Les cours d’eau et les milieux humides contrôlent le mode d’écoulement des eaux de surface dans le bassin hydrographique de la Rouge. Ces milieux naturels occupent une partie relativement petite de la superficie totale du parc, mais ils fournissent d’importants services écosystémiques et procurent un habitat aux plantes et aux animaux sauvages.

Le parc urbain national de la Rouge est parcouru de rivières et de ruisseaux dont les caractéristiques varient grandement. En passant des eaux d’amont du bassin hydrographique de la Rouge, au nord, à l’embouchure de la rivière, au sud, on constate que les ruisseaux s’élargissent et s’approfondissent et que la température de l’eau augmente. Ces différents habitats sont occupés par différentes espèces. La partie en amont du bassin hydrographique abrite des espèces de poissons d’eaux froides et d’eaux tempérées, alors que les tronçons situés plus en aval accueillent des espèces de poissons qui préfèrent les eaux chaudes. Les poissons migrateurs des lacs, comme la truite arc-en-ciel, la truite brune et le saumon quinnat, parcourent tout le bassin hydrographique depuis le lac Ontario pour aller frayer dans des cours d’eau situés en amont.

Les cours d’eau procurent aussi un habitat à de nombreuses espèces d’invertébrés. Par exemple, les insectes juvéniles passent souvent leur vie dans le fond des ruisseaux jusqu’à ce qu’ils soient prêts à terminer leur métamorphose pour devenir des adultes. Les parcelles de végétation terrestre abondante qui bordent les cours d’eau (les zones riveraines) jouent également un rôle très important dans les écosystèmes du parc. Ces bandes d’herbes, d’arbustes et d’arbres aident à réduire l’érosion des sols, filtrent les contaminants et les sédiments excédentaires et procurent de l’ombrage, ce qui permet de maintenir l’eau à des températures suffisamment basses pour assurer la survie des poissons d’eaux froides.

Les milieux humides sont un autre type d’habitat aquatique du parc urbain national de la Rouge. Il s’agit de terrains bas recouverts d’eau (à longueur d’année ou de façon saisonnière) qui servent d’habitat à des plantes et à des animaux aquatiques. Les milieux humides peuvent être alimentés par de l’eau souterraine, par les précipitations ou par une combinaison des deux. Ce sont des milieux très diversifiés et productifs, et ils procurent un habitat essentiel à un grand nombre d’espèces de tortues et de grenouilles. Plusieurs espèces de sauvagines, par exemple les canards noirs, les canards colverts et les canards branchus, se servent elles aussi des milieux humides pour s’alimenter, nicher et élever leur progéniture.

Mais les milieux humides sont bien plus qu’un habitat pour la faune. Ils fournissent aussi d’autres services écosystémiques importants qui contribuent à la santé globale du bassin hydrographique de la Rouge :

  • ils stockent et purifient l’eau;
  • ils réduisent le transport des sédiments érodés et des nutriments excédentaires vers l’aval;
  • ils filtrent les contaminants;
  • ils regarnissent la nappe phréatique;
  • ils réduisent les risques d’inondation.

En outre, ils contribuent à réguler le climat à l’échelle locale, réduisent les températures en été et les augmentent en hiver.
Tous les secteurs du parc comportent des milieux humides. Explorez les marécages Beare, un complexe de milieux humides restauré, pendant une randonnée sur le sentier des Thuyas, ou visitez le marais de la Rouge pour découvrir les meilleurs et les plus grands milieux humides côtiers qui subsistent dans la région du Grand Toronto.