La région forestière acadienne comprend des peuplements isolés dans les basses terres de la frange côtière et dans les profondes vallées protégées. Ces peuplements sont coupés les uns des autres par les montagnes. Le parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton protège seulement 10 % de la forêt acadienne dans l'écosystème du nord du Cap-Breton.

Les représentants de la forêt acadienne

La forêt acadienne adulte comprend un mélange de feuillus et de conifères. Les différents peuplements ont une composition qui peut varier considérablement. Dans certaines vallées, on ne trouve que des feuillus au lieu d'un mélange aux proportions variables. Au Cap-Breton, les représentants les plus fréquents de la forêt acadienne comprennent l'érable à sucre, le merisier, le hêtre américain, le sapin baumier et la pruche. Ailleurs, dans d'autres forêts acadiennes, on pourra voir l'épinette rouge, le chêne rouge, le frêne blanc, le pin blanc et l'ostryer de Virginie. Le nord du Cap-Breton représente la limite nord-est pour plusieurs feuillus, comme le hêtre américain, l'orme blanc et l'érable à sucre.

Une végétation luxuriante

La forêt acadienne est très diversifiée et présente un épais tapis de petits arbres, de buissons et de plantes d'ombre. Les lichens poussent sur les arbres et les roches, de même que les mousses qui se retrouvent aussi au sol. Dans les peuplements adultes, les arbres sont parfois très grands et leurs troncs peuvent mesurer un mètre de diamètre. Des plantules et des arbrisseaux parsèment le tapis forestier ombrageux, attendant que s'abatte un arbre adulte pour profiter de l'éclaircie et grandir à leur tour. L'arbre vigoureux peut vivre de 100 à 300 ans dans la forêt acadienne.

Des fleurs sauvages hâtives côtoient les arbrisseaux et profitent de tout l'ensoleillement possible avant l'épanouissement du feuillage qui formera un parasol pendant le reste de la belle saison. Les végétaux représentatifs de la forêt acadienne comprennent l'onoclée sensible, le bois barré, le chiogène hispide et l'épigée rampante. La forêt acadienne abrite aussi quelques végétaux plus courants dans l'est des États-Unis, comme le streptope rose, la dicentre à capuchon et la dentaire.

Pour ce qui est de la faune, le région forestière acadienne est l'habitat du cerf de Virginie, du renard roux, du lynx roux, de la souris sylvestre, de la musaraigne cendrée, du viréo aux yeux rouges, du geai bleu, de la paruline flamboyante et du merle d'Amérique.

Les peuplements anciens de feuillus

La vallée de Grande Anse du parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton est réputée mondialement pour ses peuplements anciens de feuillus et plus particulièrement pour une forêt très homogène d'érables à sucre plus que centenaires.

La protection des peuplements anciens de feuillus est pleinement justifiée. Premièrement, il reste très peu de ces témoins naturels du passé dans l'est de l'Amérique du Nord, en raison d'une exploitation forestière intensive. Deuxièmement, les peuplements anciens recèlent des espèces diversifiées et sont l'habitat de plusieurs végétaux et animaux particuliers, comme le moqueur chat, la dicentre à capuchon (une plante méridionale) et le lichen pulmonaire pour n'en nommer que quelques-uns. Enfin, les forêts de feuillus du nord du Cap-Breton sont isolées naturellement les unes des autres, dans des vallées et dans les basses terres de la frange côtière. Les forêts des basses terres sont fragilisées par les activités humaines, l'infrastructure touristique et les coupes à blanc. Le parc national assure la protection et la conservation la plus naturelle possible des peuplements anciens de feuillus pour les générations actuelles et à venir.

Il se peut que la forêt ancienne de la vallée de Grande Anse souffre de la pollution imputable à la circulation routière dans la vallée. C'est pourquoi le personnel du parc national surveille les niveaux d'ozone dans la région.