Résumé

Créée en 1976, la réserve de parc national Nahanni s’étendait à l’origine sur 4 766 km2. En 2009, avec l’appui des Premières Nations du Dehcho et de la bande des Dénés de Nahʔą Dehé, la réserve de parc a été agrandie pour contenir environ 30 000 km2, ce qui en a fait le troisième parc national en importance du Canada. Le nouveau secteur de la réserve de parc protège les caractéristiques uniques du plateau Ram et du karst de la rivière Nahanni Nord, les seuls glaciers des Territoires du Nord-Ouest, ainsi qu’un habitat important pour des espèces en péril comme le grizzli et le caribou des bois des montagnes du Nord. En 1978, la réserve de parc fut l’un des premiers endroits au monde à être désigné, dans ses limites originales, comme site du patrimoine mondial, par la Convention du patrimoine mondial de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO). En 1987, une section de la rivière Nahanni Sud, localisée à l’intérieur des limites originales du parc national, a été désignée comme rivière du patrimoine canadien.

En vertu de l’accord provisoire relatif à la gestion du parc Nahʔą Dehé (2001), la réserve de parc est gérée conjointement par les Premières Nations du Dehcho, la bandedes Dénés de Nahʔą Dehé et Parcs Canada par l’entremise de l’Équipe du consensus de Nahʔą Dehé. Le présent plan directeur a par ailleurs été élaboré en collaboration avec celle-ci. [Inscrire les activités de consultation publique une fois achevées.]

Le plan directeur établit une vision pour l’avenir de la réserve de parc national Nahanni et prévoit des stratégies et des objectifs visant à concrétiser cette vision. À ce titre, il se veut le guide principal pour la gestion de la réserve de parc et constitue un important document définissant les responsabilités de l’Agence envers les Canadiens quant à la manière dont sera gérée la réserve de parc.

Quatre stratégies clés sont définies dans le plan directeur pour guider le travail de gestion du parc dans un avenir proche. La stratégie clé 1 met l’accent sur la diffusion des récits, de l’histoire et de la culture des Dénés comme aspect central de l’expérience du visiteur dans un cadre sauvage encore vierge. La stratégie clé 2 vise la promotion des connaissances traditionnelles et contemporaines des Dénés dans les décisions de gestion, ainsi que la participation de la prochaine génération à l’intendance de la réserve de parc. La stratégie clé 3 traite des nouveaux défis environnementaux auxquels la réserve de parc doit faire face et de la préservation active de l’intégrité écologique au sein du parc. La stratégie clé 4 prévoit la protection des ressources en eau pour l’avenir ainsi que la collaboration avec les partenaires et les collectivités pour préserver la qualité de l’eau.

Dans dix ans, ce plan directeur fera l’objet d’un examen en collaboration avec l’Équipe du consensus de Nahʔą Dehé et en consultation avec les Autochtones et la population.

1.0 Introduction

L’Agence Parcs Canada gère l’un des plus beaux et des plus grands réseaux d’aires naturelles et historiques protégées de la planète. L’Agence a pour mandat de protéger et de mettre en valeur ces lieux pour le bénéfice et la jouissance des générations actuelles et futures. La gestion stratégique prospective des parcs nationaux, des aires marines nationales de conservation, des canaux patrimoniaux et des lieux historiques nationaux dont Parcs Canada a la responsabilité s’inscrit dans sa vision :

“Les trésors historiques et naturels du Canada occuperont une place de choix au cœur de la vie des Canadiens et Canadiennes, perpétuant ainsi un attachement profond à l’essence même du Canada.”

Conformément à la Loi sur les parcs nationaux du Canada et à la Loi sur l’Agence Parcs Canada, Parcs Canada doit rédiger un plan directeur pour chaque parc national. Une fois approuvé par le ministre responsable de Parcs Canada et déposé au Parlement, le Plan directeur de la réserve de parc national du Canada Nahanni permet de s’assurer que Parcs Canada respecte son obligation de rendre compte à la population canadienne, et décrit comment la gestion du parc permettra l’obtention de résultats mesurables à l’appui du mandat de l’Agence.

Le potentiel de développement hydroélectrique a été le catalyseur de la création de la réserve de parc national Nahanni dans les années 1970. Le souhait des Premières Nations du Dehcho et de la bande des Dénés de Nahʔą Dehé d’assurer la salubrité de l’eau pour les générations actuelles et futures a donné l’élan nécessaire à l’expansion du parc. En vertu de l’accord provisoire relatif à la gestion du parc Nahʔą Dehé (2001), la réserve de parc national est gérée conjointement par les Premières Nations du Dehcho, la bande des Dénés de Nahʔą Dehé et Parcs Canada par l’entremise de l’Équipe du consensus de Nahʔą Dehé. Ce plan directeur a été élaboré en collaboration avec celle-ci.

Les Canadiens et Canadiennes, en collaboration avec nos partenaires autochtones de gestion coopérative, ont participé à la préparation du plan directeur, contribuant ainsi à façonner l’orientation future de la réserve de parc national. Le plan établit une orientation claire et stratégique pour la gestion et l’exploitation du parc national de Nahʔą Dehé en formulant une vision, des stratégies et des objectifs clés. Parcs Canada rendra compte chaque année des progrès accomplis vers l’atteinte des objectifs du plan directeur et procédera à l’examen de ce plan tous les dix ans ou avant, au besoin.

Ce plan directeur n’est pas une fin en soi. Parcs Canada favorisera un dialogue ouvert sur sa mise en œuvre, pour s’assurer qu’il reste pertinent et significatif. Le plan sera l’axe autour duquel s’articulera l’engagement continu à l’égard de la gestion de la réserve de parc national Nahanni dans les années à venir.

