Les chauves-souris sont les seuls mammifères qui peuvent voler. Et elles le font dans l’obscurité!

Grâce à un processus appelé l’écholocalisation, les chauves-souris envoient des impulsions sonores qui rebondissent sur des surfaces comme les bâtiments et les arbres. C’est la façon dont elles s’orientent dans l’espace. Elles « voient » dans l’obscurité, contournant les obstacles et trouvant leur proie.

Trois des huit espèces de chauves-souris présentes en Ontario – la petite chauve-souris brune, la chauve-souris nordique et la pipistrelle de l’Est – sont protégées par la Loi sur les espèces en péril du gouvernement fédéral. (Ces trois chauves-souris, ainsi que la chauve-souris pygmée, sont également inscrites sur la liste de la Loi sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario). La recherche sur les chauves-souris dans le parc urbain national de la Rouge, une collaboration entre le programme de conservation des chauves-souris indigènes du zoo de Toronto et Parcs Canada, vise à préserver la diversité des chauves-souris présentes dans l’ensemble du parc. Toby Thorne, un chercheur sur les chauves-souris au zoo, explique :

« Ces espèces sont devenues une espèce en voie de disparition à cause du syndrome du nez blanc – un champignon que l’on trouve dans les grottes en Europe. » Ce champignon a été introduit en Amérique du Nord en 2006, à Albany dans l’État de New York, et en 2010, il s’était répandu en Ontario.

La chauve-souris nordique et la chauve-souris pygmée aiment les dortoirs naturels, des trous dans les arbres ou sous l’écorce craquelée des arbres. Certaines, comme la petite chauve-souris brune, aiment les granges et autres bâtiments. Ces structures créées par l’homme sont parfois une meilleure solution qu’un trou dans un arbre. L’espace est sombre, calme, protégé et aussi assez grand pour que beaucoup d’entre elles se blottissent les unes contre les autres et se tiennent au chaud.

Objectifs de la recherche

L’un des objectifs de la collaboration entre Parcs Canada et le zoo de Toronto est de localiser les habitats et les sources de nourriture réels et potentiels des chauves-souris dans le parc. Ces zones comprennent des parcelles de forêt s’étendant sur toute la longueur du parc urbain national de la Rouge, ainsi que des zones humides et des marais.

Les deux équipes travaillent ensemble pour suivre les populations de chauves-souris. Le personnel de Parcs Canada effectue une surveillance acoustique et des observations. Le personnel du zoo de Toronto surveille les chauves-souris à l’aide de filets et de la radio-télémétrie.

« La recherche effectuée par le zoo de Toronto est la source d’importants renseignements qui permettent à Parcs Canada de planifier l’évolution du parc urbain national de la Rouge », explique Juliana Skuza, agente de gestion des ressources. « La recherche en matière de nombres, de lieux, d’habitats potentiels ou de zones d’alimentation nous permet de créer des cartes qui nous aident à planifier les futurs projets de gestion des terres et des biens. »

Les projets doivent prévoir, par exemple, la meilleure façon de gérer le démantèlement d’un bâtiment ancien et délabré dans le parc qui constitue un habitat actuel ou potentiel pour ces espèces en péril.

« Le parc urbain national de la Rouge est un endroit extraordinaire pour les chauves-souris », dit Thorne. « Sept des huit espèces de l’Ontario y sont présentes. Bien que les chauves-souris soient moins visibles que d’autres animaux sauvages, elles constituent une partie importante de notre écosystème et sont des animaux vraiment remarquables. »