Protéger l'héritage de la pruche de Kejimkujik, Parc national et lieu historique national Kejimkujik

La forêt acadienne

Le parc national et lieu historique national Kejimkujik se trouve dans la région de la forêt acadienne, une forêt unique et complexe où des espèces d’arbres des régions tempérées, dont l’aire de répartition s’étend au sud vers l’Ontario et les États-Unis, côtoient des espèces boréales plus nordiques.

L’activité humaine a radicalement transformé ces forêts au cours des deux cents dernières années. Les agriculteurs ont abattu les feuillus sur les collines, et les bûcherons ont coupé les pins blancs et les épinettes rouges de grande taille, puis récolté du bois pour en faire de la pâte à papier.

Aujourd’hui, les menaces qui pèsent sur la forêt acadienne du parc national et lieu historique national Kejimkujik sont les changements climatiques et les espèces envahissantes.

La pruche du Canada, l’arbre emblématique du parc national et lieu historique national Kejimkujik

La pruche du Canada, l’une des espèces d’arbres qui ont la plus longue vie dans l’Est de l’Amérique du Nord, forme des peuplements qui comptent parmi les dernières forêts anciennes de la Nouvelle-Écosse. La pruche est une espèce fondamentale de la forêt acadienne, car elle remplit des fonctions écologiques particulières et crée ses propres conditions environnementales. La pruche soutient les oiseaux nicheurs, offre une couverture thermique aux animaux sauvages en hiver et protège les écosystèmes aquatiques en régularisant les débits d’eau, en empêchant l’érosion et en faisant de l’ombre aux ruisseaux.

Les pruches et les forêts fraîches et ombragées qu’elles créent sont un élément essentiel de l’expérience du parc national et lieu historique national Kejimkujik; bon nombre de nos installations pour les visiteurs sont situées dans des boisés de pruches.

La menace : le puceron lanigère de la pruche

Le puceron lanigère de la pruche sur le côté inférieur d'une branche de pruche

Le puceron lanigère de la pruche est un insecte exotique (ou non indigène) envahissant qui endommage et tue les pruches du Canada. Le Sud-Ouest de la Nouvelle-Écosse est le premier endroit au pays où l’on trouve une population établie de ce puceron, et depuis sa détection en 2017, Parcs Canada et ses partenaires ont formé un groupe de travail multilatéral pour échanger des renseignements et réagir à cette nouvelle menace dans une optique régionale.

Le puceron lanigère de la pruche a été détecté au parc national et lieu historique national Kejimkujik en 2018, et les forêts du parc changent rapidement et montrent des signes de déclin. Le puceron lanigère de la pruche n’a pas de prédateur naturel connu en Nouvelle-Écosse, et le processus d’introduction d’agents de biocontrôle est encore au stade expérimental. Il faudra attendre au moins 10 ans avant que cette option ne puisse être envisagée. Les scientifiques prévoient que cet insecte fera mourir jusqu’à 80 % de toutes les pruches se trouvant dans le Sud-Ouest de la Nouvelle-Écosse d’ici 2030.

Des mesures de gestion adaptative sont requises pour ralentir la propagation du puceron et accroître la résilience des pruches.

Que fait Parcs Canada à ce sujet?

Le contrôle de l’importation du bois de chauffage est une mesure importante pour protéger la forêt, réduire la propagation et l’infestation de pucerons et limiter l’introduction d’autres insectes envahissants. Parcs Canada a interdit l’importation de bois de chauffage en 2018; seul le bois de chauffage acheté dans le parc est permis.

Parcs Canada a élaboré un projet quinquennal qui lui permettra de mieux connaître le puceron lanigère de la pruche, d’accroître la résilience des forêts de pruches infectées par le puceron, de ralentir la propagation de cette espèce envahissante en cours au parc national et lieu historique national Kejimkujik et ailleurs, et de limiter les répercussions du puceron lanigère de la pruche sur les forêts anciennes du parc national et lieu historique national Kejimkujik. Le projet de Parcs Canada visant le puceron lanigère de la pruche contribuera également à protéger les installations et les expériences des visiteurs au terrain de camping de la baie Jeremy, dans l’aire de fréquentation diurne des Chutes-Mills et dans le sentier de la pruche et des feuillus. Parcs Canada a entrepris un processus de consultation auprès des Mi’kmaq de la Nouvelle-Écosse en vue de comprendre comment les méthodes traditionnelles d’acquisition de connaissances sur les terres et les visions du monde des Autochtones pourraient servir à améliorer les mesures de gestion.