2.0 Importance de la réserve de parc national Nahanni

Nahʔą Dehé est le nom traditionnel donné à Nahanni, le territoire ancestral des Dénés du Dehcho, patrie des ancêtres, nommée Nahʔą Dehé depuis des temps immémoriaux. Selon le contexte, Nahʔą Dehé peut faire référence à la rivière Nahanni Sud et à son bassin hydrographique, à la réserve de parc dans ses limites établies en 2009 ou à l’écosystème de la grande région de Nahanni. Dans le présent document, Nahʔą Dehé désigne l’ensemble de la réserve de parc et peut être utilisé au même titre que les termes « Nahanni » ou « la réserve de parc ».

Créée en 1976, la réserve de parc national s’étendait à l’origine sur 4 766 km2. En 2009, avec l’appui des Premières Nations du Dehcho et de la bande des Dénés de Nahʔą Dehé, la réserve de parc a été agrandie pour contenir environ 30 000 km2, ce qui en a fait le troisième parc national en importance du Canada. Les aînés et les dirigeants du Dehcho ont appuyé cette expansion pour concrétiser leur désir de préserver la qualité de l’eau pour les sept générations à venir. Le nouveau secteur de la réserve de parc protège les caractéristiques uniques du plateau Ram et du karst de la rivière Nahanni Nord, les seuls glaciers des Territoires du Nord-Ouest, ainsi qu’un habitat important pour des espèces en péril comme le grizzli et le caribou des bois des montagnes du Nord.

En 1978, la Convention du patrimoine mondial de l’UNESCO a attribué à la réserve de parc, dans ses limites originales, le statut de site du patrimoine mondial, l’un des premiers au monde. Le parc a été désigné site du patrimoine mondial de l’UNESCO, puisqu’il comporte des exemples exceptionnels des grandes étapes de l’évolution de la Terre, de processus géologiques importants en cours, de phénomènes naturels superlatifs ainsi que de formations et de caractéristiques d’une beauté naturelle exceptionnelle.

En 1987, une section de la rivière Nahanni Sud a été désignée comme rivière du patrimoine canadien en raison des possibilités récréatives exceptionnelles qu’elle offre dans une région sauvage d’une beauté à couper le souffle. Cette section est localisée à l’intérieur des limites originales du parc national.

Située dans la région du Dehcho, dans le sud-ouest des Territoires du Nord-Ouest (carte 1), Nahʔą Dehé partage ses limites avec la réserve de parc national Nááts’įhch’oh. Élément central de Nahʔą Dehé, la rivière Nahanni Sud revêt une grande importance pour les Dénés. Elle prend sa source dans le secteur accidenté et reculé des monts Mackenzie, près de la limite entre les Territoires du Nord-Ouest et le Yukon, et se termine à son confluent avec la rivière Liard, près de la collectivité de Tthenáágó (également appelée Nahanni Butte), plus de 500 km en aval (carte 2). Au nombre des caractéristiques importantes de la réserve de parc, il y a Náįlįcho (aussi connue sous le nom de chutes Virginia), de profonds canyons de rivières antécédentes, un relief calcaire karstique et pseudo-karstique, de nombreuses sources thermales ainsi que les montagnes et les glaciers les plus élevés des Territoires du Nord-Ouest. La réserve de parc abrite également les plus grosses buttes de tuf calcaire du Canada et est le seul endroit connu où pousse une espèce végétale rare et endémique : l’aster de la Nahanni. La diversité végétale de Nahʔą Dehé est bien plus importante que dans tout autre secteur de taille comparable des Territoires du Nord-Ouest. La communauté végétale se compose principalement d’espèces de la forêt boréale, et passe de zones humides des basses terres jusqu’à une toundra alpine. Plus de 230 genres et 700 espèces de plantes vasculaires ont été répertoriés au sein du parc, lequel fournit un habitat essentiel à 42 espèces différentes de mammifères, y compris des espèces en péril. De plus, la réserve de parc abrite une grande diversité d’oiseaux, dont une mixité d’espèces provenant de la cordillère, de la forêt boréale et de la grande plaine. Seize espèces de poissons ont été recensées dans le bassin versant de la rivière Nahanni Sud, dont trois espèces uniques dans la région : le chabot à tête plate, la perche-truite et la queue à tâche noire. Les Dénés continuent de s’adonner à leurs activités dans la réserve de parc et les environs par les voies terrestres et navigables traditionnelles pour accéder aux zones de chasse et de pêche.

La cogestion est au cœur des opérations du parc. Les perspectives culturelles traditionnelles et contemporaines des Autochtones sont intégrées aux opérations et aux projets du parc, ce qui est apprécié par les visiteurs, les pilotes et les guides. Les Premières Nations du Dehcho et le gouvernement du Canada mènent actuellement des négociations sur l’autonomie gouvernementale, les terres, les ressources et la gestion des terres dans le cadre du processus du Dehcho. L’accord provisoire relatif à la gestion du parc Nahʔą Dehé (2001) fournit le cadre de cogestion de la réserve de parc jusqu’à ce qu’une entente définitive sur les revendications territoriales ait préséance. Dans le contexte du processus du Dehcho, les Premières Nations du Dehcho, la bande des Dénés de Nahʔą Dehé et Parcs Canada ont créé l’Équipe du consensus de Nahʔą Dehé, ce qui permet aux parties d’assurer la cogestion de Nahʔą Dehé durant le processus de négociation. L’Équipe du consensus est constituée de représentants nommés par les Premières Nations du Dehcho, la bande des Dénés de Nahʔą Dehé et Parcs Canada. Grâce à une préparation minutieuse entre les aînés du Dehcho et Parcs Canada il y a 20 ans, la relation de cogestion repose sur des fondements solides caractérisés par le respect mutuel, la confiance et l’intégrité. Dans la pratique, cette relation, qui procède d’une démarche commune en vue de l’atteinte d’objectifs communs, a été positive pour les Premières Nations du Dehcho ainsi que pour Parcs Canada tout en étant profitable pour la population canadienne.

