Deux orignaux regardant l’appareil photo

Les suivis de la population d’orignaux effectués sur une base régulière depuis les 10 dernières années et les résultats de recherches scientifiques nous ont permis de constater que les orignaux du parc national Forillon sont plus abondants que ce qu’une forêt saine et équilibrée peut habituellement supporter. Proactif, le parc adoptera un nouveau plan de gestion sur cinq ans pour protéger sa forêt ainsi que l’ensemble des espèces animales qui en dépendent pour s’abriter, se nourrir et se reproduire. (Photo : Pierre Etcheverry)

Des orignaux en surpopulation, est-ce un problème? 

L’orignal est un grand herbivore qui mange entre 10 et 30 kg de végétation par jour. Il est capable de bouleverser la composition et l’abondance des espèces qu’il consomme. Présent en grande densité, il peut altérer la végétation au point de modifier la dynamique de régénération des forêts, et de transformer de jeunes forêts en prairies où ne subsistent que quelques fougères et arbustes sur un parterre d’herbes sans possibilité de retour vers un habitat boisé à court terme.

À ce stade, la survie de certaines espèces animales peut également être affectée comme

  • la grive de Bicknell, une espèce en péril, 
  • la martre d’Amérique qui dépend de la présence de forêts matures.

Avec son impact sur la régénération et la biodiversité forestières, une surpopulation d’orignaux peut menacer l’intégrité de tout un écosystème..

Combien sont-ils? 

Les premières estimations réalisées après la création du parc dénombraient environ 50 orignaux. Les inventaires suivants ont révélé que leur population doublait pratiquement tous les 10 ans et que cette tendance s’accélérait avec le temps. En 2017, plus de 840 individus peuplaient le parc, soit environ 35 orignaux/10 km2. Si la tendance se maintient, ils pourraient être plus de 1000 dès 2020 (soit 40/10 km2).

Sont-ils trop nombreux? 

Des recherches antérieures ont estimé que pour maintenir son équilibre à long terme, un milieu comme le parc national Forillon devrait compter entre 10 et 20 orignaux/10 km2.

Pourquoi tant d’orignaux? 

Dans le parc, les orignaux sont très abondants essentiellement à cause de l’absence de facteurs régulateurs de leur population. 

  • Le loup, son principal prédateur, a disparu de la région depuis plus d’un siècle.
  • Les ours et les coyotes ne constituent pas des prédateurs susceptibles d'influencer significativement l'abondance de la population d'orignaux.
  • La chasse y est interdite.
  • Les maladies et les parasites y sont peu influents.
  • La dernière épidémie de tordeuses de bourgeons de l’épinette a rajeuni les peuplements forestiers, les rendant plus productifs en nourriture pour l’orignal.

Les orignaux du parc vivent en toute quiétude et sans problème pour s’alimenter.

Que faire face à cela? 
Contrôler l’abondance d’orignaux
Plusieurs méthodes seraient envisageables :
  • la lutte biologique (laisser agir une maladie ou un parasite),
  • l’ajustement des modalités de chasse en périphérie du parc,
  • la chasse de conservation à l’intérieur du parc,
  • le contrôle de la fertilité,
  • la diffusion de sons ou d’odeurs de prédateurs pour faire fuir les orignaux vers l’extérieur du parc,
  • le rabattage des orignaux (les diriger) vers l’extérieur du parc, etc.

Elles sont en cours d’analyse. Ces propositions développées par Parcs Canada, ses partenaires et des organismes du milieu vous seront présentées lors des consultations publiques.

Poursuivre l’effort scientifique 
Il sera très important de suivre l’évolution de la situation pour répondre le plus adéquatement possible aux réels besoins de l’écosystème forestier de manière à l’aider à maintenir un certain équilibre.

Avant les consultations publiques

Nous avons :

  • rencontré près de 50 partenaires;
  • organisé une vingtaine de réunions;
  • tenu un atelier d’experts;
  • obtenu 12 occasions de présenter le sujet dans les médias.

Sensibilisation et éducation sur l’orignal

Un écologiste de parc montrant une parcelle de 4 m² dans un exclos de nos sites d'échantillonnage d'orignal.

Nombre de participants :

  • 461 à la causerie hebdomadaire « L'orignal sous haute surveillance »
  • 37 à la causerie « L’orignal : maître des lieux, discret de nature »
  • 15 à l’activité découverte du BioBlitz
  • 7 aux randonnées guidées
Une situation unique?

Certains parcs nationaux de l’est du Canada sont aussi aux prises avec ce même phénomène et certains depuis plus de 20 ans. Tous ont pris des mesures de contrôle des populations d’orignaux et de protection ou de restauration des forêts. Le parc national Forillon tire profit de leurs précieuses expériences au travers de collaborations établies avec leurs équipes respectives. 

 

La période de consultations publiques est maintenant terminée. Merci aux personnes qui ont participé!

Prochaines étapes :

  • Rédaction du Plan de gestion de la population surabondante d'orignaux (printemps 2020)
  • Mise en œuvre graduelle des mesures de gestion (automne 2020)