Table des matières

Parc national Auyuittuq plan directeur 2010

© Sa Majesté la reine du chef du Canada, représentée par le Directeur général de l’Agence Parcs Canada, 2010.

Also available in English.

ᐅᓇ ᐊᒥᓱᓕᐅᖅᑕᐅᓯᒪᓪᓗᓂ ᓴᖅᑭᖅᑕᐅᓯᒪᔪᖅ ᐊᑐᐃᓐᓇᐅᒻᒥᔪᖅᑕᐅᖅ ᐃᓄᑦᑎᑑᖓᓪᓗᓂ.

Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada :

  • Parcs Canada.
  • Parc national du Canada Auyuittuq, plan directeur.
  • Parc national du Canada Auyuittuq, plan directeur [ressource électronique]. Genre de fichier informatique: Monographie électronique en format PDF.

Publ. aussi en anglais sous le titre :
Auyuittuq National Park of Canada management plan

Publ. aussi en inuktitut sous le titre :
Aujuittuq mirngguisirvik kanatami, aulattinirmut parnautit / ᐊᐅᔪᐃᑦᑐᖅ ᒥᕐᖑᐃᓯᕐᕕᒃ ᑲᓇᑕᒥ ᐊᐅᓚᑎᓂᕐᒧᑦ ᐸᕐᓇᐅᑎᑦ

  • Version imprimée : ISBN 978-1-100-94653-5 No de cat. : R61-40/2010F
  • Version PDF : ISBN 978-1-100-94654-2 No de cat.: R61-40/2010F-PDF
  1. Parc national Auyuittuq (Nunavut)--Gestion.
  2. Parcs nationaux--Canada--Gestion.
  3. Parcs nationaux--Nunavut--Gestion.
  4. Réserves naturelles--Canada--Gestion.
  5. Réserves naturelles--Nunavut--Gestion. I. Titre.

Version imprimée : FC4314 A88 P3714 2010 333.78’30971952 C2010-980150-4

Version PDF : FC4314 A88 P3714 2010 333.78’30971952 C2010-980151-2

Photos de la page couverture

Photographies du haut, de gauche à droite :
Cache de chasseur, fjord Nedlukseak, parc national du Canada Auyuittuq © Natasha Lyons
Pauloosie Kooneeliusie, Tasialuit
Akshayuk Etooangat, Pangnirtung © Parcs Canada
Anilnik Panilu
Atelier de planification de la gestion au fjord Maktak, parc national Auyuittuq © Parcs Canada, Jane Chisholm

Grande photographie : parc national Auyuittuq © Parcs Canada


Akshayuk Etooangat, C.M., aîné de Pangnirtung, était connu comme étant un voyageur et un chasseur habile et en raison des connaissances qu’il possédait sur la terre et l’océan. Il voyageait en traîneau à chiens, notamment dans la région qui constitue aujourd’hui le parc national du Canada Auyuittuq. Pendant des décennies, il a servi de guide aux médecins installés à Pangnirtung. M. Etooangat a été décoré de l’Ordre du Canada en 1995 et est décédé en 1996. Le col Akshayuk, dans le parc, a été ainsi nommé en son honneur.

Anilnik Panilu, aîné de Kivitoo, était un chasseur et un voyageur habile et il subvenait aux besoins de son village. Il possédait de vastes connaissances sur la faune, la flore et la chasse. M. Panilu avait l’habitude de circuler entre Kivitoo et Pangnirtung pour faire le commerce. Il voyageait en chaloupe depuis Kivitoo jusqu’au fjord North Pangnirtung, puis il traversait à pied la région qui constitue aujourd’hui le parc national du Canada Auyuittuq pour se rendre à Pangnirtung, et il retournait à Kivitoo par le même chemin.

Pauloosie Kooneeliusie était originaire de Qikiqtarjuaq. Il a beaucoup voyagé dans le parc national du Canada Auyuittuq et aux alentours; c’était un chasseur expérimenté qui subvenait aux besoins de sa famille et de son village. Il était un pourvoyeur de longue date et dirigeait des excursions d’aventure au nord de Qikiqtarjuaq et dans la région des fjords North Pangnirtung, Maktak et Coronation. Il faisait la promotion du tourisme culturel en employant les moyens inuits traditionnels de déplacement en traîneau à chiens. Il a transmis ses connaissances dans le cadre de la création du parc national.

Avant-propos

Jim Prentice
Honorable Jim Prentice, ministre de l'Environnement et ministre responsable de Parcs Canada

Les lieux historiques nationaux, les parcs nationaux et les aires marines nationales de conservation du Canada offrent aux Canadiennes et aux Canadiens, d'un océan à l'autre, des occasions uniques d'explorer et de comprendre notre fabuleux pays. Ce sont des lieux d'apprentissage, de loisir et des sources d'inspiration où la population canadienne peut renouer avec son passé et comprendre les forces naturelles, culturelles et sociales qui ont façonné notre pays.

Tous ces endroits, de notre plus petit parc national jusqu'à notre lieu historique national le plus visité en passant par notre aire marine nationale de conservation la plus vaste, offrent à la population canadienne et aux visiteurs une foule d'expériences pour apprécier le patrimoine naturel et historique du Canada. Au cœur de l'identité canadienne, ils font partie de notre passé, de notre présent et de notre avenir. Ce sont des lieux d'apprentissage merveilleux, inspirants et d'une grande beauté.

Notre gouvernement vise à assurer que les Canadiens et Canadiennes créent des liens étroits avec ce patrimoine et à faire en sorte que nos endroits protégés soient utilisés de manière à les léguer intacts aux générations futures.

Dans l'avenir, nous voulons que ces endroits spéciaux aident la population à mieux comprendre et apprécier le Canada, tout en contribuant davantage à la santé économique de nos collectivités ainsi qu'à la vitalité de notre société.

La vision de notre gouvernement consiste à établir au Canada une culture de conservation du patrimoine, en offrant à la population canadienne des occasions exceptionnelles de faire l'expérience de son patrimoine naturel et culturel.

Ces valeurs constituent le fondement du nouveau plan directeur du parc national du Canada Auyuittuq. Je suis très reconnaissant envers les Canadiennes et les Canadiens qui ont participé par leur réflexion à l'élaboration de ce plan. Je voudrais remercier en particulier l'équipe très dévouée de Parcs Canada, l'équipe de planification du parc, le Comité mixte de planification et de gestion d'Auyuittuq, l'Association inuite Qikiqtani, le Conseil de gestion des ressources fauniques du Nunavut, les collectivités de Pangnirtung et Qikiqtarjuaq. de même que les autres particuliers et organisations qui ont contribué à ce document pour leur détermination, leur travail soutenu, leur esprit de collaboration et leur extraordinaire sens de la gestion du patrimoine.

Dans ce mème esprit de partenariat et de responsabilité, j'ai le plaisir d'approuver le plan directeur du parc national du Canada Auyuittuq.

Jim Prentice
Le ministre de l’Environnement,

Association inuite Qikiqtani

Monsieur le Ministre,,

Depuis quelques années, l’Association inuite Qikiqtani (AÏQ) participe à l'élaboration conjointe du deuxième plan directeur d’un parc national au Nunavut, soit le plan directeur du parc national du Canada Quttinirpaaq.

En 1993, le gouvernement du Canada et les Inuits signaient l'Accord sur les revendications territoriales du Nunavut (ARTN), aux termes duquel les deux parties étaient habilitées à établir le parc national Auyuittuq à la suite de la négociation d’une Entente sur les répercussions et les avantages pour les inuits (ERAIÏ). La signature, en août 1999, de l’ERAI cadre pour les parcs nationaux Auyuittuq, Quttinirpaaq et Sirmilik a permis aux inuits et à Parcs Canada de s’entendre sur une vision commune. Ces liens entre Inuits et Parcs Canada ont renforcé la participation des Inuits à la planification et à la gestion des parcs nationaux du Nunavut.

Le Comité mixte de gestion du parc est l’organisme de gestion conjointe auquel il revient d’approuver la version finale du plan directeur et d’en recommander l’approbation à la ministre responsable de Parcs Canada.

L’Association inuite Qikiqtani a, tout au long du processus de planification de la gestion du parc, fourni commentaires et conseils sur un large éventail de questions dont il est fait état dans le plan directeur du parc national Auyuittuq.

L’AIQ félicite l'élaboration conjointe pour le parc national Auyuittuq d’une orientation sur un horizon de 15 ans qui reconnaît l’importance de la culture et des traditions inuites pour assurer la protection et la conservation des ressources. Nous entendons contribuer avec le même sérieux à l’élaboration des plans directeurs du parc national Sirmilik.

Nakurmiik,

L’original a été signé par :

J. Okalik Eegeesiak Présidente, Association inuite Qikiqtani


Nunavut Wildlife Management Board

Le 13 juillet 2010

Monsieur le Ministre,

Le Conseil de gestion des ressources fauniques du Nunavut est heureux de vous donner son appui en ce qui concerne le plan directeur du parc national Auyuittuq suite au processus décisionnel de l'Accord sur les revendications territoriales du Nunavut par lequel il a été établi que vous avez accepté la décision du Conseil d'approuver le plan directeur, conformément à l'alinéa 5.2.34c) de l'Accord en question.

L'approche coopérative et holistique adoptée par les Inuits et Parcs Canada pour les fins de la gestion du parc se reflète fidèlement dans le plan directeur. Le plan prévoit assurer la protection et le maintien de l'intégrité écologique du parc national Auyuittuq en tenant dûment compte du savoir traditionnel des Inuïits (Inuit Qaujimajatuqangit) et de données scientifiques.

En combinant ces sources complémentaires de connaissances, le Conseil de gestion des ressources fauniques du Nunavut et les autres organismes responsables disposeront d'un outil puissant pour comprendre les régimes et processus écologiques et maintenir la biodiversité du parc. Ils seront aussi mieux en mesure de déterminer des mesures appropriées pour atténuer les effets des facteurs d'agression écologique tels que le changement climatique et l'incidence des utilisateurs et des visiteurs du parc sur la faune et les habitats fauniques.

Le Conseil de gestion des ressources fauniques du Nunavut entend travailler en collaboration avec Parcs Canada et le Comité mixte de gestion du parc afin d'assurer l'atteinte de nos buts et objectifs communs en matière de gestion de la faune et des habitats fauniques dans le parc national Auyuittuq. Ce sont les partenariats du genre qui sont propres à garantir la pérennité des Inuits comme partie intégrante des riches, sains et uniques écosystèmes de l'Arctique qu'abrite le parc national Auyuittuq.

Je vous prie d'agréer, Monsieur le Ministre, l'expression de mes sentiments les meilleurs.

Original signed by:

Willie Nakoolak, Président /l du Conseil de gestion des ressources fauniques du Nunavut


Recommandations

Plan directeur du Parc national du Canada Auyuittuq, approbation recommandée par :

Alan Latourelle
Directeur général de l’Agence
Parcs Canada

Nancy Anilniliak
Directrice d’unité de gestion, Nunavut
Parcs Canada

Manasa Evic
Président
Comité mixte inuit-gouvernemental de planification et de gestion du parc national Auyuittuq

Remerciements

Le plan est le fruit du travail concerté d’un grand nombre de personnes. De l’apport de ce groupe très diversifié de personnes est né un plan qui orientera la gestion du parc pour bien des années. Il convient de mentionner les personnes suivantes en raison de leur contribution particulière au plan :

Équipe de planification du parc national Auyuittuq

Loseeosee Aipelee, Clyde River
Harry Alookie, Qikiqtarjuaq
Nancy Anilniliak, Parcs Canada
David Argument, Parcs Canada
Delia Berrouard, Parcs Canada
Frances Gertsch, planificatrice, Parcs Canada
Eric Joamie, Pangnirtung
Eliyah Kakudluk, Qikiqtarjuaq
Sila Kisa, Pangnirtung
Karen Lassen, Parks Canada
Jaypetee/Zebedee Qappik, Pangnirtung
Pete Smillie, Parcs Canada

Comité mixte de inuit/gouvernemental de planification

Rosie M Aullaqiaq
Manasa Evic, président
Tommy Etuangat
Abraham Keenainak
Sila Kisa
Davidee Kooneeliusie
Solomonie Nookiguak
Hezekiah Oshutapik
Don Pickle
Jayco Qaqqasiq
T. Bert Rose
Sakiasie Sowdlooapik

Personnel de Parcs Canada

Gary Adams
Nancy Anilniliak
Paul Ashley
Margaret Bertulli
Jane Chisholm
Lynn Cousins
Jane Devlin
Lyle Dick
Graham Dodds
Lori Dueck
Catherine Dumouchel
Marco Dussault
Kathryn Emmett
Billy Etooangat
Kristy Frampton
Heather Gosselin, planificatrice
Kathy Hanson
Paula Hughson
Tom Knight
Davidee Kooneliusie
Daniel Kulugutuk
Maryse Mahy, Planner
Gary Mouland
Rebecca Nookiguak
Margaret Nowdlak
Darlene Pearson
Soonya Quon
Vicki Sahanatien
Pauline Scott
Elizabeth Seale
Monika Templin
Suzanne Therrien-Richards
John Webster
Monty Yank

La traduction et l’interprétation en inuktitut effectuées dans le cadre de ce processus de planification ont été réalisées par un grand nombre de personnes, dont Harry Alookie, Connie Alivaktuk, Jose Arreak, Lavinia Curley, Andrew Dialla, Emily Illnik, Innirvik, Leetia Janes, Jonah Kilabuk, Rebecca Mike. Les traducteurs principaux chargés de la version française du document sont France Pelletier et Jean-Paul Gagné. Qujannamik!

À la douce mémoire de…

Eliyah Kakudkuk

Eliyah Kakudluk faisait partie de l’équipe de planification du parc national du Canada Auyuittuq en 2006 et 2007. C’était un aîné au vaste savoir, originaire de Qikiqtarjuaq; il compte parmi les derniers Inuits de ce village à traverser le parc en traîneau à chiens. Il a transmis ses connaissances et ses idées sur la faune et la flore du parc à l’équipe de planification du parc. Il est décédé en 2007. On n’oubliera pas son savoir, sa sagesse et sa contribution.

Jacopie Koksiak

Jacopie Koksiak était un aîné de Qikiqtarjuaq. Il a transmis ses connaissances sur les ressources culturelles et l’histoire du parc et en particulier celles concernant le fjord Maktak. Il a formulé des recommandations sur les moyens à prendre pour surveiller les sites culturels afin de les protéger à long terme.

Thomasie Alikatuktuk

Thomasie Alikatuktuk a été président de l’Association inuite de Qikiqtani de 2002 à 2009. Il a démissionné pour des raisons de santé et il est décédé peu après. Il est né en 1953 non loin de Pangnirtung, dans le campement de Tuapait, dans la région de la baie Cumberland. Il a fait partie de plusieurs organisations de la région de Qikiqtani pendant les années où il a été président de l’Association. Il a été l’un des premiers à militer en faveur de la création de Cumberland Sound Fisheries. Il était aussi bien connu pour ses oeuvres d’art. On le respectait pour la façon dont il dirigeait l’Association. Les Nunavummiut ne l’oublieront jamais.

D’autres aînés ont joué un rôle important dans l’histoire du parc et des villages voisins. Mentionnons feu Adamee Nookiguak, qui avait un campement au fjord North Pangnirtung, feu Angmarlik, qui en avait un à Mikkattalik, ainsi que les regrettés Akshayuk Etooangat, Anilnik Panilu et Pauloosie Kooneeliusie.


Sommaire

Le parc national Auyuittuq du Canada se situe dans la péninsule Cumberland de l’île de Baffin et s’étend presque entièrement dans le cercle de l’Arctique de l’Est du Canada. Il s’agit de l’un des parcs nationaux les plus vastes du Canada avec une superficie de 19 089 km2. Il est adjacent aux collectivités de Pangnirtung et de Qikiqtarjuaq du Nunavut.

Les Inuits et Parcs Canada gèrent conjointement le parc en vertu de l’Accord sur les revendications territoriales du Nunavut (ARTN), et de l’Entente sur les répercussions et les avantages pour les Inuits des parcs nationaux Auyuittuq, Quttinirpaaq et Sirmilik.

Deux stratégies clés sont présentées afin d’orienter, dans un avenir assez rapproché, les travaux qui se rattachent à la gestion du parc. La collaboration avec les collectivités inuites locales s’avère cruciale dans le cadre de ces deux stratégies. Chacune tirera parti des relations actuelles afin de permettre à l’Agence de mieux accomplir son mandat et aux collectivités de réaliser leurs aspirations.

Première stratégie clé:

Engager les collectivités de Pangnirtung et de Qikiqtarjuaq dans le rapprochement des visiteurs avec le territoire, les écosystèmes marins et la culture inuite.

