Le programme Mood Walks qui se déroule au parc urbain national de la Rouge s’inscrit dans le cadre d’un mouvement plus vaste de promotion de l’« exercice physique vert » comme moyen d’améliorer la santé mentale.


« Je vais dans la nature pour me calmer et me guérir, et retrouver l’harmonie de mes sens » avait écrit le naturaliste américain John Burroughs.

Quiconque a déjà fait une longue et lente marche dans la nature sait quel effet la nature peut avoir sur l’humeur et l’attitude. Les étangs à tortues nous rendent vigilants (dans le bon sens du terme). Les semis d’arbres sont une source d’inspiration. Les étranges champignons font de belles photos partageables.

Les participants aux randonnées « Mood Walks » savent que la nature peut nous transporter hors de nous-même.

Dirigée par l'Association canadienne pour la santé mentale (Ontario), « Mood Walks for Campus Mental Health » est une initiative provinciale visant à promouvoir « l'exercice vert ». On fait valoir que, comme la musique et l’art, une promenade dans la nature peut être une forme de thérapie qui produit des résultats mesurables.


Le revers du béton, du bruit et des bouchons de circulation

Selon une étude de 2015 (en anglais seulement) publiée dans la revue américaine Proceedings of the National Academy of Sciences, une marche de quatre-vingt-dix minutes dans un milieu naturel a des effets bénéfiques sur la santé mentale. Les marches permettent de réduire la « rumination » (action de revenir sans cesse sur les aspects négatifs de soi). Les scintigraphies du cerveau montrent également une réduction de l’activité dans la partie du cerveau associée à la maladie mentale.

La marche dans un milieu urbain n’avait, par contre, aucun effet semblable.

Dans le cadre de l’initiative Mood Walks, le parc urbain national de la Rouge s’est associé au réseau de la santé de Scarborough de Toronto pour organiser ses propres randonnées. Les participants sont de jeunes adultes participant au programme de santé mentale des enfants et des adolescents du réseau hospitalier.


Photo montrant des pieds de randonneurs avec des pelles à côté.
Les participants aux randonnées « Mood Walks » au parc Rouge sont parfois appelés à travailler dans le jardin à pollinisateurs du parc.

Le parc urbain national de la Rouge organise environ dix randonnées « Mood Walks » par année, du printemps à l’automne. Chaque randonnée est organisée autour d’un thème différent, allant de « journée des papillons » à « yoga et méditation dans le parc ».

À la suite de commentaires de participants, certaines randonnées incluent maintenant un volet « intendance » : les randonneurs aident à rétablir un jardin à pollinisateurs pour attirer les abeilles, les oiseaux et autres pollinisateurs.

Avant et après chaque randonnée, les participants sont appelés à coter leur niveau d’anxiété, de bonheur et d’énergie.

Stephanie McCall, une travailleuse sociale au réseau de la santé de Scarborough, indique qu’en général, les participants signalent une amélioration dans ces trois domaines après leurs randonnées.

« Les randonnées dans la nature me permettent de me rapprocher de la nature et de me détendre avec d’autres personnes », écrit un participant. Un autre mentionne que : « se retrouver dans la nature, c’est se retrouver dans sa vie. »

Prescrire les parcs

Dans un certain nombre d’États américains, les médecins et autres professionnels de la santé peuvent maintenant prescrire des visites dans un parc pour favoriser la santé d’un patient. Le psychiatre Nathaniel P. Morris appuie le mouvement, en soulignant toutefois qu’il ne s’agit pas une solution à tous les problèmes :

Les patients souffrant de troubles mentaux, surtout ceux qui sont sans emploi et sans abri, n’ont peut-être pas les moyens de se rendre à un parc pour se soumettre aux prescriptions. Le Dr Morris ajoute qu’il faut plus de données pour déterminer les effets précis de ces programmes sur la santé.


Une femme et un homme en uniformes de Parcs Canada debout devant un jardin.
Les agents des partenariats et de l’engagement Jessica Yau et Kirushanth Gnanachandran au parc urbain national de la Rouge.

Jessica Yau, une agente des partenariats et de l’engagement au parc urbain national de la Rouge, participe à chaque randonnée. « C’est très gratifiant de pouvoir travailler avec la communauté et de voir les retombées », mentionne-t-elle.

Jessica ajoute que le parc aimerait offrir le programme en hiver : « Nous magasinons pour créer une "bibliothèque" de vêtements d’hiver que les participants pourront porter au besoin. »

Et l’hiver, croyez-le ou non, peut aussi avoir des effets thérapeutiques. « C’est au cœur de l’hiver », écrivait le conservationniste Aldo Leopold, « qu’il m’arrive de glaner auprès de mes pins... une curieuse transfusion de courage. »


Renseignements supplémentaires

Mood walks for campus mental health (en anglais seulement)