Le delta Paix-Athbasca compte neuf communautés végétales courantes, chacune étant adaptée à son régime hydrologique caractéristique : la végétation aquatique, la végétation émergente, le carex, les graminées des zones humides, les graminées sèches et les prés, les saulaies et les forêts.

L’eau étant le plus important élément de la configuration végétale, les espèces de plantes sont généralement réparties comme suit : eaux libres (espèces aquatiques), rivages (espèces émergentes), prés humides, prés secs puis hautes terres.

Les inondations, les feux et le pâturage par des herbivores sont les trois principaux facteurs qui influencent le type et l’abondance de la couverture végétale dans le delta.

Importance des inondations

Les secteurs les plus productifs du delta sont ceux qui sont fréquemment inondés. Les crues périodiques assurent le maintien des stades de succession de la végétation (espèces aquatiques, espèces émergentes, carex et graminées) dans les zones humides et les bassins perchés. Ceci crée à son tour un habitat favorable pour une riche diversité d’animaux comme le rat musqué, les oiseaux aquatiques, l’orignal et le bison.

Les rats musqués, par exemple, survivent le mieux dans des marais relativement peu profonds où abonde la végétation aquatique et émergente. Les rives du delta et les bassins perchés offrent l’été un important refuge aux canards de quatre voies migratoires en Amérique du Nord. Ceci est particulièrement crucial pendant les années de sécheresse dans les prairies. Les bisons fréquentent le delta pour brouter le carex et les graminées communes dans ces environnements de marais inondés. De nombreux autres animaux comme les castors, les belettes, les loutres, les visons, les renards, les orignaux et les ours sont également attirés par ces habitats productifs.

Importance du feu

Le feu exerce une forte incidence sur la végétation dans le delta. Historiquement, le régime des feux était naturel (feux dus à la foudre) et artificiel (influence humaine). Le brûlage traditionnel mené au printemps par les Autochtones avait pour but de favoriser la croissance de graminées et de buissons, ce qui attirait le gibier désiré comme les orignaux et les bisons. Les politiques de suppression des feux durant le vingtième siècle ont interrompu ce régime. Aujourd’hui, les feux dans le delta sont surveillés et on les laisse brûler, sauf lorsque des biens à risque sont menacés, auquel cas on prend des mesures de gestion du feu appropriées.

Importance du pâturage

Les herbivores prospèrent dans les habitats productifs du delta, notamment les animaux aquatiques comme les poissons, les animaux semi-aquatiques comme le castor et le rat musqué et les animaux terrestres comme le lièvre, l’orignal et le bison. Leur pâturage joue un rôle important dans le maintien de la diversité de la végétation du delta. Par exemple, le pâturage des prés par les bisons empêche les petits arbres comme les saules de s’établir.

Espèces envahissantes

Des espèces non indigènes sont observées dans le delta depuis des décennies. Elles sont le plus susceptibles de s’établir dans des secteurs faisant l’objet de perturbations fréquentes, qu’il s’agisse de crues, de feux, de bisons qui se vautrent ou d’assèchement de bassins perchés. La gestion intensive des bisons au poste Sweetgrass dans le parc national Wood Buffalo (1950=1970) a peut-être introduit certaines espèces de mauvaises herbes prédominantes comme le chardon du Canada et le laiteron. Les routes, les rivières et le vent sont également des voies de transport de graines de plantes non indigènes d’autres parties de la province.

Les activités de surveillance dans le parc national Wood Buffalo indiquent que les espèces envahissantes sont les plus présentes dans certains des prés du secteur de la rivière de la Paix du delta, et augmentent au fil du temps. Par contre, l’abondance de ces espèces dans le secteur de la rivière Athabasca du delta, qui enregistre plus de dépôts de sédiments et des crues plus fréquentes, reste relativement stable.

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