Fort-Péninsule

Ce site est un émouvant vestige de la base navale de Gaspé, un des principaux postes militaires canadiens de la Seconde Guerre mondiale.

Inauguré en 1942, le complexe militaire de Gaspé comprend une base navale (H.M.C.S. Fort Ramsay), trois batteries de défense côtière (Fort-Haldimand, Fort-Prével et Fort-Péninsule), un gigantesque filet sous-marin fermant la baie de Gaspé aux sous-marins allemands et une flotte de 19 navires de guerre.

Pourquoi établir une base navale à Gaspé? En quoi ce site patrimonial est-il si exceptionnel? Pour le savoir, visionnez notre vidéo sur Fort-Péninsule.

Fort Péninsule et la Deuxième Guerre mondiale

Transcription

Logo de Parcs Canada (castor)

1942…

La Deuxième Guerre mondiale fait rage.

Des sous-marins allemands pénètrent dans le Saint-Laurent.

Ils y torpilleront 23 navires alliés.

C’est la Bataille du Saint-Laurent…

Logo du Parc national Forillon - Fort Péninsule

Entrevue avec Émilie Devoe, porte-parole de Parcs Canada. L’image de la porte-parole alterne avec une succession d’images d’archives de Fort Péninsule, d'un sous-marin allemand, de navires dans la baie de Gaspé, de la base navale de Gaspé, d’une batterie anti-aérienne, d’un soldat devant un projecteur de Fort Péninsule, de l’installation du filet sous-marin et de la construction de la batterie côtière de Fort Prével.

(Émilie Devoe, Parcs Canada) La base navale de Gaspé a joué un rôle crucial dans la Bataille du St-Laurent.

Un double rôle, en fait.

Elle devait, d’une part, protéger les navires alliés qui naviguaient dans le Saint-Laurent, et, d’autre part, protéger la baie de Gaspé.

Parce que la baie de Gaspé avait été identifiée comme abri pour une partie de la flotte britannique au cas où l’Allemagne nazie envahissait la Grande-Bretagne.

On retrouve donc, à Gaspé, à l’époque, tout un complexe militaire qui comprenait la base navale elle-même, un immense filet sous-marin qui bloquait l’entrée de la baie, et trois batteries côtières, dont Fort Péninsule.

L’entrevue se poursuit. L’image de la porte-parole alterne avec des images actuelles du site : canons, escaliers, tunnels souterrains, vues intérieures et extérieures.

Le principal vestige de ce complexe militaire, aujourd’hui, c’est Fort Péninsule.

C’est un lieu patrimonial exceptionnel.

La seule batterie côtière de la Deuxième Guerre mondiale entièrement préservée et accessible au public, au Québec.

Et c’est un site très émouvant.

Le fait de descendre, de marcher dans les tunnels souterrains, dans les chambres fortes, de voir les canons

De sentir la noirceur, l’humidité, l’écho… c’est vraiment une expérience émouvante!

L’entrevue se poursuit. L’image de la porte-parole alterne avec des images de gens présents sur le site : groupes en pique-nique, visiteurs de tous âges, guides-interprètes costumés en action, enfants qui apprennent en s’amusant.

En même temps, ce qui est beau, c’est que c’est devenu un lieu de mémoire étonnamment vivant.

Les gens se sont approprié le lieu.

On vient jaser, jouer de la musique, faire des pique-niques.

On vient apprendre, se rassembler, se raconter des souvenirs.

Donc, c’est un site où on aime revenir, où on aime se rappeler.

Et peut-être un lieu, aussi, pour transmettre à nos enfants des valeurs qui nous tiennent à cœurcomme le respect, la liberté, et la paix.

Vivez Fort Péninsule!

Images d'archives (Logos du Musée naval de Québec et du Musée de la Gaspésie)

Logo de Parcs Canada (drapeau)

© Sa Majesté la reine du chef du Canada, représentée par Parcs Canada, 2014.

Mot-symbole "Canada"

Torpillages au large de Cap-des-Rosiers

Saviez-vous que des navires ont été torpillés par des sous-marins allemands près des côtes de Forillon en 1942 lors de la Bataille du Saint-Laurent?

Plus de 70 ans après les événements, à l’automne 2015, cinq épaves ont été découvertes au large de Cap-Gaspé et Cap-des-Rosiers grâce aux efforts conjugués de nombreux partenaires, dont Samuel Côté, les chercheurs du Centre interdisciplinaire de développement en cartographie des océans (CIDCO), l’archéologue Érik Phaneuf, REFORMAR et Patrimoine canadien. Cette découverte a suscité un vif intérêt et éveillé bien des souvenirs chez les Gaspésiens.

Que s’est-il réellement passé, le 15 septembre 1942? Deux témoins, M. Gérald Giasson et M. Guy Ste-Croix, nous racontent leurs souvenirs de cet épisode méconnu de la Seconde Guerre mondiale.

