Le parc national de la Pointe-Pelée se trouve dans la « zone carolinienne », à la limite sud de la partie continentale du Canada. En raison de sa situation géographique, le parc jouit d’un climat plus doux que plusieurs autres régions du Canada. Les plantes et les animaux qui y vivent sont semblables à ceux qui peuplent des régions situées plus au sud.

Le parc national de la Pointe-Pelée renferme cinq types d’habitat. En raison de ce grand nombre d’habitats et des nombreux animaux qui y sont réunis, le parc n’a aucun égal au Canada.

La plus grande partie de l’intérieur du parc se compose d’un marais du sud des Grands Lacs (72 %). Un certain nombre de types d’habitats forestiers sont également présents dans un éventail de stades de succession, notamment de la savane (2 %), de la forêt de terres arides et de terres marécageuse (21 %) ainsi que des plages (4 %).

Petit à petit, la plage se transforme pour devenir une savane, puis une forêt claire, avant de se changer en forêt sèche. Ce passage progressif de la plage à la forêt sèche porte le nom de « succession », parce que chaque type d’habitat laisse derrière quelques-uns de ses éléments tout en devenant un autre type d’habitat.

Savane des flèches de sable du lac Érié

Diagramme illustrant les trois sections spéciales de la savane du cordon sablonneux du lac Érié.


La savane des flèches de sable du lac Érié est vraiment un endroit unique. Il n’en existe que deux autres du même genre au Canada.

Ce type d’habitat se divise en trois parties :

Savane degenévriers de Virginie

La savane est :

  • Ouverte—elle contient seulement quelques arbres qui créent un peud’ombre
  • Sableuse—l’eau s’écoule facilement et permet aux racines des plantes de rester en santé
  • Chaude—les plantes et les animaux qui y vivent se plaisent dans la chaleur
  • Sèche—les plantes qui y poussent n’ont pas besoin de beaucoup d’eau pour survivre

On pourrait croire que très peu d’animaux et de plantes pourraient survivre dans ce type d’habitat hostile et exposé aux éléments. Mais les espèces de la savane ont précisément besoin de la chaleur du soleil et d’un environnement sec.

Savane le long des rivages

Semblable à la savane de cèdre rouge, mais trouvé le long de l’habitat de plage du parc.

Forêt claire

La forêt claire est un type d’habitat intermédiaire. Elle n’est pas aussi dense que la forêt, mais elle compte plus d’arbres que la savane. La forêt claire renferme un mélange équilibré de clairières ensoleillées et de coins ombragés.

Dans le parc national de la Pointe-Pelée, la forêt claire procure un habitat à plusieurs espèces de plantes et d’animaux. Bon nombre sont des espèces en péril, dont le pic à tête rouge et la taupe à queue glabre.

Marais

Le marais de Point Pelee, bien qu’il s'agisse du vestige d’un marais qui avait autrefois une superficie nettement plus grande, est tout de même un des plus grands marais restants dans le sud de l’Ontario. La superficie du marais et l'extraordinaire diversité de la vie qu’il soutient ont fait en sorte qu’il a été inscrit sur la Liste de Ramsar en tant que milieu humide d’importance internationale.

À première vue, une monotonie ressort du marais de la pointe Pelée. Une mer de quenouilles s’étend à perte de vue. Dans cette mer, on observe une mosaïque de mares de différentes tailles. Sous la surface de l’eau vivent de nombreuses créatures, notamment du zooplancton (animaux microscopiques) et du poisson.

La surface convient à l’observation des grenouilles, des tortues, des rats musqués, des serpents et de divers insectes. En regardant de près, on peut voir des libellules et des demoiselles valser tout juste au-dessus de la surface de l’eau.

Forêt marécageuse

Les marécages sont semblables aux marais en ce sens qu’il s’agit de milieux humides, mais qui sont toutefois dominés par les arbres.

Le marécage se situe directement au sud du marais dans une zone qui regroupait autrefois des crêtes de plage. Le marécage est apparu lorsque l’eau s’est accumulée dans les auges entre les crêtes. La quantité d’eau qui s’accumule dans cette région est contrôlée par le lac. Lorsque le niveau est haut, une plus grande quantité d’eau filtre à travers le sable et inonde les auges. À mesure que le niveau du lac descend, il en va de même des niveaux dans les auges. Les conditions de croissance dans cette zone dépendent des fluctuations à long terme du niveau du lac.

