Des chasseurs et un orignal.
La chasse à l’original a été fructueuse.

Bien avant la création du parc national de la Mauricie en 1970, la région était reconnue pour sa grande beauté et ses richesses naturelles. Alors que l’industrie forestière fonctionne à plein régime, une autre clientèle est présente sur les lieux. En effet, lorsque le parc a vu le jour, il y avait 16 clubs de chasse et pêche actifs sur son territoire. Parmi ceux-ci, il y avait trois clubs principaux : le Club Shawinigan (1883), le Laurentian Club (1886) et le club Commodore (1905).

Pendant près de 100 ans, ces clubs ont joué, à leur façon, un rôle dans la protection de la faune en empêchant sa surexploitation. Par contre, l’utilisation de poissons appâts et l’ensemencement ont modifié les écosystèmes aquatiques.

Des traces de cette époque existent toujours au parc, que ce soit par le Domaine Wabenaki – Andrew ou encore par la toponymie de plusieurs lacs. Par exemple, le lac Parker doit son nom à William Henri Parker, fondateur du Laurentien Club en 1886.

  1. Une clientèle triée sur le volet
  2. Le savoir-faire local à l’honneur
  3. Le Laurentian Club

1. Une clientèle triée sur le volet

Deux couples vêtus richement sur un quai.
Les club de chasse et pêche accueillaient des visiteurs à l’aise financièrement..

Les clubs de chasse et pêche sont privés, réservant ainsi leur territoire pour l’usage exclusif de leurs membres. La clientèle était majoritairement constituée de canadiens anglophones et d’américains. Politiciens, banquiers, hommes d’affaire prospère, il fallait être fortuné, car le coût pour être membre était plutôt élevé pour l’époque. Par exemple, pour être membre du Laurentian Club en 1938, il fallait débourser 135 $ par année et, en 1961, il en coûtait 250 $.

Parmi les membres influents, notons le premier ministre du Canada, Sir Wilfrid Laurier, qui était membre du Shawinigan Club ou encore la famille Kennedy qui a fréquenté le Laurentian Club à partir des années 1920.

2. Le savoir-faire local à l’honneur

photo de groupe devant un bâtiment.
Le Laurentian Club embauchait de nombreux guides pour offrir une expérience de qualité à ses clients.

Alors que la majorité de la clientèle provenait de l’extérieur de la région et même du pays, les employés étaient pour la plupart des résidents des alentours. Ils étaient embauchés comme guides, cuisinière ou femme de chambre.

Le guide était perçu comme un spécialiste de la forêt dont le métier consiste à faire apprécier à ses clients les beautés et les plaisirs de la forêt, tout en assurant leur confort et leur sécurité. Les guides autochtones, provenant notamment d’Odanak, étaient d’ailleurs reconnus pour leur connaissance quasi parfaite du territoire et étaient très appréciés par la clientèle. Pour cette raison, le contremaître du Laurentian Club jumelait souvent des guides canadiens et autochtones.

Selon les membres, les voyages pouvaient durer de 2 à 3 semaines.

Être guide pour cette clientèle prestigieuse était tout un honneur, mais aussi tout un contrat! Le guide devait transporter les canots dans les portages, préparer les repas, dresser les camps pour la nuit et allumer le poêle, graisser les bottes des membres, servir boissons et cigarettes en soirée. Il fallait éviscérer les truites pêchées par les membres, transporter les linges de rechanges, la nourriture, les équipements de chasse ou de pêche... En hiver s’ajoutaient le pelletage des toits des bâtiments, la gestion de la glace et le transport du bois de chauffage.

Au Laurentian Club, aux alentours des années 30, le salaire du guide, qui travaillait de 7 h à 18 h, était de 2 $ par jour.

Trois hommes en canot, celui du centre pêche.
Pour assurer un service exceptionnel, le Laurentian Club attitrait en général deux guides pour un membre.

3. Le Laurentian Club

Salle à manger du chalet Wabenaki.
Les membres se retrouvaient dans la salle à manger du Wabenaki pour partager un bon repas en discutant de leur journée à la chaleur du foyer.

Le Laurentian Club, fondé en 1886, occupait un vaste territoire, incluant le nord du lac des Cinq, le lac Édouard et le lac à la Pêche. Seulement dans le secteur du lac à la Pêche, le club comprenait une douzaine de bâtiments (camps des guides canadiens et autochtones, buanderie, salle à manger, maison du gérant, etc.) et un immense potager. Un autre petit « village » de près d’une dizaine de bâtiments était situé dans le secteur du lac Édouard.

Au cours de son existence, le Laurentian club a injecté plus d’un million de dollars dans l’économie de la région, en salaire et en dépenses de toutes sortes. Au fil des ans, le nombre de membre a varié entre 50 et 300.

Encore aujourd’hui, deux bâtiments témoignent de l’existence du Laurentian Club : Le chalet Wabenaki et la Maison Andrew.

Le Wabenaki, bâti entre 1886 et 1914, est le bâtiment le plus ancien du parc. En langue atikamekw, Wabenaki signifie l’aube blanche (Waban) et dans le territoire (Aki).Il abritait à l’époque la cuisine et la salle à manger des membres. C’était également l’endroit où les membres se retrouvaient après le repas pour profiter d’une soirée à la chaleur du foyer.

La maison Andrew tient son nom de Monsieur Alex Andrew, gérant du club au cours des années 1920-1930. Il y habitait avec sa femme et la maison servait aussi de poste d’accueil pour les membres et de « bureau des ressources humaines » où les employés recevaient leur paie.

Clins d'oeil

  • La maison du gérant du Laurentian club, aujourd’hui la Maison Andrew, a été dessinée par des architectes de Montréal selon le style Néo-Queen Ann.
  • Fondé en 1663 par et pour la classe ouvrière, le club Maréchal se démarquait des autres clubs.
  • Plusieurs clubs ont utilisé et amélioré les chemins forestiers pour faciliter l’accès à leurs membres.


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