Table des matières

Pour de plus amples renseignements au sujet de cette ébauche de plan directeur ou pour tout autre renseignement concernant le Parc National Forillon :

Parc national du Canada Forillon
Bureau administratif
122, boulevard de Gaspé
Gaspé (Québec) G4X 1A9


Tél. : 418-368-5505
Télécopieur : 418 368-6837
parcscanada.gc.ca/forillon


Résumé

Le parc national Forillon est situé à l’extrémité nord-est de la péninsule gaspésienne, l’une des régions touristiques les plus populaires au Québec. Il a été établi en 1970 dans le but de sauvegarder et représenter, au sein du réseau fédéral d’aires protégées, la région naturelle terrestre des monts Notre-Dame et Mégantic ainsi que certains éléments des régions naturelles marines du chenal Laurentien et des bancs Madeleine.

Le présent plan est le cinquième plan directeur pour le parc national Forillon. Il prend appui sur les principales réalisations depuis le plan directeur de 2010 notamment l’amélioration des relations avec la communauté locale qui s’est traduit par la création d’un comité consultatif, réunissant plusieurs partenaires de la région et de diverses organisations, les collaborations développées avec le Regroupement de personnes expropriées de Forillon et leur descendance et enfin, la signature d’une entente avec la communauté Mi’gmaq de Gespeg en 2009. Près de $80 millions ont également été investis depuis 2009 dans les infrastructures et installations du parc.

La forêt recouvre 95 % de la superficie du parc et elle abrite une diversité d’espèces fauniques et floristiques dont plusieurs espèces en péril. En plus de ces ressources naturelles, le parc revêt un caractère unique, car il compte de nombreuses ressources culturelles témoignant de l’occupation autochtone du territoire ainsi que de la pêche commerciale qui y a eu cours jusqu’au milieu du XXe siècle. Plusieurs constructions ayant servi aux familles de pêcheurs et d’agriculteurs établies dans la péninsule avant la création du parc subsistent encore aujourd’hui et ajoutent une composante patrimoniale à l’expérience offerte aux visiteurs du parc. Son paysage côtier distinctif, ses sentiers de randonnée et ses terrains de camping sont d’ailleurs de plus en plus prisés, tel qu’en témoigne la hausse marquée du nombre de visiteurs depuis 2013.

Le présent plan directeur propose une vision à long terme décrivant les aspirations pour le parc Forillon pour les 15 à 20 prochaines années. Il présente également quatre stratégies clés en vue d’atteindre ladite vision, lesquelles comprennent des objectifs et des cibles plus précises et mesurables.

La stratégie clé 1

« Une vision à réaliser ensemble »

La stratégie clé 1 a pour titre « Une vision à réaliser ensemble ». Elle repose sur une collaboration étroite entre Parcs Canada et les communautés et partenaires locaux pour faire rayonner le parc Forillon et pour une gestion plus concertée de celui-ci, reflétant les préoccupations et valeurs régionales. Cette stratégie fait également une large place à la contribution de la Nation Mi’gmaq de Gaspé.

La stratégie clé 2

« Un milieu naturel en évolution et en santé »

La stratégie clé 2 s’intitule « Un milieu naturel en évolution et en santé » et elle priorise l’intégrité des écosystèmes du parc. Cette stratégie préconise de porter une attention particulière au milieu marin côtier et à la forêt de Forillon, plus vulnérables aux changements environnementaux et climatiques.

La stratégie clé 3

« Un patrimoine culturel unique à protéger et à valoriser »

La stratégie clé 3 « Un patrimoine culturel unique à protéger et à valoriser » exprime une volonté d’accroître les connaissances sur les ressources culturelles présentes dans le parc, de mieux les conserver et de communiquer davantage leur valeur patrimoniale. La collection d’objets historiques, les paysages culturels et les ressources archéologiques sont abordés par cette stratégie.

La stratégie clé 4

« Une destination de premier choix en raison de ses riches atouts naturels et culturels »

La stratégie clé 4 vise à faire de Forillon « Une destination de premier choix en raison de ses riches atouts naturels et culturels ». En conjuguant ces deux volets naturels et culturels, cette stratégie porte sur la création d’occasions mémorables pour les visiteurs, et ce, tout au long des saisons. Elle vise à enrichir l’offre de services et d’activités disponibles et à positionner Forillon comme une destination récréotouristique incontournable et accessible.

Deux secteurs ont été identifiés comme nécessitant une approche de gestion plus appuyée que le reste du parc, soit le secteur de Grande-Grave et celui de Cap-Bon-Ami. Des objectifs et des cibles spécifiques aux enjeux plutôt uniques de ces secteurs sont présentés dans le plan directeur.

Finalement, ce plan présente le zonage du parc national Forillon, lequel demeure inchangé depuis le plan de 2010 avec la majeure partie du territoire du parc se retrouvant dans la zone II-milieu sauvage qui offre un degré de protection élevé.


1.0 Introduction

Parcs Canada gère l’un des plus beaux et des plus vastes réseaux de lieux naturels et historiques protégés du monde. Son mandat consiste à protéger et à mettre en valeur ces lieux pour que puissent en profiter les générations d’aujourd’hui et de demain. La gestion stratégique et axée sur le futur de chaque parc national, aire marine nationale de conservation, canal historique et lieu historique national administré par Parcs Canada appuie la vision de l’Agence :

Les trésors historiques et naturels du Canada occuperont une place de choix au cœur de la vie des Canadiens, perpétuant ainsi un attachement profond à l’essence même du Canada.