Les arbres qui vivent dans les lieux secs développent des systèmes radiculaires vastes et peu profonds, qui s’entrecroisent pour se soutenir les uns les autres.

Espèces observables dans cet habitat

  • Oiseaux : hirondelle bicolore, troglodyte, canard branchu, pic, grand-duc d’Amérique et, à l’occasion, la rare paruline orangée.
  • Grenouille : rainette crucifère
  • Papillon : porte-queue de laurier benzoin. La chenille de ce magnifique porte-queue bleu-noir se nourrit principalement de laurier benzoin. Par conséquent, du moins dans cette région du Canada, il est assez commun les jours d’été.
  • Arbres : érable argenté et érable sycomore
  • Végétation de sous-bois : iris versicolore, lysimaque, mikania, eupatoire maculée et lenticule mineure.
Forêt sèche

Les systèmes de forêt sèche peuvent être composés de zones nouvellement développées et de zones matures. Dans certaines zones plus découvertes, le développement des forêts ne fait que commencer. Des températures élevées, des sols pauvres et une exposition au vent limitent la croissance aux essences qui peuvent supporter ces conditions difficiles.

Contrairement à ces zones nouvellement développées, les zones matures de la forêt sont comme une jungle. À l’été, la lumière arrive tout juste à pénétrer le feuillage dense. Les vignes ajoutent une sensation de jungle à la forêt. La vigne des rivages, la vigne vierge commune et le sumac vénéneux pendent telles des cordes du sommet des plus grands arbres, recherchant la lumière du soleil. Une grande partie de cette forêt a un caractère nettement méridional.

Espèces observables dans cet habitat

  • Oiseaux : tyran huppé, paruline azurée, pic à tête rouge
  • Arbres : micocoule, noyer noir, chêne jaune, chêne bicolore, tulipier, mûrier rouge, frêne bleu et sassafras.
  • Fleurs sauvages : pomme de mai, osmorhize de Clayton, ancolie et dicentre à capuchon

*Dans les secteurs les plus au nord du parc, le caractère méridional de la pointe Pelée est atténué par la présence d'essences plus typiques de la forêt mixte du centre de l'Ontario, notamment des érables à sucre, des tilleuls, divers chênes ainsi que quelques peuplements de grands pins blancs.

La Plage

Comme la bordure d'une courtepointe, la plage de 20 kilomètres (12,4 milles) de la pointe Pelée ourle les différents paysages du parc : le marais, la forêt et la savane. C'est l’habitat le plus difficile, mais aussi le plus dynamique. L'été, la température du sable peut atteindre 46 °C (115 °F), tandis qu'en hiver il est souvent recouvert de glace et de neige. Au cours des tempêtes, les vagues viennent s'écraser sur le rivage, modifiant constamment sa forme, son étendue et sa pente.

À première vue, la plage semble dépourvue de toute vie. En fait, elle abrite diverses créatures résistantes. Même sur les plages les plus touchées par les tempêtes et les plus fréquentées par la population, les fourmis, les sauterelles, les cicindèles et les araignées peuvent survivre et se reproduire. Les oiseaux de rivage trouvent leur subsistance en fouillant les crêtes de galets à la recherche de ces insectes et araignées ou de tout autre invertébré qu'ils peuvent trouver.

Île Middle

L’île Middle, située au sud‑sud‑ouest de la péninsule de la pointe Pelée, fait partie de l’archipel du bassin ouest du lac Érié. L’île est formée de plateformes calcaires rocheuses, d’affleurements rocheux, de grèves de gravier et de sols loameux peu profonds. Le climat y est encore plus tempéré que sur le continent, en raison de l’effet modérateur du lac Érié. Cette combinaison d’éléments a donné lieu à une communauté exceptionnelle de plantes et d’animaux, dont un grand nombre sont rares au Canada, notamment les seules populations au Canada de serpents d’eau du lac Érié et de carex dense. On a identifié sept communautés végétales sur l’île : quatre variations de la forêt de micocouliers, deux ensembles de milieux humides et une communauté de taillis et de champs, créés par suite de la présence humaine passée. L’île abrite neuf espèces en péril. Une riche diversité de cinq espèces d’oiseaux aquatiques coloniaux nichent dans l’île, à savoir le cormoran à aigrettes, le goéland à bec cerclé, le grand héron, la grande aigrette et le bihoreau gris.

Les espèces en péril dans cet habitat :

 
Carte géographique démontrant les cinq écosystèmes distincts du parc national de la Pointe-Pelée : savane, marais, forêt marécageuse, forêt sèche, plage.