La stratégie est axée sur la collaboration avec les collectivités adjacentes de Pangnirtung et de Qikiqtarjuaq en vue d’agrémenter l’expérience du visiteur du parc national Auyuittuq et de diversifier les possibilités à cet égard. Les initiatives satisferont aux aspirations des collectivités ainsi qu’aux nouvelles tendances touristiques régionales.

La recherche a démontré que les visiteurs qui traversent le parc sont intéressés par la découverte d’une région magnifique, éloignée et exigeante. Ils espèrent également communiquer avec les collectivités locales et se familiariser avec la culture inuite. On constate la naissance d’un nouveau tourisme, notamment les croisières touristiques et les voyageurs d’affaires qui prolongent de quelques jours leur séjour au Nunavut afin de visiter les autres attractions du territoire.

L’expérience du visiteur s’amorce auprès des collectivités voisines de Pangnirtung et de Qikiqtarjuaq où ils suivent une séance d’orientation sur le parc et procurent des avantages aux collectivités. Un plus grand nombre d’occasion de visiter le parc procure des avantages aux collectivités de Pangnirtung et de Qikiqtarjuaq, augmentent le rapprochement des visiteurs à l’égard de la culture et de l’histoire inuites, et leur permet d’apprécier les fjords et les paysages glaciaires du parc.

Cette stratégie repose sur une approche bénéfique pour tous grâce à la collaboration des collectivités de Pangnirtung et de Qikiqtarjuaq en vue d’accroître les possibilités relatives à l’expérience du visiteur, et qui permettent aux collectivités de tirer parti du tourisme.

Seconde stratégie clé :

Recueillir et diffuser les connaissances en vue de créer un sentiment d’appartenance à l’endroit.

TLa stratégie met l’accent sur l’établissement d’une vision commune avec les Inuits en ce qui concerne les écosystèmes et les ressources culturelles du parc national Auyuittuq. Elle repose sur les connaissances inuites et la science et établit une relation de confiance entre les Inuits et Parcs Canada. Les connaissances relatives au parc seront partagées avec les jeunes, les visiteurs et toutes les personnes qui participent à la gestion et aux activités du parc.Elles permettront de resserrer le sentiment d’appartenance des collectivités de Pangnirtung, de Qikiqtarjuaq et d’autres Canadiens à l’égard de la culture et de l’histoire inuites, ainsi que des fjords et des paysages glaciaires du parc. Ces connaissances contribueront également à l’élaboration de produits didactiques et de mesures administratives pour la préservation des ressources culturelles et naturelles.

Jusqu’à maintenant, les messages éducationnels rattachés au parc visaient principalement la sécurité du public. Bien que ces messages demeurent indispensables, les collectivités de Pangnirtung et de Qikiqtarjuaq ont manifesté le désir de créer des liens d’appartenance auprès des jeunes envers le parc ainsi que la culture inuite et des aînés. Elles ont souligné la nécessité d’utiliser les noms de lieux inuktituts.

Cette stratégie vise à satisfaire ces besoins grâce à la réunion des connaissances et à l’établissement d’une vision commune du parc. Elle souligne l’élaboration de messages et de documents didactiques liés aux ressources culturelles du parc, à l’utilisation passée et actuelle de la région par les Inuits ainsi qu’aux écosystèmes maritimes et côtiers, aux écosystèmes d’eau douce, aux milieux humides, à la toundra et aux glaciers du parc.

Figure 1 : Emplacement du parc national Auyuittuq au Canada

Figure 1 : Emplacement du parc national Auyuittuq au Canada 

Figure 2 : Parc national Auyuittuq du Canada

Figure 2 : Parc national Auyuittuq du Canada 

1.0 Introduction

Le parc national Auyuittuq du Canada se situe dans la péninsule Cumberland de l’île de Baffin et s’étend presque entièrement dans le cercle de l’Arctique de l’Est du Canada. Il s’agit de l’un des parcs nationaux les plus vastes du Canada avec une superficie de 19 089 km2. Il est adjacent aux collectivités de Pangnirtung et de Qikiqtarjuaq du Nunavut.

La réserve du parc national Auyuittuq a été créée en 1976. La réserve du parc national Auyuittuq a été créée en tandis que le parc national l’a été en 2001; celui-ci est géré de façon concertée par les Inuits et Parcs Canada, conformément à l’Accord sur les revendications territoriales du Nunavut (ARTN), l’Entente sur les répercussions et les avantages pour les Inuits (ERAI) des parcs nationaux Auyuittuq, Quttinirpaaq et Sirmilik, et la Loi sur les parcs nationaux du Canada.

La partie terrestre du parc est centrée sur la calotte glaciaire Penny et couvre les vallées et les hautes terres environnantes; sa partie marine se compose de fjords profonds et accidentés. Cette région a été utilisée par d’anciennes cultures, comme en témoignent les ressources culturelles identifiées dans certaines parties du parc. Les Inuits utilisent encore le parc de nos jours pour participer à des d’activités culturelles ou pour exercer des activités de récolte des ressources.

La plupart des visiteurs du parc viennent l’été pour y pratiquer la randonnée pédestre ou l’escalade, ou au printemps pour y faire du ski. Le nombre de bateaux de croisière accostant au Nunavut a augmenté au cours des dernières années et cette tendance devrait se poursuivre.

La gestion du parc a été effectuée suivant l’orientation établie par les principes directeurs provisoires de gestion du parc de 1982, l’ébauche du plan directeur de 1994 et, plus récemment, l’Accord sur les revendications territoriales du Nunavut et l’Entente sur les répercussions et les avantages pour les Inuits des parcs nationaux Auyuittuq, Quttinirpaaq et Sirmilik.

1.1 Objectif du plan directeur et intégration du mandat de l’Agence

Une fois parachevé, le présent plan directeur sera le principal outil de responsabilisation dont Parcs Canada se servira afin de rendre des comptes au public canadien en ce qui concerne le parc national Auyuittuq. Il expose le cadre auquel seront assujettis Parcs Canada, les Inuits, les intervenants et le grand public pour collaborer à la gestion à long terme du parc. Ce faisant, le plan contribuera à l’atteinte des résultats stratégiques de Parcs Canada :

« Grâce à des expériences significatives, les Canadiens et Canadiennes ont un lien solide avec leurs parcs nationaux, leurs lieux historiques nationaux et leurs aires marines nationales de conservation. Ils jouissent de ces lieux protégés de façon à les laisser intacts pour les générations d’aujourd’hui et de demain. »

Le plan précise les mesures que Parcs Canada doit prendre pour exécuter son mandat, soit celui de protéger le parc national pour l’agrément du public canadien et l’enrichissement de ses connaissances. Il présente une vision et détermine des stratégies clés, une approche de gestion spécifique à un secteur et un plan de zonage qui répondent de façon intégrée et globale aux questions liées à la protection du parc, à l’éducation du public et à l’expérience du visiteur. Les stratégies clés et approche de gestion spécifique à un secteur contribuent plus particulièrement à faire en sorte que les mesures touchant à la protection, à l’éducation du public et à l’expérience du visiteur s’appuient mutuellement. Elles permettent également de clarifier, aux yeux du public et du personnel, la façon dont la vision sera réalisée, et visent à faciliter la mise en oeuvre du plan directeur et à vérifier qu’une démarche intégrée est transposée aux activités et décisions quotidiennes.

1.2 Intégration du mandat de l’Agence dans le cadre de la gestion du parc national Auyuittuq

Le présent plan directeur propose de mettre l’accent sur deux stratégies clés en vue d’exécuter le mandat intégré de Parcs Canada :

  1. Engager les collectivités de Pangnirtung et de Qikiqtarjuaq dans le rapprochement des visiteurs avec le territoire, les écosystèmes marins et la culture inuite;
  2. Recueillir et diffuser les connaissances afin de promouvoir le sentiment d’appartenance à l’endroit.

En ayant recours à ces stratégies, ainsi qu’à une approche de gestion spécifique à un secteur et un plan de zonage, le présent plan directeur vise à aborder de manière globale le mandat de Parcs Canada concernant le parc national Auyuittuq.

Ce plan se veut également une tentative d’utilisation de l’orientation et des principes issus à la fois des connaissances inuites et de l’information scientifique.

1.3 Gestion participative

Les Inuits et Parcs Canada gèrent le parc national Auyuittuq de façon concertée. Le Comité mixte de inuit/gouvernemental de planification et de gestion du parc national AuyuittuqFootnote 1 est le Comité de gestion participative du parc. Le rôle du Comité consiste à donner des conseils à Parcs Canada, le ministre chargé des parcs nationaux, le Conseil de gestion des ressources fauniques du Nunavut et d’autres organismes de toutes les questions se rapportant à la gestion du parcFootnote 2.

L’établissement du Comité mixte de gestion du parc a été prévu par l’Accord sur les revendications territoriales du NunavutFootnote 3. L’Entente sur les répercussions et les avantages pour les Inuits (ERAI) a créé le Comité et décrit les détails de sa structure et ses responsabilités. Chaque membre du Comité mixte de gestion du parc doit agir avec impartialité dans l’intérêt du public et pour le bien généralFootnote 4.

Les premiers membres du Comité mixte de gestion du parc ont été nommés à l’automne 2000, et leur première réunion a été tenue en mars 2001. Le Comité se rencontre au moins deux fois l’an et est constitué de six membres, dont trois sont nommés par l’Association inuite Qikiqtani et trois par le gouvernement du Canada.

Lorsqu’il est possible de le faire, Parcs Canada facilite la participation des membres du Comité mixte de gestion du parc et des autres membres des collectivités de Pangnirtung et de Qikiqtarjuaq aux expéditions de reconnaissance sur le terrain dans le parc en vue de participer à l’inventaire des ressources culturelles, aux réunions de planification de la gestion et aux autres projets.

Figure 3 : Rôle du Comité mixte de gestion du parc

Le rôle du Comité mixte de gestion du parc inclut notamment, mais non exclusivement, la participation aux affaires suivantesFootnote 5 :

  1. camps éloignés;
  2. pierre à sculpter;
  3. permis d’utilisation de l’eau;
  4. protection et gestion des sites archéologiques et des sites à caractère religieux et culturel;
  5. planification et gestion du parc;
  6. recherche;
  7. promotion et information concernant le parc;
  8. affiches, expositions et installations relatives au parc;
  9. accès et fréquentation du parc par les visiteurs;
  10. emploi et formation des employés inuits;
  11. développement économique;
  12. participation à l’examen conjoint de l’Entente sur les répercussions et les avantages pour les Inuits des parcs nationaux Auyuittuq, Quttinirpaaq et Sirmilik;
  13. modifications des limites du parc.

1.4 L’Inuit Qaujimajatuqangit et les connaissances inuites

L’Inuit Qaujimajatuqangit est la connaissance et la compréhension de toutes les choses qui influent sur la vie quotidienne des Inuits et l’application de ce savoir pour la survie d’un peuple et de sa culture. Il s’agit d’un savoir qui a survécu au passé et qui doit être utilisé aujourd’hui pour assurer un avenir durableFootnote 6.

Beaucoup de valeurs et de principes directeurs de Parcs CanadaFootnote 7 s’harmonisent avec les principes de l’Inuit Qaujimajatuqangit décrits à la figure 4.

Figure 4 : Principes directeurs de l’Inuit Qaujimajatuqangit

Voici les principes directeurs de l’Inuit Qaujimajatuqangit reconnus par le gouvernement du Nunavut :

  1. Inuuqatigiitsiarniq : respect de l’autre, rapports avec l’autre et compassion envers les autres.
  2. Tunnganarniq : promouvoir un bon état d’esprit en étant ouvert, accueillant et intégrateur.
  3. Pijitsirniq : servir la famille et la collectivité.
  4. Aajiiqatigiinniq : discuter et développer des consensus pour la prise de décision.
  5. Pilimmaksarniq/Pijariuqsarniq : le développement des compétences par la pratique, l’effort et l’action.
  6. Piliriqatigiinniq/Ikajuqtigiinniq : collaborer.
  7. Qanuqtuurniq : Le concept de la débrouillardise dans le règlement des problèmes.
  8. Avatittinnik Kamatsiarniq: innovation et ingéniosité dans la recherche de solutionsFootnote 8.

Les connaissances inuites sont l’un des principaux éléments de la gestion participative du parc national Auyuittuq. Selon l’Entente sur les répercussions et les avantages pour les Inuits, le programme de planification de la gestion du parc doit mettre sur un pied d’égalité l’information scientifique et les connaissances inuites, et le rôle des connaissances inuites dans les programmes de recherche et d’information publique doit être examiné par le Comité mixte de gestion du parc dans le cadre de son processus d’approbationFootnote 9.

L’Unité de gestion du Nunavut de Parcs Canada a dirigé un projet portant sur les connaissances inuites (2005-2010) dans trois des parcs nationaux du Nunavut, dont le parc national Auyuittuq. Le projet aborde le fait que la compréhension des écosystèmes des parcs nationaux et des secteurs environnants par les Inuits n’a pas reçu toute l’attention voulue. Il cherche à améliorer notre compréhension des parcs, à accroître la capacité de Parcs Canada et des collectivités à mener des recherches en coopération et participer à une gestion participative, et à mieux comprendre les connaissances, les aptitudes, les compétences et les points de vue des Inuits. Les connaissances, l’expérience et les démarches développées dans le cadre du projet seront utilisées par le personnel des parcs nationaux du Nunavut en vue d’améliorer et d’enrichir les programmes de recherche et de gestion de l’intégrité écologique de Parcs Canada, pour accroître la participation locale des Inuits à la gestion des parcs et pour améliorer l’expérience du visiteur ainsi que les programmes d’éducation du public.

1.5 Contexte régional

Le parc national Auyuittuq est situé sur l’île de Baffin, immédiatement au nord de la péninsule Cumberland, le long du détroit de Davis. Pangnirtung et Qikiqtarjuaq sont les collectivités les plus proches du parc. Pangnirtung a une population d’environ 1 325Footnote 10 habitants et est situé à 32 km au sud du parc, le long du fjord Pangnirtung. Pangnirtung est un centre important pour l’art inuit. Son économie forte basée sur les salaires gouvernementaux de même que la pêche commerciale fournissent la plupart des emplois. Qikiqtarjuaq est situé sur l’île Broughton, à 82 km au nord-est du parc national Auyuittuq dans le détroit de Davis. La population de Qikiqtarjuaq atteint maintenant près de 473 habitantsFootnote 11. Elle développe son industrie de la pêche commerciale à l’instar des collectivités du fjord Grise, de Resolute Bay et d’Arctic Bay. Les visiteurs aiment beaucoup les paysages, la faune, la culture et l’art de ces deux collectivités et des milieux environnants. Les activités traditionnelles jouent un rôle important dans les deux collectivités. Un service aérien régulier relie chacune de ces dernières à Iqaluit, qui se situe à environ 300 km au sud de Pangnirtung et à 400 km au sud de Qikiqtarjuaq.

1.6 Processus de planification

Aux termes de la Loi sur les parcs nationaux du Canada, un plan directeur doit être préparé et déposé devant le Parlement en regard de chaque parc national. Le public canadien doit participer à l’élaboration du plan directeur, lequel doit être examiné tous les cinq ans.

L'Accord sur les revendications territoriales du NunavutFootnote 12 stipule également qu’un plan directeur doit être préparé en regard des parcs nationaux au Nunavut. Aux termes de l’AccordFootnote 13, ce plan directeur doit être conforme aux conditions pertinentes de l’Entente sur les répercussions et les avantages pour les Inuits.

Le présent plan directeur concernant le parc national Auyuittuq a été préparé de façon concertée avec l’équipe de planification du parc et le Comité mixte de gestion du parc et l’équipe de planification du parc. L’ébauche finale a été soumise pour examen et approbation par le Comité et le gouvernement du Canada. Le processus de planification s’est fondé sur l’Entente sur les répercussions et les avantages pour les Inuits, le document Principes directeurs et politiques de gestion de Parcs Canada, et sur la participation du public canadien.

L’équipe de planification du parc et le Comité mixte de gestion du parc ont tenu des ateliers de planification ainsi que des activités de consultation du public en vue de réunir les personnes clés nécessaires pour donner des orientations à la gestion du parc. De nombreuses méthodes de consultation ont été employées afin d’inciter le public à participer au programme de planification, dont des bulletins, des ateliers dans le parc et à Pangnirtung, à Qikiqtarjuaq et à Iqaluit, des tribunes radiophoniques, des lettres et des réunions publiques; ces méthodes ont également été utilisées pour obtenir des commentaires à propos de l’ébauche du plan directeur. Les collectivités de Pangnirtung et de Qikiqtarjuaq (les conseils de hameau, les organisations de chasseurs et de trappeurs, les conseils des aînés, les groupes jeunesse, les organisations féminines, les enseignants, l’industrie du tourisme, les groupes de recherches et de sauvetage, les comités des terres et ressources communautaires et le grand public), le secteur du tourisme, les scientifiques, le Conseil de la faune Qikiqtaaluk, le Conseil de gestion des ressources fauniques du Nunavut, l’Association inuite Qikiqtani, Nunavut Tunnagvik Inc., la Fiducie du patrimoine inuit, des représentants du gouvernement du Nunavut, d’autres ministères, les organisations environnementales, les visiteurs du parc et les autres membres du public intéressés ont été également consultés à propos du présent plan directeur. Les documents publics sont disponibles en Inuktitut, en anglais et en français, et les réunions publiques ont également été tenues dans les trois langues.

