La réserve de parc national de l’Archipel-de-Mingan abrite des milliers d'oiseaux marins durant leur période de reproduction et de migration. Plusieurs de ces espèces d’oiseaux marins nichant sur les îles sont recensées et dénombrées périodiquement dans le cadre du programme de surveillance de l’intégrité écologique (PSIÉ) de la réserve afin de déterminer l’état de santé des populations.

Afin d'assurer le succès reproducteur de ces oiseaux, certaines îles ou secteurs d'îles sont interdits à la circulation pendant la période de nidification. Cette réduction de dérangements favorise la reproduction et accroît les chances de survie des jeunes et des adultes.

Oiseaux marins
Groupe Nicheurs Non nicheurs
Alcidés

Guillemot à miroir
Guillemot marmette
Macareux moine
Petit pingouin

Guillemot de Brünnich
Mergule nain

Laridés

Goéland argenté
Goéland à bec cerclé
Goéland marin
Mouette tridactyle
Sterne arctique
Sterne pierregarin

Goéland arctique
Goéland bourgmestre
Mouette de Bonaparte

Anatidés Eider à duvet
Phalacrocoracidés Cormoran à aigrette Grand cormoran
Alcidés

Les alcidés sont un groupe de petits oiseaux marins pélagiques capable de plonger et de nager sous l’eau à l’aide de leurs ailes. Parmi les six espèces d’alcidés nicheurs et non nicheurs fréquentant le littoral et les falaises rocheuses de la réserve de parc national de l’Archipel-de-Mingan, trois sont suivies dans le cadre du Programme de surveillance de l’intégrité écologique.

Guillemot marmette

Le Guillemot marmette passe la majorité de sa vie en mer. Il est capable de se propulser sous l’eau en battant des ailes et peut atteindre des profondeurs de 100 mètres, lui permettant ainsi d’attaquer les bancs de poissons par en dessous. Au cours des mois de mai et juin, plusieurs couples de Guillemots marmettes choisissent les falaises côtières de la réserve de parc national de l’Archipel-de-Mingan pour y déposer leur seul œuf à même la roche. Les deux parents se chargent de l’alimentation de l’oisillon, mais c’est avec le père seulement que le jeune, encore incapable de voler, entreprend sa migration automnale à la nage.


Macareux moines

Localement connus sous le nom de « Perroquet de mer » ou « Calculot », les Macareux moines se rassemblent à la réserve de parc national de l’Archipel-de-Mingan en avril-mai pour se reproduire et y nicher. Ils forment alors des radeaux sociaux sur l’eau avant de s’adonner aux parades amoureuses près des terriers creusés au niveau des falaises côtières. Un seul œuf est pondu par couple et les deux parents vont s’affairer à nourrir leur jeune. Ce dernier consomme l’équivalent de son propre poids chaque jour afin d’acquérir suffisamment d’énergie pour suivre ses parents en mer à l’automne.

Petit pingouin

Fidèles à leurs sites de nidification, les couples de Petits pingouins arrivent dans la réserve de parc en avril-mai pour y former de petites colonies nicheuses le long des rivages rocheux ou des falaises côtières. Les deux parents s’occupent de l’unique oisillon tout l’été, plongeant parfois jusqu’à 15 mètres de profondeur pour aller chercher de la nourriture. Il est très important d’éviter les dérangements des colonies pendant leur séjour à la réserve de parc national de l’Archipel-de-Mingan afin que les adultes et les jeunes soient prêts à repartir en septembre pour leurs quartiers hivernaux.

Laridés

Les laridés sont un groupe d’oiseaux marins ou côtiers aux pattes palmées qui se nourrissent à la surface de l’eau ou à faible profondeur. Parmi les dix espèces de laridés nicheurs et non nicheurs fréquentant le littoral et les falaises de la réserve de parc national de l’Archipel-de-Mingan, cinq sont suivies dans le cadre du Programme de surveillance de l’intégrité écologique.

Goéland marin

Les Goélands marins et Goélands argentés sont des oiseaux migrateurs arrivant dans la réserve de parc en mars. Ils mangent de tout, incluant les œufs et les oisillons de d’autres espèces d’oiseaux. Bien que les deux espèces se retrouvent sur les rives et falaises côtières, le Goéland argenté niche parfois dans les tourbières, la lande ou au sommet des conifères de la forêt boréale. Le Goéland argenté quitte la réserve de parc en août alors que le Goéland marin y séjourne jusqu’à la fin de l’automne.