En vertu de la Loi sur les parcs nationaux du Canada et de la Loi sur l’Agence Parcs Canada, Parcs Canada doit préparer un plan directeur pour chaque parc national. Le Plan directeur du parc national du Canada Forillon, une fois approuvé par le ministre responsable de Parcs Canada et déposé au Parlement, permettra de s’assurer que Parcs Canada respecte son obligation de rendre compte à la population canadienne en décrivant comment la gestion du parc mènera à des résultats mesurables appuyant le mandat de l’Agence.

Les Canadiens, dont la communauté Mi’gmaq de Gespeg, les partenaires régionaux et les membres du comité consultatif du parc national Forillon, ont participé à la préparation de cette ébauche de plan directeur, contribuant ainsi à l’établissement de l’orientation future du parc national. Le plan décrit une orientation claire et stratégique pour la gestion et l’exploitation du parc national Forillon en formulant une vision, des stratégies et des objectifs clés. Parcs Canada rendra compte chaque année des progrès accomplis vers l’atteinte des objectifs du plan directeur, et il procédera à l’examen de ce dernier tous les dix ans ou avant, au besoin.

Ce plan directeur n’est pas une fin en soi. Parcs Canada favorisera un dialogue ouvert sur sa mise en œuvre, pour s’assurer qu’il reste pertinent et significatif. Le plan sera l’axe autour duquel s’articulera l’engagement continu à l’égard de la gestion du parc national Forillon dans les années à venir.


2.0 Importance du parc national Forillon

Premier parc national du réseau canadien au Québec, Forillon a été créé en 1970. Il est situé à l’intérieur des limites de la Ville de Gaspé, à l’extrémité nord-est de la péninsule gaspésienne, une des régions touristiques les plus populaires au Québec. Le parc se trouve également sur le territoire traditionnel des Mi’gmaq et la communauté Mi’gmaq de Gespeg est établie à proximité du parc.

Le parc Forillon assure la sauvegarde d’un territoire de 244,8 km2 représentatif de la région naturelle terrestre des monts Notre-Dame et Mégantic (240,4 km2) et de certains éléments des régions naturelles marines du chenal Laurentien et des bancs Madeleine (4,4 km2). Il est reconnu comme un endroit important pour la protection d’environnements naturels uniques, d’une diversité d’habitats et de certaines espèces en péril. La région naturelle marine du chenal Laurentien qui entoure le parc constitue d’ailleurs, en été, une importante aire d’alimentation pour une vie marine (mammifères marins, oiseaux marins, poissons) des plus abondante et diversifiée. La topographie accidentée typique de la chaîne des Appalaches, la flore et la faune représentatives de celles retrouvées dans la forêt boréale ainsi que la flore de la toundra alpine sont aussi au nombre des motifs ayant mené à la désignation du parc. De plus, la géologie et la géomorphologie exceptionnelles du parc sont d’importance nationale pour la communauté scientifique. La rencontre des milieux marin et terrestre y est spectaculaire.

La riche histoire de Forillon a également contribué à sa désignation, ce qui en fait un parc au caractère unique du fait qu’il possède une grande valeur tant sur le plan culturel que sur le plan naturel. Son histoire, de même que ses ressources culturelles, incluant les paysages, sont aussi fascinantes que sa faune et sa flore. La présence humaine et les occupations antérieures du territoire ont en effet façonné l’histoire de Forillon. D’abord fréquentés par les Autochtones pendant plusieurs milliers d’années, des pêcheurs saisonniers venus d’Europe ont par la suite utilisé sa « grande grave », depuis les années 1670, pour y préparer leurs morues. Après la Cession de la Nouvelle-France (1763), le territoire a vu diverses populations d’ici ou provenant d’outre-mer, notamment des îles Anglo-Normandes, fréquenter puis s’établir sur la péninsule de Forillon. Ces communautés ont vécu principalement de la pêche commerciale à la morue tandis que l’exploitation forestière, et dans une moindre mesure la chasse à la baleine, était le gagne-pain de plusieurs autres résidents. En 1970, le territoire fut exproprié par la province de Québec, puis transféré au gouvernement fédéral pour une durée de 99 ans en vue de l’établissement du parc national. Quelque 225 familles ont dû quitter leurs propriétés et près de 1200 propriétaires ont perdu leurs lots à bois et des parties plus ou moins grandes de leurs terres cultivées. Cette expropriation entraînera de grands bouleversements sur la vie familiale, économique et sociale de ces résidents.

Aujourd’hui, à l’aube du 50e anniversaire de sa création, les visiteurs peuvent profiter du parc national Forillon du début du mois de juin jusqu’à la mi-octobre (Action de grâce). En 2018-2019, près de 165 000 visiteurs ont fréquenté le parc. Près de 68 % de ceux-ci provenaient du Canada, 4 % des États-Unis et 28 % d’autres pays. Les Québécois représentaient d’ailleurs 88 % de tous les visiteurs canadiens au parc national Forillon, dont près de 10 % provenaient de Gaspé. Le camping, la randonnée, le vélo, la pêche sportive en mer, la baignade, les activités d’interprétation, les croisières et autres activités nautiques, la visite des sites patrimoniaux et l’observation de la faune, de la flore et des paysages constituent les activités les plus appréciées des visiteurs.


