en ayant faim? Imaginez maintenant comment se sent un ours après sept mois de sommeil!

À cette époque de l’année, les hautes terres sont encore sous le joug de l’hiver, alors que le bas des vallées respire le printemps. C’est pourquoi ces zones à faible altitude et leur nouvelle végétation sont si importantes pour les animaux sauvages comme les ours. (Oui, les ours mangent de l’herbe au printemps... ainsi que des bourgeons de feuilles et des insectes.)

Rappelez-vous de garder votre site de camping propre afin de ne pas attirer les animaux sauvages. Aussi, veuillez conduire prudemment, étant donné que des animaux peuvent être en train de se nourrir de végétation printanière le long de la route. Si vous êtes sur les sentiers, demeurez alerte et emportez un vaporisateur chasse-ours.

Pour vivre pleinement l’expérience de la faune printanière : essayez de repérer chaque bébé de l’année : un ourson, un paon, un jeune élan (en maintenant une distance sécuritaire, bien sûr!). Certains bébés ne seront pas visibles avant juin, d’autres apparaîtront plus tôt.

3. Météo : lion, agneau et tout l’entre deux

Un arc-en-ciel surplombant la vallée du Kootenay dans le parc national du Canada Kootenay.

Il existe un dicton dans les montagnes : si vous n’aimez pas la température, attendez cinq minutes.

Jusqu’à la fin juin, de nombreux cols sont toujours bloqués par la neige et peuvent être le théâtre d’avalanches. Les sentiers sont souvent plus boueux à cette époque, et les meilleures randonnées se font à plus faible altitude ou sur des pentes sèches orientées vers le sud. Les ruisseaux sont alimentés par la fonte printanière, et les débordements peuvent constituer un danger.

Pour vivre pleinement l’expérience de la météo printanière : tenez-vous debout sous une douce pluie (qui sait, sous votre parapluie Parcs Canada?) et regardez les gouttes dessiner des alvéoles sur la surface d’un lac de montagne.

4. Oiseaux : une construction de nids frénétique

Gros plan d’un carouge à épaulettes.

Plus de 270 espèces d’oiseaux ont été observées dans nos parcs des Rocheuses. Gardez l’œil (et l’oreille) ouvert pour entendre les premières espèces revenues, tels que le bruant chanteur, le roitelet à couronne rubis et le junco ardoisé.

Pour vivre pleinement l’expérience des oiseaux au printemps : Déambulez près d’un milieu humide et essayez de repérer l’espèce emblématique du printemps, le carouge à épaulettes (photo ci-dessus), tout en fredonnant la chanson emblématique du printemps de David Francey,Red-Winged Blackbird.

5. Jours plus longs : horizons plus clairs, nouvelles réflexions

Le glacier Athabasca acier et son ciel nocturne en arrière-plan dans le parc national du Canada Jasper.

Notre Terre inclinée entrant dans la phase printanière de son orbite (pour l’hémisphère nord), les parcs des montagnes reçoivent plus de soleil, et le ciel nocturne change. Le printemps semble rafraîchir les paysages au-dessus des têtes et sous les pieds.

Toutefois, bien que de nouveaux paysages se découvrent, rappelez-vous que certains terrains de montagne peuvent être instables. La saison des avalanches peut se poursuivre jusqu’au printemps. Si vous vous dirigez vers des sentiers de montagne, consultez les bulletins au sujet des avalanches et partez préparés.

Pour profiter pleinement des paysages renouvelés : le soir, tenez-vous dans une prairie alpine et voyez quelles constellations printanières vous pouvez trouver. Le jour, tenez-vous dans la même prairie alpine… et faites voler un cerf-volant!