Effets des espèces envahissantes

Plusieurs espèces envahissantes sont problématiques dans le parc urbain national de la Rouge. Il est important de comprendre les caractéristiques clés des espèces non indigènes, et ce que nous pouvons faire pour réduire le plus possible leurs effets sur les écosystèmes du parc.

Les espèces envahissantes sont des espèces non indigènes qui ont été introduites dans l’écosystème local, habituellement par l’activité humaine. Certaines espèces envahissantes (en particulier des plantes) ont été apportées intentionnellement d’Europe ou d’Asie pour le jardinage ou le contrôle de ravageurs. Par exemple, l’alliaire officinale a été introduite par les colons européens, qui la cultivaient comme herbe comestible. D’autres espèces envahissantes ont été introduites par accident, comme des « passagers clandestins » dans des matériaux importés d’autres parties du monde. Beaucoup d’espèces envahissantes partagent les mêmes caractéristiques :

Elles peuvent souvent concurrencer et supplanter les espèces indigènes
Un grand nombre d’espèces envahissantes peuvent pousser plus tôt et/ou plus vite que certaines espèces indigènes, ce qui leur confère un avantage pour l’absorption des nutriments et la colonisation d’un habitat. Certaines espèces ont également d’autres stratégies pour déloger les espèces indigènes, comme leur faire ombrage ou sécréter des substances chimiques toxiques qui inhibent la croissance des autres espèces.

Elles peuvent vivre dans des conditions très diverses
Les espèces envahissantes sont des espèces généralistes, ce qui signifie qu’elles peuvent survivre dans toutes sortes de conditions. Les espèces envahissantes de l’Ontario sont capables de survivre à nos hivers, ainsi qu’à toutes les autres conditions climatiques de nos latitudes. Il peut s’avérer extrêmement difficile d’éliminer une espèce envahissante d’un habitat en raison de sa forte capacité de survie.

Elles peuvent se reproduire et se propager rapidement
Les espèces envahissantes peuvent souvent produire un grand nombre de rejetons en très peu de temps, ce qui leur permet d’envahir rapidement un secteur. Elles ont une grande facilité à se propager et à établir de nouvelles populations. Par exemple, les plantes envahissantes produisent souvent des graines en grande quantité, et parviennent ainsi à se propager vigoureusement, tandis que certains insectes envahissants peuvent voler sur de grandes distances.

Elles n’ont habituellement aucun prédateur naturel
Lorsque les espèces envahissantes sont introduites dans un habitat étranger, leurs prédateurs et compétiteurs naturels ne sont plus présents, ce qui leur permet de se développer et de se reproduire pratiquement sans menaces. En l’absence de prédateurs naturels pour contrôler leurs populations, ces espèces ont tôt fait de se répandre de manière incontrôlable.

Comment pouvez-vous aider?

  • Restez sur les sentiers pour éviter de propager les graines d’une plante envahissante qui pousse en dehors du sentier.
  • Ne relâchez jamais d’animaux domestiques dans le parc, et évitez d’y laisser des plantes ou des leurres à poisson.
  • Apprenez à identifier les espèces envahissantes et signalez l’endroit où vous en avez vu.
  • Lorsque vous campez, utilisez du bois à brûler local afin d’éviter d’apporter par inadvertance des espèces envahissantes dans de nouveaux endroits.

Espèces envahissantes communes

Les espèces envahissantes sont problématiques parce qu’elles peuvent supplanter les espèces indigènes et dominer les écosystèmes. Parcs Canada lutte contre les espèces envahissantes dans le parc urbain national de la Rouge. Si vous voyez l’une des espèces mentionnées ci-dessous dans le parc, informez-en Parcs Canada en utilisant la fonction de signalement de cette appli.
Agrile du frêne
 

Coléoptère indigène de l’Asie, l’agrile du frêne a déjà attaqué et tué des millions de frênes en Amérique du Nord. Il a été détecté au Canada pour la première fois en 2002 et aurait été accidentellement introduit par du matériel d’emballage en bois. Les insectes pondent leurs œufs sur des frênes, après quoi les larves mâchent l’écorce et s’approprient l’eau et les nutriments transportés par le système d’alimentation de l’arbre, ce qui finit par le tuer. L’aire de répartition de l’agrile du frêne s’agrandit rapidement en raison du transport de bois infesté. Aidez à prévenir la propagation de cette espèce destructrice en évitant de transporter du bois infesté et en faisant brûler votre bois là où vous l’obtenez.

Dompte-venin
 

Le nom « dompte-venin » désigne deux plantes extrêmement envahissantes, le dompte-venin noir et le dompte-venin de Russie, toutes deux indigènes d’Eurasie. Le dompte-venin a été introduit dans le Nord-Est des États-Unis au milieu du XIXe siècle à des fins d’utilisation dans des jardins. Il s’est propagé jusqu’en Ontario à la fin du XIXe siècle et cause depuis des problèmes majeurs dans de nombreuses régions de la province. La plante forme des touffes denses qui étouffent les plantes indigènes et les jeunes arbres, appauvrissant ainsi la biodiversité. Le dompte-venin produit un grand nombre de graines et peut également pousser à partir de fragments de racines, ce qui le rend difficile à éradiquer. Cette plante appartient à la famille de l’asclépiade, et sa ressemblance avec l’asclépiade commune en fait une menace pour le monarque. Les papillons y pondent leurs œufs, mais les larves ne survivent pas, car les chenilles de monarque ne se nourrissent que d’asclépiade.

Phragmite (roseau commun)
 

Graminée vivace indigène d’Eurasie, le phragmite est une plante envahissante qui pousse autour des milieux humides et des plages. Il forme des peuplements denses pouvant atteindre 5 m de hauteur et se propage rapidement; du coup, il étouffe la végétation indigène et appauvrit la biodiversité végétale. Le phragmite libère des toxines de ses racines pour inhiber la croissance des plantes environnantes, ce qui l’aide à envahir le secteur où il se trouve. Comparativement aux communautés végétales indigènes des milieux humides, les peuplements de phragmites envahissants offrent à la faune un habitat et une source de nourriture de piètre qualité.

Alliaire officinale
 

Cette plante envahissante a été introduite d’Europe au début du XIXe siècle comme herbe comestible. Redoutable envahisseur des forêts, l’alliaire officinale peut rapidement supplanter les fleurs sauvages indigènes et menacer des espèces en péril comme le trille à pédoncule incliné, l’aster à rameaux étalés, la camassie faux-scille et le stylophore à deux feuilles. La plante produit une courte grappe de feuilles pendant sa première année de croissance et une tige plus haute portant des fleurs et des graines au cours de sa deuxième année. Les feuilles écrasées émettent une forte odeur d’ail. L’alliaire officinale peut pousser dans une vaste gamme de conditions d’ensoleillement, et ses graines restent viables dans le sol pendant 30 ans, de sorte qu’elle est difficile à extraire d’une zone qu’elle a colonisée.

Terrapin
 

Le terrapin sert souvent d’animal de compagnie. Cette tortue indigène du Sud-Est des États-Unis et du Mexique a été introduite en Ontario par des propriétaires d’animaux de compagnie qui en ont relâché des spécimens dans la nature. Le terrapin fait concurrence aux tortues indigènes pour la nourriture et l’habitat, et il arrive souvent qu’il s’empare de leur habitat. Cet empiètement représente une source de stress supplémentaire pour les populations de tortues indigènes, dont bon nombre doivent déjà affronter les menaces engendrées par la perte d’habitat, la mortalité sur les routes et le braconnage.