Le feu crée des conditions idéales à la croissance des végétaux et stimule leur régénération. En plus de renouveler et de diversifier la forêt, il crée une variété d'habitats pour différentes espèces d'insectes, de mammifères et d'oiseaux. Cette biodiversité est le signe d'un écosystème florissant, capable de perdurer. Aussi, le feu est essentiel à une espèce en déclin dans le parc : le pin blanc. En raison des coupes forestières et de la suppression des feux de forêt, ce dernier ne représente plus que 1 % de la forêt du parc national de la Mauricie. C’est loin des forêts de pin décrites par les explorateurs et les bûcherons des siècles derniers.

Le feu ne se contente donc pas de renouveler la forêt et de la recycler; il réorganise les écosystèmes au sein d’un cycle de changement perpétuel.


Une forêt brûlée et, quelques années plus tard, une forêt reverdie.

Les effets du feu sur la forêt

L’intensité et la gravité des feux varient selon la température, le relief, le vent et d’autres facteurs. Dans les secteurs où la forêt est complètement rasée par le feu, on trouve çà et là des îlots d’arbres intacts ou légèrement calcinés. C’est pourquoi l’on dit du feu qu’il accroît la diversité des écosystèmes au fil du temps. Les feux sont essentiels au rétablissement de la forêt, au même titre que le soleil et la pluie.

Les feux de forêt libèrent de précieux éléments nutritifs présents dans la litière du parterre forestier. Ils créent des ouvertures permettant à la lumière d’atteindre le sol, ce qui stimule la croissance de nouveaux arbres. 



Flammes sur un sol forestier.

Les effets du feu sur le sol

Dans les zones fraîches tempérées, comme au parc national de la Mauricie, la décomposition est lente, et les troncs, les feuilles et les aiguilles s’accumulent sur le tapis forestier. Le feu réduit ces matières en cendres riches en minéraux, recyclant et libérant ainsi des substances nutritives. Il crée également des trouées lumineuses qui permettent au soleil de réchauffer le sol et de stimuler la croissance des graines et des racines. 

Aussi, en réduisant la quantité de matières combustibles qui s’accumulent dans la forêt (branches, arbres morts, feuilles et aiguilles), le feu diminue les risques de feux de forêt de très forte intensité, lesquels peuvent endommager le sol et l’appauvrir.



Un jeune ours noir marche dans la forêt.

Les effets du feu sur la faune

Lorsqu’un incendie se déclenche dans une forêt, les animaux réagissent selon leur instinct. Les animaux qui le peuvent s’enfuiront; les autres, comme les serpents, les tortues et les salamandres, se cacheront simplement dans la terre ou sous des roches pour se protéger. Contrairement à ce que l’on peut penser, les feux de forêt peuvent favoriser l’abondance de certaines espèces sauvages. 

Le feu accroît l’abondance d’arbustes et de graminées dont les herbivores, comme l’orignal, se nourrissent. Le feu a aussi pour effet de favoriser la prolifération de petits fruits qui forment une partie importante du régime alimentaire de l’ours noir. À la suite d’un feu, la population de pics-bois peut se multiplier par cinquante! Ils viennent se régaler des insectes qui colonisent les arbres récemment brûlés. Même le lynx du Canada tire profit des incendies : les vieux conifères lui servent d’abri, et il chasse dans les brûlis, habitat favorable aux populations de lièvres d’Amérique, sa proie préférée.