3.0 Contexte de planification

Le présent document constitue le cinquième plan directeur pour le parc national Forillon. Le plan directeur précédent a été publié en 2010, alors que les principaux enjeux du parc s’articulaient autour de l’intégration du parc à son milieu, de sa fréquentation et de l’état de ces infrastructures. Ce plan contenait des stratégies reflétant les préoccupations locales et régionales et il a mené à des résultats probants.

Réalisations depuis 2010

Parmi les principales réalisations depuis 2010, on note l’amélioration des relations avec la population locale, les intervenants et les partenaires. Celle-ci a été rendue possible grâce aux différentes actions ayant permis de créer des occasions d’échanges et de discussions qui ont eu un effet positif sur l’opinion publique et l’adhésion de la communauté aux activités du parc. Notons la mise sur pied d’un comité consultatif, réunissant plusieurs partenaires commerciaux, institutionnels et touristiques de la région et diverses organisations, les collaborations développées avec le Regroupement des personnes expropriées de Forillon et leur descendance et la création d’une équipe de Parcs Canada dédiée aux relations externes. Les efforts du parc pour améliorer sa présence dans le milieu se traduisent par une augmentation du nombre de partenaires qui supportent ses activités. Forillon est aujourd’hui reconnu comme un parc dynamique avec lequel il est avantageux de collaborer.

La signature d’une entente avec la communauté Mi’gmaq de Gespeg en 2009 pour l’établissement d’une nouvelle relation de partenariat, la création du site Mi’gmaq de Gespeg et la mise sur pied subséquente d’un Conseil de gestion coopérative ont également contribué au rapprochement avec cette communauté autochtone locale. La mise sur pied d’activités d’interprétation sur la culture Mi’gmaq dans le parc, le projet d’hébergement traditionnel dans le secteur du Cap-Bon-Ami et la tenue en 2017 du premier Mawiomi, une célébration traditionnelle Mi’gmaq, témoignent de ce rapprochement et reflètent une volonté de poursuivre le dialogue. Dans le cadre de la démarche de réconciliation menée par le Gouvernement du Canada, une nouvelle ententeest d’ailleurs en cours de négociation entre Parcs Canada et la Nation Mi’gmaq de Gespeg. Celle-ci devrait contenir des dispositions portant notamment sur la gouvernance, la pratique des activités traditionnelles de cueillette et de chasse, la mise en valeur de la culture Mi’gmaq et les opportunités économiques et d’emplois pour les membres de cette nation.

Certaines réalisations des dernières années ont également favorisé le développement, au sein du parc, d’une expertise en matière d’adaptation au changement climatique. Le déplacement d’un tronçon routier situé près du littoral et la restauration de la plage de Cap-des-Rosiers, mené en collaboration avec l’Université du Québec à Rimouski, constituent des exemples de projets qui ont vu le jour en réponse aux changements climatiques. La construction d’un lien routier durable dans le secteur de Penouille démontre aussi le leadership du parc pour contrer les effets de l’érosion et les dommages causés par les ondes de tempête, lesquels sont accentués par le changement climatique.

Enfin, la fréquentation du parc a augmenté de façon significative au cours des dernières années. La hausse du nombre de visiteurs à Forillon est attribuable à l’augmentation des efforts de promotion réalisés avec les partenaires du milieu et au renouvellement de l’offre de services et d’activités pour les visiteurs, dont de nouvelles formules d’hébergement, de nouvelles activités guidées et le renouvellement de l’expérience offerte aux visiteurs dans le secteur de Penouille. Forillon se réjouit d’être à l’avant-scène en tant que produit d’appel estival pour toute la région touristique Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine.

Défis et opportunités pour les prochaines années

Fier de toutes ces réalisations des dernières années, le parc national Forillon envisage l’avenir de façon optimiste. Il faut cependant considérer un certain nombre de défisauxquels fait face le parc de nos jours. Le défi géographique demeure d’actualité et en raison des excellents résultats obtenus au niveau de l’achalandage, les efforts de promotion demeurent essentiels et doivent se poursuivre afin de continuer à attirer les visiteurs à Forillon, malgré la distance géographique considérable pour bon nombre d’entre eux. Cette promotion est également importante pour positionner Forillon dans l’offre récréotouristique de la région qui compte également deux parcs gérés par la Société des Établissements de plein air du Québec (SÉPAQ). L’éloignement des grands centres urbains implique aussi des coûts de construction, de transport et de biens plus élevés. Le recrutement du personnel est également plus difficile en raison de la rareté de la main-d’œuvre en région.

Les changements climatiques, et plus particulièrement la hausse du niveau de la mer, la hausse des températures et l’augmentation de l’intensité des tempêtes, engendrent des impacts significatifs qui affectent la gestion et l’opération du parc à plusieurs égards.