Le secteur avoisinant de Nahʔą Dehé est peu peuplé ; environ 2 500 personnes habitent dans les cinq collectivités les plus proches du parc : Tthenáágó, Fort Liard, Łı́ı́dlı̨ı̨ Kų́ę́(également connu sous le nom de Fort Simpson), Trout Lake et Wrigley. Le centre administratif de la réserve de parc est situé à Łı́ı́dlı̨ı̨ı̨ ́dlıKų, principal point d’entrée pour les visiteurs et le personnel du parc, et il y a un bureau saisonnier à Tthenáágó, la collectivité la plus proche de la réserve de parc. L’accès à Nahʔą Dehé est principalement assuré par aéronef nolisé, à partir de points d’entrée dans les Territoires du Nord-Ouest. Quelques exploitants commerciaux du Yukon et du Nord de la Colombie-Britannique offrent des services de vols nolisés pour la réserve de parc.

Map 1: Regional Setting

 
Regional Setting
 

Map 2: Nahanni National Park Reserve

 
Nahanni National Park Reserve
 

3.0 Contexte de planification

Les Dénés : Au début des années 1900, les politiques gouvernementales visant à aménager des établissements aux postes de traite des fourrures ont dissuadé les Dénés de vivre sur le territoire. Les programmes d’assimilation, notamment les pensionnats Autochtones, ont eu des répercussions profondes et durables sur les Dénés et leur mode de vie. En conséquence, le déné zhatié (langue des Dénés) risque de disparaître d’ici 30 à 50 ans. Il y a un regain d’intérêt chez les Dénés en vue de renverser les effets de la colonisation par la revitalisation de leur langue et de leur culture grâce à des initiatives communautaires. Cela comporte son lot de défis, car les efforts de revitalisation culturelle sont en concurrence avec les perturbations découlant d’une économie moderne fondée sur les salaires, du peu de temps passé sur le territoire et de l’immersion dans l’ère de l’information numérique. Pour ces raisons, l’Équipe du consensus de Nahʔą Dehé aura comme grande priorité au cours des dix prochaines années de travailler avec les organismes communautaires afin de soutenir les activités de revitalisation culturelle en cours ou nouvelles et de rétablir le lien entre les jeunes et les aînés du Dehcho et de Nahʔą Dehé.

Intégrité écologique et durabilité des biens : La grande majorité de la réserve de parc est considérée comme une région sauvage encore intacte. Les feux et les inondations sont les principales perturbations naturelles à l’origine des processus écologiques. Parcs Canada laisse les feux se propager naturellement dans la majeure partie du parc, sauf s’ils menacent la sécurité humaine ou les infrastructures de la réserve de parc. Les données recueillies grâce à la recherche et à la surveillance montrent que le changement climatique influe sur les fluctuations des cycles de l’eau et du feu. Les répercussions du changement climatique sont préoccupantes et difficiles à contrôler à l’échelle du parc. Au cours des dix prochaines années, il sera important de tenir compte de l’éloignement de la réserve de parc et des effets du changement climatique (p. ex. recul des glaciers, détérioration du pergélisol et fluctuations des régimes climatiques) pouvant entraîner des défis logistiques, financiers et techniques inhérents à la gestion à long terme de Nahʔą Dehé.

Fréquentation : Nahʔą Dehé est reconnue à l’échelle internationale comme une réserve de parc de rivière en milieu sauvage. Ses principaux attraits touristiques étant Nái̖ li̖cho, Gahnįhthah Mįe (également connu sous le nom de lac Rabbitkettle), le lac Glacier et le Cirque of the Unclimbables. La réserve de parc se trouve au cœur de l’industrie touristique de la région et, par conséquent, elle travaille en collaboration avec des partenaires et des intervenants communautaires, régionaux et territoriaux. La visite de Nahʔą Dehé est possible grâce aux entreprises d’écotourisme partenaires qui jouent un rôle important dans l’expérience du visiteur et l’intendance du parc. En 2018, la réserve de parc a accueilli 899 visiteurs, ce qui est légèrement inférieur à la moyenne sur dix ans, soit de 920 visiteurs par année. Environ 66 pour cent des visiteurs parcourent la rivière Nahanni Sud et 59 pour cent d’entre eux utilisent les services d’un pourvoyeur autorisé. Les tendances historiques de fréquentation sont modestes mais stables, ce qui est impressionnant étant donné que la réserve de parc se trouve dans un lieu reculé et qu’il faut y accéder par aéronef. Les visiteurs qui explorent la réserve de parc vivent une véritable expérience en milieu sauvage qui intègre les connaissances traditionnelles et contemporaines des Dénés. Sans gestion prudente, la croissance progressive de la fréquentation peut avoir une incidence sur les ressources du parc, les infrastructures et la qualité du milieu sauvage. Cela peut influer sur la qualité des interactions avec les ressources naturelles et culturelles situées dans les zones à forte fréquentation ou dans les zones sensibles. Au cours des dix prochaines années, il sera important d’équilibrer le potentiel de croissance de la fréquentation et la gestion des infrastructures pour s’assurer que l’expérience authentique du parc en milieu sauvage ne soit pas compromise.

