Carte d'acquisition de nouvelles terres
Carte d'acquisition de nouvelles terres
© G. Saunders

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Pendant longtemps le plus petit des parcs nationaux du Canada, le parc national des Mille-Îles double sa superficie. En novembre 2005, il a pris de l'expansion pour inclure dix kilomètres carrés de terres importantes sur le plan écologique, terres qui seront dorénavant préservées pour les générations à venir.

Le nouveau territoire est constitué de trois sections continentales situées à Landon Bay, à LaRue Mills Creek et à Jones Creek. Ces propriétés, dont la valeur environnementale est inestimable, ont été acquises grâce à un transfert de la Commission des parcs du Saint-Laurent ainsi qu'à des dons de terres de Conservation de la nature Canada et de propriétaires privés.

Les plans relatifs à l'ajout de ces terres comprennent des projets de surveillance des écosystèmes, des études sur les espèces en péril ainsi que la réhabilitation et l'entretien d'un réseau de sentiers de randonnée pédestre. Dans l'avenir, un vaste réseau de sentiers, répertoriés dans des guides des sentiers d'interprétation, reliera entre eux tous les terrains du parc.

Les nouveaux terrains permettront de protéger les divers habitats, les espèces rares et le relief exceptionnel de la région. Les secteurs de Landon Bay et de Jones Creek sont tous deux connus pour leur grande biodiversité et les trois nouveaux secteurs protégeront des habitats d'espèces rares.

Toutes situées dans la réserve de la biosphère de l'Arche de Frontenac, les nouvelles terres constituent une part importante du grand corridor faunique nord-sud reliant le parc provincial Algonquin de l'Ontario et le parc des monts Adirondacks de l'État de New York.

Des propriétés dont le parc a fait l'acquisition depuis 1998

Îles Main Duck et Yorkshire

Remorqueur de pêche de King Cole
Remorqueur de pêche de King Cole
©Brian Osborne

Les îles Main Duck et Yorkshire ont été acquises par Parcs Canada en 1977 à titre de réserves naturelles. Depuis, nous continuons de les gérer en tenant compte de cette vocation.

Ces deux îles font partie du parc national des Mille-Îles depuis 1998. L'île Main Duck a une superficie de 209 hectares (518 acres) et l'île Yorkshire, tout près, fait environ 18,9 hectares (47,8 acres). Elles sont situées dans une région marine d'une grande richesse biologique, à l'extrémité est du lac Ontario, où l'on espère créer une aire marine nationale de conservation.

Ces deux îles font également partie d'une chaîne d'îles située dans la partie est du lac Ontario qui relie la pointe Prince Edward, près de Picton, Ontario, à Stony Point, New York. Cette chaîne constitue un couloir de migration pour les oiseaux. Pendant les migrations du printemps et de l'automne, de nombreuses espèces y ont été aperçues, dont deux que le Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada a désignées comme étant des « espèces canadiennes en péril ». Le bruant de Henslow entre dans la catégorie des espèces « en danger de disparition», le hibou des marais dans celle des « espèces préoccupantes ».

Se déplaçant en canot d'île en île, les Autochtones ont profité pendant des siècles de cette chaîne pour traverser le lac Ontario. Les archéologues ont découvert sur l'île Main Duck des traces d'occupation saisonnière par les peuples de la culture pointe péninsule, des nomades ayant vécu dans la région entre 450 av. J.-C. et 450 apr. J.-C. environ. Des vestiges plus récents témoignent de la présence de la culture owasco (850 - 1050 apr. J.-C.) et des peuples iroquoiens (1250 - 1450 apr. J.-C.).

Cabanes de pêche - rue principale - île Main Duck
Cabanes de pêche - rue principale - île Main Duck
©Brian Osborne

Le principal chenal de navigation reliant l'est du lac Ontario et le fleuve Saint-Laurent se trouve juste au sud de l'île Main Duck. Au fil des ans, bien des navires se sont heurtés aux hauts-fonds perfides situés tout près quand de forts vents ou d'épaisses brumes les ont détournés de leur route. Ce cimetière marin renferme les deux-tiers de toutes les épaves du lac Ontario.

