Vers 1850, bûcherons, draveurs et autres travailleurs forestiers prennent d'assaut la forêt mauricienne. Armés de haches et de godendards, ils triment, du lever du jour au coucher du soleil, pour un salaire dérisoire. Le pin blanc et le pin rouge de dimensions et de qualité supérieures sont prélevés en premier. Une fois ces essences épuisées, l'exploitation sélective se tourne vers l'épinette blanche et le bouleau.

Au tournant du XXe siècle, les papeteries font leur apparition. Les bûcherons s'attaquent alors aux arbres de plus faible diamètre. Épinettes et sapins tombent et profitent à cette industrie en plein essor. La Mauricie devient la capitale mondiale du papier journal.

En 1932, la Consolidated Paper obtient la concession de la majeure partie du territoire. Elle exploitera ces terres jusqu'à la création du parc en 1970. Durant ces 40 années, environ 50 % du couvert forestier sera touché par les coupes de bois.

Durant les années 1930, ce géant de l'industrie papetière met en place un vaste programme de reboisement sur les terres agricoles abandonnées le long du Saint-Maurice. Les plantations d'épinettes blanches de Saint-Jean-des-Piles, traversées par le sentier Mekinac, comptent parmi les plus vielles plantations canadiennes et les plus importantes de l'époque.

L'exploitation forestière est, sans contredit, l'activité qui a le plus marqué ce territoire. Des moulins à scie ont été construits au lac à la Pêche et au lac Wapizagonke. Sur plusieurs lacs, des barrages vétustes retiennent l'écho des draveurs et des billes qui dévalaient les cours d'eau. Dans le sous-bois, un oeil attentif repère rapidement les vieilles souches, vestiges de cette époque légendaire. L'exploitation de la forêt a aussi modifié la composition et la structure du couvert forestier. Il en résulte, encore aujourd'hui, une plus grande diversité dans la composition et dans les stades d'évolution de la forêt.