Exploitation des ressources et accès interdits : Il existe trois sites miniers dans la région qui se trouvent à l’extérieur des limites du parc (carte 2) : la mine de tungstène, la mine de Prairie Creek et les propriétés d’exploration de Selwyn Chihong Mining Limited (Selwyn) à Don Camp. La mine de tungstène est un projet en fin de vie qui comporte des problèmes de gestion de la qualité de l’eau. La mine de Prairie Creek et la route d’hiver datent du début des années 1980, mais la mine n’a jamais atteint sa pleine capacité de production et fait actuellement l’objet de travaux d’entretien et de rénovation. Les propriétés d’exploration et la route d’accès de Selwyn Chihong ont été aménagées à la fin des années 1970 et la route d’accès toutes saisons qui traverse les réserves de parc Nahanni et Nááts'įhch'oh a été remise en état en 2014. Ces projets en sont actuellement à diverses étapes de réactivation.

La Loi sur les parcs nationaux du Canada a été modifiée afin d’élargir les limites de la réserve de parc; elle contenait aussi des dispositions spéciales permettant à Parcs Canada de délivrer des permis à Prairie Creek et au projet Selwyn pour l’utilisation des routes d’accès existantes traversant les deux réserves de parc. Les activités industrielles effectuées en amont, de même que les routes industrielles existantes et proposées via la réserve de parc national Nahanni, peuvent avoir des répercussions sur l’intégrité écologique et les ressources culturelles (y compris les sites archéologiques) de la réserve de parc. De plus, les activités de chasse pratiquées le long de la route existante de Selwyn continuent d’être une préoccupation pour les partenaires autochtones de la cogestion des réserves de parc national Nahanni et Nááts'įhch'oh. L’aménagement de la route d’accès de Prairie Creek pourrait accroître l’accès non autorisé ou le braconnage. Au cours des dix prochaines années, les deux routes d’accès à la mine et les activités connexes devront être gérées avec soin, en collaboration avec les collectivités autochtones et en consultation avec les sociétés minières et leurs entrepreneurs.

4.0 Vision

La vision présentée dans le présent plan directeur décrit l’état souhaité pour la réserve de parc national Nahanni dans dix ans. Les éléments clés s’appuient sur la vision du plan directeur de 2010 et sur les commentaires de l’Équipe du consensus de Nahʔą Dehé.

À l’échelle du territoire des Dénés, qui y habitent depuis des temps immémoriaux, les légendes locales enflamment l'imagination. Nahʔą Dehé est un lieu emblématique mondialement reconnu pour son relief, ses imposantes flèches granitiques, ses vastes plateaux alpins et, en son cœur, la rivière Nahanni Sud, une rivière du patrimoine canadien. En tant que site du patrimoine mondial de l’UNESCO, Nahʔą Dehé reste un paysage culturel riche qui raconte l’histoire de son écologie diversifiée, que ce soit aux eaux tumultueuses de Náįlįcho, sur les plus hautes buttes de tuf du Canada au site sacré Gahnįhthah Mįe ou sur les spectaculaires sommets granitiques du Cirque of the Unclimbables. Nahʔą Dehé s’engage à protéger un milieu sauvage en grande partie intact, où le feu et les inondations se partagent les terres et où les communautés végétales naturelles et les populations d’animaux indigènes comme le caribou des bois, l’orignal et l’ombre arctique, prospèrent.

Les Dénés et leur culture sont étroitement liés à la terre et à l’eau. Essentiels au maintien de la vie, les terres et les cours d’eau de Nahʔą Dehé offrent aux Dénés un lieu propice pour poursuivre leur revitalisation culturelle, leur renouvellement et leur rapprochement. Nahʔą Dehé bénéficiera d’une protection grâce à la sagesse et aux conseils des aînés du Dehcho selon qui : « Vivre sur la terre protège la terre ». Les activités traditionnelles de récolte à des fins de subsistance font toujours partie intégrante de l’écosystème, et en assurent la durabilité. Les lois, les valeurs et les principes des Dénés sont profondément enracinés dans Nahʔą Dehé et relient la prochaine génération à la terre et à ses ancêtres. La réserve de parc continue d’être un modèle de cogestion, où les communautés, les partenaires et les intervenants participent à l’intendance de Nahʔą Dehé, de sorte que les générations futures puissent continuer de respecter la terre et l’eau à leur juste valeur.

Les Dénés accueillent les visiteurs dans cette nature sauvage spectaculaire et leur racontent l’histoire de leurs ancêtres. Les alpinistes, les randonneurs, les pagayeurs et les visiteurs de tout acabit puisent une source d’inspiration et de rapprochement dans cette immense terre et auprès des Dénés. Les visiteurs qui investissent temps et argent dans un tel voyage vivent une aventure marquante et des expériences culturelles inoubliables.

5.0 Stratégies clés

Quatre stratégies clés orienteront la gestion de Nahʔą Dehé au cours des dix prochaines années. Ces stratégies, ainsi que les objectifs et cibles connexes, visent à concrétiser la vision de la réserve de parc au moyen d’une démarche intégrée de gestion. Sauf indication contraire, toutes les cibles doivent être atteintes au cours de la période de dix ans visée par le plan directeur. Des mises à jour annuelles de la mise en œuvre seront fournies afin de faire participer les Premières Nations du Dehcho, les partenaires de la bande des Dénés de Nahʔą Dehé, les intervenants et les Canadiens.

Stratégie clé 1 :

Nahʔą Kué / Notre demeure – Partager le cœur du Dehcho

La communication des récits, de l’histoire et de la culture des Dénés dans un milieu sauvage encore vierge est essentielle à l’expérience du visiteur de Nahʔą Dehé. Un voyage au cœur de Nahʔą Dehé sera une occasion de transformation pour les visiteurs qui en repartiront forts d’une compréhension et d’une appréciation accrues de la culture des Dénés. À cette fin, Nahʔą Dehé continue de compter sur des partenariats stratégiques afin de soutenir une économie touristique forte et durable. Cette démarche permettra d’offrir des expériences culturelles et sauvages authentiques et de haute qualité ainsi que d’assurer la durabilité des biens à long terme.