L’érosion côtière à elle seule représente une menace pour certaines ressources culturelles enfouies (ressources archéologiques) et pour le maintien d’infrastructures et d’aménagements fort appréciés des visiteurs (ex. plages, routes, sentiers, quais, etc.). Bien que le phénomène n’ait pas encore été documenté à Forillon, on croit que l’accroissement des températures affectera également l’intégrité écologique du parc en favorisant l’apparition et le développement de certaines nouvelles espèces fauniques et floristiques au détriment des espèces indigènes. La fréquence et l’intensité en hausse des tempêtes côtières causent des dommages à certains bâtiments et certaines installations du parc en plus de modifier la dynamique des écosystèmes côtiers. Ces nombreux changements environnementaux augmenteront les pressions sur les écosystèmes et les infrastructures et pourraient affecter de façon significative la gestion future du parc ainsi que le cours de ses opérations.

Avec 95% de son territoire composé de forêts, le maintien de l’intégrité de la forêt du parc représentera encore, dans les années à venir, un défi et une priorité de premier ordre. En plus d’être susceptible d’être affecté par certains changements climatiques décrits précédemment, le régime de perturbations des forêts pourrait aussi être modifié (par exemple le cycle des épidémies d’insectes ravageurs, le régime de feu, la récurrence des chablis). De plus, la forêt doit composer avec des tendances nouvellement observées dans l’abondance des espèces, dont certaines sont devenues surabondantes. À titre d’exemple, l’augmentation de la population d’orignaux dans le parc est susceptible d’altérer la végétation et d’affecter la dynamique de renouvellement des forêts ce qui pourrait par la suite engendrer d’autres problèmes écologiques en cascade. Également, la connectivité avec le grand écosystème gaspésien représente toujours un enjeu pour certaines espèces animales, dont la martre et le pékan.

Par ailleurs, la gestion de l’accroissement de la fréquentation du parc, le nombre de visiteurs ayant connu une progression de 38% entre 2013 et 2018 et le nombre de nuitées de camping étant également en hausse de 70%, constituent un autre défi. Ces résultats sont très satisfaisants et dépassent les cibles de fréquentation fixées par le plan directeur de 2010. Cette situation, réjouissante pour Parcs Canada, ses partenaires et les communautés de la région, exige néanmoins une certaine réflexion. En effet, pendant plusieurs semaines estivales, les campings sont occupés à pleine capacité et les visiteurs affluent dans les installations et les sentiers du parc. La poursuite de cette progression de la fréquentation pourrait éventuellement avoir une incidence sur la qualité de l’expérience vécue par les visiteurs ainsi que sur la faune et la végétation du parc. Il devient donc opportun de faire valoir le potentiel que représente la fréquentation du parc en basse saison, comme à l’automne, en matière d’expériences de qualité et d’achalandage pour l’industrie touristique de la région.

Finalement, le grand nombre d’installations et de bâtiments que compte le parc (239 biens) et qui permettent d’accueillir et d’offrir divers services à tous ces visiteurs, nécessite des efforts constants pour en assurer un entretien adéquat. Avec près de $80 millions de dollars investis dans les infrastructures du parc au cours des 10 dernières années, bon nombre d’entre elles ont pu être restaurées et mises à niveau, dont des bâtiments de service dans les campings, la batterie de Fort-Péninsule et la route 132.

Néanmoins, la majorité des installations pour les visiteurs ont été érigées au cours des années 1970-1980, lors de la création du parc, et sont aujourd’hui vieillissantes et moins bien adaptées aux besoins opérationnels du parc et aux attentes des visiteurs. En plus de ces infrastructures, on trouve dans le parc plusieurs (27) bâtiments patrimoniaux significatifs dans la mémoire collective de la région et dont la valeur réside dans leur capacité à évoquer et raconter la riche histoire humaine du territoire du parc. Ces bâtiments requièrent une attention et une expertise particulières pour en assurer la conservation, alors que certains d’entre eux se trouvent déjà dans un état de détérioration avancé.


4.0 Vision

La vision représente les aspirations pour le parc national Forillon pour les 15 à 20 prochaines années. Elle exprime le futur souhaité pour le parc et inspirera les gestionnaires du parc de même que ses collaborateurs et ses partenaires dans leurs décisions et orientations de gestion. La vision présentée ci-dessous reflète donc les résultats anticipés de la mise en œuvre de l’orientation de gestion proposée dans le présent plan :

En 2030, le parc national Forillon continuera d’être reconnu pour l’authenticité de son majestueux paysage naturel et culturel. Avec ses falaises vertigineuses, sa riche forêt boréale et sa faune marine et terrestre abondante, le parc Forillon demeurera un symbole d’harmonie entre la terre et la mer. La riche histoire des occupations antérieures du territoire du parc, qu’elles soient autochtones, commerciales ou agricoles, y sera racontée grâce aux vestiges et constructions d’époque qui ont été préservés pour témoigner de l’harmonie de l’être humain avec le territoire.

Les Gaspésiens et les visiteurs apprécieront parcourir ses sentiers variés, profiter de points de vue magnifiques, se prélasser sur ses plages et dormir au son des vagues. Le parc Forillon combinera ses efforts avec ceux des collectivités locales afin de le promouvoir comme destination touristique incontournable et d’y offrir des activités et services qui agrémentent le séjour de ses visiteurs.

L’appréciation envers le parc national Forillon sera davantage rehaussée en raison de :

  • Son ouverture et sa volonté de travailler en étroite collaboration avec les différentes communautés liées au parc, dont la nation Mi’gmaq de Gespeg et le Regroupement des personnes expropriées de Forillon et leur descendance, pour qui celui-ci fait figure de territoire de réconciliation.