Les plans directeurs des parcs nationaux sont actuellement élaborés après qu’un rapport sur l’état du parc national a été rédigé pour faire état des progrès accomplis dans le contexte des objectifs à atteindre et pour faire en sorte que les mesures prévues soient efficaces pour atteindre les résultats escomptés. L’examen quinquennal du présent plan directeur s’appuiera sur un rapport au sujet de l’état du parc national.

2.0 Importance du parc national Auyuittuq

Le parc national Auyuittuq fait partie d’un réseau de parcs nationaux qui protègent des exemples représentatifs des paysages et des éléments naturels du Canada. Ces aires naturelles d’importance nationale sont gérées par le Canada et désignées comme telles par le Parlement. Symboles importants de l’identité canadienne, les parcs nationaux sont gérés en vertu de la Loi sur les parcs nationaux du Canada pour l’agrément du peuple canadien et l’enrichissement de ses connaissances de façon à ce que ces parcs restent intacts pour les générations futures.

Le Plan du réseau des parcs nationaux divise le Canada en 39 « régions naturelles de parc national », en se fondant sur la topographie et la végétation. Le parc national Auyuittuq constitue un exemple représentatif de la Région naturelle de Davis du Nord (région naturelle 26). Cette région naturelle offre un relief montagneux, de longs fjords, des champs de glace, des glaciers et la présence d’une faune marine. La région comprend l’extrémité nord du Bouclier canadien et le littoral longeant le détroit de Davis.

Le parc est devenu un parc national à la suite de la signature de deux ententes intervenues entre le Canada et les Inuits du Nunavut : l’Accord sur les revendications territoriales du Nunavut et l'Entente sur les répercussions et les avantages pour les Inuits des parcs nationaux Auyuittuq, Quttinirpaaq et Sirmilik. Aux termes de cette dernière, les objectifs du parc national du Canada Auyuittuq sont les suivants :

Voici les objectifs du parc :

  1. protéger à perpétuité une région naturelle représentative ayant une signification pour le Canada dans la région naturelle de Davis du Nord;
  2. respecter la relation particulière qui existe entre les Inuits et la région;
  3. encourager le public à comprendre, à apprécier le parc et à en jouir, y compris la relation particulière des Inuits avec cette région, de façon à conserver le parc intact pour les générations à venirFootnote 14.

Le parc revêt une importance particulière en raison de ses caractéristiques biologiques et ses ressources géophysiques et culturelles, des histoires qu’il révèle à propos des cultures anciennes et modernes, et de l’expérience du visiteur et des occasions d’éducation du public qui y sont associées.

3.0 Contexte de la planification et situation actuelle

La création du parc national Auyuittuq a été entreprise voilà plus de 40 ans et a été achevée à la suite de la signature de l’Accord sur les revendications territoriales du Nunavut.

  • Années 1960 : L’intérêt pour la création d’un parc national sur cette partie de l’île de Baffin s’exprime d’abord dans le cadre de l’initiative « Three North of Sixty » du gouvernement du Canada.
  • 1972 : Le 22 février, des terres sont affectées à la création du parc national de l’île de Baffin.
  • 1975 : En février, un concours est tenu dans les collectivités de l’île Broughton (maintenant Qikiqtarjuaq) et de Pangnirtung afin de choisir un nom pour le futur parc. Le nom Auyuittuq – le mot inuktitut signifiant « la terre qui ne fond jamais » – est retenu.
  • 1976 : la Réserve de parc national AuyuittuqFootnote 15a est créée le 9 avril et protège 22 600 km2 sur la partie est de l’île de Baffin.
  • 1993 : Le 25 mai, l’Accord sur les revendications territoriales du Nunavut est signé à Iqaluit, dans les Territoires du Nord- Ouest (maintenant le Nunavut). Dans le cadre du processus de sélection des terres lors de la négociation de l’Accord, les Inuits désignent des zones marines et terrestres d’une superficie approximative de 3 500 km2 en vue d’en faire des terres inuites, réduisant ainsi la superficie du parc à 19 089 km2.
  • 1999 : L’Entente sur les répercussions et les avantages pour les Inuits des parcs nationaux Auyuittuq, Quttinirpaaq et Sirmilik est signée le 12 août 1999.
  • 2001 : Le 19 février, la Loi sur les parcs nationaux du Canada entre en vigueur, créant ainsi le parc national du Canada AuyuittuqFootnote 15b.

3.1 Écosystèmes et intégrité écologique

Le parc national Auyuittuq constitue un exemple représentatif de la région naturelle des hautesterres de Davis, une région qui englobe les côtes sud et est de l’île de Baffin et les côtes est de l’île Devon et de l’île d’Ellesmere. Le parc national Auyuittuq chevauche le cercle polaire arctique dans une zone de transition écologique entre les zones de végétation du Haut-Arctique et du Bas-Arctique.

Son territoire inhospitalier, dominé par la roche et la glace, restreint à la fois la diversité et la répartition des plantes. La végétation ne recouvre que 20 p. 100 de la superficie du parc, et elle est pour l’essentiel concentrée au creux des vallées et au pied des pentes, à moins de 500 m au-dessus du niveau de la mer. Le parc national se situe sur la bordure nord-est du Bouclier canadien, et ses montagnes figurent parmi les plus hautes de l’île de Baffin et du Bouclier canadien. La calotte glaciaire Penny, vaste étendue de glace et de neige de 6 000 km2, domine au coeur du parc. L’eau de fonte de la calotte glaciaire et d’autres glaciers alimente plusieurs ruisseaux, rivières et lacs. Le lac Summit, comme son nom l’indique, est situé en hauteur le long du col Akshayuk et alimente les deux principales rivières du parc; la rivière Weasel qui descend en direction sud à partir du lac Summit et la rivière Owl qui coule en direction nord. Le parc compte plusieurs autres ruisseaux et lacs de taille plus modeste qui sont alimentés par les glaciers. Le lac Greenshield, le plus grand du parc, est situé au milieu de la toundra et abrite plusieurs des espèces animales du parc.

Le long de la côte, les glaciers ont entaillé le creux des vallées jusqu’en dessous du niveau de la mer, créant des fjords étroits, encaissés par des parois verticales pouvant faire 900 m de hauteur. Les aires marines côtières, notamment les fjords de la partie nord du parc, foisonnent d’espèces sauvages. Six espèces de mammifères marins ont été recensées dans le parc (dont l’ours polaire) et sept autres espèces observées dans les eaux qui coulent en périphérie pourraient fréquenter le parc également.

Huit espèces de mammifères terrestres ont été observées dans le parc et 28 espèces d’oiseaux y nichent (de plus, on pense que 11 autres espèces s’y reproduisent)Footnote 16. Treize espèces de poissons d’eau douce et d’eau salée ont également été recensées dans le parc. Plusieurs autres espèces animales, observées dans le grand écosystème du parc de la péninsule Cumberland ainsi que dans les eaux de la baie Cumberland et du détroit de Davis, non loin du parc, peuvent se retrouver parfois à l’intérieur des limites du parc.

Le grand écosystème du parc comprend une vaste aire naturelle sauvage relativement intacte présentant un niveau élevé d’intégrité écologique. Aujourd’hui, il est presque impossible d’établir une différence entre le parc national Auyuittuq et les secteurs environnants du grand écosystème du parc. Le parc protège toutefois des parties des habitats dont dépendent les grands animaux qui franchissent les frontières, comme les caribous, les ours polaires, les loups et certains mammifères marins.

Les collectivités inuites de Qikiqtarjuaq et Pangnirtung (la deuxième grande collectivité de l’île de Baffin) sont situées au nord et au sud du parc, respectivement. Les membres des collectivités exercent des activités culturelles et de récolte des ressources dans l’ensemble du grand écosystème, y compris le parc.

Plusieurs des espèces que l’on trouve dans les limites du parc font l’objet d’un suivi à l’aide du processus de la Loi sur les espèces en péril. L’ours polaire, la populationm de béluga de l’est du Haut- Arctique et de la baie de Baffin de même que le narval ont été identifiés comme étant des espèces préoccupantes par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC). Le gouvernement du Canada tente actuellement de déterminer si ces espèces devraient être inscrites à la liste de la Loi sur les espèces en péril.

L’activité industrielle est limitée dans la région puisqu’elle est éloignée et que son climat est inhospitalier, mais l’industrialisation des régions du Haut-Arctique est toutefois facilitée par les nouvelles technologies, et les facteurs de stress mondiaux sur le climat et les polluants atmosphériques provenant de sources éloignées ont des répercussions dans le Nord. Alors qu’une plus grande partie de l’Arctique devra faire face à l’industrialisation et au peuplement, le parc national Auyuittuq jouera un rôle de plus en plus important en tant qu’écosystème exempt de perturbations, pouvant servir de point de comparaison pour évaluer les incidences du développement localisé et des facteurs de stress.

Une stratégie de surveillance de l’intégrité écologique appliquée sur cinq ans dans le parc national Auyuittuq a été élaborée en 2008 et, dans le cadre du programme de surveillance de la biorégion nordique de Parcs Canada, on surveille les quatre indicateurs écosystémiques suivants : les glaciers et la glace pérenne, la toundra, les écosystèmes maritimes, côtiers et d’eau douce. On s’attend à ce que le programme de surveillance écologique du parc continue d’être amélioré au cours de l’existence du présent plan directeur.

La surveillance du vaste écosystème du parc national Auyuittuq présente de réels défis logistiques et financiers. Afin de surmonter ces défis que posent tous les parcs du Nord, le Programme de surveillance de l’intégrité écologique est conçu selon trois moyens différents et uniques de surveillance qui, ensemble, rendent le programme crédible, complet, rentable et durable. Ces méthodes sont : la surveillance sur le terrain assurée par Parcs Canada et ses partenaires, la télédétection assurée par le programme ParkSpace de Parcs Canada et d’autres organismes, et les connaissances écologiques des Inuits.

Les processus de planification et de gestion participative du parc national Auyuittuq sont également des moyens importants de traiter des perspectives inuites. Ces processus sont décrits un peu plus haut dans le présent planFootnote 17. Les programmes de surveillance du parc sont élaborés en gardant à l’esprit cette gestion participative.

Figure 5 : Indicateurs écosystémiques du parc national Auyuittuq

Écosystèmes des glaciers et de la glace pérenne

Les glaciers et la glace pérenne ont une superficie d’environ 8 470 km2, ou 40 p. 100 de la surface globale dont 28 p. 100 est occupée par la calotte glaciaire Penny et 12 p. 100 par les cirques glaciaires. Cet écosystème joue un rôle prépondérant par son influence sur les microclimats régionaux et par l’irrigation de l’ensemble des éléments du parc.

Écosystèmes maritimes et côtiers

Le parc national Auyuittuq recèle des fjords sur une longueur d’environ 800 km. Le lieu se caractérise par des fjords profonds et étroits avec des falaises verticales pouvant atteindre 900 m de hauteur. C’est à cet endroit, et tout particulièrement dans le coin nord-est du parc, que la faune est la plus abondante. La faune marine, bien que ne représentant que 7 p. 100 du tout, est très riche et variée. La portion la plus importante se situe dans les fjords occupant la partie nord-est du parc.

Écosystèmes de la toundra

L’écosystème de la toundra couvre la moitié da la superficie du parc (50 p. 100). La végétation de la toundra occupe environ 20 p. 100 de la superficie du parc et est surtout située dans la passe d’Akshayuk et aux alentours du lac Greenshield, avec une autre tranche de 18 p. 100 formée de substrat rocheux. Les 12% restants sont couverts de végétation non-continue.

Écosystèmes d’eau douce

L’eau douce représente un écosystème relativement limité du parc national Auyuittuq, occupant moins de 3 p. 100 de la superficie et provenant principalement de petits lacs. Elle abrite toutefois une population confinée d’omble chevalier, qui constitue une espèce importante pour les collectivités inuites environnantes. De plus, les précipitations et l’eau de fonte se manifestent dans l’ensemble de la région et, en formant des ruisseaux et des rivières, permettent de vérifier certains aspects de l’intégrité globale du parc. Les fluctuations annuelles et saisonnières du déversement provenant de la fonte des calottes glaciaires, des glaciers et des lacs ont un effet sur l’ensemble du parc.

3.2 Patrimoine et ressources culturels

Le parc national Auyuittuq et les secteurs environnants recèlent une riche collection de ressources culturelles qui racontent l’histoire de l’occupation humaine de la région — une histoire vieille de plusieurs milliers d’années.

Les premiers habitants de l’île de Baffin appartenaient aux cultures pré-Dorset et Dorset. Les habitants de culture pré-Dorset sont arrivés dans le parc voilà quelque 3 500 ans, et la culture Dorset y a fait son apparition voici près de 2 800 ans. La culture Dorset s’est perpétuée jusqu’au treizième siècle de notre ère. Les ancêtres de ces habitants ont vraisemblablement immigré de la région du détroit de Béring, en Alaska, avant de traverser l’Arctique canadien.

Au cours d’une seconde vague de migration de l’Alaska, au troisième siècle de notre ère, des gens de la culture Thulé se sont installés dans l’Arctique de l’Est. Les Inuits d’aujourd’hui sont des descendants directs de ce peuple de la culture Thulé. La transition de la culture Thulé à la culture inuite s’est effectuée entre 1600 et 1850.

Dans la région du parc, les vestiges les plus anciens de l’occupation humaine témoignent de la présence des peuplades de la culture Dorset, bien que ceux de la culture Thulé soient plus fréquents. Le mode de vie Thulé était remarquablement bien adapté à l’environnement côtier et à la toundra. Équipés de chiens, de traîneaux, d’oumiaks (grandes embarcations faites de peaux) et de kayaks, ces chasseurs pouvaient se déplacer avec aisance pour chasser des animaux terrestres et marins. Les activités saisonnières étaient dictées par l’abondance et la répartition des espèces chassées.

La première rencontre documentée entre les Européens et les Inuits remonte à 1576 lors du premier de trois voyages effectués par le marin britannique Martin Frobisher. Cependant, il existe une quantité considérable de vestiges archéologiques et d’autres traces témoignant de rencontres antérieures entre les peuplades de la culture Dorset et les Norvégiens dans les environs de l’île de Baffin. Des contacts plus fréquents avec les Inuits ont eu lieu vers 1820 en raison des rencontres entre ceux-ci et les baleiniers, surtout après que le baleinier William Penny eut établi une mission dans la baie Cumberland en 1857.

L’avènement de la chasse commerciale à la baleine vient changer la culture inuite. Les Inuits continuent de pratiquer la chasse de subsistance, mais bon nombre se font embaucher par les baleiniers et modifient leurs habitudes pour s’adapter au calendrier de la chasse à la baleine. Les modes d’établissement changent eux aussi, les stations de dépeçage devenant un centre névralgique pour l’acquisition de denrées européennes.

Au début du XXe siècle, la chasse commerciale à la baleine n’est plus rentable, et la plupart des postes de dépeçage cessent leurs activités. Les Inuits qui s’étaient établis à proximité étaient maintenant forcés de se déplacer vers l’intérieur des terres en quête de nourriture et de fourrures pour le commerce. Ils vivaient dans de petits camps semipermanents, bon nombre situés dans les mêmes secteurs que les anciens sites de culture Thulé. La Compagnie de la Baie d’Hudson fonde un poste de traite à Pangnirtung en 1921. Viennent ensuite un détachement de la GRC en 1923, une église anglicane en 1925 et un hôpital en 1930.

À l’est du parc, le village permanent de Qikiqtarjuaq a été fondé au début des années 1960. Auparavant, les Inuits de la région de l’île Broughton vivaient dans des camps semipermanents. La fondation de Qikiqtarjuaq est associée à l’aménagement d’une installation du réseau DEW en 1955.

