En 1969, une cinquantaine de bisons des plaines du parc national Elk Island ont été remis en liberté dans la région des collines Thunder, dans le centre de la Saskatchewan. Entre 10 et 15 bisons se sont dirigés vers le sud et ont établi leur domaine vital dans le secteur de la rivière Sturgeon, des deux côtés de la limite du parc national de Prince Albert. Ces bisons sont à l’origine de la harde de bisons des plaines de la rivière Sturgeon qui existe toujours. La population a connu une augmentation constante, puis a atteint un sommet entre 2006 et 2008, comptant plus de 450 bêtes. Aujourd’hui, l’effectif de la harde est estimé à 120 individus, ce qui représente moins d’un quart de la population des années 2000.

La harde de la rivière Sturgeon est l’une des rares populations de bisons des plaines qui errent encore en toute liberté dans l’aire de répartition historique de l’espèce au Canada. Étant donné que la harde est sauvage, elle est soumise aux facteurs naturels, comme la prédation, les maladies et le climat. Son statut particulier en tant qu’espèce sauvage en fait une importante ressource sur le plan culturel, social et économique, tout comme sur le plan de la conservation dans la région et au pays. Le bison des plaines fait partie intégrante de l’écosystème et de la culture, mais il est exposé à un certain nombre de problèmes liés au monde moderne.

La harde de la rivière Sturgeon, comme toutes les hardes de conservation de bisons des plaines au Canada, constitue une population isolée. Par conséquent, sa diversité génétique est limitée. Comme le bison est massif et a un gros appétit, il est attiré par les terres agricoles situées à l’extérieur des aires protégées du parc. Sur son passage, il endommage les clôtures pour aller brouter ses cultures préférées, comme la luzerne.

Une éclosion de fièvre charbonneuse, en 2008, a marqué le début du déclin de l’effectif de la harde de bisons de la rivière Sturgeon. Pendant l’été de la même année, on a découvert 29 carcasses de bisons. On estime que 60 bêtes sont mortes parce qu’elles ont contracté cette maladie provenant de pathogènes vivant dans le sol. Depuis ce temps, le nombre d’individus continue de diminuer en raison de la hausse du nombre de bisons capturés à l’extérieur des aires protégées. La harde, qui avait déjà subi un déclin, a été gravement touchée par le grand nombre de bêtes prises, souvent des femelles en âge de se reproduire. Alors que la harde était soumise à une hausse des prises, elle n’a pas cessé à être exposée aux maladies, au climat et à la prédation.

L’Agence Parcs Canada s’est engagée à faire une saine intendance de la harde de bisons de la rivière Sturgeon; elle collabore avec ses partenaires pour inverser la tendance à la baisse et pour protéger les bisons. Des stratégies de cogestion sont adoptées avec la participation de Parcs Canada, du gouvernement de la Saskatchewan, des Sturgeon River Plains Bison Stewards, de la Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP), des Buffalo Guardians, des collectivités autochtones et des résidents voisins.

Grâce à la diminution du taux de récolte, la harde de bisons a commencé à se rétablir. Nous constatons une augmentation du nombre de jeunes bisons, ce qui est un signe prometteur du renouvellement de la harde. Pour assurer la survie et le rétablissement à long terme de la harde de bisons, il est essentiel de maintenir un taux de récolte très bas et de voir à sélectionner à cette fin des bisons mâles ou âgés. Les travaux de recherches et de cogestion contribuent au rétablissement d’une population saine de bisons des plaines qui prospèrent dans le paysage à l’intérieur et à l’extérieur du parc national de Prince Albert.

Carte de l’aire de répartition actuelle du bison des plaines dans le parc et les environs.Carte de l’aire de répartition actuelle du bison des plaines dans le parc et les environs.

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