  • Sa détermination à raconter et mettre en lumière l’histoire humaine précédant la création du parc, en conservant et protégeant les témoins les plus significatifs de celle-ci et en faisant de ceux-ci un produit d’appel intégré à l’offre de services et la programmation du parc.

  • Sa façon de célébrer ce lieu fertile et protégé, sacré pour la Nation Mi’gmaq, et d’œuvrer en partenariat avec cette Nation afin d’incorporer la culture et les connaissances traditionnelles autochtones dans ses opérations, son offre d’activités et ses prises de décision.

  • Son leadership et ses pratiques exemplaires mis en place pour assurer un équilibre constant entre la fréquentation du parc et la protection de ses ressources, entre la quantité et la qualité.

  • La démonstration de sa capacité d’adaptation et sa flexibilité, pour faire face avec brio et innovation aux défis de la nature et des changements climatiques en mettant de l’avant des mesures d’atténuation et d’adaptation harmonieuses avec l’évolution naturelle des écosystèmes, côtiers notamment.

  • Des efforts qui sont déployés afin d’améliorer la connectivité des espèces peuplant le parc et des écosystèmes avec l’ensemble du territoire gaspésien.

  • Sa capacité de se renouveler et se réinventer en matière de gestion des infrastructures, d’accueil et d’expérience offerte aux visiteurs afin d’accroître la satisfaction et le sentiment d’attachement ressenti par ces derniers.

5.0 Stratégies clés

Le plan directeur pour le parc national Forillon comprend quatre stratégies clés. Chacune des stratégies incite le parc à viser de hauts standards de performance, tout en composant avec les principaux enjeux et les nouvelles tendances qui se dessinent, ainsi qu’à profiter des opportunités du milieu et de collaborations accrues.

Les stratégies clés présentées ci-dessous décrivent les grandes approches devant guider la gestion du parc au cours des dix prochaines années afin d’atteindre, à plus long terme, la vision souhaitée. Des objectifs plus précis correspondent à chacune de ces stratégies clés et des cibles y sont associées afin de mesurer les progrès vers l’atteinte de ces objectifs au cours des années à venir. Les orientations énoncées dans la présente section tiennent compte de la capacité et des ressources disponibles pour le parc national Forillon. Certains engagements pourraient néanmoins requérir l’octroi éventuel de financement supplémentaire ou reposer sur des ententes de partenariats avec des collaborateurs externes.

Stratégie clé 1 :

Une vision à réaliser ensemble

Déjà le plan directeur de 2010 confirmait le rôle de Forillon comme produit d’appel pour la région et précisait que le parc ne peut pas atteindre ses objectifs en travaillant en vase clos. Encore de nos jours, l’approche de gestion préconisée repose sur une collaboration étroite entre Parcs Canada et les communautés et partenaires locaux, dans le but de faire rayonner le parc. La contribution de la Nation Mi’gmaq de Gaspé est également inhérente à la réalisation de cette stratégie. Forillon s’engage par cette stratégie à considérer dans ses décisions de gestion et ses opérations, les préoccupations et les valeurs de ceux qui ont façonné ce territoire, bien avant l’établissement du parc, ainsi que les attentes des communautés locales. La mobilisation et l’appui de l’ensemble des différents partenaires touristiques, municipaux, académiques et scientifiques mèneront à une gestion plus concertée du parc et lui permettront également de poursuivre son rôle de levier touristique et économique majeur pour toute la région.

Objectif 1.1 :

Les communautés locales et les partenaires ont un plus grand sentiment d’appartenance envers le parc.

Cibles :

  • Cible 1 : Le comité consultatif de Forillon se réunit minimalement deux fois par année.
  • Cible 2 : Un programme de bénévolat est mis sur pied d’ici 2030.

Objectif 1.2 :

Les familles expropriées et leurs descendants ont l’opportunité de contribuer à l’élaboration et la mise en place de projets qui rejoignent leurs intérêts.

Cibles :

  • Cible 1 : Au moins une rencontre est tenue annuellement avec le Regroupement des personnes expropriées de Forillon et leur descendance pour discuter et développer des priorités conjointes.
  • Cible 2 : Conformément au plan d’action qui a été élaboré en concertation avec le Regroupement des personnes expropriées, de nouvelles initiatives et activités sont développées d’ici 2025.

Objectif 1.3 :

Le modèle de gouvernance établi avec la Nation Mi’gmaq de Gespeg permet d’intégrer et de refléter les valeurs et les connaissances traditionnelles Mi’gmaq dans la gestion du parc Forillon.

Cibles :

  • Cible 1 : Le comité de gestion coopérative se réunit sur une base régulière, minimalement 2 fois par année.
  • Cible 2 : Des noms traditionnels Mi’gmaq sont intégrés dans la toponymie du parc d’ici 2023.
  • Cible 3 : D’ici 2022, des activités traditionnelles autochtones de chasse et de cueillette sont réintroduites dans le parc, conformément aux dispositions des ententes en vigueur.

Objectif 1.4 :

Les opportunités d’éducation et de sensibilisation sont optimisées et permettent de rejoindre les publics cibles de Parcs Canada, notamment les jeunes, et de les sensibiliser aux thèmes du parc.