Les programmes de protection et d’éducation portant sur les ressources culturelles du parc sont fondés sur la Politique sur la gestion des ressources culturelles de Parcs Canada et l’Entente sur les répercussions et les avantages pour les Inuits (ERAI) des parcs nationaux Auyuittuq, Quttinirpaaq et Sirmilik. Selon la Politique sur la gestion des ressources culturelles, Parcs Canada doit réaliser des inventaires des ressources culturelles, évaluer leur importance historique, tenir compte de leur valeur historique au moment de la mise en place de mesures influant sur leur conservation et leur mise en valeur, et les surveiller pour faire en sorte que les objectifs de conservation et de mise en valeur sont atteints. Conformément à l’Entente sur les répercussions et les avantages pour les Inuits des parcs nationaux Auyuittuq, Quttinirpaaq et Sirmilik, Parcs Canada doit administrer les sites archéologiques et les sites à caractère religieux et culturel de façon à :

  1. protéger et promouvoir le patrimoine culturel, historique et ethnographique de la société inuite, qui comprend les connaissances inuites traditionnelles et l’histoire orale qui se rattachent à ces sites;
  2. respecter le rôle et la signification de ces sites dans la culture inuite et s’y conformerFootnote 18.

Jusqu’à présent, l’inventaire des ressources culturelles du parc national Auyuittuq a permis de recenser 134 sites archéologiques. Ces sites ont été recensés par des équipes composées d’archéologues, de membres du personnel du parc et d’aînés qui ont effectué des recherches sur le terrain.

Des évaluations archéologiques ont été effectuées dans la région du parc en 1969, 1972, 1973, 1980, 1984, 1998, 2002, 2003, 2007 et 2008. Les sites archéologiques et historiques du parc qui ont été documentés ont été classés en fonction de l’appartenance culturelle : 28 p. 100 des sites sont des sites inuits, 4 p. 100 appartiennent à la culture Thulé, 3 p. 100 sont des sites européens ou des sites utilisés pour la chasse à la baleine, et 1 p. 100 étaient habités par le peuple paléoesquimau. En ce qui concerne plusieurs de ces sites (64 p. 100), l’appartenance culturelle est inconnue ou n’a pas été confirmée. On a déterminé que les conditions des ressources culturelles sont : hautement menacées (1 site), menacées (11 sites), possiblement menacées (23 sites), stables ou très stables (11 sites) ou inconnues (88 sites).

D’autres renseignements ayant trait au patrimoine culturel du parc ont été recueillis. L’Unité de gestion du Nunavut de Parcs Canada gère une base de données interrogeable sur les histoires orales recueillies des aînés; elle a également participé à la collecte des noms de lieux, situés dans le parc ou à proximité de celui-ci, en langue inuktitut.

Les programmes visant les ressources culturelles du parc sont actuellement limités : on prévoit qu’ils seront élaborés ou améliorés au cours de l’existence du présent plan directeur. L’inventaire des ressources culturelles du parc n’est pas terminé, l’appartenance culturelle de la plupart des sites n’a pas été déterminée à ce jour ou est inconnue, et d’autres travaux sont nécessaires pour évaluer l’importance historique des ressources culturelles connues du parc. Le programme de surveillance à cet égard en est à ses débuts et mettra probablement l’accent sur les principaux sites de ressources culturelles, alors que les programmes et les produits éducatifs touchant ces ressources sont actuellement limités. Des efforts devront être déployés pour permettre un meilleur rapprochement des visiteurs et des résidents locaux avec les ressources culturelles du parc.

Figure 6 : Types de structures archéologiques dans le parc national Auyuittuq

  • Cercles de tente récents
  • Cercles de tente en peau de phoques
  • Maisons semi-souterraines
  • Qammaiit
  • Caches
  • Enclos à chiens
  • Affûts récents pour la chasse
  • Abris temporaires
  • Possibles cercles de tente de culture Thulé
  • Âtres extérieurs
  • Aires d’entreposage
  • Supports de qajaqs

3.3 Importance du parc pour les Inuits

Le parc et ses environs sont importants pour les collectivités de Pangnirtung et de Qikiqtarjuaq. Les InuitsFootnote 19 de ces deux collectivités s’adonnent à diverses activités culturelles ou à des activités de récolte des ressources dans le parc et ses environs. Les ressources culturelles et le nom de lieux dans le parc en langue inuktitut jouent un rôle important dans le maintien du solide lien que les Inuits entretiennent avec le parc. Le processus de gestion participative prescrit par l'Accord sur les revendications territoriales du Nunavut contribue également à maintenir le lien que les Inuits locaux entretiennent avec le parc, plus particulièrement grâce aux efforts visant à faire appel à la fois à la science et aux connaissances inuites et au processus de planification de gestion.

3.4 Expérience du visiteur et tourisme

Les visiteurs du parcFootnote 20 sont attirés par le parc national Auyuittuq en raison de ses montagnes spectaculaires, ses nombreux glaciers, ses longs fjords, ses couloirs de montagnes, la culture inuite et sa facilité d’accès relative. Ceux-ci comprennent les personnes non bénéficiaires résidant dans les collectivités de Pangnirtung et Qikiqtarjuaq ainsi que les visiteurs d’autres régions du Canada ou d’autres pays. Les visiteurs profitent du parc en s’adonnant aux randonnées d’une journée, aux randonnées dans l’arrière-pays, à l’alpinisme, à l’escalade de haut niveau, à la randonnée de ski dans l’arrière-pays, aux excursions sur glacier, aux visites guidées en motoneige, aux randonnées occasionnelles avec chiens d’attelage, à la navigation de plaisance et depuis peu, aux excursions dans le cadre de croisières.

Le parc accueille en moyenne 500 visiteurs par anFootnote 21, la majorité d’entre eux parcourant le sentier du col Akshayuk en partie ou au complet. En 2009, environ 380 personnes ont visité le parc.

Les visiteurs sont plongés dans un environnement naturel dynamique leur offrant la possibilité de prendre des risques et de relever des défis. Les visiteurs du parc doivent être expérimentés et préparés à faire face aux défis que présentent les déplacements dans l’Arctique. La visite du parc national Auyuittuq revêt de multiples facettes permettant à ceux qui font l’expérience de cet endroit d’acquérir une meilleure compréhension et de mieux apprécier le patrimoine naturel et culturel de l’Arctique de l’Est du Canada et de l’univers circumpolaire.

Les caractéristiques, l’expérience et les attentes des visiteurs du Nunavut et du parc national Auyuittuq ont récemment fait l’objet d’études réalisées par le gouvernement du NunavutFootnote 22 par Parcs Canada et ses partenairesFootnote 23. De plus, des renseignements sur le profil démographique et l’expérience du visiteur sont recueillis par le parc lorsque ceux-ci s’enregistrent aupr`s du parc, à leur arrivée et à leur départ.

L’enquête menée en 2006 par le gouvernement du Nunavut auprès des visiteurs du Nunavut, au moment de leur départ, a relevé des facteurs influant sur le secteur du tourisme dans ce Territoire. En voici quelques-uns :

  • La plupart des visiteurs qui ont participé à l’enquête viennent au Nunavut pendant l’étéFootnote 24.
  • Les principales activités auxquelles ils s’adonnent sont l’achat d’oeuvres d’art, la visite de musées et de centres culturels, la randonnée pédestre et l’observation de la faune.
  • La moitié des visiteurs étaient en voyage d’affaires et ont souvent prolongé leur séjour dans le territoire pour prendre des vacances.
  • Les passagers des bateaux de croisière ont dépensé davantage d’argent au Nunavut que les autres visiteurs, dont les dépenses étaient principalement liées à l’hébergement et à la nourriture.
  • La plupart des visiteurs de la collectivité de Pangnirtung s’y rendent pour leurs loisirs, alors que la moitié des visiteurs de Qikiqtarjuaq y sont pour affaires et l’autre moitié pour leurs loisirs.

Suivant cette enquête, Nunavut TourismFootnote 25 a conclu qu’il était possible de développer le secteur du tourisme et de satisfaire aux besoins des visiteurs en créant davantage de produits et services pour euxFootnote 26.

L’étude portant sur le parc national Auyuittuq et menée par Parcs Canada, l’Université du Montana et l’Aldo Leopold Wilderness Research Institute a démontré que les visiteurs du parc ont diverses attentes à l’égard de leur expérience :

  • Leurs raisons pour visiter le parc comprennent les grandes randonnées pédestres, l’observation de la flore, les excursions sur glacier et l’escalade de rochers.
  • L’isolement du parc les attire, et ils viennent vivre l’aventure et la liberté associées aux déplacements dans les régions montagneuses sauvages de l’Arctique.
  • Certains visiteurs sont des grimpeurs chevronnés alors que d’autres n’ont jamais fait de grandes randonnées.
  • Pour certains visiteurs, les questions culturelles et l’interaction avec les Inuits sont une partie importante de leur expérienceFootnote 27.

Cette étude a également permis de préciser les six principales facettes dont les visiteurs désirent faire l’expérience dans le parc : sérénité et liberté, défi et aventure, état naturel, expérience de l’Arctique, apprentissage et appréciation, spiritualité. Ces facettes de l’expérience du visiteur dans le parc national Auyuittuq ont été confirmées par des sondages menés auprès des visiteurs entre 2005 et 2008Footnote 28. Les sondages récents menés auprès des visiteurs ont aussi permis d’obtenir des renseignements utiles pour le marketing du parc.

Les visites du parc national Auyuittuq sont influencées par sa proximité à la capitale, Iqaluit. La création du territoire du Nunavut en 1999 a sensibilisé le public à l’existence du parc et de ses collectivités adjacentes (Pangnirtung et Qikiqtarjuaq), et le vol d’Iqaluit vers ces collectivités est relativement peu coûteux. La facilité d’accès a pour effet d’amener des visiteurs de niveaux de compétences variés, mais l’isolement et l’environnement du parc exigent une expérience des déplacements en milieu sauvage. Certains groupes sont accompagnés d’un guide dans le parc, mais la plupart des visiteurs faisant de la randonnée, du ski ou de l’escalade forment des groupes indépendants. La saison de ski printanier a lieu en avril et mai; la saison d’été pour les randonnées et l’escalade a lieu en juin, juillet et août.

Le tourisme dans le parc présente un potentiel important pour ce qui est de l’Arctique de l’Est du Canada. En réalité, les coûts et la petite taille du marché associé au parc feront en sorte que le nombre de visiteurs demeurera faible comparativement aux autres parcs du Canada. Cependant, au regard des avantages liés au tourisme local, le nombre de visiteurs actuels et à venir du parc est important. Lorsqu’ils entrent dans le parc ou qu’ils le quittent, la majorité des visiteurs du parc passent par Pangnirtung. Cependant, au cours des deux dernières années, il semble y avoir une augmentation du nombre de visiteurs qui entrent dans le parc à Qikiqtarjuaq et parcourent le col Akshayuk au complet jusqu’à Pangnirtung. Les retombées économiques liées à la présence dans le parc des grands randonneurs pédestres, des skieurs, des grimpeurs et des visiteurs provenant des bateaux de croisière peuvent être substantielles à la fois pour Pangnirtung et pour Qikiqtarjuaq.

Il reste encore beaucoup de travail à accomplir pour rejoindre les principaux publics, sensibiliser à l’existence du parc et créer un sentiment d’appartenance à l’endroit, lié plus particulièrement aux écosystèmes du parc, aux ressources culturelles et à la culture inuite. Les visites des collectivités peuvent enrichir l’expérience, avant comme après les visites du parc. Il existe des occasions d’améliorer l’offre de service des collectivités en y ajoutant d’autres produits et services liés au tourisme local, à l’art et à l’artisanat, et aux expériences culturelles. En outre, le parc pourra observer une hausse du nombre de ses visiteurs à mesure de l’augmentation des bateaux de croisière accostant dans le parc, et de la sensibilisation à la facilité d’accès de ce dernier. Ces éléments continueront d’amener de nouveaux types de visiteurs dans le parc, y compris des visiteurs qui cherchent de nouvelles façons de faire l’expérience du parc et des visiteurs qui pourraient n’avoir aucune expérience importante des déplacements en milieu naturel sauvage.

3.5 Programmes d’éducation du public en diffusion externe

Parcs Canada a récemment apporté les changements nécessaires pour augmenter sa capacité à mettre sur pied des programmes de sensibilisation et de diffusion externe, y compris à l’Unité de gestion du Nunavut. Les programmes d’éducation du public en diffusion externe visant le parc national Auyuittuq commencent à être mis sur pied de manière plus proactive.

Ces programmes comprennent un programme de gérance environnementale axé sur les messages de Parcs Canada qui concernent le Nunavut et le programme éducatif du Nunavut. Le parc a également mis sur pied d’autres programmes scolaires et présente l’hiver, depuis 2008, des films en soirée au centre des visiteurs à Pangnirtung; les films projetés racontent l’histoire de la région et la culture inuite, et relatent l’importance naturelle et culturelle du parc. Les autres programmes fournis jusqu’à présent consistaient en des présentations ponctuelles données dans les écoles ou dans le cadre de conférences.

Les messages transmis à l’auditoire du Nunavut jusqu’à ce jour visaient principalement à faire connaître Parcs Canada et les parcs nationaux du Nunavut, les perspectives de carrière à Parcs Canada pour encourager les jeunes à rester à l’école, et comprenaient également une sensibilisation aux avalanches. Les nouveaux programmes permettront au parc d’élargir son message.

À ce jour, la surveillance de ces programmes s’est résumée à faire le suivi du nombre de participants et d’entreprendre des discussions informelles avec les personnes ayant participé à ces programmes. Les commentaires ont servi à améliorer les programmes.

À l’heure actuelle, la sensibilisation du public à l’existence du parc est vraisemblablement élevée à Pangnirtung, Qikiqtarjuaq et Iqaluit. À l’échelle nationale, cependant, ce niveau de sensibilisation est probablement très faible.

Le parc national Auyuittuq est susceptible de jouer un rôle important non seulement dans l’éducation du public en diffusion externe dans les collectivités adjacentes de Pangnirtung et Qikiqtarjuaq, mais également dans celle de la région et de tout le Canada. Le parc peut être intégré dans les programmes scolaires et les programmes de diffusion externe visant de vastes auditoires en le présentant comme un attrait important du Nord canadien. De nouveaux programmes de mise en valeur du patrimoine peuvent également être créés à l’intention des visiteurs qui ne peuvent se rendre au parc en personne.

3.6 Sécurité publique dans le parc national Auyuittuq

Le parc national Auyuittuq est un parc éloigné présentant un rude climat arctique et un environnement montagneux où l’on peut observer une érosion active. Les risques que présente le parc ont fait l’objet d’une analyse dans le cadre de l’évaluation des risques pour la sécurité publique. Ces risques sont aussi régulièrement réitérés par les aînés inuits et les autres membres des collectivités de Pangnirtung et Qikiqtarjuaq comme étant des enjeux de gestion importants. La sécurité publique dans le parc national Auyuittuq est assurée conformément au plan de sécurité publique de l’Unité de gestion du Nunavut.

Selon la plus récente évaluation des risques que présente le parc pour la sécurité publique, la traversée de cours d’eau, les rencontres d’ours polaires, les incidents de navigation et les incidents survenant en motoneige, les conditions météorologiques, les conditions de glace de mer, les avalanches, les crevasses et l’escalade sont les principaux éléments posant des risques à la sécurité publique dans le parc. Certains de ces dangers concernent les visiteurs, alors que d’autres touchent les résidents des collectivités ou les chercheurs. De plus, l’environnement naturel du parc est très dynamique en raison des interactions entre l’eau, la glace, le pergélisol et les rochers.

L’information transmise aux visiteurs éventuels du parc inclut des renseignements sur les risques que les déplacements dans les milieux sauvages de l’Arctique posent à la sécurité publique. L’isolement de cette région et les capacités de sauvetage limitées ne font qu’amplifier les risques liés aux dangers naturels et font en sorte que la prévention des incidents est d’une importance capitale pour la sécurité des usagers du parc. Tous les visiteurs doivent être prêts à des conditions météorologiques extrêmes ou changeant très rapidement, à des traversées de cours d’eau imprévisibles, à des environnements dynamiques, à des vents forts et à des ours polaires. Les usagers du parc doivent également être autonomes et prendre en main leur propre sécurité.

La sécurité publique demeure un sujet de préoccupation qui doit être abordé dans le cadre de la gestion participative, de l’expérience du visiteur, de la protection et des programmes d’éducation du public en diffusion externe afin d’assurer la sécurité des Inuits, des résidents locaux, des visiteurs, des utilisateurs de même que du personnel.

4.0 Énoncé de vision

Dans le parc national Auyuittuq s’élèvent d’imposantes montagnes aux flancs parsemés de neige et de glace éclatantes. Entre les escarpements, des fjords profonds sont peuplés de baleines, de phoques et de poissons. Le long de la côte, des ours polaires, icônes de la faune arctique, vivent et chassent. Les visiteurs découvrent rapidement le dynamisme naturel de la région où la glace, la roche, le vent et l’eau continuent de sculpter les paysages. Les sites archéologiques révèlent le passé historique des peuples ayant habité les fjords et les vallées au cours des siècles. L’endroit a encore aujourd’hui une importance vitale pour les collectivités et les familles inuites, puisqu’elles continuent d’en utiliser les ressources tout en partageant leur histoire, leur culture et leurs traditions avec les visiteurs.

