Le monarque est l’une des espèces les plus facilement reconnaissables au Canada. Même si on en a repéré sur presque tous les continents de la planète et qu’on en retrouve des colonies sous certains climats tropicaux, la population migratoire d’Amérique du Nord constitue un phénomène naturel unique en son genre.

Pendant quelques journées spéciales chaque automne, la Pointe-Pelée devient un refuge temporaire pour des milliers de monarques en migration. Dès que le temps s'y prête, les monarques traversent le lac Érié. Ils ne peuvent rester longtemps à la pointe parce que leur destination finale est à quelque 3 000 km plus au sud, dans les montagnes du centre du Mexique! Quelle peut bien être la raison qui incite ce petit insecte à entreprendre un si long voyage? La plante qui l'alimente détient la clé de ce mystère.

La vie du monarque

Un monarque sortant de sa chrysalide

La vie du monarque commence sous forme d’œufs minuscules déposés sur la feuille d’une asclépiade. Les œufs se développent pendant quatre à cinq jours. Des œufs éclos sortent de minuscules chenilles, si petites qu’elles sont difficiles à voir à l’œil nu. Les chenilles passent environ deux semaines à se nourrir des feuilles de l’asclépiade, passant d’une taille microscopique à 5 centimètres de longueur. Les toxines de l’asclépiade sont absorbées et deviennent partie du corps de la chenille puis du monarque adulte, donnant à celui-ci un goût extrêmement désagréable qui empêche nombre de prédateurs, notamment les oiseaux, de le manger.

Parvenue à une taille suffisante, la chenille se suspend à une feuille en forme de « j » et commence le processus étonnant de transformation en chrysalide. À ce stade, vous pouvez voir les antennes qui s’enroulent en tire-bouchon – ensuite, la peau se fend, révélant une masse verte qui se contorsionne et qui bientôt durcit pour former une chrysalide. En 12 à 16 jours, l’extérieur de la chrysalide change, passant du vert à une couleur claire et le papillon en émerge peu de temps après. Après avoir rempli ses ailes de fluide et s’être séché, l’adulte est prêt à s’envoler et à recommencer le processus.

La plupart des monarques adultes vivent environ un mois et pendant cette période, ils s’accouplent et pondent leurs œufs. Une génération spéciale vivra pendant plus de six mois. Les monarques qui naissent à la fin d’août et en septembre ne sentent pas de besoin de se reproduire; au lieu de cela, ils migrent. Le papillon consacre toute son énergie à se créer des réserves de graisse qui lui permettant d’accomplir l’incroyable voyage de 3 000 kilomètres jusqu’à une forêt montagneuse du centre du Mexique. De la fin d’août à la mi-octobre, beaucoup des monarques migrent vers le Sud en passant par l’Ontario. Les Grands Lacs constituent un obstacle et les papillons choisissent les points les plus courts pour les franchir, par exemple la parc national de la Pointe-Pelée. Habituellement, ils se déplacent sur des fronts froids et le nombre de monarques n’augmentera dans la parc que si les conditions météorologiques (pluie, vent ou température) les empêchent de traverser le lac Érié. La meilleure façon d’observer les monarques au repos, c’est à la pointe, un peu avant le coucher du soleil ou tôt le matin – repérez les zones abritées près de la cime des arbres. Et n’oubliez pas, les ailes fermées, les monarques ont l’air de feuilles mortes : il sera donc bon de vous munir de jumelles.

Le mystère de la migration des monarques

Pendant des siècles, toutes sortes d’histoires ont couru sur la migration du monarque mais, jusqu’en 1975, personne n’avait pu rassembler les pièces du casse-tête et préciser où se rendaient ces papillons. Le Dr Frank Urquhart (Université de Toronto) a commencé à « marquer » les monarques. Au retour des spécimens marqués, il a pu tracer sur la carte la route empruntée par les papillons, qui les menait dans les montagnes fraîches du centre du Mexique. Il a découvert de vastes aires de repos réunissant des millions de papillons, si nombreux que les branches des conifères ployaient sous leur poids.

Ces aires de repos accueillent tous les monarques migrateurs à l’est de Rocheuses; pour la population occidentale, il existe un endroit analogue qui leur sert d’aire d’hivernage dans la péninsule de Baja. En poursuivant les études, on constate que les papillons se reposent sur les arbres la plus grande partie du temps et qu’ils s’envolent et se nourrissent uniquement les jours les plus chauds. À mesure que les jours se prolongent, au cours de l’hiver, ils deviennent plus actifs et, dès mars, ils commencent leur voyage vers le Nord, s’accouplant et pondant leurs œufs en cours de route. Leurs rejetons arrivent à la pointe Pelée à la fin du printemps et le processus recommence à nouveau. 

Conservation du monarque

Asclépiade tubéreuse

Au cours de la dernière décennie, les chercheurs ont constaté une chute considérable de la population orientale de monarques. Nombre de facteurs ont eu des répercussions sur la population de monarques, notamment la perte d’habitats et les extrêmes météorologiques. Actuellement, le Canada, les États-Unis et le Mexique travaillent de concert pour protéger ce merveilleux phénomène naturel.

Que fait le parc à ce propos?

Le Parc national de la Pointe-Pelée travaille directement à rétablir l’habitat de savanes où s’installe le papillon monarque. La plus grande partie de la savane du Parc a disparu au fil des ans en raison de la succession végétale. Le personnel du parc travaille activement à ouvrir ces zones en y plantant des espèces autochtones, notamment plusieurs espèces différentes d’asclépiade et de plantes à nectar et en entretenant ces habitats ouverts pour l’avenir.

Que pouvez-vous faire pour nous aider?

Aménager un jardin à papillons en y mettant des plantes autochtones.

Les papillons préfèrent les massifs floraux, avec des arbres ou des arbustes à proximité qui les protègent de la chaleur excessive et du vent. Comme les papillons sont attirés par de nombreuses vivaces résistantes à la sécheresse, un jardin à papillons constitue une magnifique solution de rechange aux jardins traditionnels et exige peu d’entretien.

Chercher les espèces qui fleurissent à l’automne pour fournir du nectar aux papillons qui migrent et des asclépiades pour les chenilles du monarque. Exemples d’espèces : asters, marguerite jaune, liatride, eupatoire perfoliée, asclépiade tubéreuse, verge d’or, eupatoire maculée, échinacée pourpre, asclépiade incarnate, vernonie géante, monarde, hélianthe scrofuleux.

  • Choisissez un endroit ensoleillé,bien drainé de quelques arbres ou arbustes proches qui offriront un abri.
  • Enlevez la couche de gazon et remuez la terre jusqu’à une profondeur d’au moins 20 cm.
  • Enrichissez la terre avec du compost ou une autre matière organique.
  • Plantez diverses vivaces indigènes, de préférence celles qui fleurissent à des moments différents pendant l’année. Espacez les plants en fonction de leur hauteur et de leur largeur respectives, une fois à maturité.
  • Arrosez immédiatement.
  • Entretenez ensuite les plantes en désherbant et en les arrosant.

Devenir un citoyen scientifique

Devenir un citoyen scientifique et communiquer vos observations à diverses organisations comme « Monarch Watch » (anglais seulememt) et « Journey North / South » (anglais seulement).

Ressources :

Pour plus d'information

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