Objectif 1.1 :

Cibler et attirer les visiteurs à la recherche d’expériences de grande qualité en milieu sauvage, tout en conciliant protection et mise en valeur.

Cibles :

  • Au cours des 10 prochaines années, la fréquentation de la rivière Nahanni Sud durant la haute saison touristique est maintenue à 2 pour cent du taux moyen de fréquentation enregistré de 2014 à 2018.
  • Au cours des dix prochaines années, la fréquentation de la rivière Nahanni Sud durant les saisons intermédiaires (printemps et automne) augmente de 10 pour cent par rapport au taux moyen de fréquentation enregistré de 2014 à 2018.
  • Les visiteurs ciblés font partie de deux segments clés : les 25 à 34 ans et les 35 à 44 ans.
  • Une stratégie est élaborée pour faire en sorte que les pratiques de gestion puissent répondre aux besoins et aux activités des alpinistes d’ici 2025.
  • Les partenariats stratégiques conclus avec les entreprises touristiques sont préservés ou élargis afin de continuer à soutenir la fréquentation durable d’ici 2030.

Objectif 1.2 :

Tenir compte, dans la gestion des infrastructures du parc, du changement climatique ainsi que de l’intérêt et des points de vue des Premières Nations du Dehcho, des partenaires de Nahʔą Dehé et des intervenants.

Cibles :

  • Un plan stratégique de gestion des biens est élaboré d’ici 2025.

Objectif 1.3 :

Faire en sorte que les visiteurs continuent de vivre des expériences récréatives et culturelles de grande qualité en milieu sauvage.

Cibles :

  • D’ici 2025, les renseignements pour la planification d’un voyage continuent de s’améliorer et de suivre le rythme des innovations et des technologies émergentes.
  • Les cotes établies pour la satisfaction des visiteurs et la planification d’un voyage atteignent les cibles de rendement fixées dans la prochaine évaluation de l’état du parc.
  • La participation des visiteurs aux sondages de satisfaction augmente de 15 pour cent d’ici 2030.

Objectif 1.4 :

Renforcer les partenariats écotouristiques avec les communautés autochtones locales.

Cibles :

  • Un permis d’excursions guidées en rivière est réservé à une entreprise d’écotourisme détenue et exploitée par des Premières Nations du Dehcho.
  • Des partenariats sont établis avec d’autres ordres de gouvernement afin d’offrir aux entrepreneurs autochtones locaux une formation et de l’information sur les activités touristiques commerciales.
  • D’autres partenaires gouvernementaux dont le mandat est d’aider au développement économique sont mis à profit afin de tirer parti de nouvelles initiatives, de nouveaux partenariats ou de nouvelles possibilités touristiques au cours des dix prochaines années.
  • Parcs Canada travaille avec les collectivités et les partenaires de la région afin d’appuyer le développement de deux produits touristiques Dene offerts aux visiteurs du parc d’ici 2030.

Objectif 1.5 :

Faire en sorte que Nahʔą Dehé demeure reconnu à l’échelle internationale comme une destination importante en milieu sauvage.

Cibles :

  • La réserve de parc national mène, par l’entremise de nouveaux médias, de trois à cinq activités de promotion par année au cours des dix prochaines années. Celles-ci sont destinée à des populations qui ne visiteront peut-être pas le parc en personne, mais qui peuvent l’apprécier et reconnaître son importance comme parc de premier plan situé en milieu sauvage.
  • D’ici 2030, deux nouveaux produits promotionnels et de marketing sont mis au point en tirant parti des partenariats actuels ou nouveaux.
  • D’ici 2030, une nouvelle expérience est offerte aux visiteurs, qui se distingue des excursions d’une journée en avion nolisé, de l’escalade de rochers (Cirque of the Unclimbables) et de la descente en eaux vives (la rivière Nahanni Sud et ses affluents).

Stratégie clé 2 :

Dene Náothę – La vision du monde des Dénés

Parcs Canada, les Premières Nations du Dehcho et la bande des Dénés de Nahʔą Dehé continuent de renforcer leurs relations de manière à intégrer les valeurs et les principes des Dénés. La participation des jeunes Dénés à l’intendance de la réserve de parc s’avère d’une importance capitale, non seulement pour préserver l’héritage de leurs ancêtres, mais aussi pour intégrer le savoir traditionnel et contemporain des Dénés aux décisions de gestion. Au cours des dix prochaines années, les Canadiens comprendront et apprécieront mieux l’importance d’une culture dénée prospère à Nahʔą Dehé.

Objectif 2.1 :

Intégrer le Déné Zhatié, la langue et la culture des Dénés de Nahʔą Dehé, à l’expérience du visiteur.

Cibles :

  • Parcs Canada, les Premières Nations du Dehcho et la bande des Dénés de Nahʔą Dehé collaborent afin d’offrir aux membres de la communauté et aux visiteurs une expérience d’apprentissage culturel biennale axée sur le déné zhatié dans la réserve de parc.
  • Dene Zhatié est promu et honoré, notamment en remplaçant les noms de lieux non Dénés dans tous les nouveaux produits multimédias non personnels d’ici 2030.
  • Des brochures avec les noms de lieux Dénés et l’orthographe phonétique sont élaborées à l’intention du personnel et des visiteurs d’ici 2021.

Objectif 2.2 :

Renforcer le lien qu’entretiennent les Dénés avec Nahʔą Dehé.