Les Inuits et Parcs Canada travaillent de concert à faire respecter et connaître le parc national Auyuittuq ainsi que son histoire. Les Inuits participent pleinement à tous les aspects de la gestion du parc. Ils font partie des comités consultatifs conjoints, enrichissant les discussions et la prise de décisions de leurs connaissances et de leur culture.

Des visiteurs venant du monde entier se rendent au parc national Auyuittuq, attirés par l’exotisme des paysages et de la culture inuite. Les collectivités de Pangnirtung et de Qikiqtarjuaq du Nunavut offrent divers services pour aider les visiteurs à profiter au maximum de leur expérience et à apprécier pleinement cet endroit unique.

5.0 Stratégies clés

Première stratégie clé :

Engager les collectivités de Pangnirtung et de Qikiqtarjuaq dans le rapprochement des visiteurs avec le territoire, les écosystèmes marins et la culture inuite.

Objectif 1 :

Créer des produits et des programmes visant à diversifier et à améliorer l’expérience du visiteur dans le parc national Auyuittuq ainsi que dans les collectivités de Pangnirtung et de Qikiqtarjuaq.

  1. Mettre en oeuvre l’outil Quotient Explorateur, un sondage en ligne qui vise à associer les besoins, les intérêts, les attentes et les désirs des visiteurs à des activités correspondant à ce qu’ils recherchentFootnote 29.
  2. Créer des produits et des programmes d’interprétation et d’éducation sur le parc, ses écosystèmes et la culture inuite, en collaboration avec les intervenants en tourisme et les membres des collectivités de Pangnirtung et de Qikiqtarjuaq qui possèdent les connaissances appropriéesFootnote 30. Utiliser, pour les produits et programmes, le nom en inuktitut des endroits.
  3. Créer des produits et des programmes à l’intention des touristes de croisière en collaboration avec les intervenants en tourisme et les membres des collectivités de Pangnirtung et de Qikiqtarjuaq qui possèdent les connaissances appropriées.
  4. Tirer profit des liens avec l’Association des francophones du Nunavut pour améliorer les services fournis aux visiteurs francophones et renforcer la capacité en matière de tourisme à Qikiqtarjuaq.
  5. Encourager les pourvoyeurs et les autres membres des collectivités de Pangnirtung et de Qikiqtarjuaq à élaborer des programmes, des services ou des produits à l’intention des visiteurs.
  6. Développer des affiches et expositions concernant le parc à Qikiqtarjuaq.
  7. Trouver d’autres moyens d’améliorer l’expérience du visiteur dans le parc, dont l’ajout de circuits touristiques et d’aires de fréquentation diurne.
  8. Effectuer des évaluationsd’activités récréatives prioritaires à l’aide du Bulletin de gestion – Évaluation des activités récréatives et des événements spéciaux.
  9. Déterminer s’il est nécessaire d’apporter des changements aux infrastructures du parc, au regard de la plus récente évaluation des risques et du plan de sécurité publique de l’Unité de gestion du Nunavut.

Objectif 2 :

Améliorer les relations avec les collectivités.

  1. Améliorer les installations de Parcs Canada à Qikiqtarjuaq et chercher à maintenir un employé de Parcs Canada dans la collectivité pendant toute l’année.
  2. Participer à des projets liés au développement touristique durable en collaboration avec les collectivités de Pangnirtung et de Qikiqtarjuaq. Utiliser les stratégies touristiques élaborées en 2002 dans le cadre de l’Entente sur les répercussions et les avantages pour les Inuits des parcs nationaux Auyuittuq, Quttinirpaaq et Sirmilik pour se guider, s’il y a lieu.
  3. Offrir aux membres des collectivités de Pangnirtung et de Qikiqtarjuaq une formation sur le service aux visiteurs et l’interprétation.

Objectif 3 :

Améliorer le marketing du parc et promouvoir les collectivités de Pangnirtung et de Qikiqtarjuaq en collaboration aves des organisations touristiques

  1. Déployer tous les efforts nécessaires pour faire régulièrement la promotion du parc dans les publications touristiques, y compris les publications internationales.
  2. Fournir du matériel promotionnel ou participer chaque année aux salons du tourisme, y compris les événements internationaux.
  3. Tisser des liens de collaboration avec le secteur du tourisme de croisière.

Seconde stratégie clé :

Recueillir et diffuser les connaissances en vue de créer un sentiment d’appartenance à l’endroit.


L’inukshuk était érigé dans un but précis. Il faut le dire. Les plus vieux doivent en informer les plus jeunes. On peut en apercevoir lorsqu’on se promène en motoneige. Les zones d’activité d’utilisation des ressources sont marquées par un inukshuk. Nous devons travailler davantage à faire connaître son utilité. Auparavant, les aînés utilisaient les inukshuks comme système de navigation. Ce serait bien de montrer l’emplacement du système de navigation traditionnel, même si ce n’est que dans des documents écrits destinés aux jeunes, afin qu’ils puissent connaître cette tradition et en être fiers. Ils pourraient être fiers de leur tradition et de leur patrimoine.
Sila Kisa
Membre du Comité mixte de gestion du parc et de l’Equipe de planification du parc Auyuittuq
décembre 2007, Iqaluit

Objectif 1 :

Faire appel aux connaissances inuites et à la science en matière d’inventaires, de surveillance, de programmes éducatifs et de programmes axés sur l’expérience du visiteur du parc.

  1. Appliquer les leçons tirées du projet portant sur les connaissances inuites dans le cadre du programme de surveillance de l’intégrité écologique du parc.
  2. Dresser, en collaboration avec les jeunes et les aînés d’origine inuite des collectivités de Pangnirtung et de Qikiqtarjuaq, l’inventaire des ressources culturelles dans les zones du parc moins connues, notamment le lac Greenshield et Brodie Bay.
  3. Déterminer la valeur historique et l’appartenance culturelle de toutes les ressources culturelles connues dans le parc et formuler pour le parc un énoncé des valeurs des ressources culturelles.
  4. En collaboration avec la Fiducie du patrimoine inuit, collecter le nom en inuktitut des lieux du parc.
  5. Terminer l’élaboration des programmes de surveillance concernant l’expérience du visiteur, l’éducation du public, les ressources culturelles et les écosystèmes et assurer le suivi de l’expérience du visiteur ainsi que des écosystèmes et des ressources culturelles très utilisées de cette région.
  6. Dresser la liste des priorités en matière de recherche sur le parc relativement aux objectifs de gestion du parc, y compris la surveillance.
  7. Encourager les chercheurs à partager l’information sur leurs recherches avec les collectivités de Pangnirtung et de Qikiqtarjuaq ainsi qu’avec d’autres organisations.
  8. Encourager les chercheurs à prévoir dans leurs projets des fonds pour obtenir la participation et la contribution des collectivités, notamment les commentaires des groupes communautaires ou organisations clés.
  9. Encourager les étudiants de Pangnirtung et de Qikiqtarjuaq à participer aux programmes d’inventaire, de recherche et de surveillance menés par Parcs Canada.
  10. Promouvoir dans les produits et les programmes éducatifs une connaissance commune des ressources naturelles et culturelles du parc.

Objectif 2 :

Favoriser le rapprochement des jeunes à l’égard de la culture et de l’histoire inuites et des fjords et des paysages glaciaires du parc.

  1. Fournir du matériel didactique sur les écosystèmes et les ressources culturelles du parc ainsi que sur la culture et l’histoire des Inuits aux agents d’éducation de Pangnirtung et de Qikiqtarjuaq et aux établissements d’enseignement du Nunavut.
  2. Élaborer un programme visant à amener les jeunes de Pangnirtung et de Qikiqtarjuaq à accompagner leurs aînés dans le parc, dans le but principal de partager leurs connaissances sur les écosystèmes du parc, la culture inuite et les habiletés de survie.
  3. Utiliser dans tous les produits et programmes d’interprétation destinés aux jeunes le nom en inuktitut des endroits.

Objectif 3 :

Renforcer les liens des autres Canadiens avec la culture et l’histoire des Inuits ainsi qu’avec les fjords et le relief glaciaire du parc.

  1. Créer des produits et des programmes de sensibilisation à l’intention d’autres régions du Canada.

Objectif 4 :

Collaborer avec les collectivités de Pangnirtung et de Qikiqtarjuaq à la résolution des problèmes communs en matière de gestion.

  1. Fournir des mises à jour annuelles sur la gestion du parc aux collectivités de Pangnirtung et de Qikiqtarjuaq.
  2. Appliquer les leçons tirées du projet portant sur les connaissances inuites sur la façon d’utiliser les connaissances des Inuits dans la gestion du parc.
  3. Rencontrer chaque année les collectivités de Pangnirtung et de Qikiqtarjuaq et les intervenants des collectivités afin d’aborder les questions d’intérêt commun comme celles qui concernent la sécurité publique, les ressources culturelles, l’intégrité écologique, les programmes de diffusion externe à l’intention du public et l’expérience du visiteur.
  4. Utiliser dans tous les produits et programmes de communication destinés aux collectivités de Pangnirtung et de Qikiqtarjuaq le nom en inuktitut des endroits.
  5. Demeurer en contact avec les collectivités de Qikiqtarjuaq et de Pangnirtung et les intervenants de la collectivité afin de garantir que la gestion et les programmes du parc tiennent compte de leurs besoins et de leurs attentes à l’égard de la culture et de l’utilisation des ressources.
  6. Communiquer aux collectivités de Pangnirtung et de Qikiqtarjuaq l’information sur les volets du plan d’action pour la gestion environnementale de l’Unité de gestion du Nunavut concernant le parc national Auyuittuq.
  7. Maintenir la collaboration avec le ministère de la Défense nationale (MDN) concernant la gestion de l’accès et de l’utilisation du parc par le MDN, les Forces canadiennes et les Rangers canadiens en vue d’atteindre les objectifs communs tout en respectant l’Accord sur les revendications territoriales du Nunavut et l’Entente sur les répercussions et les avantages pour les Inuits (ERAI).

Figure 7 : Tourisme de croisière au Nunavut et dans le parc national Auyuittuq

La demande de croisières en Arctique par les consommateurs s’accroît tout comme l’offre des bateaux de croisière en Arctique. Depuis 2004, le tourisme de croisière est en hausse au Nunavut.

Données sur les bateaux de croisière ayant visité le Nunavut et les collectivités adjacentes au parc de 2004 à 2009
Endroits visités Nombre de bateaux de croisière en visite
  2004 2005 2006 2007 2008 2009
Nunavut 6 9 20 20 26 49
Pangnirtung n/a n/a 6 7 10 3
Qikiqtarjuaq n/a n/a 2 2 4 3
Parc national Auyuittuq n/a 2 3 4 2 1
Remarques :
  • Certains chiffres correspondent au nombre prévu de bateaux de croisière (chiffres en italique).
  • En 2008, quatre bateaux avaient prévu visiter le parc, mais seuls 2 ont pu le faire. Dans le cas d’un des bateaux, cela s’explique par la fermeture du parc pour des raisons de sécurité du public, et dans le cas de l’autre en raison de conditions météorologiques ou de problèmes d’horaire.
  • Les bateaux qui se rendent à Pangnirtung, à Qikiqtarjuaq et au parc national Auyuittuq ont une capacité maximale de 108 à 122 passagers mais, généralement, le nombre de passagers se situe entre 80 et 100.
  • Des messages et des programmes concernant le parc national Auyuittuq peuvent être fournis aux bateaux qui visitent les collectivités adjacentes, même s’ils ne se rendent pas dans le parc.

Parcs Canada entreprend d’établir des liens avec certains croisiéristes et d’offrir aux collectivités adjacentes des parcs nationaux du Nunavut — y compris Pangnirtung et Qikiqtarjuaq — une formation sur l’accompagnement ou l’interprétation à l’intention des touristes de croisière. Les employés de Parcs Canada ont également fait des présentations à bord de certains bateaux.

Les bateaux de croisière représentent une possibilité avantageuse pour les collectivités locales, qui peuvent vendre leurs objets d’art et d’artisanat aux passagers, leur faire vivre une expérience culturelle, partager avec un large public les connaissances des Inuits ainsi que fournir aux visiteurs les services d’interprètes, de naturalistes-guides à bord ou d’experts locaux.

6.0 Approche de gestion spécifique à un secteur

On propose que les trois régions géographiques suivantes à l’intérieur du parc (figure 2) fassent l’objet d’une gestion particulière en raison de leur utilisation, actuelle et future, par les visiteurs et les collectivités locales :

  1. Le col Akshayuk est le principal corridor de déplacement dans le parc, utilisé par les visiteurs, les Inuits, les chercheurs et les employés du parc; il contient une bonne partie des infrastructures du parc;
  2. Le secteur s’étendant du fjord Coronation jusqu’au début du fjord Narpaing : Les fjords Coronation et Maktak et les terres qui les séparent ainsi que les fjords Narpaing et Quajon constituent les aires importantes utilisées par les Inuits de Qikiqtarjuaq pour la récolte et les activités culturelles; ce sont également les terrains d’activités actuels ou futurs pour les visiteurs.
  3. Le secteur s’étendant de la baie Okoa jusqu’au fjord Confederation : La partie nord du parc, surtout les fjords et leurs environs, constitue également une aire clé utilisée par les Inuits de Qikiqtarjuaq pour la récolte et les activités culturelles. Les visiteurs ne fréquentent pas beaucoup cette partie du parc, mais la région offre des possibilités supplémentaires pour les visiteurs et présente des avantages pour la collectivité de Qikiqtarjuaq.

Secteur 1 :

Col Akshayuk

Le col Akshayuk est un col de montagne bordé au sud et au nord par les fjords qui mènent aux collectivités de Pangnirtung et de Qikiqtarjuaq. Le fjord situé à l’extrémité du col où se trouve Pangnirtung est à l’extérieur des limites du parc, contrairement au fjord North Pangnirtung qui est situé près de Qikiqtarjuaq. Il s’agit de la partie du parc qui a reçu le plus grand nombre de visiteurs jusqu’à présent :

  • Le col et le fjord North Pangnirtung sont les régions du parc qui reçoivent le plus grand nombre de randonneurs pédestres, de skieurs et de grimpeurs, et où s’exerce la majorité des activités de gestion du parc.
  • C’est également une voie de passage encore utilisée par les Inuits qui se déplacent d’une collectivité à l’autre.
  • On trouve dans le col les infrastructures qui augmentent la sécurité et le confort des visiteurs. Il existe à l’heure actuelle, dans le col ou à proximité, huit abris d’urgence et toilettes extérieures, deux barils de sauvetage, trois chalets de patrouille et quatre relais radioélectriques.
  • La partie sud du col, entre les chalets du mont Overlord et du lac Windy, est utilisée pour les activités diurnes, y compris les randonnées pédestres et les voyages en motoneige vers le cercle polaire arctique.
  • En hiver et au printemps, les résidants de Pangnirtung aiment visiter cette partie du parc en motoneige. Le fjord North Pangnirtung est essentiel pour la collectivité de Qikiqtarjuaq qui participe aux activités culturelles et aux récoltes de même que pour le tourisme. Il offre aux visiteurs la possibilité d’y exercer des activités diurnes, y compris les circuits guidés en bateau et en motoneige.
  • Le col offre la possibilité de prolonger la saison du tourisme hivernal et printanier, surtout pour les circuits guidés en motoneige ou en traîneau à chiens.

Objectif 1 :

Accroître la disponibilité des produits et des programmes destinés aux visiteurs du col Akshayuk.

  1. Promouvoir des activités diurnes, y compris les circuits guidés en motoneige.
  2. Évaluer la faisabilité de randonnées pédestres d’une journée le long du col Akshayuk.

Objectif 2 :

Préserver et rétablir l’intégrité écologique, protéger les ressources culturelles et respecter la culture inuite et les activités de récolte par les Inuits.

  1. Déterminer et communiquer les options visant à limiter les conséquences des randonnées sur l’érosion des sentiers.
  2. Ajouter de l’information dans les séances d’orientation à l’intention des visiteurs ainsi que dans les produits et programmes éducatifs concernant les écosystèmes du parc, l’intégrité écologique et l’importance des ressources culturelles dans le col Akshayuk et dans le fjord North Pangnirtung.
  3. Donner de l’information aux lignes aériennes et aux exploitants et propriétaires d’aéronefs sur le parc national Auyuittuq, y compris dans les aéroports de Pangnirtung et de Qikiqtarjuaq.

Figure 8 : Mesures de sécurité relatives aux ours polaires

Parcs Canada donne de l’information aux visiteurs du parc national Auyuittuq, y compris aux visiteurs éventuels, sur les risques de rencontrer des ours polaires et les moyens d’atténuer les problèmes associés à de telles rencontres. Parcs Canada encourage également les visiteurs à engager des pourvoyeurs locaux pour voyager dans certaines parties du parc ou aux moments de l’année qui comportent le plus grand risque de rencontrer des ours polaires.

