L’île de Sable est reconnue pour sa population de chevaux sauvages. Ces chevaux sont des descendants d’animaux introduits sur l’île dans les années 1700, et sont considérés comme un élément emblématique de l’île par bien des gens, qui leur attribuent une valeur patrimoniale naturelle et culturelle. La population actuelle compte environ 500 chevaux.

Adulte cheval avec jeune sur une dune de sable
D. Garside

Protection

En 1961, les chevaux de l’île de Sable ont obtenu une protection officielle en vertu du Règlement sur l’île de Sable afférent à la Loi sur la marine marchande du Canada et, depuis, ont persisté sans interférence humaine.
 
Lorsque l’île de Sable est devenue une réserve de parc national en 2013, et que Parcs Canada a commencé à assumer la responsabilité de la gestion de l’île, les chevaux ont été considérés comme une espèce naturalisée faisant partie intégrante de l’écosystème de l’île.
 
La désignation des chevaux en tant que population sauvage d’une espèce naturalisée – un animal vivant dans son habitat actuel depuis plus de 50 ans – est conforme à la définition du terme espèce sauvage énoncée par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) et à celle de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).
 
Les chevaux étant considérés comme une espèce naturalisée, ils sont maintenant protégés en vertu de la Loi sur les parcs nationaux du Canada et du Règlement sur la faune des parcs nationaux. Par conséquent, ils ne vivent pas et ne se reproduisent pas comme des animaux domestiqués et ne dépendent pas des humains pour survivre, et peu d’interventions sont donc requises pour gérer la population. Comme c’est le cas pour les autres espèces sauvages des parcs nationaux, les chevaux de l’île de Sable sont protégés de la chasse et de toute activité pouvant leur nuire ou les déranger, ils ne reçoivent aucun soin vétérinaire et il est interdit de les toucher, de les nourrir ou d’interagir avec eux de quelque façon que ce soit. Parcs Canada exige que quiconque se trouve en présence de chevaux sauvages sur l’île de Sable doit maintenir une distance de 20 m.
 
Durant les consultations menées à l’époque de la création du parc, Parcs Canada a reçu un message clair que le public souhaitait que le gouvernement fédéral accorde aux chevaux un niveau de protection uniforme et élevé.


Deux chevaux sauvages en buvant de l'eau d'un étangS. Medill

Écologie

La structure génétique des chevaux de l’île de Sable est très différente de celle de toute autre race ou population de chevaux, ce qui témoigne de la force de la sélection naturelle et de la dérive génétique qui ont influencé la population pendant plus de 250 ans. Ces chevaux se sont remarquablement bien adaptés à leur environnement rude.
 
Historiquement, la population de chevaux a fluctué entre 150 et 250 individus. Depuis l’avènement de sa protection en 1961, la population a augmenté lentement, et au cours des dernières années, elle variait entre 450 et 550 individus.
 
Les chevaux vivent généralement en petites familles, ce qui comprend un étalon dominant et une ou plusieurs juments et leurs rejetons. Les mâles demeurent souvent solitaires ou forment des groupes avec d’autres mâles (sans juments) ou des mâles plus jeunes.
 
Les chevaux se nourrissent principalement d’ammophiles, qui poussent en abondance et couvrent le tiers de la surface de l’île. Ils complètent leur alimentation avec diverses autres plantes, comme la gesse maritime, la sabline et même certaines algues rejetées sur la plage. 
 
Sur la partie ouest de l’île, les chevaux boivent dans les étangs d’eau douce, mais sur la partie est, il n’y a pas d’étangs, et les chevaux accèdent à l’eau souterraine en creusant des puits peu profonds dans le sable.
 
Le nombre de naissances et de décès de chevaux varie d’une année à l’autre, la moyenne étant de 76 naissances de poulains chaque année, habituellement à la fin du printemps, et de 64 décès par année, soit 12,4 % de la population (données des dix dernières années). La plupart des décès surviennent à la fin de l’hiver et au début du printemps, lorsque la disponibilité de nourriture est plus faible. Les décès sont aussi attribuables au climat humide, venteux et froid qui peut s’avérer difficile pour la population, ce qui est fréquent chez de nombreuses autres espèces sauvages. Les conditions météorologiques variables durant l’hiver peuvent avoir une incidence considérable sur les taux de naissance et de survie de la population d’une année à l’autre.

Un cheval sauvage sur une dune de sable herbeuseS. Medill

Gestion

Parcs Canada collabore avec des spécialistes pour mener des recherches sur les chevaux et leur rôle écologique sur l’île de Sable ainsi que des activités de surveillance connexes. L’Agence s’intéresse également aux autres espèces d’animaux et de plantes, et les données recueillies l’aident à établir les priorités et orientent les mesures de conservation.
 
Parcs Canada ne contrôle pas et ne gère pas activement la population de chevaux. Comme il n’y a pas de risque immédiat pour la population, Parcs Canada n’envisage pas d’aider les chevaux sauvages à survivre, et il n’est pas prévu de les retirer de l’île de Sable.

Si de nouvelles données laissent croire que les chevaux sont en péril, Parcs Canada évaluera les options à sa disposition pour assurer leur protection.

Parcs Canada continuera de travailler en étroite collaboration avec les chercheurs et les partenaires pour surveiller la santé de la population de chevaux sauvages ainsi que d’autres aspects de l’écologie de la réserve de parc national de l’ÎledeSable, dans le cadre d’un effort continu pour préserver l’intégrité écologique de l’île.