Cibles :

  • Cible 1 : Le nombre de contacts établis lors d’évènements de diffusion externe et de promotion tenus à l’extérieur du parc augmente (année de référence : 2019).
  • Cible 2 : Un programme scolaire proposant une expérience d’apprentissage complémentaire renouvelée est offert à compter de 2020.

Objectif 1.5 :

La présence de Forillon dans les médias et les campagnes promotionnelles de la Gaspésie s’accroît.

Cibles :

  • Cible 1 : Le nombre d’abonnés aux réseaux sociaux gérés par le parc national Forillon augmente de 10% d’ici 2022.
  • Cible 2 : En concertation avec des partenaires du milieu, un nouveau plan marketing pour Forillon est développé et mis en œuvre d’ici 2022 puis révisé tous les trois (3) ans.

Stratégie clé 2 :

Un milieu naturel en évolution et en santé

Conformément à la mission de Parcs Canada, la préservation de l’intégrité écologique des écosystèmes est au premier rang des priorités de gestion d’un parc national. D’ailleurs, Forillon contribue déjà à cette priorité en collaborant à des programmes d’investissements ciblés tels que l’Initiative du Patrimoine Naturel. Ces écosystèmes ne sont toutefois pas statiques et leur capacité à s’adapter, en particulier aux changements climatiques et à la fragmentation du territoire, doit également être considérée dans la gestion à long terme du parc. Cette stratégie préconise de porter une attention particulière à la forêt de Forillon, qui recouvre 95% du territoire du parc, ainsi qu’au milieu marin côtier, lesquels sont plus vulnérables aux impacts des changements climatiques. Elle vise aussi à promouvoir davantage l’imposant travail accompli au parc Forillon en matière de conservation des ressources naturelles et de restauration des milieux et des processus naturels. L’intégration des connaissances traditionnelles autochtones dans la gestion et la protection de certaines espèces (animales et floristiques) et la collaboration avec la communauté scientifique et les autres aires protégées de la région font partie intégrante de la mise en œuvre de cette stratégie et de ses objectifs.

Objectif 2.1 :

La santé de l’écosystème forestier s’améliore.

Cibles :

  • Cible 1 : La population d’orignaux atteint un niveau qui assure la viabilité des écosystèmes d’ici 2030, conformément au Plan de gestion des orignaux.
  • Cible 2 : La situation des populations de carnivores moyens (pékan, martre, renard, lynx) s’améliore dans la prochaine Évaluation de l’état du parc.
  • Cible 3 : L’étude sur les corridors de déplacements potentiels des espèces animales réalisée en 1994 est mise à jour d’ici 2025, afin de déterminer le potentiel de connectivité avec le grand écosystème régional.

Objectif 2.2 :

La conservation des espèces en péril progresse.

Cible :

  • Cible 1 : La mise en œuvre du plan de sites sur les espèces en péril est complétée d’ici 2030.

Objectif 2.3 :

Les écosystèmes ayant subi des perturbations anthropiques sont restaurés.

Cible :

  • Cible 1 : Un programme de renaturalisation de l’ancien tracé de la route 132 dans le parc est amorcé d’ici 2022.

Objectif 2.4 :

Les plus récentes données concernant les changements climatiques sont utilisées pour orienter la gestion et les opérations du parc.

Cibles :

  • Cible 1 : La surveillance et le suivi des impacts liés aux changements climatiques sont maintenus.
  • Cible 2 : Une évaluation de la vulnérabilité du parc aux changements climatiques est réalisée d’ici 2025.
  • Cible 3 : Un examen des mesures prioritaires d’adaptation aux changements climatiques est réalisé pour les infrastructures du parc et les ressources culturelles qui sont les plus à risque.

Objectif 2.5 :

Les efforts de conservation et les avancées scientifiques réalisés à Forillon sont davantage reconnus.

Cibles :

  • Cible 1 : À partir de 2021, les résultats de certains projets scientifiques menés à Forillon, par Parcs Canada ou par des partenaires, sont présentés chaque année dans le cadre des programmes d’interprétation offerts aux visiteurs.
  • Cible 2 : Les projets de recherche et de conservation des ressources naturelles réalisés à Forillon font l’objet d’au moins une sortie médiatique annuellement.
  • Cible 3 : D’ici 2021, les projets et les résultats de recherches scientifiques sont vulgarisés et accessibles au public en ligne et lors d’activités d’éducation du public.

Stratégie clé 3 :

Un patrimoine culturel unique à protéger et à valoriser

Plusieurs traces de l’occupation du territoire antérieure à l’établissement du parc Forillon subsistent et ont une importante valeur patrimoniale. Artéfacts autochtones, vestiges des pratiques de pêche et d’agriculture et traces des anciennes communautés expropriées font partie du paysage de Forillon et de la mémoire collective. Cette caractéristique confère au parc une intéressante dimension culturelle qui le démarque des autres aires naturelles protégées de la région et lui permet d’enrichir sa programmation d’activités. Cette troisième stratégie exprime donc une volonté d’accroître les connaissances sur ces nombreuses ressources culturelles, de mieux les conserver et de communiquer davantage leur valeur patrimoniale et ce, grâce à l’appui de programmes nationaux de Parcs Canada tel que « Histoires du Canada », et au soutien de partenaires régionaux concernés et de la Nation Mi’gmaq. À terme, cette stratégie contribuera à raviver la fierté régionale et à accroître l’attachement au parc. Quoique la stratégie vise l’ensemble des ressources culturelles bâties présentes dans le parc, celles se trouvant dans le secteur Grande-Grave seront priorisées au cours du cycle du présent plan directeur. Une approche de gestion distincte a donc été élaborée pour ce secteur, laquelle contient des objectifs spécifiques qui sont présentés à la section 6.1.

