Les Dénés, le peuple autochtone de la région, et leurs ancêtres occupent le territoire de la réserve de parc national Nahanni et des environs depuis 10 000 ans. L’histoire riche et intéressante qui se transmet d’une génération de Dénés à l’autre par la tradition orale est étayée et décodée par les vestiges archéologiques découverts dans la région.

Avant l’arrivée des Européens, les Dénés se déplaçaient fréquemment dans la région du Deh Cho (fleuve Mackenzie). Ils assuraient leur subsistance principalement par la chasse, la pêche et le piégeage et se servaient d’une gamme variée d’outils tirés du milieu naturel environnant. Leur vie était intimement liée à la nature : ils suivaient les profils migratoires des animaux. Les hommes étaient principalement des chasseurs, et les femmes, des ménagères. En général, les Dénés se déplaçaient dans de petits groupes englobant la famille élargie, mais, quelques fois par année, de nombreux groupes se rassemblaient pour échanger des biens et célébrer. Ces festivités étaient souvent agrémentées d’une cérémonie d’alimentation du feu, d’un festin, d’une danse au son de tambours et de jeux de mains. Bon nombre de ces activités sont toujours pratiquées de nos jours, et les Dénés vous invitent à y prendre part.

Outre les Dénés – un peuple pacifique –, la tradition orale locale contient de nombreuses allusions à la tribu des Nahas, un peuple des montagnes connu pour ses violentes incursions dans les hameaux des basses terres adjacentes. Lorsque les Dénés de la vallée ont finalement décidé de se venger de leurs rivaux, ils ont envoyé des éclaireurs à la recherche du village naha, dans les montagnes de ce qui constitue aujourd’hui la réserve de parc national Nahanni. Ils l’ont repéré en empruntant le canyon en forme de fer à cheval qui se trouve près de Tło Dehé (ruisseau Prairie). L’endroit était isolé et difficile d’accès. Les Dénés sont rentrés chez eux pour ramener leurs guerriers. Ils sont restés en embuscade jusqu’à la tombée de la nuit, en prévision de l’attaque. Au milieu de la nuit, les guerriers dénés ont encerclé le hameau des Nahas, tout en s’approchant furtivement, prêts à l’offensive. Une fois parvenus tout près des tipis, ils ont ouvert l’entrée des tentes à toute vitesse, les armes à la main… mais personne n’était à l’intérieur. Silence. Les feux couvaient encore, les sacs de couchage étaient étendus sur le sol, mais il n’y avait pas âme qui vive. Les Nahas avaient complètement disparu. Après un certain temps, les Dénés ont entendu dire qu’un groupe avait soudainement disparu et s’était installé dans le pays désertique de l’extrême sud. Les similitudes actuelles entre les dialectes dénés locaux et la langue des Navajos du Sud des États-Unis en ont mené plusieurs à émettre l’hypothèse voulant que les Navajos soient les descendants des Nahas disparus.

Au XIXe siècle, la plupart des familles dénées ont renoncé à leur existence nomade pour s’établir dans des collectivités permanentes, souvent à proximité de postes de traite. C’est ainsi que des villages permanents ont vu le jour dans des secteurs comme Nahanni Butte, Fort Liard, Fort Simpson, Wrigley et Fort Norman. Le piégeage de subsistance est alors devenu une partie importante de la vie des résidents autochtones de la région.

À la fin du XIXe siècle, les Dénés des montagnes qui ne s’étaient pas sédentarisés descendaient chaque printemps la rivière Nahanni à bord d’embarcations faites de peaux d’orignal pour échanger les fourrures accumulées pendant l’hiver. Ces embarcations remarquables pouvaient faire 20 m de longueur. Faites de six à dix peaux d’orignal non tannées et cousues ensemble, puis étirées par-dessus une ossature en perches d’épinettes, elles transportaient des familles entières, leurs chiens et une cargaison de fourrures sur la rivière pendant les hautes eaux. À leur arrivée, l’embarcation était démontée, et les peaux, échangées avec les pelleteries. Après avoir fait la tournée des forts, les nomades retournaient à la montagne avec pour seuls bagages ce que pouvaient transporter leurs chiens de bât.

Aujourd’hui, la réserve de parc national Nahanni est gérée en collaboration avec l’Équipe du consensus Nahʔą Dehé, fruit d’une initiative conjointe de Parcs Canada et des Premières Nations du Deh Cho. Le parc conserve son statut de « réserve » dans l’attente du règlement des revendications territoriales autochtones dans la région. L’objectif consiste à gérer et à mettre en valeur le parc de manière écologique tout en respectant son histoire et ses liens avec les Autochtones. Si, pendant votre séjour, vous découvrez des vestiges archéologiques, prenez-les en photo, consignez-en l’emplacement, et signalez-les au bureau de Parcs Canada. Veuillez cependant laisser les objets là où vous les avez trouvés en les dérangeant le moins possible. Nous sommes toujours avides d’en apprendre davantage sur le passé de la région.