Kejimkujik abrite un écosystème d’eau douce sain

Que ce soit pour la baignade, le canotage ou la pêche, des milliers de visiteurs profitent chaque année de la beauté naturelle des lacs et rivières du parc national Kejimkujik. Bien que ces nombreuses étendues d’eau douce soient colonisées par des centaines d’espèces différentes, chacune a un rôle important à jouer dans l’écosystème. L’eau douce dans le parc Kejimkujik est essentielle à la survie de plusieurs espèces en péril, dont la tortue mouchetée, la tortue serpentine, la couleuvre mince et l’anguille d’Amérique. L’écosystème d’eau douce de Kejimkujik n’est pas exempt de menaces environnementales; les effets de la pluie acide se font sentir depuis longtemps, et la présence d’espèces de poissons envahissantes se répercute sur l’écosystème d’eau douce.


Menace : Présence d’espèces de poissons envahissantes, dont le brochet maillé

Parcs Canada joue un rôle important : il aide à atténuer les effets des espèces envahissantes sur les écosystèmes, grâce à des mesures de protection et de restauration, en permettant aux écosystèmes de devenir sains et résilients, et il contribue au rétablissement d’espèces en péril.

En 2018, Parcs Canada a confirmé la présence du brochet maillé, une espèce envahissante de l’écosystème aquatique du parc. Le brochet maillé est un poisson prédateur dont l’aire de répartition naturelle se situe dans l’est des États-Unis, de la Floride au sud-ouest du Maine, à l’est des Appalaches. Le brochet maillé a été introduit illégalement en Nouvelle Écosse en 1945, et s’est depuis propagé par l’expansion de son aire de répartition et les introductions illégales dans la majeure partie de la province.

Le brochet maillé peut avoir des effets néfastes considérables sur les écosystèmes d’eau douce. C’est un prédateur vorace qui chasse très efficacement à l’affût et qui se nourrit de presque tout ce qu’il trouve dans l’eau. En plus d’exercer une prédation directe sur l’omble de fontaine, le brochet maillé fait également concurrence à cette espèce pour la nourriture. Le brochet maillé est connu comme une espèce se nourrissant de poissons, d’invertébrés, d’amphibiens, de tortues naissantes, d’oisillons de sauvagine et de mammifères de toutes sortes trouvés dans l’eau. 

Une population de brochets maillés peut considérablement miner un écosystème d’eau douce, tout spécialement les petits lacs. Nous prenons actuellement des mesures pour contrer les effets de cette population, lorsque c’est possible, et nous étudions les répercussions au meilleur de nos connaissances. En outre, nous avons commencé à protéger des bassins hydrographiques du parc Kejimkujik. 
 

Quelles mesures prenons-nous?

Prévenir l’introduction

Il est évident qu’il ne sera pas possible de protéger en permanence la totalité du territoire du parc ou du réseau de la rivière Mersey. La rivière est très vaste et comporte de multiples accès, le cours supérieur de la rivière Mersey n’est pas situé dans les limites du parc, et son réseau est déjà compromis par la présence dans le parc de l’achigan à petite bouche en amont. Il s’agit d’un problème à grande échelle qui n’est pas propre à Kejimkujik, et nous travaillons avec des partenaires pour accroître la sensibilisation et explorer des options de gestion.

Parcs Canada a mené une évaluation des risques et déterminé quels secteurs du parc pouvaient être protégés avec succès à long terme. Dès qu’il a appris la présence du brochet maillé dans le parc en 2018, Parcs Canada a emprunté une barrière à poissons temporaire à Pêches et Océans Canada et l’a installée dans le parc pour empêcher cette espèce envahissante d’entrer dans une zone particulière du parc. 

Parc national et lieu historique national Kejimkujik.

Une barrière à poissons temporaire à parc national et lieu historique national Kejimkujik.

En 2019, Parcs Canada a installé avec succès deux barrières sur le ruisseau Cobrielle pour empêcher le passage d’espèces envahissantes en amont vers les lacs Cobrielle et Mountain. Sur le plan de l’écologie, les lacs Mountain et Cobrielle sont uniques dans le parc Kejimkujik : il s’agit de lacs d’eaux limpides, et le lac Mountain occupe le deuxième rang des lacs les plus profonds. Nous travaillerons au ruisseau Cobrielle au printemps et à l’automne 2020 afin de faire passer les poissons indigènes par-dessus la barrière et d’évaluer les déplacements du brochet maillé. 

Éradication d’espèces envahissantes et protection accrue des poissons indigènes

En consultation avec les intervenants ainsi que les partenaires municipaux, provinciaux et fédéraux, nous avons mis en œuvre un nouveau règlement sur la pêche afin de protéger les espèces de poissons indigènes du parc. Il s’agit notamment de  la remise à l’eau obligatoire des espèces de poissons indigènes dans l’ensemble du parc, et la conservation obligatoire des poissons d’espèces envahissantes.

Depuis 2014, nous collaborons avec le ministère de la Pêche intérieure et de l’Aquaculture de la Nouvelle Écosse afin d’éradiquer une population d’achigans à petite bouche, illégalement introduite au lac Cannon, immédiatement à l’extérieur des frontières du parc. Ces efforts d’éradication ont été extrêmement efficaces : aucun achigan à petite bouche n’a été repéré dans le parc, et la population d’achigans à petite bouche qui vit aujourd’hui dans les eaux du lac Cannon équivaut environ au dixième de celle de 2014. Cette réussite concernant l’achigan à petite bouche nous porte à croire que nous pouvons apporter des améliorations concrètes et atténuer certains des effets néfastes de la population de brochets maillés dans le parc Kejimkujik. 

Les mesures prises en 2019 pour éradiquer le brochet maillé des eaux visaient surtout les lacs Loon et Grafton; 115 brochets maillés ont été capturés par le personnel du parc et les bénévoles [lien vers le personnel et les bénévoles.]

Et ensuite?

En collaboration avec les partenaires mi'kmaq, nous avons travaillé à la détermination des meilleures solutions à long terme possibles afin d’aider à protéger le parc des espèces de poissons envahissantes.

Durant la saison de pêche de 2020, il y aura des efforts d’éradication plus concentrés dans certains lacs, ainsi qu’une surveillance accrue des effets de la population de brochets maillés sur notre écosystème d’eau douce. La surveillance et l’évaluation des populations de poissons indigènes ainsi que la surveillance des libellules, des demoiselles et des amphibiens nous permettront de recueillir des données qui nous seront très utiles pour faire des comparaisons entre des lacs présentant des niveaux variés d’invasion de brochets. 

En collaboration avec des chercheurs de l’Université Acadia et de l’Université Saint Mary’s, nous analysons la chaîne alimentaire afin de mieux comprendre la cascade d’effets de l’invasion de brochets maillés dans l’écosystème et de mettre au point notre future stratégie de gestion des eaux douces. 


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