Sterne arctique

Localement connus sous le nom d’« Hirondelles de mer », les Sternes pierregarins et arctiques sont de passage à la réserve de parc national de l’Archipel-de-Mingan de mai à septembre pour se nourrir de poissons et crustacés. Durant cette période, les couples vont aussi construire des nids rudimentaires au sol ou sur la végétation pour y déposer de 1 à 4 œufs. Les sternes sont très sensibles au dérangement et peuvent devenir territoriales en période de nidification, il est donc important de se tenir loin des colonies nicheuses.


Mouette tridactyle

La Mouette tridactyle se trouve normalement en mer et fréquente les falaises côtières seulement en période de nidification. Plusieurs couples se rassemblent à la réserve de parc national de l’Archipel-de-Mingan en avril pour y nicher et se nourrir de poissons, crustacés, mollusques et plancton qu’ils sont capables de capturer en nageant sous l’eau. Ils retournent au large des côtes en automne.


Anatidés
Eiders à duvet

Près de trente espèces de sauvagine nicheuse et non-nicheuse fréquentent les eaux côtières et mares d’eau douce de la réserve de parc national de l’Archipel-de-Mingan. Parmi elles se trouvent plusieurs espèces d’arlequins, bernaches, canards, eiders, foulques, fuligules, garrots, harles, macreuses, plongeons et sarcelles qui profitent de la grande variété de nourriture se trouvant dans la réserve de parc. L’Eider à duvet est cependant la seule espèce de canard plongeur marin suivi dans le cadre du Programme de surveillance de l’intégrité écologique. Localement appelé « moyak », les Eiders à duvet de la sous-espèce dresseri se regroupent en avril pour nicher sur les îles boisées et herbées de l’archipel de Mingan, alors que ceux de la sous-espèce borealis ne sont que de passage pour s’alimenter pendant la période d’hivernation. Une fois les œufs pondus, les femelles dresseri cessent de s’alimenter durant l’incubation alors que les mâles quittent la réserve de parc pour les aires de mue. Très vulnérables aux dérangements et à la prédation, les femelles et les canetons demeurent ensemble dans la réserve de parc jusqu’à l’automne, formant des radeaux familiaux sur l’eau appelés « crèches », leur permettant une meilleure protection pendant l’alimentation.

Phalacrocoracidés
Cormorans à aigrettes

Les phalacrocoracidés sont un groupe de grands oiseaux aquatiques utilisant leurs pattes palmées et leurs ailes pour se propulser sous l’eau. Deux espèces fréquentent les îles de la réserve de parc national de l’Archipel-de-Mingan, mais seul le Cormoran à aigrettes est suivi dans le cadre du Programme de surveillance de l’intégrité écologique.

Les Cormorans à aigrettes arrivent dans la réserve de parc en avril-mai pour construire leurs nids sur les îles forestières, les falaises côtières ou les îlots dénudés de l’archipel. Excellents pêcheurs, les deux parents vont se relayer pour nourrir leurs jeunes de poissons, crustacées et mollusques. Les colonies de Cormorans à aigrettes qui s’établissent dans les arbres de la forêt boréale peuvent avoir un impact sur le couvert végétal par le biais de leurs excréments qui s’écoulent des nids et s’accumulent au sol. À l’automne, les adultes et juvéniles quittent la réserve de parc pour entamer leur migration vers le sud.

Autres groupes pélagiques

Plusieurs autres oiseaux pélagiques non nicheurs tels que les fous, fulmars, labbes, océanites et puffins vont profiter des eaux riches entourant les îles de la réserve de parc national de l’Archipel-de-Mingan pour s’alimenter avant d’effectuer leurs grandes migrations hivernales.

Fous de bassan

Le Fou de Bassan, bien que présent occasionnellement, est l’un des visiteurs les plus remarqués lors de son passage estival à la réserve de parc national de l’Archipel-de-Mingan. Suivant les déplacements des bancs de poissons, les Fous de Bassan se rassemblent en grand nombre et se servent de l’élan de leurs plongeons verticaux pour se déplacer sous l’eau et capturer leurs proies. Ce vol en piqué peut s’effectuer à des hauteurs de 40 mètres dans les airs pour atteindre des profondeurs de 10 à 15 mètres sous l’eau. Une fois rassasiés, les Fous de Bassan quittent le parc à l’automne pour retourner dans le sud.