Recherche

Depuis 2018, le personnel surveille les peuplements de pruches prioritaires dans l’ensemble du parc afin de déterminer l’étendue et la gravité des infestations par le puceron lanigère de la pruche. En 2020, le personnel a commencé à consigner les conditions de santé de base de la couronne des pruches afin de déterminer les répercussions actuelles des infestations par le puceron et le rythme du déclin au parc national et lieu historique national Kejimkujik. Ces relevés ont révélé des arbres qui changent rapidement dans l’ensemble du parc et qui montrent des signes de déclin, y compris dans le terrain de camping de la baie Jeremy. 

Le parc national et lieu historique national Kejimkujik s’est associé à l’Université Acadia et au Service canadien des forêts pour mener des recherches sur divers outils de gestion active qui pourraient aider à atténuer les répercussions du puceron. Cette recherche en est encore au stade préliminaire, mais elle semble prometteuse pour l’avenir. 

Prochaines étapes

Parcs Canada se préoccupe au plus haut point de l’impact du puceron lanigère sur la pruche dans le terrain de camping de la baie Jeremy. Le couvert forestier du terrain de camping est dominé par la pruche du Canada et le niveau d’infestation par le puceron varie de modéré à élevé partout. Parcs Canada a adopté une approche de gestion active à cet endroit en ayant recours à la sylviculture réparatrice pour favoriser la transition de la forêt où la pruche est dominante vers une forêt de feuillus plus résiliente. Cette approche comprend la coupe de pruches et la plantation de gaules d’autres essences d’arbres, notamment le chêne rouge, le bouleau jaune, l’érable à sucre et le pin blanc.

Parcs Canada propose d’aider la forêt à se diversifier au cours des deux prochaines années :

  • En éliminant 30 % des pruches (3 500) afin d’accroître la luminosité sur le sol forestier et de promouvoir l’établissement d’autres espèces plus résilientes. L’augmentation des niveaux de luminosité peut également ralentir la propagation du puceron lanigère de la pruche et réduire sa population globale, tout en améliorant la santé des pruches restantes. En 2021, nous avons enlevé environ 1 000 pruches du terrain de camping de la baie Jeremy et déterminé les zones de plantation d’arbres et de remise en état.
  • En plantant ou en transplantant 2 000 nouveaux arbres d’autres essences, par exemple des feuillus comme le chêne rouge, le bouleau jaune ou l’érable à sucre et des résineux comme l’épinette rouge et le pin blanc.

Apprenez-en davantage sur l’évolution de la forêt du terrain de camping de la baie Jeremy, ce qu’elle représente pour les campeurs et ce que vous pouvez faire pour aider

Le plan de projet quinquennal proposé par Parcs Canada pour gérer les forêts du parc national et lieu historique national Kejimkujik comprend la mise en œuvre de traitements sylvicoles et la mise à l’essai d’un insecticide chimique dans des peuplements de pruches du parc national et lieu historique national Kejimkujik, qui sont jugés prioritaires et ont été sélectionnés avec soin. Ce plan prévoit, à l’automne 2021, le traitement de 1 500 arbres situés dans plusieurs secteurs prioritaires, notamment près du sentier de la pruche et des feuillus. Chaque arbre serait traité au moyen de l’insecticide, qui serait injecté dans les tiges.

En raison de la complexité des mesures de gestion proposées, Parcs Canada, au titre de la Loi sur l'évaluation d'impact, a effectué une évaluation d'impact détaillée (EID) pour évaluer les impacts négatifs potentiels du plan de projet. Le projet n'est pas susceptible d'avoir des effets négatifs importants sur l'environnement et intègre maintenant des mesures d'atténuation supplémentaires basées sur les commentaires au cours du processus de consultation.

Le plan de projet quinquennal proposé par Parcs Canada pour gérer les forêts de Kejimkujik se déroulera en automne 2021 tel que proposé.

Ressources :

Initiative des pruches de la Nouvelle-Écosse (en anglais seulement)