La santé de la toundra est l’un des deux indicateurs des écosystèmes du parc. Parcs Canada la surveille à l’aide de cinq mesures différentes, qui nous renseignent chacune sur le fonctionnement et la santé de l’écosystème. Ceci éclaire nos plans et nos décisions visant à conserver la santé du parc pour le présent et l’avenir.

    Harde de caribous de la Porcupine

    Durant sa migration, la harde de caribous de la Porcupine traverse 250 000 km² dans le nord de l’Alaska, le Yukon et les Territoires du Nord-Ouest, et est une source importante de nourriture de subsistance pour les communautés qui se trouvent dans son aire de répartition. Le parc national Ivvavik protège une grande partie des terres de mise bas et d’élevage de la harde de caribous de la Porcupine, tandis que le parc national Vuntut protège l’aire de migration printanière et automnale. Ces deux parcs ont été créés en partie pour protéger cet habitat important.

    Parcs Canada surveille le caribou avec de nombreux partenaires, notamment le gouvernement du Yukon et celui de l’Alaska.

    Grand caribou mâle de la Porcupine pris par un des appareils photo de télésurveillance du parc national Ivvavik.

    Des colliers émetteurs à transmission par satellite indiquent l’endroit où se trouvent les caribous qui en sont dotés, ce qui nous renseigne sur le trajet et les déplacements de la harde tout au long de l’année, les changements dans les aires de rut et de mise bas, ainsi que les voies de migration au printemps et à l’automne. Les colliers aident en outre les biologistes à localiser les animaux pour estimer la taille de la population, ainsi que le taux de reproduction et de survie.

    Tous les deux ou trois ans, le ministère de la Chasse et de la Pêche de l’Alaska tente d’effectuer un relevé photographique aérien dans toute l’aire de répartition de la harde de caribous de la Porcupine. Ce relevé est exécuté l’été, lorsque la harde se rassemble, environ un mois après la mise bas. Les chercheurs trouvent le groupe à l’aide des colliers, attendent qu'il atteigne le maximum d’individus, puis prennent des photos. Ils comptent plus tard chaque adulte sur les photos afin d’avoir une idée précise de la taille de la population.

Population de grizzlis

Le grizzli est le plus grand prédateur terrestre dans le parc national Ivvavik. C’est une espèce très importante en raison de sa prédation et de sa perturbation de l’écosystème dans sa quête de racines, de graminées et de baies. Pour surveiller l’utilisation et l’occupation de l’habitat par les grizzlis, le parc national Ivvavik utilise des appareils photo de télésurveillance non invasifs.

Des employés de Parcs Canada remplacent les piles et la carte SD de l’un des appareils photo de télésurveillance du parc national Ivvavik.
Grizzli pris par un des appareils photo de télésurveillance du parc national Ivvavik.

Le parc compte à l’heure actuelle 30 emplacements où se trouvent de tels appareils le long de la rivière Firth, de la limite sud du parc à la mer de Beaufort, la limite nord. Les appareils prennent des photos lorsque les animaux les déclenchent (en s’en approchant), ainsi qu’une fois par jour. Les cartes SD et les piles sont remplacées deux fois par année (à la fin du printemps et à la fin de l’été) pour assurer une surveillance continue. Des employés de Parcs Canada examinent chaque photo et s’en servent pour documenter et surveiller l’utilisation du secteur par la faune. Pour voir certaines des images, cliquez ici.

Populations d’oiseaux migrateurs

Des employés de Parcs Canada effectuent chaque année un relevé des populations d’oiseaux migrateurs dans le parc national Ivvavik. Ce relevé étudie plusieurs espèces, dont la majorité sont migratrices, qui se reproduisent, se nourrissent et nichent dans la toundra du parc l’été. Les oiseaux nicheurs constituent un élément important de l’écosystème de la toundra en été, car ils contribuent à disperser les graines, aident à conserver des niveaux de population durables de leurs espèces de proies et de prédateurs et, après leur mort, nourrissent les charognards et les décomposeurs.

Des employés de Parcs Canada remplacent les piles et la carte SD de l’un des appareils photo de télésurveillance du parc national Ivvavik.

Les populations d’oiseaux sont surveillées à deux endroits dans le parc (ruisseau Sheep et lac Margaret), chacun comptant 20 parcelles. On visite chaque parcelle une fois par année entre 3 h et 7 h 30 au printemps, lorsque les oiseaux sont le plus actifs et le plus bruyants. On enregistre les cris et les chants pendant dix minutes sur chaque parcelle. On transcrit plus tard les enregistrements afin que Parcs Canada puisse déterminer le nombre d’espèces différentes, ainsi que leur abondance relative. Il est important de surveiller les changements dans les populations d’oiseaux compte tenu du déclin des populations d’oiseaux ailleurs et de l’évolution du climat dans le parc national Ivvavik.

Pour en savoir plus au sujet des oiseaux qui fréquentent cette région de l’Arctique de l’Ouest, cliquez ici.

Température du pergélisol

Le pergélisol désigne le sol dont la température reste sous 0 °C pendant au moins deux années de suite. Des capteurs surveillent les changements dans la température du pergélisol à différentes profondeurs et à différents endroits un peu partout dans le parc. Ceci permet à Parcs Canada d’observer les effets du dégel saisonnier et de la température de l’air sur le pergélisol, et de déterminer si celui-ci fait l’objet d’un déclin important dans le parc.

Quatre capteurs ont été installés en 2014 et en 2015 dans le parc national Ivvavik en collaboration avec l’Université Carleton. Les sondes sont enfoncées à 14 mètres dans le sol et les capteurs sont installés à 1, 5, 10 et 14 mètres de profondeur. On recueille les données de chaque capteur une fois par année.

L’un des quatre appareils de surveillance du pergélisol dans le parc national Ivvavik.
Changement dans la végétation

À l’aide d’imagerie satellitaire, Parcs Canada est en train de mettre en œuvre un programme de surveillance de la végétation dans le parc national Ivvavik. Ce programme a pour but de déterminer si les communautés végétales changent avec le temps (p. ex. si les arbustes gagnent en superficie), et si le début et la durée de la saison de croissance changent au fil du temps. On s’attend à ce que les températures plus douces et l’évolution du climat dans le parc aient des répercussions sur la végétation, notamment la croissance accrue des arbustes et une feuillaison plus hâtive au printemps.