Vu la nécessité d’offrir aux visiteurs des activités leur permettant de profiter du parc en toute sécurité tout en assurant le développement du tourisme dans les collectivités adjacentes du parc, les Inuits et le gouvernement du Canada ont convenu de ce qui suit : « Quand un Inuk servira de guide en vertu d’un permis d’exploitation des commerces dans les parcs ou transportera un ou plusieurs chasseurs sportifs et leur matériel à travers le parc pour se rendre à une destination hors du parc, comme il est prévu à l’article 8.1.17, il pourra transporter et décharger les armes à feu pour sa protection personnelle ou celle de son client ou de ses clients. ». (Article 8.1.19 de l’Entente sur les répercussions et les avantages pour les Inuits des parcs nationaux Auyuittuq, Quttinirpaaq et Sirmilik. Parcs Canada modifie actuellement sa réglementation afin de tenir compte de cet engagement et d’accroître ainsi les activités offertes aux visiteurs.

Secteur 2 :

La zone s’étendant du fjord Coronation jusqu’au début du fjord Narpaing

Cette partie du parc est accessible à partir de Qikiqtarjuaq, par bateau en été et en motoneige l’hiver et au printemps. C’est une région complexe utilisée par les visiteurs et la collectivité de Qikiqtarjuaq :

  • Les fjords Maktak et Coronation sont utilisés par les visiteurs et les résidants de Qikiqtarjuaq à des fins récréatives (motoneige, traîneau à chiens) et par les Inuits durant l’automne à des fins de récolte des ressources (cueillette de baies sauvages sur la rive nord du fjord Maktak et chasse au narval dans les fjords Maktak et Coronation).
  • La rive nord du fjord Maktak comporte une forte concentration de sites archéologiques et de ressources culturelles.
  • Qikiqtarjuaq organise parfois des activités d’orientation à l’intention des enseignants sur la rive nord du fjord Maktak à l’automne.
  • Il existe peu d’installations dans ce secteur, outre un abri d’urgence et des toilettes extérieures à l’extrémité du fjord North Pangnirtung et un relais radioélectrique près des fjords Maktak et North Pangnirtung (à l’extérieur des limites du parc);
  • Un camp éloigné est situé sur la rive nord du fjord Maktak.
  • L’augmentation de l’offre de randonnées guidées à pied ou à ski entre les fjords Narpaing et Maktak suscite un certain intérêt à Qikiqtarjuaq.
  • Les fjords Narpaing et Quajon se situent à l’extérieur des limites du parc, mais ils donnent accès au parc et ils sont essentiels pour les activités culturelles et les récoltes de la collectivité de Qikiqtarjuaq.

Objectif 1 :

Accroître la disponibilité des produits et des programmes destinés aux visiteurs du col Akshayuk.

  1. Promouvoir des activités diurnes dans les fjords Maktak et Coronation, y compris les circuits guidés en motoneige.
  2. Déterminer, en collaboration avec la collectivité de Qikiqtarjuaq et l’industrie du tourisme, s’il serait avantageux de faire la promotion d’un nouveau circuit de randonnée à pied ou à ski comme activité guidée entre les fjords Narpaing et Maktak.

Objectif 2 :

Préserver et rétablir l’intégrité écologique, protéger les ressources culturelles et respecter la culture inuite et les activités de récolte par les Inuits.

  1. Ajouter de l’information dans les séances d’orientation à l’intention des visiteurs ainsi que dans les produits et programmes éducatifs concernant les écosystèmes du parc, l’intégrité écologique et l’importance des ressources culturelles dans les fjords Maktak et Coronation et dans le secteur qui les séparent des fjords Narpaing et Quajon.
  2. Informer les visiteurs, les utilisateurs ainsi que les collectivités de Pangnirtung et de Qikiqtarjuaq du plan de zonage et des périodes de fermeture des fjords Maktak et Coronation, comme l’exige l’Entente sur les répercussions et les avantages pour les Inuits des parcs nationaux Auyuittuq, Quttinirpaaq et Sirmilik, en raison de leur importance pour les Inuits pour la cueillette des baies sauvages et la chasse au narval.

Secteur 3 :

Le secteur s’étendant de la baie Okoa jusqu’au fjord Confederation.

Cette partie du parc est celle qui est située le plus au nord entre la baie Okoa et le fjord Confederation, y compris le fjord Nedlukseak. Il s’agit d’un secteur essentiel pour la collectivité de Qikiqtarjuaq qui pourrait offrir aux visiteurs des possibilités supplémentaires, ce qui serait avantageux pour la collectivité :

  • Les Inuits de Qikiqtarjuaq s’adonnent à diverses activités culturelles ou à l’utilisation des ressources dans tous ces fjords.
  • On organise parfois un tournoi de pêche sur un lac situé à l’est du fjord Nedlukseak.
  • Certains membres de la collectivité de Qikiqtarjuaq ont exprimé le souhait de faire de la pêche commerciale dans les lacs de ce secteur.
  • À Qikiqtarjuaq, on s’est dit préoccupé par le fait que la parcelle de terres inuites se trouvant au sud-est du fjord Confederation est peut-être mal située.
  • La croissance de la disponibilité des produits offerts aux visiteurs dans cette partie nord du parc suscite un certain intérêt dans la collectivité de Qikiqtarjuaq qui pourrait en tirer profit.
  • Les membres de la collectivité de Qikiqtarjuaq ont affirmé qu’il pouvait être dangereux de circuler par bateau dans cette partie du parc.

Objectif 1 :

Accroître la disponibilité des produits et des programmes destinés aux visiteurs du col Akshayuk

  1. Déterminer, en collaboration avec la collectivité de Qikiqtarjuaq et l’industrie du tourisme, s’il serait avantageux d’offrir des activités additionnelles aux visiteurs dans la partie nord du parc et si certaines parties de ce secteur pourraient être désignées zone III afin de faciliter, pour les visiteurs, l’accès par véhicule motorisé.
  2. Travailler de concert avec la collectivité de Qikiqtarjuaq afin de faciliter la participation (accès en motoneige et délivrance de permis de pêche) des résidents de Qikiqtarjuaq non bénéficiaires au tournoi de pêche, un événement communautaire qui réunit surtout des Inuits.

Objectif 2 :

Préserver et rétablir l’intégrité écologique, protéger les ressources culturelles et respecter la culture inuite et les activités de récolte.

  1. Ajouter de l’information dans les séances d’orientation à l’intention des visiteurs ainsi que dans les produits et programmes éducatifs concernant les écosystèmes du parc, l’intégrité écologique et l’importance des ressources culturelles dans les parties nord du parc et, plus particulièrement, prés de l’embouchure du fjord Nedlukseak.
  2. Tenir compte du maintien de l’intégrité écologique, de la protection des ressources culturelles et des besoins et attentes des Inuits en ce qui concerne l’établissement d’un zonage approprié dans cette partie du parc.

7.0 Partenariat et engagement public

Pour la bonne gestion du parc national Auyuittuq, il est nécessaire d’obtenir la collaboration et la participation efficaces des Inuits et du gouvernement. Les partenariats et la participation des Canadiens ont une égale importance pour réaliser la vision du parc.

Parcs Canada et le Comité mixte de gestion du parc s’efforceront d’établir des communications ouvertes, actives et régulières avec les membres des collectivités locales, les résidants du Nunavut et les Canadiens. La participation des Inuits dans la gestion du parc national Auyuittuq continuera d’être une priorité élevée. Les partenariats dans la gestion du tourisme, de la recherche et des ressources culturelles seront améliorés pendant la durée du plan directeur.

7.1 Gestion participative

Le parc national Auyuittuq fait l’objet d’une gestion conjointe exercée par les Inuits et Parcs Canada. On travaille actuellement à établir des relations efficaces entre le Comité mixte de gestion du parc et Parcs Canada, ce qui contribuera à assurer un avenir solide au parc. La participation effective du Comité est essentielle à la réussite des programmes de Parcs Canada à l’échelle locale, régionale et nationale. L’introduction du présent plan directeur contient des détails supplémentaires sur le processus de gestion participative du parc.

L'Entente sur les répercussions et les avantages pour les Inuits des parcs nationaux Auyuittuq, Quttinirpaaq et Sirmilik exige une évaluation de la mise en oeuvre de cette entente tous les sept ansFootnote 31. Au moment de la rédaction du présent plan directeur, la première évaluation indépendante de l’Entente sur les répercussions et les avantages pour les Inuits des parcs nationaux Auyuittuq, Quttinirpaaq et Sirmilik était en cours.

7.2 Partenariat

La réussite des programmes de Parcs Canada concernant le parc national Auyuittuq et le Nunavut repose sur les partenariats entre diverses organisations régionales et nationales :

  • La collaboration avec l’industrie touristique et le gouvernement du Nunavut est essentielle pour promouvoir le parc comme destination touristique patrimoniale et pour contribuer au développement économique des collectivités adjacentes de Pangnirtung et de Qikiqtarjuaq. La première stratégie clé identifiée dans le présent plan concerne les projets touristiques conjoints qui seront mis en oeuvre de manière prioritaire.
  • Le partenariat avec les universités et les ministères est essentiel pour le développement continu de programmes de recherche et de surveillance dans le parc national Auyuittuq. Les universités procurent à Parcs Canada l’expertise technique et l’expertise-conseil sur les ressources écologiques et culturelles du parc qui n’est pas disponible ailleurs. La seconde stratégie clé concerne les projets d’inventaire, de recherche et de surveillance qui seront mis en oeuvre de manière prioritaire et qui, pour la plupart, nécessitent la création de partenariats.
  • La collaboration avec les organisations de chasseurs et de trappeurs de Pangnirtung et de Qikiqtarjuaq ainsi qu’avec le Conseil de gestion des ressources fauniques du Nunavut est également un élément important de la planification et de la gestion du parc. L’Accord sur les revendications territoriales du Nunavut et l’Entente sur les répercussions et les avantages pour les Inuits comprennent plus d’information sur les rôles que jouent les organisations de chasseurs et de trappeurs et le Conseil de gestion des ressources fauniques du Nunavut.
  • Les partenariats avec les écoles, le ministère de l’Éducation du gouvernement du Nunavut ainsi qu’avec d’autres agents d’éducation du Canada sont indispensables pour la prestation des programmes éducatifs sur le parc, y compris ceux qui sont reliés aux programmes d’étude. La deuxième stratégie clé de ce plan concerne l’importance d’élaborer des produits et des programmes éducatifs destinés aux jeunes et aux agents d’éducation.

7.3 Participation du public

Diverses formes de consultation publique ont été entreprises dans le cadre du programme de planification de la gestion et ont servi à recueillir les observations sur une ébauche du plan directeur. Le Comité mixte de gestion du parc a fourni des lignes directrices relativement aux consultations sur l’ébauche du plan directeur, comme l’exige l’Entente sur les répercussions et les avantages pour les Inuits des parcs nationaux Auyuittuq, Quttinirpaaq et Sirmilik.

Outre les consultations publiques concernant le présent plan directeur, il se tiendra possiblement des consultations à l’avenir concernant certaines activités ou décisions liées à la gestion du parc. Par exemple, l’Entente sur les répercussions et les avantages pour les Inuits des parcs nationaux Auyuittuq, Quttinirpaaq et Sirmilik comporte les exigences suivantes en matière de consultation :

  • Des consultations avec les comités des terres et ressources communautairesFootnote 32 sur la façon de tenir compte des préoccupations des Inuits au sujet de la protection ou de la gestion d’un site à caractère religieux ou culturelFootnote 33 ainsi que sur le programme de sécurité pour les visiteurs du parcFootnote 34.
  • Des consultations par les chercheurs auprès des collectivités avant la délivrance d’un permis de recherche ou l’obtention d’une autre approbation d’un ministère ou organisme du gouvernement fédéralFootnote 35.
  • Des directives du Comité mixte de gestion du parc concernent les groupes d’Inuits sur le plan local et régional qui devraient être consultés sur les connaissances, l’expérience et la pratique inuites, comme éléments de l’information ou de la documentationFootnote 36.
  • Les directives du Comité mixte de gestion du parc sur la consultation des membres et des groupes de chaque collectivité adjacente, y compris les organisations de chasseurs et de trappeurs et les aînés, au sujet de l’élaboration de toute information qui sera utilisée dans les affiches ou expositions concernant le parcFootnote 37.

De plus, l’évaluation des activités récréatives nécessite la participation des principaux partenaires et groupes d’utilisateurs, comme l’indique le Bulletin de gestion – Évaluation des activités récréatives et des événements spéciaux de Parcs Canada.

8.0 Zonage

Le système de zonage des parcs nationaux classe les aires en fonction de leur besoin de protection et tient en compte leur capacité de soutenir les activités des visiteurs. Le système de zonage sert également à orienter la prise de décision en matière de gestion, y compris en ce qui concerne la délivrance des permis de commerce et des autorisations d’effectuer des activités de recherche. Les cinq catégories de zonage sont décrites dans les Principes directeurs et politiques de gestion de Parcs Canada. Le parc national Auyuittuq compte seulement des zones des catégories I, II et III.

L’Accord sur les revendications territoriales du Nunavut exige que les parcs nationaux de la région du Nunavut soient constitués de façon prédominante de terres de catégorie Zone I et Zone II. Le système de zonage n’empêche pas l’exercice d’activités de récolte et de subsistance par les Inuits, conformément à l’Accord sur les revendications territoriales du Nunavut. Les tableaux 2, 3 et 4 définissent le plan de zonage pour le parc.


« Pour les Inuits, la notion de zonage est difficile à concevoir. Les cartes sont utiles. Je suis contente que les parcs existent, sinon il y aurait beaucoup de développement. Un grand nombre de personnes sont en faveur des parcs; nous pouvons y admirer la beauté des paysages. Le printemps est notre période de loisirs. Nous nous rendons là où vivent les animaux, nous allons à la pêche. Les camps d’été sont toujours construits dans de superbes endroits ensoleillés. Nous y pensons avec nostalgie, et les Qallunaat [les non-Inuits] veulent la même chose que nous — se rendre dans des endroits où ils ne seront pas dérangés. Il importe pour tout le monde de consacrer du temps aux loisirs; il existe des endroits où personne ne vous dérange. C’est important pour les êtres humains d’avoir des loisirs; c’est pourquoi nous allons camper. C’est merveilleux de se retrouver dans un endroit où les véhicules automobiles sont absents. J’ai toujours comparé les deux : les Inuits sur leurs terres et les Qallunaat en camping et en randonnée. C’est tout ce que les uns et les autres veulent, se détendre et ne pas être importunés dans le magnifique décor du col Akshayuk. »
Sila Kisa
Membre du Comité mixte de gestion du parc et de l’Equipe de planification du parc Auyuittuq
juillet 2008, Qikiqtarjuaq

Voici les principaux points saillants du plan de zonage du parc :

  • Les circuits guidés en motoneige ou en bateau sont offerts dans les aires de la zone III définies ci-dessous. Les guides améliorent l’expérience du visiteur, insistent sur la sécurité des visiteurs et profitent à l’industrie locale du tourisme.
  • Deux sites archéologiques importants sont classés Zone I afin de garantir leur protection par l’éducation et la surveillance.
  • Le présent plan directeur ne comporte aucune information concernant le zonage des fjords situés au nord du parc et des terres adjacentes parce qu’un complément d’information est nécessaire pour prendre une décision éclairée quant au zonage approprié de cette partie du parc. Des études et des consultations supplémentaires sont nécessaires pour déterminer les besoins et les attentes de la collectivité de Qikiqtarjuaq, avoir une meilleure idée des activités pouvant être offertes aux visiteurs, garantir le respect des droits des Inuits en matière de récolte et protéger l’intégrité écologique et les ressources culturelles de la région. Ces études et ces consultations supplémentaires serviront également à examiner la possibilité d’inclure dans cette partie du parc des aires de Zone III afin de permettre l’accès aux visiteurs par véhicules motorisés.
  • Une exception est faite pour les résidents de longue date des collectivités de Pangnirtung et Qikiqtarjuaq que l’Accord sur les revendications territoriales du Nunavut ne concerne pas (non bénéficiaires), qui seront autorisés à circuler à motoneige dans la Zone III du parc et dans les fjords Nedlukseak et Confederation. Cette exception vise à faciliter la participation des résidents de longue date non bénéficiaires des deux collectivités aux activités sociales et culturelles de ces collectivités, y compris aux tournois de pêche. Ces résidents devront obtenir un permis délivré par Parcs Canada pour être autorisés à circuler dans le parc en motoneige et devront se plier aux exigences relatives au processus d’orientation et d’inscription au parc comme les autres visiteurs. Le personnel du parc assurera le suivi de ce processus et Parcs Canada pourrait devoir émettre d’autres directives en collaboration avec le Comité mixte de gestion du parc et en consultation avec les collectivités.
  • Parcs Canada continuera de collaborer avec le ministère de la Défense nationale concernant la gestion de l’accès et de l’utilisation du parc par le ministère de la Défense nationale, les Forces canadiennes et les Rangers canadiens afin d’atteindre les objectifs communs, tout en respectant l’Accord sur les revendications territoriales du Nunavut, l’Entente sur les répercussions et les avantages pour les Inuits des parcs nationaux Auyuittuq, Quttinirpaaq et Sirmilik et la Loi sur les parcs nationaux du Canada.
  • Des activités de visite du parc à l’intention des touristes de croisière sont offertes au centre des visiteurs à Pangnirtung et au bureau d’administration du parc à Qikiqtarjuaq, dans le col Akshayuk et par l’entremise des pourvoyeurs des collectivités de Pangnirtung et de Qikiqtarjuaq. Lorsque le présent plan directeur sera examiné, il sera peut-être nécessaire de considérer la possibilité d’accorder aux bateaux de croisière l’accès à certains fjords du parc.
  • Des renseignements supplémentaires sur les écosystèmes, les ressources culturelles du parc et les possibilités d’expérience du visiteur pourraient nécessiter des modifications au zonage du parc à la suite de l’examen du présent plan directeur.