La bataille du Saint-Laurent aux portes de Forillon

Transcription

Séquence d'ouverture - Logo de Parcs Canada (castor)

(Phrases déroulantes, avec un discret fond sonore de tirs / bombes qui explosent.)

Septembre 1942

La Deuxième Guerre mondiale fait rage.

Des sous-marins allemands torpillent des navires dans le Saint-Laurent.

Au large de Forillon, des pêcheurs se retrouvent coincés

sur le champ de bataille...

Entrevue avec Émilie Devoe, porte-parole de Parcs Canada. L’image de la porte-parole alterne avec une succession d’images actuelles (plaque commémorative de la Commission des lieux et monuments historiques du Canada sur la Bataille du Saint-Laurent, Cap-Bon-Ami) et d'images d'archives (sous-marins dans le golfe Saint-Laurent, navires dans la baie de Gaspé).

La bataille du Saint-Laurent se déroule juste ici, dans le golfe et le fleuve Saint-Laurent, de 1942 à 1944.

Des sous-marins allemands, les fameux U-boote, vont réussir à pénétrer dans les eaux côtières

et à torpiller une vingtaine de bateaux, des navires de guerre et, surtout, des navires marchands.

On se rappelle que, pendant la guerre, il y a des combattants, de l’armement et des tonnes de marchandises qui partent de Montréal vers la Grande-Bretagne, en bateau. L’objectif des Nazis, donc, en déployant des sous-marins dans le Saint-Laurent, c’est de couler des navires marchands, de façon à entraver le ravitaillement des Alliés. Sur la vingtaine de navires torpillés pendant la bataille, 5 ont été coulés au large des côtes de Forillon  trois en face du Cap-Gaspé

et deux, tout près d'ici, dans le secteur de Cap-des-Rosiers.

Témoignage de M. Gérald Chiasson, fils de pêcheur et témoin des torpillages

On voyait assez souvent des convois passer, c’était devenu naturel. On savait que nos parents étaient à la pêche. On ne savait pas qu’ils étaient exactement autour des bateaux qui se faisaient couler, mais on savait qu’ils étaient à la pêche dans ces coins-là.

L’entrevue se poursuit avec la porte-parole de Parcs Canada.

Les sous-marins approchaient très près des côtes! Le commandant Paul Hartwig, du sous-marin U-517, racontait par la suite qu’il pouvait même voir la fumée sortir des cheminées et entendre la musique qui venait des villages! On imagine bien comment le quotidien des gens a pu être bouleversé. Il y avait des consignes de couvre-feu, des consignes d’obscurcissement (le fameux black out). Et les pêcheurs se retrouvaient, bien malgré eux, pris entre les sous-marins et les navires marchands.

Témoignages de M. Guy Ste-Croix, pêcheur et témoin des torpillages, et de M. Gérald Chiasson (cité précédemment). Les images des deux hommes alternent avec les images d'archives.

M. Ste-Croix: Il faisait beau soleil. Y’avait pas de poisson à prendre. Pis là, on regardait le convoi s’en venir. M. Giasson: Dans mon souvenir, j’étais devant la maison paternelle. On attendait pour retourner à l’école après dîner. On voyait le convoi passer. M. Ste-Croix: À mesure que les bateaux arrivaient, y’a un pêcheur qui crie, un Packwood,

il dit: « Là, ce serait le temps de savoir s’il y a des sous-marins dans le golfe! » Il n’a pas fini de dire ça, que le premier bateau explose! M. Giasson: Bang! C’est sûr que ça a frappé fort, pis ça a résonné. Comme un gros, gros coup de fusil.  

Je me souviens très bien d’avoir vu le bateau couler.

Il a coulé, il est venu à la verticale. M. Ste-Croix: C’est là que les corvettes lançaient les bombes de profondeur. Le remous de ça, ça montait en l’air à peu près une trentaine de pieds de hauteur! Ce n’était pas loin de nous autres

On avait peur!

On a fait partir le moteur.

Les premiers bateaux du convoi étaient pour passer au large des barges.

Après ça, ils ont changé de direction, quand les bateaux ont coulé.

Ils s’en venaient vers la terre.

Nous autres, on était pris entre les bateaux.

C’était la première année que je pêchais.

Retour à la porte-parole de Parcs Canada.

C’est donc une bataille qui a été vécue de très près par les Gaspésiens,

particulièrement ici, au large de Forillon, dans le secteur de Cap-des-Rosiers.

Images d'archives : (Logos) Musée naval de Québec, Musée de la Gaspésie et M. Gérald Chiasson

Séquence de clôture : Logo de Parcs Canada.

© Sa Majesté la reine du chef du Canada, représentée par Parcs Canada, 2016.

Mot-symbole Canada

Photo : © Musée de la Gaspésie. P246 Fonds Edgar Dorais.