Peu importe la saison, il est impossible d’attribuer un climat particulier au parc national Auyuittuq. Malgré sa petite superficie par rapport à la terre de Baffin, les conditions météorologiques y varient considérablement selon la période et l’endroit. La complexité du climat de la péninsule Cumberland s’explique en grande partie par certaines particularités géographiques.

Le paysage est montagneux et l’englaciation a façonné ce terrain pour en faire l’une des surfaces les plus accidentées au monde. S’étendant du littoral marin à la limite septentrionale du parc, le terrain s’élève abruptement, suivant des pentes quasi verticales qui ceinturent les vallées des fjords jusqu’à un domaine glaciaire culminant à plus de 2000 mètres au-dessus du niveau de la mer. Pris individuellement, les mécanismes habituels de régulation climatique (latitude, altitude, distance par rapport à la mer, topographie et trajectoire de tempête) ont tous un effet majeur sur la définition de cet assemblage complexe de climats qui varient énormément avec le lieu ou la saison. Au large, la présence d’eau libre est fréquente au milieu de la saison hivernale. À l’inverse, aucune ablation importante ne touche le dôme le plus élevé de la calotte glaciaire Penny la plupart des étés. Les vallées des fjords, profondément incisées, canalisent et augmentent la vitesse des vents soufflant de la mer ou dévalant les pentes des champs de glace, donnant lieu à des coups de vent hurlants à un lieu donné alors que l’on peut trouver un endroit calme et protégé à seulement quelques centaines de mètres. Les montagnes repoussent et redirigent ou morcellent les systèmes de tempête intenses qui balaient la région. C’est pourquoi la nébulosité, l’humidité et les précipitations présentent des contrastes très marqués dans l’ensemble du parc, tout comme le vent, la température, la visibilité et d’autres critères climatiques.