Les services offerts dans le parc national Auyuittuq sont décrits dans la section du plan directeur sur la gestion spécifique à un secteur.

8.1 Zone I: Préservation spéciale (0,10 % du parc)

Définition
Les terres de la zone I méritent une protection spéciale parce qu’elles contiennent ou soutiennent des caractéristiques naturelles ou culturelles uniques, menacées ou en voie de disparition, ou encore parce qu’elles figurent parmi les meilleurs exemples d’une région naturelle que le parc peut offrir. L’accès en véhicule automobile est interdit, sauf un accès rigoureusement contrôlé aux fins d’activités de recherche et de fonctionnement autorisées par Parcs Canada.

Deux aires constituent la zone I :

  • La rive sud-est du fjord Nedlukseak, à l’extrémité des terres qui font face à l’île Nedlukseak. Ce site est vaste et il est demeuré intact.
  • La rive nord du fjord Maktak. Ce site a été occupé à trois reprises (par les Tuniit/Dorsétiens récents, les Thuléens et les Inuits modernes).

8.2 Zone II : Milieu sauvage (76,47 % du parc)

Définition
La zone II comprend de vastes aires qui représentent bien une région naturelle et qui sont conservées à l’état sauvage. Il faut préserver les écosystèmes en évitant d’intervenir. Dans la zone II, les visiteurs peuvent découvrir les écosystèmes du parc. Les aires de cette zone nécessitent peu de services et d’installations. Dans presque toute la zone II, les visiteurs peuvent faire l’expérience de la solitude et de l’éloignement. L’accès par véhicule automobile y est interdit, sauf un accès rigoureusement contrôlé aux fins d’activités de recherche et de fonctionnement autorisées par Parcs Canada.

La Zone II du parc comprend toutes les aires du parc qui ne font pas partie des Zones I ou III ou qui ne font pas partie d’aires pour lesquelles une zone n’a pas encore été définie.

8.3 Zone III : Milieu naturel (3,03 % du parc)

Définition
Dans la zone III, les visiteurs peuvent découvrir le patrimoine naturel et culturel du parc au moyen d’activités récréatives nécessitant peu de services et quelques installations rudimentaires. Seul un accès contrôlé des véhicules automobiles sera autorisé.

Trois aires constituent la zone III :

  • Le col Akshyayuk, pour une expérience du visiteur guidée en motoneige.
  • Le fjord North Pangnirtung, pour une expérience du visiteur guidée en bateau ou en motoneige.
  • Les fjords Coronation et Maktak (qui sont aussi des régions ayant une importance particulière pour les Inuits), pour les visites guidées en bateau ou en motoneige, sauf lorsqu’on en interdit l’accès aux visiteurs et aux chercheurs en raison de leur importance particulière pour les Inuits tel qu’il est décrit ci-dessous.

8.4 Régions ayant une importance particulière pour les Inuits

On a déterminé deux régions d’importance particulière pour les Inuits :

  1. Cueillette de baie sauvages : La rive nord du fjord Maktak, à partir de la limite du parc jusqu’au début du fjord, a été identifiée comme une région ayant une importance particulière pour les Inuits en raison de la cueillette des baies sauvages. L’accès des visiteurs et des chercheurs y sera restreint durant la cueillette de baies à l’automne. Chaque automne, Parcs Canada collaborera avec l’Organisation des chasseurs et trappeurs Nattivak afin d’être mis au courant des périodes prévues pour la cueillette de baies et faciliter l’accès du parc pour les activités d’orientation à l’intention des enseignants de Qikiqtarjuaq, qui ont parfois lieu à cet endroit.
  2. Chasse au narval : L’ensemble des fjords Maktak et Coronation a été désigné comme région ayant une importance particulière pour les Inuits en raison de la chasse au narval. L’accès des visiteurs et des chercheurs à cette région sera interdit chaque année à partir du moment où les narvals sont observés pour la première fois dans le fjord jusqu’à la prise de la glace, à moins d’autorisation contraire, et conformément aux politiques et règlements de Parcs Canada et à l’Entente sur les répercussions et les avantages pour les Inuits des parcs nationaux Auyuittuq, Quttinirpaaq et Sirmilik. Chaque automne, Parcs Canada collaborera avec l’Organisation des chasseurs et trappeurs Nattivak afin d’être mis au courant des premières observations de narvals dans les fjords.

Figure 9 : Zonage du parc national Auyuittuq

Figure 9 : Zonage du parc national Auyuittuq 

Figure 10 : Régions ayant une importance particulière pour les Inuits

Figure 10 : Régions ayant une importance particulière pour les Inuits 

9.0 Constitution de réserves intégrales

Toute aire d’un parc qui existe dans un état naturel ou qui est en mesure de retourner à un état naturel peut devenir une réserve intégrale. Sont ainsi constituées en réserves intégrales des zones où le public saura assurément qu’aucun développement et aucune gestion ne respectant pas le caractère sauvage n’auront lieu. L’article 14 de la Loi sur les parcs nationaux du Canada (2000) permet la constitution par règlement de réserves intégrales à l’intérieur d’un parc national. Le Ministre doit recommander la constitution d’une réserve intégrale dans l’année suivant le dépôt du plan si le plan y recommande une réserve intégrale.

Pour établir ou changer les limites d’une réserve intégrale, il faut entreprendre un processus de réglementation officiel. Pour les activités autorisées en vertu du paragraphe 14(3) de la Loi, le Ministre détient le pouvoir d’imposer les conditions nécessaires à l’intégrité de la réserve intégrale. Ces activités peuvent être autorisées par le plan directeur du parc, les ententes ou les permis d’utilisation du parc. Le directeur de l’unité de gestion peut ensuite imposer certaines conditions relatives aux permis d’utilisation du parc en conformité avec le paragraphe 14(3) de la Loi.

En général, les limites des réserves intégrales désignées correspondent à celles de la zone II – milieu sauvage. De plus, les aires de la zone I – préservation spéciale qui sont intégrées ou adjacentes à des aires de la zone II, ou qui sont suffisamment vastes pour être considérées de façon distincte pourront faire partie des réserves intégrales désignées.

Les limites des réserves intégrales désignées et les activités qui y sont permises sont déterminées en collaboration avec le public durant la préparation ou l’examen d’un plan directeur. La réglementation sur la constitution de réserves intégrales dans les parcs nationaux n’interdit pas les activités de subsistance et de récolte exercées par les Inuits conformément à l’Accord sur les revendications territoriales du Nunavut.

L’équipe de planification du parc, le Comité mixte de gestion du parc et Parcs Canada ont discuté de la possibilité de constituer une réserve intégrale dans le parc national Auyuittuq et ont consulté le public à ce sujet. À la lumière de ces discussions et de ces consultations, il a été décidé que le présent plan directeur ne recommanderait aucune réserve intégrale. Au prochain examen du présent plan directeur, on pourrait réexaminer la possibilité de recommander ultérieurement une réserve intégrale dans le parc.

10.0 Administration et fonctionnement

Les visiteurs du parc national Auyuittuq sont accueillis dans deux collectivités: Pangnirtung et Qikiqtarjuaq. Deux bâtiments situés respectivement dans les villages voisins de Pangnirtung et de Qikiqtarjuaq abritent les bureaux d’administration du parc et les centres d’accueil des visiteurs. En été, des activités de fonctionnement sont réalisées à Qikiqtarjuaq, dans un bureau plus petit et plus modeste. De plus, il y a un garage dans chacune des collectivités.

En nombre limité, les installations du parc sont concentrées dans le col Akshayuk, le corridor principal utilisé par les visiteurs. Les services offerts sont décrits à la section du plan directeur portant sur la gestion spécifique à un secteur.

L’Unité de gestion du Nunavut met à jour et en oeuvre le plan d’action de la gestion environnementale pour réduire les effets des activités de fonctionnement sur l’environnement. Les questions traitées dans le plan d’action concernent les réservoirs de stockage de pétrole, les sites contaminés, la gestion des déchets solides, la gestion des eaux usées, l’économie d’énergie et l’approvisionnement écologique.

Au moment de la rédaction du présent plan, le parc comptait huit employés, dont cinq travaillent toute l’année et trois sont des patrouilleurs saisonniers. Deux ou trois postes additionnels de spécialistes de la gestion des ressources et de la sécurité publique ou de patrouilleurs sont habituellement pourvus durant la saison estivale. Des postes sont habituellement offerts aux étudiants aux bureaux de Pangnirtung et de Qikiqtarjuaq pour aider l’agent des communications durant la période de pointe.

L’administration et le fonctionnement du parc national Auyuittuq demeureront probablement modestes en raison du nombre de visiteurs. Toutefois, de récents développements amèneront probablement des changements dans la façon dont le parc a été géré au cours des dix dernières années :

  • Le pont suspendu utilisé pour traverser la principale rivière du col Akshayuk s’est effondré à la suite des pluies torrentielles et du temps inhabituellement doux de 2008. Parcs Canada et le Comité mixte de gestion du parc examineront les options possibles pour répondre à ce changement.
  • La plus récente évaluation des risques en matière de sécurité publique a soulevé des problèmes liés aux passages des cours d’eau, aux ours polaires, aux conditions météorologiques et à l’escalade, et recommandait d’envisager le déplacement de certaines installations vers des endroits plus sécuritaires ainsi que la construction d’un chalet pour le personnel du parc à l’entrée du parc au fjord North Pangnirtung.
  • Il est nécessaire d’améliorer les installations de Parcs Canada à Qikiqtarjuaq, afin de recevoir les visiteurs dans un endroit plus accueillant et d’en faire bénéficier la collectivité de Qikiqtarjuaq.
  • En vue d’améliorer les occasions en matière de relations externes et d’expérience du visiteur, l’Unité de gestion du Nunavut a créé de nouveaux postes. Grâce à ces postes, elle compte être davantage en mesure d’élaborer et d’offrir des produits et des programmes éducatifs et récréatifs.

Il pourrait être utile, dans le cadre de changements importants dans l’administration et le fonctionnement du parc, particulièrement en ce qui a trait aux infrastructures, d’avoir recours à des consultations publiques et possiblement à une étude d’impact sur l’environnement; on devrait également considérer ces changements lorsque le présent plan directeur sera examiné.

11.0 Surveillance

La planification de gestion dans les parcs, les lieux ou les aires marines de conservation met en oeuvre l’orientation donnée dans le Plan d’entreprise concernant toutes les activités de programme et utilise les stratégies clés pour obtenir les résultats souhaités. Les plans directeurs sont des documents de reddition de comptes importants et ils informent le public de la façon dont Parcs Canada exécute son mandat. Cette structure de rapport accorde beaucoup d’importance à l’accent sur les résultats.

Le cycle de la planification de gestion intègre la surveillance et l’évaluation des progrès quant à l’atteinte des objectifs et prévoit des mesures adaptatives au besoin. Le rendement relatif à l’atteinte des cibles qui accompagnent les objectifs est évalué dans le rapport sur l’état d’un parc national, d’un lieu historique national ou d’une aire marine nationale de conservation. Cette évaluation constitue le fondement de l’examen quinquennal du plan directeur et permet de déterminer les enjeux clés et les priorités stratégiques du prochain cycle de planification de gestion.

La surveillance couvre deux aspects : l’efficacité et les conditions.

  • La surveillance des conditions vise à répondre à la question suivante : « Quel l’état de l’aire patrimoniale protégée? ». Cette surveillance prend la forme d’un processus permanent de collecte et d’analyse rigoureuses et cohérentes des données sur un ensemble d’indicateurs de surveillance soigneusement choisis, de comparaison des résultats avec les cibles de gestion préétablies, et de présentation de rapports.
  • L’efficacité des mesures de gestion a trait à ce que nous avons fait et détermine si les mesures prises ont donné les résultats voulus. Le rendement dans l’atteinte des résultats souhaités figure dans le rapport annuel sur la mise en oeuvre, de même que dans le rapport sur l’état de l’aire patrimoniale.

Le programme de surveillance du parc national Auyuittuq sera mis sur pied et amélioré dans le cadre du présent plan directeur. Il respectera l’orientation du Plan d’entreprise de Parcs Canada et traitera de l’intégrité écologique, des ressources culturelles, de l’expérience du visiteur ainsi que de l’appréciation et de la compréhension du public. Le programme fera appel à la science et aux connaissances inuites.

11.1 Intégrité écologique

Le Programme de surveillance de l’intégrité écologique du parc suit les procédures et les directives décrites dans le Guide de Parcs Canada intitulé « Surveillance et rapports relatives à l’intégrité écologique dans les parcs nationaux du CanadaFootnote 38 ». Les concepts fondamentaux du programme de surveillance s’appuient sur des indicateurs, des mesures et des seuils en matière d’écologie. Ces concepts sont définis ci-dessous :

  • Les indicateurs représentent les caractéristiques importantes du parc en matière de végétation et de topographie, et l’on surveille leur état en fonction du temps de manière à détecter toute amélioration ou détérioration de l’intégrité écologique.
  • Les mesures sont les éléments particuliers du milieu écologique (espèces, communautés, processus) qui sont évalués pour chaque indicateur afin de fournir les renseignements permettant d’en déterminer l’état global.
  • Les seuils sont les valeurs établies pour un indicateur ou une mesure qui représentent les niveaux élevé, moyen et faible de l’intégrité écologique. Idéalement, les seuils sont fondés sur les réalités écologiques. Cependant, en raison du caractère incertain de ces dernières, on utilise, s’il convient de le faire, des seuils provisoires qui représentent des changements statistiques dans les mesures par rapport aux conditions antérieures.

Parcs Canada a élaboré, en 2008, un plan de surveillanceFootnote 39 pour le parc. Les indicateurs représentant les principaux écosystèmes du parc ont été définis et un ensemble de mesures initiales ont été identifiées pour chacun des indicateurs (voir le tableau 1). On s’attend à avoir un ensemble complet de mesures d’ici 2013 avec les conseils du Comité mixte de gestion du parc.

Parcs Canada effectue aussi la surveillance de l’efficacité de gestion pour l’intégrité écologique afin d’évaluer les effets de l’être humain sur l’écologie du parc et les mesures de gestion prescrites s’y rattachant. Jusqu’à présent, il a été établi que trois projets de surveillance de l’efficacité de gestion pourraient être lancés : les tendances relatives à l’utilisation du col Akshayuk par les visiteurs, les effets de la circulation des randonneurs sur l’intégrité écologique du col, et l’évaluation de la circulation des navires de croisière. Les rapports et la gestion adaptative sont prévus d’ici 2013.

11.2 État des ressources culturelles

Le programme de surveillance du parc à l’égard des ressources culturelles n’en est qu’à ses débuts, et il se penchera sur les principaux sites de ressources culturelles. Il sera guidé par la Politique sur la gestion des ressources culturelles de Parcs Canada, les orientations du plan d’entreprise de Parcs Canada et le Comité mixte de gestion du parc.

