L'ancien emplacement de l'abri à canon
L’abri du canon (le bâtiment le plus à droite) ne se trouvait plus qu’à 2,8 m du bord d’un surplomb d’une haute falaise fortement érodée.

L’équipe du parc national Forillon a procédé avec succès à la relocalisation de l’abri du canon de la station de phare de Cap-Gaspé, menacé par l’érosion côtière. Parcs Canada est ainsi intervenu de manière préventive pour assurer la protection du bâtiment patrimonial, qui ne se trouvait plus qu’à 2,8 m du bord d’un surplomb d’une haute falaise fortement érodée.

Datant de 1883, la fragile construction de bois d’environ 12 par 16 pieds a donc été précautionneusement déplacée de quelques mètres, le 10 octobre 2019. Il s’agissait du premier bâtiment patrimonial à être ainsi déplacé, au parc national Forillon.

Plusieurs éléments ont été considérés pour choisir le nouvel emplacement du bâtiment, dont : l’emplacement et l’orientation originale du bâtiment (témoignant de son usage d'origine en lien direct avec la baie de Gaspé / le golfe Saint-Laurent), l’intégration avec les autres éléments bâtis de la station (phare et abri du criard), l’impact sur le paysage culturel, la qualité d’expérience du visiteur sur le site et le potentiel de mise en valeur du bâtiment.

Cette relocalisation assurera la conservation à long terme de l’abri du canon. Elle favorisera également sa mise en valeur en offrant de nouvelles possibilités de vocation, en permettant aux visiteurs de l’apprécier davantage et de mieux comprendre son importance dans l’histoire de la station de phare.

L'abri à canon en 2016 entouré d'une clôture.
Avant sa relocalisation, l’abri du canon avait été clôturé pour assurer la sécurité des visiteurs et des employés, étant donnée la proximité avec la falaise.

L’enjeu de l’érosion au parc national Forillon

Les changements climatiques entraînent une accélération du phénomène d’érosion côtière. Au parc national Forillon, le taux moyen de recul du trait de côte est passé d’environ 2 cm par année (avant le milieu des années 1990) à près de 20 cm par année dans les dernières années.

Parcs Canada a déjà mené plusieurs projets pour s’adapter à cette réalité au parc national Forillon, dont les projets de restauration de la dynamique côtière de Penouille et de Cap-des-Rosiers.

L’importance historique de l’abri du canon

Photo noir et blanc de l'abri à canon en 1976
Dans les années 1970, le terrain à l’arrière de l’abri du canon était plus grand et accessible au public.

La construction de l’abri du canon correspond à l’introduction du canon comme signal sonore de la station en 1883. Le canon sera remplacé par des cartouches explosives de fulmi-coton en 1894; le toit de l’abri du canon servira dès lors d’appui à la structure métallique de lancement de ces cartouches (une structure aujourd’hui disparue).

Ce bâtiment est important pour l’histoire du site, car il constitue le seul vestige bâti de l’époque du premier phare. Il est également l’unique et dernier témoin de la modernisation des bâtiments et de l’évolution des techniques et équipements consacrés à l’aide à la navigation à la fin du XIXe siècle.

Un paysage saisissant

La station de phare de Cap-Gaspé est accessible par le sentier forestier Les Graves. Perchée sur un cap de plus de 90 mètres d’altitude, elle offre des vues spectaculaires sur le golfe du Saint-Laurent, la baie de Gaspé, le littoral situé entre Gaspé et Percé ainsi que sur l’emblématique Rocher Percé.

L’accès au site étant interdit aux voitures, il a pu conserver son caractère isolé et son atmosphère paisible. On y croise régulièrement lièvres, renards et porcs-épics. La falaise du cap abrite également de nombreux oiseaux marins et à son pied, une plate-forme permet d’observer les phoques. Au large, il est fréquent de surprendre le souffle d’une baleine ou le vol de fous de Bassan.