Le bison des plaines a été réintroduit dans le parc national des Prairies en décembre 2005, après une absence de 120 ans. Avant l’arrivée des Européens, les Prairies abritaient des dizaines de millions de bisons en liberté. Ce bovidé était une espèce clé à la fois sur les plans écologiques et culturels, façonnant le paysage des prairies où il broutait et contribuant à la subsistance des peuples autochtones qui vivaient sur ces terres. Dans les années 1880, les grandes hardes qui, jadis, se déplaçaient librement sur les vastes plaines en sont venues à frôler l’extinction en raison de la chasse excessive. Le début du long processus de réintroduction du bison dans la nature au Canada a commencé avec quelques bêtes capturées et domestiquées çà et là en Amérique du Nord. En 2005, à la suite de consultations auprès d’intervenants, des voisins du parc et de spécialistes, le parc national des Prairies a de nouveau accueilli des bisons des plaines.

La harde initiale, constituée de 71 bisons, dont 30 jeunes mâles, 30 jeunes femelles et 11 bisons d’un an, venait du parc national Elk Island. Ce sont les bisons des plaines de ce parc qui servent de troupeau source au Canada depuis bon nombre d’années, car on n’a recensé chez ses bêtes aucun gène de bovin ou de bison des bois ni aucune maladie préoccupante pour la conservation de l’espèce. À leur arrivée, les bisons ont été mis en liberté dans un enclos de 16,2 hectares (40 acres) où ils ont passé l’hiver afin de pouvoir s’habituer à leur nouvel environnement. Le 24 mai 2006, ils ont été relâchés dans la plus grande parcelle du bloc ouest, d’une superficie totale d’environ 181 kilomètres carrés. Ce site a été choisi en raison de sa grande superficie, de sa source d’eau naturelle et de son accessibilité pour les visiteurs du parc. En tenant compte des plus récentes estimations de production de végétaux, des prescriptions et stratégies actuelles en matière de pâturage, de la sécurité des visiteurs et des activités de gestion des bisons, le parc national des Prairies peut soutenir une population de 400 à 500 bêtes. Cette cible permet au parc de gérer sa harde judicieusement selon la plus faible prévision de production de biomasse pour le secteur (c’est-à-dire les pires conditions environnementales), tout en assurant à long terme la conservation de la diversité génétique. Le bison a d’abord été réintroduit pour rétablir les pâturages historiques des grands herbivores dans une partie du bloc ouest du parc. Le broutage du bison, combiné aux feux, crée une mosaïque diverse d’habitats, ce qui peut être bénéfique à de nombreuses espèces des prairies. L’animal a l’habitude de se vautrer, créant de petites dépressions de sol nu en forme de bol qui se remplissent d’eau de ruissellement au printemps ou après des pluies abondantes. Ces dépressions peuvent aussi servir d’habitat pour des plantes des prairies qui poussent dans les sols humides et de réservoirs d’eau pour les insectes, qui nourrissent à leur tour d’autres espèces des prairies.

Au cours des dernières années, le programme sur les bisons du parc national des Prairies a évolué, et le parc a adopté les lignes directrices sur la gestion des bisons établies par l’Union internationale pour la conservation de la nature. La surveillance de la santé de la population (taille de la population, structure par sexe et par âge, maladies, parasitisme et valeur en minéraux), de la variation génétique, de l’utilisation de l’espace, de la pression exercée par le broutage et de la santé des parcours naturels est encadrée par un programme de gestion adaptative visant à maintenir une harde de conservation du bison exempte de maladie, et génétiquement pure et diversifiée. Grâce au programme sur les bisons du parc, la direction espère atteindre les cibles établies en matière d’intégrité écologique et prendre des mesures de rétablissement visant de multiples espèces en péril tout en appuyant la conservation et le rétablissement du bovidé à l’échelle du continent.

Le bison est un symbole des prairies et il accroît, par sa présence, la diversité d’espèces indigènes que les visiteurs du parc peuvent observer. Même si cet animal est considéré comme l’espèce de gros herbivore de prédilection, des bovins domestiques sont également utilisés dans d’autres secteurs du parc afin d’atteindre les objectifs écologiques dans des cas où le bison ne conviendrait pas. Le broutage dans le parc s’ajoutera aux activités d’intendance sur les terres d’élevage avoisinantes et offrira un habitat à diverses espèces sauvages.

La réintroduction et la gestion du bison dans le parc national des Prairies constituent un excellent exemple des trois piliers définissant le travail de Parcs Canada : protéger les ressources naturelles et culturelles, offrir des activités éducatives innovantes et des expériences mémorables permettant aux visiteurs de nouer des liens avec ce paysage et d’en apprécier le caractère unique, et offrir la possibilité d’établir, d’entretenir et de renforcer des relations avec les intervenants et les Autochtones locaux.

Soyez prudents lorsque vous observez des bisons dans le parc. Consultez notre page Sécurité des visiteurs.

Se rapprocher de la nature

Parcs Canada et Explore (explore.org) s'associent pour vous présenter des retransmissions vidéo en direct de bisons en liberté dans le parc national des Prairies. Des caméras ont été installées dans le bloc Ouest du parc national des Prairies, près d'un point d'eau où l'on sait que des bisons viennent s'abreuver, et près d'une colonie de chiens-de-prairie à queue noire à proximité de l'Écocircuit. Vous pouvez visiter le site Web explore.org et observer les images vidéo dans le confort de votre foyer ou à partir d'un téléphone intelligent.

Le saviez-vous?

Le bison a disparu du paysage pendant plus de 120 ans. Depuis 2005, le bison se promène en liberté dans le bloc Ouest du parc national des Prairies.

Comment le reconnaître :

Mâle ou femelle? Observez la taille et la forme des cornes. Le mâle a des cornes plus solides, et le veau mâle a des « bourgeons » un mois après sa naissance.