Cibles :

  • Parcs Canada collabore avec les partenaires autochtones de cogestion afin de faciliter des occasions annuelles pour les jeunes et les aînés de participer aux efforts de revitalisation de la culture dénée à Nahʔą Dehé.
  • Des activités d’éducation et de sensibilisation dans les écoles locales et régionales sont menées chaque année.
  • Parcs Canada collabore avec la communauté pour établir de nouveaux bureaux à Fort Simpson et à Nahanni Butte d’ici 2025.
  • Les écoles locales et régionales visitent Nahʔą Dehé au moins trois fois d’ici 2030.

Stratégie clé 3 :

Nahʔą Dehé Kˊeodhi – Prendre soin de Nahʔą Dehé

Les nouveaux défis environnementaux auxquels fait face Nahʔą Dehé sont complexes, notament, la gestion des espèces en péril, le changement climatique, les contraintes liées aux projets d’exploitation des ressources et les risques liés à l’accès illégal et au braconnage. La recherche et le suivi des données, la connaissance des Dénés et les stratégies de gestion active seront essentiels à la préservation de l’intégrité écologique de Nahʔą Dehé.

Objectif 3.1 :

S’assurer que les projets d’exploitation des ressources n’ont pas d’impact négatif significatif sur l’intégrité écologique de Nahʔą Dehé.

Cibles :

  • Les permis et licences pour les projets d’aménagement de routes minières traversant les réserves de parc national Nahʔą Dehé et Nááts'įhch'oh respectent toutes les exigences juridiques pour les dix prochaines années.
  • Tous les permis d’utilisation des eaux pour les sites miniers ou l’exploration en amont continuent de faire l’objet d’une surveillance et d’un examen, et des commentaires sont formulés à cet égard, afin de protéger la qualité de l’eau au cours des dix prochaines années.
  • Les connaissances des Dénés sont intégrées aux processus réglementaires de Parcs Canada au cours des dix prochaines années.
  • Une coordination est assurée avec les promoteurs pour appuyer des initiatives de gardiens des premières nations dirigées par la communauté dans le parc au cours des dix prochaines années.

Objectif 3.2 :

Mettre en place des stratégies pour empêcher l’accès non autorisé et le braconnage à Nahʔą Dehé.

Targets:

  • D’ici 2022, les moyens d’interprétation sans personnel (p. ex. panneaux - avertissements et orientations) qui fournissent de l’information importante aux utilisateurs sont améliorés.
  • D’ici 2021, des outils et produits d’application de la loi sont mis au point et transmis aux collectivités et entreprises de Tthenáágó, Fort Liard, Łı́ı́dlı̨ı̨ Kų́ę́et Watson Lake.

Objectif 3.3 :

Assurer l’efficacité et l’efficience du programme de suivi de l’intégrité écologique.

Cibles :

  • Des ateliers bisannuels de suivi sont organisés avec les Dénés au cours des dix prochaines années.
  • L’examen stratégique du programme de suivi actuel est achevé d’ici 2023.
  • Les lacunes en matière de renseignements sur le caribou des bois (population des montagnes du Nord) sont comblées d’ici 2025.
  • La réserve de parc collabore avec ses partenaires autochtones de cogestion pour appuyer un programme de gardiens dirigé par la communauté d’ici 2025.

Objectif 3.4 :

Définir, surveiller et coter les indicateurs des ressources culturelles pour la prochaine évaluation de l’état du parc..

Cibles :

  • L’énoncé des valeurs relatives aux ressources culturelles est rédigé d’ici 2025.
  • Des priorités de gestion des ressources culturelles, y compris les critères pertinents, sont établies en collaboration avec l’Équipe du consensus de Nahʔą Dehé d’ici 2025.
  • Un plan de surveillance des ressources culturelles est élaboré pour tenir compte, dans les activités de recherche et de surveillance, d’éléments découlant du changement climatique d’ici 2025.

Stratégie clé :

Yundáa Gogha Tu Kˊehodí – Des eaux pour la vie

La protection des ressources en eau pour les générations futures représente une priorité absolue des Dénés, qui reconnaissent qu’une eau propre est essentielle à la santé et au bien-être. Le changement climatique, la gestion des déchets humains et les contraintes liées à l’exploitation des ressources adjacentes au parc pourraient avoir des répercussions sur les ressources et processus hydriques. Parcs Canada continuera de travailler en collaboration avec ses partenaires et les collectivités pour surveiller et orienter les mesures de gestion qui permettront de préserver la qualité de l’eau.

Objectif 4.1 :

La qualité de l’eau est essentielle à l’expérience culturelle des Dénés et à l’expérience des visiteurs en milieu sauvage vierge. Gérer la fréquentation du parc de manière à protéger la qualité de l’eau.

Cibles :

  • Une stratégie durable en matière de déchets humains est élaborée d’ici 2025.
  • Des critères sont établis pour déterminer les niveaux durables de fréquentation d’ici 2030.

Objectif 4.2 :

Protéger la qualité de l’eau de Nahʔą Dehé.

Cibles :

  • La surveillance des métaux lourds et des contaminants potentiels par rapport aux niveaux de référence se poursuit au cours des dix prochaines années.
  • Une technologie nouvelle et innovatrice pour mesurer la présence de poissons dans les cours d’eau est intégrée au programme de surveillance d’ici 2025.

6.0 Zonage et réserve intégrale désignée

6.1 Zonage

Le zonage est un outil de gestion important qui appuie la vision de Nahʔą Dehé en orientant les visiteurs vers les zones appropriées de la réserve de parc et en veillant à ce que les zones écologiques ou culturelles rares et sensibles soient protégées.

