La réserve de parc national de l’Archipel-de-Mingan possède une biodiversité de plantes vasculaires impressionnante avec plus de 490 espèces répertoriées dans plusieurs types d’habitats terrestres et aquatiques s’étalant sur une superficie totale d’environ 100 km2.

La position des îles dans le golfe du Saint-Laurent, les processus géomorphologiques postglaciaires impliqués dans leurs formations, ainsi que les températures et cycles saisonniers maritimes typiques de la zone climatique boréale ont permis la création de divers milieux écologiques juxtaposés sur les îles de l’archipel.

En plus des peuplements de conifères caractéristiques de la zone boréale, la réserve abrite de la végétation arbustive et herbacée typique des zones subarctique et arctique. On y retrouve donc des espèces végétales représentatives de la forêt boréale et de la toundra forestière maritime, des espèces distinctives des milieux humides et de la forêt de transition subarctique, ainsi que quelques espèces normalement associées à la cordillère canadienne.

Diversité :
Tourbières minérotrophes
Tourbières minérotrophes
Tourbières minérotrophes à la réserve de parc national de l’Archipel-de-Mingan (Qc)

Ce sont dans les tourbières minérotrophes que l’on retrouve la plus grande diversité floristique de l’archipel. Cette richesse en espèces est surtout liée aux conditions écologiques très particulières créées par le contact de l’eau de la nappe phréatique avec la roche calcaire, rendant le sol moins acide et plus riche en minéraux. Parmi les nombreuses plantes habitant ce milieu se retrouvent plusieurs espèces d’orchidées.

Quelques espèces présentes dans les tourbières minérotrophes :

Mélèze laricin
Trèfle d’eau
Potentille frutescente
Droséra à feuilles rondes
Platanthère dilatée
Tourbières ombrotrophes
Tourbières ombrotrophes
Tourbières ombrotrophes à la réserve de parc national de l’Archipel-de-Mingan (Qc)

Les tourbières ombrotrophes ont une biodiversité plus faible que les tourbières minérotrophes, mais leurs rôles écologiques sont tous aussi importants. Le sol de ces écosystèmes y est plus acide et moins riche en éléments nutritifs. Dans les zones de transition entre les tourbières et la forêt boréale se trouve le Thé du Labrador, un arbuste utilisé comme boisson chaude de dépannage par les Innus et les habitants locaux.

Quelques espèces présentes dans les tourbières ombrotrophes :

Sarracénie pourpre
Chicouté / Plaquebière
Cassandre caliculé
Kalmia à feuilles d’andromède
Sanguisorbe du Canada
Forêt boréale
Forêt boréale
Forêt boréale dans la réserve de parc national de l’Archipel-de-Mingan (Qc)

La forêt boréale de la réserve de parc national de l’Archipel-de-Mingan comprend surtout des peuplements de conifères matures, principalement de sapins baumiers avec un mélange d’épinettes noires et de bouleaux à papier. À l’aide de leurs rhizomes souterrains, plusieurs herbacées peuvent former une couverture végétale importante au sol, partageant souvent cet habitat avec quelques plantes vivaces.

Quelques espèces présentes dans la forêt boréale :

Clintonie boréale
Quatre-temps
Linnée boréale
Trientale boréale
Monotrope uniflore
Landes
Landes à cailloutis
Landes à cailloutis dans la réserve de parc national de l’Archipel-de-Mingan (Qc)

L’exposition au vent et le degré de couverture de neige déterminent grandement la composition végétale de la lande maritime de la réserve de parc national de l’Archipel-de-Mingan. Outre les plantes pionnières, la lande à cailloutis est normalement dépourvue de végétation vasculaire alors que la lande arbustive est surtout dominée par des conifères rabougris. Les airelles ainsi que les arbustes bas tendent à dominer la lande à lichens. La lande herbacée est seulement présente sur quelques petites « îles à foin ». De toutes les plantes qui y poussent, plus de la moitié sont des plantes rares.