Tableau 1 : Programme de surveillance de l’intégrité écologique
Indicateur Mesures actuelles
Glacier/glace pérenne Bilan de masse du glacierFootnote 40
Pollution de la neige et de la glace
Toundra Productivité primaireFootnote 41
Profondeur du pergélisol et de la couche activeFootnote 42 Depth
Peuplement végétal
Écosystèmes marins/côtiers Zone maritime englacée — télédétection
Épaisseur de la glace de mer — surveillance par les collectivités
Phénologie de la glace de merFootnote 43 — connaissances inuites
Transformations côtières (ParkSpace)Footnote 44
Eau douce Qualité/variabilité de l’eau
Superficie de l’eau douce (ParkSpace)
Phénologie de la glace des lacs (ParkSpace)
Tableau 2 : Programme de surveillance de la satisfaction des visiteurs
Indicateur portant sur l’expérience du visiteur Mesure
Attrait personnel Les visiteurs considèrent que l’endroit a un sens particulier pour eux
Les visiteurs sont satisfaits
Publicité Nombre de visites
Endroit qui vaut le détour
Interprétation Les visiteurs ont retiré quelque chose de l’expérience et d’une participation active
Activités et services Les visiteurs ont apprécié leur visite
Les visiteurs sont satisfaits de la disponibilité et de la qualité des activités et des services

11.3 Expériences des visiteurs

Le programme de surveillance de la satisfaction des visiteurs du parc a été lancé en 2003 et repose sur les sondages menés auprès de ces visiteurs. Tous les visiteurs remplissent un formulaire d’inscription et suivent une orientation avant leur visite du parc. Le formulaire d’inscription comprend un questionnaire prédépart. La plupart des visiteurs remplissent également, s’ils le désirent, un questionnaire à la fin de leur visite.

Le questionnaire prédépart et les sondages menés auprès des visiteurs fournissent des données démographiques importantes concernant les visiteurs, des renseignements sur la durée de leur séjour, les autres destinations qu’ils envisagent de visiter, des détails sur leurs attentes et leur expérience dans le parc et toute suggestion qu’ils pourraient formuler pour rendre l’expérience des futurs visiteurs plus mémorable ou pour améliorer les services ou le questionnaire.

Les questionnaires ont été modifiés à la suite d’une étude concernant l’expérience du visiteur menée dans le parc national Auyuittuq en 2004 et 2005 par Parcs Canada, l’université du Montana et l’Aldo Leopold Wilderness Research Institute. Ils sont actuellement mis à jour pour tenir compte des tendances de l’heure en matière d’expérience du visiteur et des résultats des sondages précédents et pour y intégrer les indicateurs nationaux portant sur l’expérience du visiteur.

Les indicateurs portant sur l’expérience du visiteur que Parcs Canada utilise sont avec tableau 2.

11.4 Programmes de diffusion externe à l’intention du public

L’orientation émergente de surveillance des programmes de sensibilisation exige la mesure de quatre indicateurs : connaissance, compréhension, appréciation et apprentissage. Le programme de surveillance devra déterminer comment mesurer ces indicateurs ainsi qu’établir les cibles.

Le programme de surveillance des programmes de sensibilisation sera élaboré durant la mise en oeuvre du présent plan directeur et respectera les orientations du plan d’entreprise de Parcs Canada. Les programmes visant les participants des collectivités adjacentes de Pangnirtung et de Qikiqtarjuaq continueront à être évalués par le biais de discussions informelles auprès des membres de la collectivité.

11.5 État de participation des intervenants

Les partenaires, tout particulièrement le secteur du tourisme, les éducateurs et le milieu de la recherche sont très importants pour la gestion du parc national Auyuittuq et la mise en oeuvre des programmes axés sur l’expérience du visiteur, la sensibilisation du public et la protection de l’intégrité écologique et des ressources culturelles. On peut obtenir plus de renseignements sur l’importance de la participation des intervenants, plus haut dans le présent plan directeur, à la section sur le partenariat et la participation du public.

Un programme de surveillance de la participation des intervenants n’existe pas en ce moment. Ce programme de surveillance sera élaboré durant la mise en oeuvre du présent plan directeur et respectera les orientations émergentes du plan d’entreprise de Parcs Canada.

L’orientation émergente de surveillance de la participation des intervenants exige la mesure de trois indicateurs : soutien, influence et participation active. Le programme de surveillance devra déterminer comment mesurer ces indicateurs ainsi qu’établir les cibles.

11.6 Surveillance de la mise en oeuvre du présent plan directeur

Un rapport sur la mise en oeuvre du présent plan directeur sera rédigé une fois l’an et sera présenté au Comité mixte de gestion du parc et aux collectivités de Pangntirtung et de Qikiqtarjuaq. Les cibles suivantes sont utilisées dans le cadre du processus de rapport annuel :

Tableau 3 : Cibles du plan directeur
Première stratégie clé : Engager les collectivités de Pangnirtung et de Qikiqtarjuaq dans le rapprochement des visiteurs avec le territoire, les écosystèmes marins et la culture inuite
Objectifs
  • Objectifs provenant du plan directeur
Cibles
Objectif 1 : Diversifier et à améliorer l’expérience du visiteur dans le parc national Auyuittuq ainsi que dans les collectivités de Pangnirtung et de Qikiqtarjuaq. 90 p. 100 des visiteurs du parc ont aimé leur visite.
90 p. 100 des visiteurs du parc sont satisfaits de leur visite.
85 p. 100 des visiteurs du parc considèrent que l’endroit a un sens particulier pour eux.
50 p. 100 des visiteurs du parc sont très satisfaits de leur visite.
60 p. 100 des visiteurs du parc considèrent qu’ils en savent davantage à propos du patrimoine du parc.
Le nombre d’incidents signalés dans le cadre de l’évaluation des risques du parc n’a pas augmenté par rapport au nombre établi lors de l’évaluation précédente.
Objectif 2 : Améliorer les relations avec les collectivités. Le nombre de permis de commerce délivrés par le parc aux pourvoyeurs de Pangnirtung et de Qikiqtarjuaq a augmenté au cours de ce cycle de planification de la gestion.
On accorde un financement et/ou on fournit des biens et des services au cours de ce cycle de planification de la gestion afin d’appuyer la mise sur pied d’installations à l’intention des visiteurs dans la collectivité de Qikiqtarjuaq dans le cadre d’un partenariat avec l’entreprise Nunavut Tunngavik Incorporated.
Objectif 3 : Améliorer le marketing du parc et promouvoir les collectivités voisines de Pangnirtung et de Qikiqtarjuaq en établissant des partenariats avec les organisations touristiques. Accroître le nombre de visiteurs du parc de 10 p. 100 par rapport aux données de 2008-2009 au cours de ce cycle de planification de la gestion.
Seconde stratégie clé : Recueillir et diffuser les connaissances en vue de créer un sentiment d’appartenance à l’endroit
Objectifs
  • Objectifs provenant du plan directeur
Cibles
Objectif 1 : Faire appel aux connaissances inuites et à la science en matière d’inventaires, de surveillance, de programmes éducatifs et de programmes axés sur l’expérience du visiteur du parc. On fait appel aux connaissances inuites et à la science et au cours de ce cycle de planification de la gestion, conformément aux exigences de l’Entente sur les répercussions et les avantages pour les Inuits des parcs nationaux Auyuittuq, Quttinirpaaq et Sirmilik..
Objectif 2 : Favoriser le rapprochement des jeunes à l’égard de la culture et de l’histoire inuites et des fjords et des paysages glaciaires du parc. Établir une référence pour cet objectif au cours de ce cycle de planification de la gestion.
Objectif 3 : Renforcer les liens d’autres Canadiens avec la culture et l’histoire des Inuits ainsi qu’avec les fjords et le relief glaciaire du parc. Établir une référence pour cet objectif au cours de ce cycle de planification de la gestion.
Objectif 4 : Collaborer avec les collectivités de Pangnirtung et de Qikiqtarjuaq à la résolution des problèmes communs en matière de gestion. Établir une référence pour cet objectif au cours de ce cycle de planification de la gestion.
Gestion spécifique à un secteur — Secteurs 1-3
Objectifs
  • Objectifs provenant du plan directeur
Cibles
Objectif 1 : Accroître la disponibilité des produits et des programmes destinés aux visiteurs du col Akshayuk. Voir les cibles établies pour l'objectif 1 de la première stratégie clé.
Objectif 2 : Préserver et rétablir l’intégrité écologique, protéger les ressources culturelles et respecter la culture inuite et les activités de récolte par les Inuits. Établir les références supplémentaires nécessaires pour cet objectif au cours de ce cycle de planification de la gestion.

12.0 Résumé de l’évaluation environnementale stratégique

Conformément à la Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes, 2004, le « Plan directeur du parc national Auyuittuq du Canada » a fait l’objet d’une évaluation environnementale stratégique. Cette dernière a été intégrée au processus de planification de la gestion pour permettre de cerner les répercussions potentielles dès le début et d’ajouter les mesures appropriées dans le plan. Voici un résumé de la portée et de la nature des effets environnementaux possibles, notamment les effets cumulatifs, la stratégie d’atténuation ou d’élimination de ces effets mentionnée dans le plan directeur et l’importance potentielle des effets environnementaux négatifs, la surveillance et la consultation publique.

Le plan directeur a fait état de nombreux effets environnementaux positifs et des manières de les accroître. Ces effets positifs comprennent :

  • une meilleure connaissance des écosystèmes par la recherche, la surveillance et en collaborant avec d’autres organisations;
  • une collaboration continue avec les Inuits, les organismes de gestion et autres intervenants pour faciliter une gestion efficace;
  • une plus grande synergie entre les Canadiens et le parc de manière à encourager un appui pour la gestion du parc.

Les effets cumulatifs locaux se manifesteront probablement dans les trois secteurs que le plan directeur signale comme étant les plus actifs :

  1. le col Akshayuk,
  2. le secteur s’étendant du fjord Coronation jusqu’au début du fjord Narpaing,
  3. le secteur s’étendant de la baie Okoa Bay jusqu’au fjord Confederation.

Les répercussions potentielles de ces effets cumulatifs sur la végétation, l’air, l’eau, les ressources culturelles, les poissons et la faune seront évaluées ci-dessous.

Il est possible que la végétation soit endommagée aux endroits les plus fréquentés comme le col Akshayuk. Le plan directeur indique que le risque pourra être atténué par de l’information au moment des séances d’orientation destinées aux visiteurs ainsi que dans les produits et programmes éducatifs concernant les écosystèmes du parc et l’intégrité écologique, et en trouvant des solutions pour limiter l’érosion des sentiers. On ne prévoit pas que les dommages causés à la végétation auront des répercussions importantes sur l’intégrité écologique puisque, même si le nombre de visiteurs augmente, les dommages causés sont suffisamment localisés pour ne pas toucher une population entière d’une espèce végétale particulière.

Les répercussions des bateaux et des motoneiges sur la qualité de l’air sont réglementées et l’on ne prévoit pas qu’elles auront un effet cumulatif local. Bien que les effets sur l’eau découlant des activités dans le parc doivent être atténués (par exemple, pour éviter le déversement accidentel de carburant ou les eaux usées provenant des humains), ils sont à si petite échelle qu’on ne prévoit pas d’effets cumulatifs. De la même manière, il faut réduire les répercussions sur les ressources culturelles (par exemple, par l’entremise de programmes de sensibilisation afin de veiller à la protection continue des ressources culturelles), mais elles ne se produisent pas fréquemment et l’on ne prévoit pas d’effets cumulatifs.

On prévoit que les effets sur les caribous, les loups, les mammifères marins et les ours polaires seront négligeables, mais s’ils devaient s’accentuer, il pourrait être nécessaire d’en assurer le suivi. Les effets sur les poissons découlant d’un tournoi de pêche ponctuel ou de la pêche courante seront gérés en collaboration avec l’Organisation des chasseurs et trappeurs Nattivak et la collectivité de Qikiqtarjuaq, conformément aux processus établis dans l’Accord sur les revendications territoriales du Nunavut. Les activités de récolte inuites seront toujours respectées et gérées conformément à l’Accord sur les revendications territoriales du Nunavut. Les espèces aquatiques et animales énumérées dans la Loi sur les espèces en péril ne sont que des visiteurs ponctuels à Auyuittuq ou elles risquent peu d’être touchées par les activités dans le parc.

Certains des projets décrits dans le plan directeur ne sont que des idées et ils devront faire l’objet d’une étude plus approfondie en vertu de l’Accord sur les revendications territoriales du Nunavut ou de règlements connexes lorsque les propositions particulières auront été élaborées. Les stratégies d’atténuation et de suivi seront établies lorsque les propositions passeront de l’étape de conception à l’étape de mise en oeuvre.

Le plan directeur a été élaboré conjointement par Parcs Canada et les Inuits et en consultation avec divers partenaires, intervenants et le public. L’introduction du présent document renferme plus de renseignements concernant le processus de gestion participative du parc et les consultations qui ont eu lieu relativement au présent plan directeur.

L’évaluation environnementale stratégique a conclu que le « Plan directeur du parc national Auyuittuq du Canada » apporterait de nombreux effets souhaitables et ne risque pas d’entraîner de répercussions importantes. Les plans de surveillance auxquels renvoie le plan directeur seront utilisés afin de juger de l’exactitude des prévisions découlant de l’évaluation environnementale stratégique et de déterminer s’il est nécessaire de prendre d’autres mesures.

Sources de référence

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World Resources Institute, Biodiversity Glossary of Terms, http://www.wri.org/publication/content/8521 (consulté le 9 décembre 2008).

Glossaire

Site archéologique : S’entend soit d’un lieu ou d’un ouvrage situé dans la région du Nunavut et qui possède de l’importance, de l’intérêt ou de la valeur sur les plans archéologique, ethnographique ou historique, soit du lieu de la découverte d’un spécimen archéologique. Les cairns laissés des explorateurs sont également visés par la présente définition. (Accord sur les revendications territoriales du Nunavut) Un endroit où se trouvent des vestiges tangibles d’activités humaines du passé en surface, dans le sol, audessus du sol ou sous l’eau, qu’on peut identifier, récupérer et comprendre à l’aide des méthodes de recherche de l’archéologie. (Parcs Canada. Manuel pour l’enregistrement des données archéologiques.)

Sentiment d’appartenance à l’endroit : Le sentiment d’appartenance envers l’aire patrimoniale reflète la pertinence et l’importance des aires patrimoniales protégées aux yeux des Canadiens. Cette notion représente l’attachement émotif, intellectuel et spirituel que ressentent les Canadiens et les visiteurs à l’endroit de nos aires patrimoniales naturelles et culturelles. Parcs Canada s’efforce de stimuler ce sentiment d’appartenance par des possibilités enrichissantes de plaisir et d’apprentissage sur place et par des programmes de diffusion externe. Le respect, la compréhension et la promotion des liens entre les aires patrimoniales et les Canadiens, y compris les Autochtones, les visiteurs, les partenaires et les intervenants, aident à promouvoir un sens des responsabilités partagées envers les aires patrimoniales et font adopter dans les esprits et les coeurs la protection et la mise en valeur de ces lieux, pour les générations actuelles et futures. (Parcs Canada. Guide de planification de la gestion.)

Ressource culturelle : Œuvre humaine ou endroit présentant des signes évidents d’activités humaines ou ayant une signification spirituelle ou culturelle, dont la valeur historique a été reconnue. (Parcs Canada. Politique sur la gestion des ressources culturelles.)

Intégrité écologique : L’intégrité écologique signifie l’état d’un parc jugé caractéristique de la région naturelle dont il fait partie et qui sera probablement maintenu, notamment les éléments abiotiques, la composition et l’abondance des espèces indigènes et des collectivités biologiques ainsi que le rythme des changements et le maintien des processus écologiques. (Loi sur les parcs nationaux du Canada.)

Indicateur : Énoncé uniformisé à l’échelle nationale ou biorégionale qui résume de façon complète les éléments de chaque volet du mandat de l’Agence. Les indicateurs sont basés sur une combinaison de données, de mesures et de facteurs critiques de succès pour communiquer clairement les conditions actuelles et tout changement noté depuis la dernière évaluation. (Parcs Canada. Guide de planification de la gestion.)

Qallunaat :Terme inuktitut utilisé au Nunavut pour désigner les non-Inuits, ou plus particulièrement les gens de race blanche.

Qammaiit : Pluriel de « qammaq ».

Qammaq: « Une hutte de terre; désigne également un igloo dont le toit est constitué de peaux ou d’une toile; il peut s’agir également d’une maison circulaire avec des murs en glace, un tugaliaq. Si elle est couverte de peaux ou d’une toile, elle est également appelée qammaq. » (Briggs, J. (Ed.). Interviewing Elders, Volume 3: Childrearing Techniques. Naki Ekho et Uqsuralik Ottokie.)

Qajaq : Épelé également « kayak ». « Un bateau à une place » (Briggs, J. (Ed.). Interviewing Elders, Volume 3: Childrearing Techniques. Naki Ekho et Uqsuralik Ottokie.)

Cible : But ou objectif fixé par les gestionnaires qui est à atteindre dans un délai précis. (Parcs Canada. Guide de planification de la gestion.)

Expérience du visiteur : L’expérience du visiteur se définit comme la somme des rapports personnels qu’un visiteur entretient avec les aires patrimoniales protégées et les gens, une interaction qui éveille les sens, suscite des émotions, stimule l’esprit, et crée chez lui un sentiment d’attachement à ces endroits spéciaux. (Parcs Canada Guide de planification de la gestion.)