Le système de zonage des parcs nationaux de Parcs Canada est une méthode intégrée de classification des terres et des eaux dans un parc national. Il permet de désigner des endroits où des activités particulières peuvent être réalisées sur terre et sur l’eau, en fonction de la capacité de soutenir ces activités. Le système de zonage se divise en cinq catégories :

  • Zone I – Préservation spéciale;
  • Zone II - Milieu sauvage;
  • Zone III – Milieu naturel;
  • Zone IV - Loisirs de plein air;
  • Zone V - Services du parc.

Le plan de zonage de la réserve de parc national Nahanni est illustré sur la carte 3. Quatre des catégories du système de zonage s’appliquent à Nahʔą Dehé.

Carte 3 : Carte du zonage de la réserve de parc national Nahanni

 
Carte du zonage de la réserve de parc national Nahanni

Zone I – Préservation spéciale

La zone I est la catégorie qui assure le plus de protection au sein du système de zonage de Parcs Canada. Cette zone contient les secteurs de la réserve de parc qui comptent parmi les meilleurs exemples des caractéristiques représentatives de la région naturelle ou qui possèdent des caractéristiques naturelles ou culturelles exceptionnelles ou rares. Cette désignation sert aussi à protéger des secteurs trop fragiles pour y aménager des installations ou y accueillir un grand nombre de visiteurs. Dans les secteurs de zone I, la préservation est la principale préoccupation en matière de gestion. L’accès et la circulation motorisés sont interdits. Les caractéristiques naturelles peuvent faire l’objet d’activités d’interprétation menées à l’extérieur de la zone.

Il y a sept secteurs de zone I qui couvrent une superficie totale de 6,6 km2, ou 0,022 pour cent des terres, de la réserve de parc, à savoir :

  • Gahnįhthah – buttes de tuf : c’est le seul secteur de zone I de la réserve de parc où l’accès public est autorisé dans le cadre d’une randonnée guidée de 3,5 km
  • Grotte Valerie
  • Sources thermales Wildmint
  • Sources thermales Old Pots
  • Dépôts minéraux de la vallée Deadmen
  • Nintsi Daheda (creux de déflation sableux)
  • Chitu (lac Yohin)
  • Poljés
Zone II – Milieu sauvage

Les milieux sauvages de zone II visent à protéger des paysages naturels représentatifs où les visiteurs peuvent découvrir la nature avec un minimum d’intervention humaine ou d’installations. L’expérience du visiteur y est axée sur les activités non motorisées. L’accès et la circulation motorisés (p. ex. traverser cette zone en véhicule) y sont interdits. Toutefois, il est permis d’y avoir accès par aéronef, moyennant un permis d’accès aérien, aux aires d’atterrissage désignées (carte 4).

La grande majorité de Nahʔą Dehé se trouve dans la zone II et couvre environ 30 026 km2, ou 99,94 pour cent, de la réserve de parc.

Zone III – Milieu naturel

Les milieux sauvages de zone III sont gérés comme des milieux naturels qui permettent l’offre d’une gamme d’expériences aux visiteurs. Ces secteurs permettent aux visiteurs d’apprécier et de découvrir les caractéristiques naturelles et culturelles du parc grâce à des activités récréatives et éducatives de plein air nécessitant un minimum d’installations et de services.

Il existe deux secteurs de zone III à Nahʔą Dehé qui couvrent une superficie totale de 1,1 km2, ou 0,0004 pour cent, de la réserve de parc. L’utilisation et l’aménagement d’installations sont contrôlés à ces endroits, tout en permettant un accès aérien fréquent. Les secteurs de zone III sont les suivants :

  • Náįlįcho
  • Gahnįhthah Mįe
Zone IV – Loisirs de plein air

La désignation de zone IV vise des secteurs restreints pouvant permettre une utilisation plus intensive par les visiteurs et des installations importantes. L’accès direct par véhicules motorisés y est autorisé. Les routes minières y sont autorisées et aménagées à des fins particulières, tout accès nécessitant un permis à l’exception des utilisateurs traditionnels.

Une petite partie de la réserve de parc a été désignée zone IV, soit 10,6 km2, ou 0,035 pour cent, de sa superficie. Elle est désignée ainsi principalement en raison du fait qu’elle permet l’accès direct aux véhicules motorisés dans la zone de Ɂepé Nı̨narehɂá Ɂetenéɂ (sentier du passage du caribou/route d’accès d’Howard’s Pass), située dans la partie nord-ouest de la réserve de parc adjacente à la réserve de parc national Nááts'įhch'oh'. Selwyn détient un permis d’occupation antérieur au parc pour la route. Le zonage de Parcs Canada se distingue de tout processus de délivrance de permis requis pour le permis d’occupation de la route et la délivrance de permis d’activités restreintes. Des véhicules industriels circulent sur cette route. La route longe un tronçon de Łáhtanı̨lı̨ Dehé (aussi connue sous le nom de Petite rivière Nahanni). Important corridor récréatif pour les visiteurs, la rivière fait partie de la zone II, milieu sauvage. Ce secteur est important pour des espèces préoccupantes, comme le caribou des montagnes du Nord, car il comprend une partie des aires de mise bas, d’été et de rut des hardes de la Nahanni Sud. La densité de grizzlis est élevée dans ce secteur.

Il existe des considérations en matière de sécurité pour les déplacements sur la route. Pour cette raison, un permis d’activité restreinte est requis pour toute personne circulant dans le secteur de Ɂepé Nı̨narehɂá Ɂetenéɂ (sentier du passage du caribou/route d’accès d’Howard’s Pass) de Nahʔą Dehé ou Nááts'įhch'oh, à l’exception des utilisateurs traditionnels autochtones.

6.2 Création de réserves intégrales

L’objectif de désigner ainsi une partie du parc national consiste à préserver à perpétuité le caractère sauvage de ce secteur. Seules les activités qui ne risquent pas de porter atteinte au caractère sauvage de l’endroit peuvent être autorisées à l’intérieur de la réserve intégrale désignée de la réserve de parc national Nahanni.

