Des pêcheurs européens fréquentent le site de Grande-Grave dès l’époque du Régime français. Attirés par la proximité des bancs de morue et par le havre sûr qu’offre la baie de Gaspé, ils affectionnent aussi les anses et les plages de galets de la péninsule de Forillon, idéales pour faire sécher le poisson.

En 1798, la compagnie jersiaise Janvrin s’établit à Grande-Grave et incite les pêcheurs à s’y installer de façon permanente. Pour assurer leur rentabilité, les compagnies de pêche comme la Janvrin créent plusieurs postes de pêche côtiers et mettent sur pied un système de crédit à l’intention des pêcheurs. C’est ainsi que des familles de pêcheurs s’installent dans les anses de Forillon… pour y rester.

Un deuxième joueur entre bientôt en scène à Grande-Grave. Le Russe William Hyman y fonde une nouvelle compagnie de pêche en 1845, en s’inspirant du modèle jersiais. Quelques années plus tard, la compagnie Janvrin passe aux mains du Jersiais William Fruing. Ces deux compagnies (Fruing et Hyman) emploient ensemble une cinquantaine de pêcheurs. Grande-Grave devient ainsi l’un des plus importants postes de pêche de la pointe gaspésienne.

Cette seconde moitié du 19e siècle représente « l’âge d’or » du village. Près de 400 personnes habitent alors à Grande-Grave (englobant Petit-Gaspé, L’Anse-Saint-Georges et l’anse que l’on nomme, depuis 1993, L'Anse-aux-Amérindiens). Le village bourdonne d’activité. Sous le contrôle des deux grandes compagnies, les pêcheurs résidents et saisonniers, pêcheurs-cultivateurs, commis, artisans et leur famille s’affairent à capturer la morue et à la transformer en produit salé-séché, la fameuse « Gaspé Cure », qui sera massivement exportée en Italie, en Espagne et aux Antilles.

Les bâtiments historiques du secteur de Grande-Grave

Visitez nos expositions et voyagez dans l’histoire en compagnie de nos interprètes passionnés. Les maisons et les bâtiments authentiques de Grande-Grave sont les derniers témoins d’un village de pêche autrefois typique de la côte gaspésienne.