Objectif 3.1 :

Le niveau de connaissances et les conditions de conservation de la collection d’objets historiques de Forillon s’améliorent en vue d’assurer leur conservation à long terme.

Cibles :

  • Cible 1 : La mise à jour de l’inventaire de la collection est réalisée et une procédure d’inventaire périodique est implantée d’ici 2025.
  • Cible 2 : La valeur patrimoniale de chacun des objets historiques est identifiée et leur statut de ressources culturelles est confirmé d’ici 2030.
  • Cible 3 : Les conditions de conservation des objets entreposés dans les dépendances de Grande-Grave (réserves satellites) sont améliorées d’ici 2022.
  • Cible 4 : Les conditions de conservation des objets en exposition au parc ont été évaluées et les correctifs requis apportés d’ici 2025.

Objectif 3.2 :

La valeur patrimoniale des ressources culturelles est mieux communiquée aux visiteurs et au grand public.

Cibles :

  • Cible 1 : Les outils d’interprétation non personnalisés (ex. panneaux d’interprétation) ainsi que les activités d’interprétation livrées par le personnel du parc ou par des partenaires sont actualisés d’ici 2030 afin de communiquer les informations les plus à jour sur la valeur patrimoniale des ressources culturelles en place.
  • Cible 2 : Du contenu traitant de la valeur patrimoniale des ressources culturelles de Forillon est diffusé (web, médias sociaux, événements ou autres) chaque année afin de rejoindre un plus vaste auditoire.

Objectif 3.3 :

La Nation Mi’gmaq de Gespeg et Parcs Canada travaillent en collaboration en vue de conserver, protéger et mettre en valeur la culture et le patrimoine Mi’gmaq.

Cibles :

  • Cible 1 : Chaque année, parmi les activités d’interprétation proposées aux visiteurs, un minimum de deux activités porte sur la culture autochtone et est offert en collaboration avec la Nation Mi’gmaq.
  • Cible 2 : D’ici 2025, un plan de travail est développé en collaboration avec les partenaires Mi’gmaq pour accroître les connaissances sur les ressources archéologiques autochtones.

Objectif 3.4 :

Les paysages culturels significatifs sont identifiés et conservés pour témoigner de l’histoire du parc.

Cibles :

  • Cible 1 : L’inventaire des paysages culturels est complété d’ici 2025.
  • Cible 2 : Les études sur les paysages culturels significatifs prioritaires (selon les projets et les enjeux) sont réalisées d’ici 2026.
  • Cible 3 : Un plan d’action pour conserver et mettre en valeur les paysages culturels significatifs prioritaires est élaboré d’ici 2030.

Objectif 3.5 :

Les ressources archéologiques sont mieux identifiées, documentées et protégées.

Cible :

  • Cible 1 : Les sites archéologiques menacés par l’érosion côtière sont identifiés d’ici 2025.
  • Cible 2 : Des mesures d’atténuation ou de conservation sont mises en place pour les ressources les plus menacées d’ici 2030.

Stratégie clé 4 :

Une destination de premier choix en raison de ses riches atouts naturels et culturels

Depuis très longtemps, Forillon témoigne de la relation étroite entre la nature et l’être humain. Les différentes expériences offertes au parc national Forillon permettent en effet d’apprécier les paysages grandioses et les écosystèmes présents dans le parc tout en apprenant sur l’histoire des occupants antérieurs du territoire et sur la façon dont ils y ont vécu. En conjuguant ces deux volets, cette quatrième stratégie porte sur la création d’occasions mémorables, et ce, en toutes saisons. Soutenue par des études de marché et une planification rigoureuse de l’expérience des visiteurs, elle vise à enrichir l’offre de services et d’activités disponibles afin que Forillon se positionne comme une destination récréotouristique incontournable et accessible où il fait bon séjourner.

Objectif 4.1 :

Une meilleure répartition et gestion de la fréquentation permet d’assurer une expérience de qualité aux visiteurs.

Cibles :

  • Cible 1 : D’ici 2025, le nombre de visiteurs augmente de 10 % entre la fête du Travail et l’Action de grâce (année de référence : 2018).
  • Cible 2 : L’offre d’activités offertes aux visiteurs en dehors de la saison estivale est bonifiée d’ici 2025.
  • Cible 3 : Un plan de gestion de la circulation et des stationnements est réalisé d’ici 2025.

Objectif 4.2 :

Le programme d’interprétation offert aux visiteurs est renouvelé grâce à un nouveau plan d’interprétation intégrant à la fois les volets naturels, culturels et historiques ainsi que les connaissances autochtones.

Cible :

  • Cible 1 : Au moins une nouvelle activité d’interprétation est proposée aux visiteurs annuellement dès la première année de mise en œuvre du présent plan directeur.

