Utilisation traditionnelle dans le delta Paix-Athabasca

Le delta Paix-Athabasca est le territoire traditionnel des Cris, des Chipewyan et des Métis de la région. Ceux-ci dépendent des ressources du delta pour la chasse, le piégeage, la pêche et la cueillette, ainsi que pour les utilisations spirituelles, médicinales et culturelles des terres.

L’orignal est une source de nourriture importante et la chasse à l’orignal constitue un élément majeur de la culture locale. Les peaux d’orignal sont tannées sur place de façon traditionnelle et transformées en cuir doux et souple avec lequel les artisans confectionnent des mitaines, des pantoufles, des mukluks, des vestes et des objets d’artisanat, souvent ornés de magnifiques motifs perlés. On utilise aussi d’autres parties de l’orignal. Le poil sert à fabriquer des touffes décoratives et les os des pattes, des outils pour écharner les peaux durant le tannage.
Le rat musqué est un aliment de base. Autrefois abondant, il représentait une importante source de revenu du piégeage. Les populations de rats musqués ont énormément diminué, largement en raison de l’assèchement des bassins perchés.
Situé au carrefour de quatre grandes voies migratoires en Amérique du Nord, le delta est un riche sanctuaire pour les oiseaux aquatiques, particulièrement pendant la migration au printemps et à l’automne. Chassés durant la migration, ces oiseaux sont un aliment très prisé. Traditionnellement, ils étaient salés et conservés pour l’hiver et leurs plumes et leur duvet servaient aux oreillers et aux courtepointes.
Le poisson est un aliment de base important. On trouve dans le delta vingt espèces de poissons, dont les plus consommées sont le doré jaune, la laquaiche et le grand brochet. Le poisson séché est un mets délicat traditionnel. On séchait jadis le poisson pour l’empêcher de se gâter. Le poisson était aussi un aliment important pour les attelages de chiens.
Le piégeage est une activité traditionnelle depuis longtemps dans le delta. Historiquement, le piégeage était la source principale de revenu et de commerce. Outre le castor et le rat musqué, on piégeait le vison, la martre, le lynx, le renard, la belette, le loup, le pékan et le carcajou. Le piégeage ne joue plus un rôle prédominant dans l’économie locale, mais il continue de fournir un revenu supplémentaire à tout un nombre de familles.
De nombreuses familles autochtones ont des cabines dans le delta. Celles-ci revêtent une importance culturelle, car elles permettent aux familles de conserver des liens étroits avec le territoire à des fins spirituelles et culturelles. On y tient souvent des réunions de famille pour faciliter le partage des traditions culturelles entre les générations.
Les peuples du delta cueillent depuis longtemps des baies et des plantes comestibles pour se nourrir et à des fins médicinales. Les arbres et les saules ont des usages pratiques. Par exemple, on étend des branches d’épinette sur le sol dans les tentes, on coupe des arbres pour en faire des poteaux (notamment pour les tipis, les abris, les estrades pour fumer le poisson ou sécher la viande), et on se sert de branches de saule pour faire rôtir le poisson sur le feu.
À travers l’histoire, certains peuples autochtones vivaient dans de petits établissements dans le delta. Ils y habitaient l’hiver, et partaient dans leurs campements au printemps pour piéger le rat musqué et chasser les oiseaux aquatiques.

Le delta renferme de nombreuses ressources culturelles précieuses qui contribuent à raconter la vie jadis dans le delta. Observations liées au savoir traditionnel