Quelques espèces présentes dans les landes :

Dryade à feuilles entières
Raisin d’ours
Camarine noire
Orpin rose
Silène acaule
Littoral
Littoral
Littoral dans la réserve de parc national de l’Archipel-de-Mingan

La présence d’embruns et les caractéristiques géologiques du littoral influencent la composition des plantes qui se trouvent le long des côtes des différentes îles de l’archipel. Ces plantes sont remarquablement bien adaptées à la dessiccation et à la salinité, ainsi qu’aux grands vents marins.

Quelques espèces présentes le long du littoral :

Élyme des sables
Mertensie maritime
Séneçon faux-arnica
Gesse maritime
Iris à pétales aigus
Smilacine étoilée
Plantes rares

Les particularités géologiques et climatiques de l’archipel ont permis l’établissement de plus de 80 espèces de plantes rares. Les plantes rares sont des plantes peu fréquentes, généralement représentées par un petit nombre d’individus et occupant une aire de répartition géographique restreinte. Certaines plantes spécialisées ayant des besoins très spécifiques peuvent être également considérées comme rares même lorsqu’elles sont abondantes en nombres puisque leurs adaptations uniques peuvent les confiner à un habitat très localisé.

Cette association intime avec leur habitat fait de ces plantes de bons indicateurs pour évaluer la vulnérabilité écologique d’un milieu puisqu’elles sont plus susceptibles d’être affectées par les perturbations que les plantes plus communes et généralistes. En plus d’accroitre la biodiversité, les plantes rares jouent un rôle écologique unique dans leur milieu. La dynamique des écosystèmes peut donc changer si elles disparaissent. En raison de leur valeur écologique et de leur capacité à réagir rapidement aux perturbations, plusieurs plantes rares ont été choisies comme mesure indicatrice de l’état de santé de la réserve de parc national de l’Archipel-de-Mingan.

Quelques exemples d’espèces de plantes rares :

Cypripède œuf-de-passereau

Orchidée subarctique qui croît dans la lande arbustive près du littoral de certaines îles, mais aussi en bordure de la forêt boréale. Il fait partie des rares orchidées capables de s’autopolliniser et appartient à la catégorie des espèces cordillériennes venues de l’Ouest canadien.


Cypripède œuf-de-passereau

Calypso d’Amérique

Orchidée solitaire qui préfère les zones ombragées de la forêt boréale de certaines îles. Il ne vit normalement pas plus de 5 ans et la fragilité de son système racinaire qui se brise très facilement le rend très susceptible aux perturbations.


Calypso d’Amérique

Dryade de Drummond

Arbuste nain qui a réussi à s’établir dans la lande à cailloutis ou sur les affleurements rocheux de quelques îles à la suite de la dernière glaciation. Morphologiquement adaptée pour réduire les pertes d’eau et les effets abrasifs des vents, cette espèce pionnière venue de l’Ouest canadien est susceptible d’être affectée par l’expansion d’espèces végétales plus compétitives.


Dryade de Drummond

Lobélie de Kalm

L’archipel de Mingan représente la limite nordique de la distribution de cette jolie plante herbacée et vivace qui se retrouve en sol humide dans les tourbières moins acides de certaines îles. C’est une espèce qui est restreinte aux sols calcaires, ce qui limite sa distribution.


Lobélie de Kalm

Primevère du fjord Egalik

Les sols calcaires de la réserve de parc national de l’Archipel-de-Mingan constituent la limite sud de distribution de cette espèce arctique. Lorsque le climat devient rigoureux, les fleurs délicates de cette plante herbacée et vivace se développent près du sol.


Primevère du fjord Egalik

Pissenlit du golfe du Saint-Laurent

Loin d’être une mauvaise herbe, cette espèce herbacée fait partie de la catégorie des espèces endémiques confinées au milieu côtier du golfe du Saint-Laurent. Il est très susceptible aux perturbations affectant son habitat et peut se trouver en compétition avec d’autres espèces de pissenlit.


Pissenlit du golfe du Saint-Laurent