Objectif 4.3 :

L’offre d’hébergement dans le parc est bonifiée en vue de répondre aux attentes des clientèles cibles.

Cibles :

  • Cible 1 : De nouvelles unités d’hébergement alternatif sont mises en place d’ici 2022.
  • Cible 2 : Le nombre de nuitées des visiteurs dans le parc augmente de 10% (année de référence : 2018).

Objectif 4.4 :

Forillon est reconnu pour sa diversité d’activités récréatives et sa gamme de services connexes.

Cibles :

  • Cible 1 : De nouveaux services de restauration sont ajoutés d’ici 2022.
  • Cible 2 : La satisfaction des visiteurs quant à l’offre globale d’activités se maintient ou s’améliore dans le prochain Programme d’information sur les visiteurs (PIV).
  • Cible 3 : Un nouveau plan d’aménagement est réalisé pour le secteur Cap-Gaspé d’ici 2025 (afin d’en améliorer l’accessibilité, les infrastructures et les services).
  • Cible 4 : Le Plan des sentiers est mis en œuvre d’ici 2030 afin d’optimiser le réseau de randonnées pédestres.

Objectif 4.5 :

Les efforts de mise à niveau des installations destinées aux visiteurs et des bâtiments du parc se poursuivent et la condition de ceux-ci s’améliore.

Cibles :

  • Cible 1 : La condition globale des biens bâtis est rehaussée et atteint la cote passable ou bonne dans la prochaine Évaluation de l’état du parc.
  • Cible 2 : Un plan d’entretien et d’intervention à long terme est conçu d’ici 2025 en vue de définir les actions prioritaires pour le maintien des biens et infrastructures du parc.

6.0 Approche de gestion par secteur

Deux secteurs à l’intérieur du parc national Forillon nécessitent une approche de gestion plus spécifique. Il s’agit du secteur de Grande-Grave, situé sur la rive nord de la baie de Gaspé, près de l’entrée du secteur Sud du parc et du secteur de Cap-Bon-Ami, se trouvant dans la partie est de la péninsule de Forillon, face au golfe Saint-Laurent.

L’adoption d’une approche de gestion sectorielle pour ces deux secteurs est justifiée en raison des enjeux de gestion qui leur sont plutôt uniques et qui commandent une orientation de gestion plus appuyée que celle encadrant la majeure partie du parc et en raison aussi de la signification particulière qu’ils revêtent pour le public et la population locale. Ainsi, en plus des stratégies clés présentées précédemment qui s’appliquent également, des objectifs et des cibles ont été spécifiquement développés pour ces secteurs.

6.1 Approche de gestion spécifique au secteur de Grande-Grave

Description du secteur

Le secteur Grande-Grave porte le nom d’une ancienne communauté qui était établie sur le versant sud de la péninsule de Gaspé avant l’établissement du parc national Forillon. On le désigne comme un « site patrimonial » en raison du nombre de bâtiments patrimoniaux, encore conservés à ce jour, qu’il recèle, en plus des vestiges archéologiques et des paysages témoignant encore aujourd’hui d’une occupation plusieurs fois centenaire. La population locale mais aussi les visiteurs, ressentent un fort attachement à ce secteur qui confère au parc national Forillon un cachet unique. Déjà, le plan directeur de 2010 proposait de consacrer le secteur de Grande-Grave comme pôle majeur pour la mise en valeur des anciens villages du parc, afin de reconnaitre le legs laissé par les occupants antérieurs de ce territoire.

Depuis 2010, des travaux de réfection ont été réalisés sur l’ensemble domestique Blanchette, sur la maison Joseph-Gavey et sur le quai de Grande-Grave, dont la condition nécessitait des interventions urgentes pour assurer leur sauvegarde. Une étude a également été réalisée en 2015 dans le but de mieux définir les valeurs des ressources culturelles du parc Forillon et éventuellement d’aider à leur préservation et leur mise en valeur.

Principaux enjeux et possibilités propres au secteur de Grande-Grave

Plusieurs des 17 habitations et dépendances composant le secteur de Grande-Grave auraient été construites à la fin du 19e siècle et, faute d’entretien régulier, certaines présentent indéniablement des signes de détérioration avancée. Malgré les investissements consentis ces dernières années pour quelques-uns d’entre eux, il y a urgence d’agir pour préserver les bâtiments patrimoniaux du secteur, lesquels constituent des témoins des familles ayant habité l’endroit et façonné le paysage. Leur restauration permettra aussi de développer une expérience plus authentique.

Objectifs et cibles propres au secteur de Grande-Grave

Objectif 1 :

L’intégrité physique des bâtiments et des ouvrages patrimoniaux s’améliore afin de conserver leur valeur patrimoniale.

Cibles :

  • Cible 1 : Les ouvrages et bâtiments patrimoniaux utilisés par les visiteurs sont en bon état et le maintien de leur accès au public est assuré à long terme.
  • Cible 2 : Un programme d’intervention est mis en place d’ici 2025 pour confirmer la vocation et entamer la réhabilitation de bâtiments patrimoniaux des ensembles Joseph-Gavey, Daniel-Gavey, Elias-Gavey et Charles-Bartlett.
  • Cible 3 : Le niveau de connaissance sur les cimetières s’accroît et un plan de conservation est complété d’ici 2030.