En 2009, 98 pour cent des limites du site du patrimoine mondial de l’UNESCO ont été déclarées réserves intégrales, comme l’illustre la carte 3.

6.3 Accès par aéronef

L’accès à Nahʔą Dehé se fait principalement par voie aérienne, dans des zones d’atterrissage désignées (Figure 1) situées dans la zone II et la zone III, comme l’illustre la carte 4. Tous les permis sont assujettis au Règlement sur l’accès par aéronef aux parcs nationaux du Canada. Les compagnies de vols nolisés régionaux sont encouragées à réduire la perturbation de l’expérience des visiteurs en milieu sauvage en évitant les vols à basse altitude le long du corridor fluvial.

Le directeur peut autoriser au cas par cas l’accès par aéronef ailleurs qu’aux points d’accès désignés, suivant un processus de demande d’accès. Avant qu’un accès soit autorisé, certaines considérations seront prises en compte, notamment : les autres moyens raisonnables d’accès et la possibilité d’effets négatifs importants sur l’intégrité écologique, les valeurs culturelles, le caractère sauvage, la sécurité publique et la jouissance de ce secteur par d’autres personnes.

Designated Landing Areas
Emplacement Aéronef Activité
Hydravion Avion à roues Hélicoptère Accès et utilisation diurne Accès
Náįlįcho (chute Virginia) Y - Y Y Y
Gahnįhthah Mįe, (lac Rabbitkettle) Y - Y - Y
Bunny Bar Y Y Y - Y
Lac Island Y - Y - Y
Lac Honeymoon Y - Y - Y
Lac Glacier Y - Y Y Y
Lac Seaplane Y - Y - Y
Hole-In-the-Wall Y - Y - Y

Carte 4 : Zones d’atterrissage désignées de la réserve de parc national Nahanni

 
Zones d’atterrissage désignées de la réserve de parc national Nahanni

7.0 Résumé de l’évaluation environnementale stratégique

L’Agence Parcs Canada est chargée d’évaluer et d’atténuer les répercussions de ses mesures de gestion sur les écosystèmes et les ressources culturelles. La Directive du Cabinet sur l’évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes, rédigée par l’Agence canadienne d’évaluation environnementale, exige la tenue d’une évaluation environnementale stratégique de tous les plans et politiques soumis à l’approbation du Cabinet fédéral ou d’un ministre lorsqu’ils sont susceptibles d’avoir des effets importants sur l’environnement, qu’ils soient positifs ou néfastes.

Une évaluation environnementale stratégique a été entreprise pour le présent plan directeur, et les mesures de gestion qui s’y trouvent ont été ajustées en fonction des conclusions tirées. Voici le résumé de l’évaluation environnementale.

La portée de cette évaluation environnementale stratégique comprenait les terres situées à l’intérieur des limites de Nahʔą Dehé et tenait compte de l’influence des facteurs de stress externes pouvant avoir des effets à l’extérieur du parc. L’évaluation a porté sur une période de dix ans à compter de la date de mise en œuvre du plan directeur, à la suite de laquelle le plan sera revu. Les composantes valorisées évaluées par l’évaluation environnementale stratégique comprennent les composantes des écosystèmes d’eau douce, de forêt et de toundra, y compris les espèces en péril.

Il a été constaté que la plupart des composantes valorisées ne sont pas menacées par les effets cumulatifs, le changement climatique constituant le principal facteur de stress pour l’environnement naturel du parc. Une brève analyse des effets cumulatifs a été effectuée pour de nombreuses espèces, dont le caribou des bois (population des montagnes du Nord), le grizzli et le carcajou, puisque ces composantes valorisées font l’objet de multiples facteurs de stress. De plus, le plan directeur comprend des stratégies visant à comprendre les répercussions sur un certain nombre de composantes valorisées, notamment :

  • la collaboration, les partenariats et la communication faisant partie intégrante de la mise en œuvre de ce plan;
  • le travail effectué à Nahʔą Dehé avec d’autres intervenants pour aider à préserver l’intégrité écologique de la réserve de parc;
  • le renforcement des partenariats pour faire face aux nouveaux besoins et défis des dix prochaines années, tels que le changement climatique, les contraintes liées aux projets d’exploitation des ressources et la durabilité des biens;
  • l’intégration de recherches et de prévisions à jour sur le changement climatique dans les décisions de gestion des ressources naturelles et culturelles pour Nahʔą Dehé;
  • la collaboration avec des partenaires et les collectivités pour contrôler et orienter les mesures de gestion qui permettront de préserver la qualité de l’eau;
  • la gestion de la fréquentation du parc selon des niveaux durables ainsi que l’examen et le suivi réguliers des pratiques de gestion des déchets humains, y compris l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi des stratégies et des protocoles;
  • la participation régulière des collectivités locales aux programmes de contrôle de la qualité de l’eau et la communication claire des résultats aux collectivités locales et aux gestionnaires fonciers;
  • le renforcement des liens avec le parc et la compréhension accrue de celui-ci par l’augmentation de la présence des collectivités et des efforts de revitalisation culturelle pour les membres de la communauté.

Nahʔą Dehé (limites du parc désignées par l’UNESCO) est un site du patrimoine mondial. Les valeurs universelles exceptionnelles pour lesquelles il a été désigné ont été évaluées pour s’assurer que le plan directeur les protège adéquatement. L’Équipe du consensus de Nahʔą Dehé et les collectivités autochtones ont été consultées et leur rétroaction a servi à peaufiner à la fois le plan directeur et l’évaluation environnementale stratégique.