Les Européens ont commencé à s'installer dans l'île Main Duck au début des années 1800. Les premiers arrivés étaient des pêcheurs venus y établir un campement de pêche. Originaires du comté de Prince Edward, ils étaient attirés par les frayères et les zones d'alimentation du touladi, du grand corégone, du cisco et de l'anguille qui se trouvaient tout près. L'île offrait aussi un port abrité, appelé Fisherman's Cove (anse du pêcheur), et du bois pour construire abris et navires. En 1856, le capitaine John Walters a construit sur place la goélette Harriet Anne, longue de 45 pieds.

Au début des années 1900, on trouvait un village de pêcheurs dans l'île pendant la saison de la pêche et jusqu'à 60 personnes vivaient dans de petites cabanes regroupées autour du port. Ces pêcheurs pratiquaient également une agriculture de subsistance pour eux-mêmes et pour leurs familles.

Les pêcheurs ont continué de fréquenter chaque année l'île Main Duck même après que John Foster Dulles en a eu fait l'acquisition, en 1941, comme lieu de villégiature. Avocat réputé, Dulles a été secrétaire d'État dans l'administration Eisenhower. En 1960, un collègue de Dulles hérita de l'île que le gouvernement du Canada acheta en 1976 pour l'inclure dans le parc national des Mille-Îles vingt ans plus tard.

Île Victoria

Le juge John Matheson et Mme Edith Matheson, donateurs de l'île Victoria
Le juge John Matheson et Mme Edith Matheson, donateurs de l'île Victoria
©1999 Photovisions, Brockville

Cette île de 0,2 hectares (0,5 acres), située au large du parc du Saint-Laurent, du côté ouest de Brockville, a été cédée au parc national des Mille-Îles par le juge John R. Matheson en novembre 2000. Ancien député du comté de Leeds-Grenville, le juge Matheson était propriétaire de l'île depuis 1959. Le parc utilisera l'île Victoria pour montrer au public l'importance de la protection et de la mise en valeur de secteurs écosensibles des îles de Brockville.

Il n'y a pas de quai sur cette île et le camping y est interdit. L'accès est limité aux kayaks, aux canots et aux petites embarcations.


Ruisseau de Brooker, île Grenadier

Ruisseau de Brooker
Ruisseau de Brooker
© Parcs Canada

En mai 1999, 28,4 hectares (70,2 acres) de terres humides écosensibles situées le long du ruisseau de Brooker, sur la rive nord de l'île Grenadier, ont été inclus dans le parc national des Mille-Îles. La propriété est reliée à d'autres terres humides du parc. Elle est protégée parce qu'elle revêt une grande importance pour la conservation des ressources très fragiles. Deux des espèces d'oiseaux vivant dans le secteur - le petit butor et la buse à épaulettes, sont des « espèces préoccupantes » pour le Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada. Les forêts marécageuses et les marais abritent de nombreuses espèces d'oiseaux nicheurs et s'animent de leurs chants au moment de la migration. Des reptiles, comme la tortue musquée et la tortue de Blanding, de même que plusieurs espèces d'amphibiens, dont diverses grenouilles et salamandres, vivent aussi dans cet habitat très productif.

La propriété n'est pas facile d'accès et bénéficiera d'une protection à titre de terre très fragile.


Zone de conservation de Skoryna

Le Dr Stanley Skoryna et Mme Jean Skoryna, donateurs de la propriété Skoryna.
Le Dr Stanley Skoryna et Mme Jean Skoryna, donateurs de la propriété Skoryna.
© Parcs Canada

En janvier 2001, Stanley Skoryna a cédé au parc national des Mille-Îles quelque 223 hectares (550 acres) de terres sur la baie Oak, dans la partie inférieure du lac Beverley. Bien qu'elle soit à l'écart du reste du parc, cette zone est elle aussi située le long de l'axe de Frontenac. Une partie de la propriété se trouve dans les limites d'une « zone d'intérêt naturel et scientifique » et sa partie sud-est est tout à côté de terres humides importantes.

L'importance écologique de cette zone tient à la combinaison d'habitats qu'on y retrouve, notamment des forêts et des terres humides. On y relève également des éléments inhabituels comme un grand peuplement continu de peupliers à grandes dents, des secteurs où domine la pruche de l'est et des parties présentant les caractéristiques d'une forêt ancienne. La guifette noire, considérée comme une espèce préoccupante en Ontario, a aussi été vue sur la propriété.

Il n'y a pas d'installations d'amarrage ou de camping sur cette propriété et l'accès y est difficile. En raison de son importance sur le plan écologique, elle ne sera probablement pas aménagée pour recevoir des visiteurs.

Secteur de la propriété Skoryna