Les rats musqués sont importants pour les Autochtones de la région, qui les récoltent pour la nourriture et la fourrure. Les peaux servent à fabriquer des vêtements traditionnels localement ou sont vendues commercialement comme revenu de trappage. Les rats musqués sont des herbivores aquatiques et une importante source de nourriture pour les carnivores, et leur présence dans les zones humides sont un signe d’écosystème sain.

Le delta Paix-Athabasca est l’un des plus grands deltas intérieurs d’eau douce du monde et une zone humide d’importance internationale (site Ramsar); 80 % du delta se trouve dans le parc national Wood Buffalo, un lieu du patrimoine mondial. En 2011, le parc et les collectivités autochtones locales ont commencé à travailler ensemble pour surveiller le rat musqué dans le delta Paix-Athabasca en réaction aux questions et préoccupations soulevées par les utilisateurs traditionnels des terres et concernant l’abondance de cet animal.

Pourquoi surveiller le rat musqué?

Les rats musqués sont un excellent indicateur de la santé de l’écosystème, car leur nombre réagit fortement aux phénomènes naturels des deltas comme les inondations et la sécheresse. Dans le delta Paix-Athabasca, les inondations printanières causées par les embâcles sur les rivières pendant la débâcle profitent aux rats musqués, car elles renflouent les zones humides où ils creusent leurs terriers.

Du point de vue environnemental, on se soucie du fait que ces types d’embâcles et de débâcles se produisent moins souvent en raison des changements climatiques et de la régulation des eaux en amont par les barrages hydroélectriques. Par conséquent, certaines des zones humides du delta se sont asséchées ou sont en cours d’assèchement, ce qui a réduit la superficie d’habitat pour des espèces comme la sauvagine, les oiseaux de rivage et les rats musqués.

Méthodologie

L’abondance du rat musqué est un indicateur de la santé des zones humides dans le cadre du programme de surveillance écologique du parc. Des relevés annuels sont menés depuis 2012 dans le delta Paix-Athabasca par des équipes composées d’utilisateurs autochtones des terres et d’employés de la Conservation des ressources de Parcs Canada. Des membres de la Première Nation crie Mikisew, de la Première Nation Athabasca Chipewyan et des Métis de Fort Chipewyan (section 125) effectuent les relevés dans des aires d’étude dans leur territoire traditionnel respectif où on sait qu’il y a des rats musqués.

On exécute les relevés au début de l’hiver, lorsqu’on peut se rendre aux terriers par motoneige. On compte alors le nombre de terriers de rat musqué dans chaque bassin étudié et on mesure la profondeur de la neige, l’épaisseur de la glace et la profondeur de l’eau sous la glace.

Pour plus d’information :

Rhona Kindopp
Gestionnaire adjointe de la Conservation des ressources
Parc national Wood Buffalo
rhona.kindopp@canada.ca
867-872-7932