La forêt laurentienne est constituée de conifères et de feuillus. Exploitée d’abord à petite échelle, elle sera fortement exploitée à des fins lucratives à partir de 1850 et ce, pendant près d’un siècle.

Parmi toutes les occupations humaines aux fils des millénaires, c’est l’industrie forestière qui aura le plus marqué le territoire actuel du parc. En effet, les coupes d’arbres créent des éclaircies, favorisant ainsi certaines espèces comme le sapin baumier et le bouleau blanc. La composition de la forêt s’en trouve fortement modifiée. Encore aujourd’hui, un œil averti peut repérer de vieilles souches dans la forêt.

Le transport du bois par les lacs et les rivières a aussi eu d’importantes conséquences sur les écosystèmes aquatiques. Il a fallu construire des barrages qui ont modifié le niveau de l’eau. Des milliers de billots ont sombré au fond des lacs sans jamais se rendre à destination. Aujourd’hui, Parcs Canada met tous les efforts pour réhabiliter les lacs et les cours d’eau, notamment en démantelant des barrages et en retirant les billots de bois du fond des lacs et des berges.

  1. Bois de sciage
  2. Industrie papetière
  3. Volonté de renouvellement

1. Bois de sciage

Deux hommes qui coupent un arbre à la hache.
Les « bûcheux » au travail en hiver.

Vers 1850, le pin blanc et le pin rouge sont recherchés pour leur rigidité. On les utilise pour la construction navale en Angleterre et pour répondre au mouvement d’urbanisation en cours au États-Unis.

Les bûcherons et autres travailleurs forestiers prennent d'assaut la forêt mauricienne. Armés de haches et de godendards, ils triment six jours sur sept, du lever du jour au coucher du soleil, pour un salaire dérisoire de 8 $ par mois. La main d’œuvre est majoritairement constituée de jeunes hommes âgés entre 16 et 25 ans. En hiver, le bois est coupé et accumulé près des cours d’eau et sur les lacs gelés.

À la fonte des glaces au printemps, les draveurs prennent la relève. L’eau est le moyen de transport le plus efficace pour transporter le bois vers Trois-Rivières. Des barrages sont construits pour augmenter le niveau de l’eau de plusieurs lacs et faciliter la circulation du bois.

Glissoire pour le bois
Des glissoires ont été aménagées pour faciliter le transport du bois.

En 1852, le gouvernement décide d’aménager la rivière Saint-Maurice, car les nombreuses chutes entre les Piles et Trois-Rivières rendent le flottage difficile. À partir de ce moment, des estacades et des glissoires sont aménagées tout au long de la rivière pour éviter que le bois ne se perde ou ne s’endommage dans les tourbillons. Par endroit, la rivière était complètement recouverte de billots de bois.

À partir de ce moment, les scieries se multiplient et la coupe de bois s’intensifie. Alors que le pin blanc représentait un peu plus de 10 % de la forêt sur le territoire du parc, il deviendra de plus en plus rare dès 1880. Aujourd’hui, on évalue sa présence entre 0,5 % et 1 %.

Une fois ces essences quasi épuisées, l'exploitation sélective se tourne vers l'épinette et le sapin, destinés aux usines de pâtes et papiers.

2. Industrie papetière

Deux draveurs au travail au pied d’une chute.
Les draveurs prenaient le relais en été pour faire descendre les billots de bois coupés pendant l’hiver vers les moulins à papier.

Au tournant du XXe siècle, les papeteries font leur apparition. Les bûcherons s'attaquent alors aux arbres de plus faible diamètre. La Mauricie devient la capitale mondiale du papier journal. Épinettes et sapins tombent et profitent à cette industrie en plein essor. De 1930 à 1970, environ 50 % du couvert forestier sera touché par la coupe de bois afin de nourrir l’industrie des pâtes et papiers.

En 1932, la Consolidated Paper obtient la concession de la majeure partie du territoire. Elle exploitera ces terres jusqu'à la création du parc en 1970. Les voies maritimes demeurent le moyen de transport privilégié tout au long de cette période.

3. Volonté de renouvellement

En 1918, la première forêt expérimentale du Québec voit le jour dans le secteur du lac Édouard. Elle est le résultat d’une entente entre le Service forestier du gouvernement du Canada et la Laurentide Pulp and Paper. Cette forêt a contribué de manière significative au développement de la foresterie au pays. Parmi les thèmes étudiés, notons l’évaluation du potentiel faunique après une coupe partielle ou encore des conditions nécessaires à la régénération de l’épinette rouge. Les suivis de ce lieu d’expériences scientifiques se sont arrêtés suite à la création du parc. Aujourd’hui, les spécialistes de Parcs Canada aident la forêt à retrouver la santé, notamment par l’utilisation du feu.

De 1930 à 1932, la Laurentide Pulp and Paper, qui devient la Consolidated Paper Corporation suite à la fusion de plusieurs compagnies papetières, met en place un vaste programme de reboisement. Ce projet s’étend sur 426 hectares sur les terres agricoles abandonnées le long du Saint-Maurice. Les plantations d'épinettes blanches de Saint-Jean-des-Piles, traversées par le sentier Mekinac, comptent parmi les plus vielles plantations canadiennes et les plus importantes de ce genre au pays.

Clins d'oeil

  • On estime que 95% du territoire du parc a été exploitée à au moins une reprise par l’industrie forestière.
  • Le plus vieux barrage est situé au lac Wapizagonke et date de 1827.
  • Dans le secteur du lac Anticagamac, quelques pins blancs, maintenant âgés de près de 300 ans, ont survécu à l’exploitation forestière.


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