Son histoire

Le saumon de l’Atlantique est fascinant. Il est à l’aise tant en eau salée qu’en eau douce, il a un odorat très développé et il change de couleur! Il vit de nombreuses années en mer et parcourt de longues distances pour retourner frayer dans la rivière où il est né. Il doit aussi surmonter des menaces comme les maladies, la surpêche, les changements climatiques et la perte d’habitats. Dans la lutte pour assurer sa survie, le saumon de l’Atlantique a besoin d’aide.

Parcs Canada surveille la population de saumons adultes du ruisseau Clyburn, dans le parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton, depuis plus de 30 ans et a observé un déclin prononcé de la population de la rivière depuis 1995. Les données recueillies au fil des ans révèlent que l’espèce est en difficulté.

Chez le saumon de l’Atlantique, on observe une mortalité élevée entre le stade de saumoneau et le stade adulte (c’est-à-dire lorsque le poisson vit dans l’océan). Il est donc très important de comparer le nombre de saumoneaux qui migrent vers l’océan et le nombre de poissons adultes qui en reviennent. Si les saumons ne revenaient pas y frayer, la population du ruisseau Clyburn ne pourrait se maintenir et elle disparaîtrait.


Le projet

Le saumon de l’Atlantique du ruisseau Clyburn est en voie de disparition. Les dénombrements de saumons adultes indiquent que la population de la rivière a chuté de plus de 95 % depuis 1991. En tant que chef de file reconnu en matière de conservation, Parcs Canada participe activement au rétablissement du saumon de l’Atlantique dans le ruisseau Clyburn.

Nous travaillons à mettre en œuvre une stratégie de rétablissement du saumon, en collaboration avec les Mi’kmaq, le milieu universitaire et d’autres partenaires. Cette stratégie vise à accroître la population de saumons adultes reproducteurs et à restaurer l’écosystème aquatique du ruisseau Clyburn.

Au cours de ce projet de cinq ans (2019-2024), Parcs Canada mène des recherches pour estimer l’effectif à différents stades du cycle de vie de l’espèce, cartographier l’habitat accessible au saumon et réaliser des analyses génétiques, afin de mieux comprendre la diversité des populations de saumon dans les rivières du parc et d’une rivière à l’autre.

De plus, grâce à une étroite collaboration avec l’Université Dalhousie, ce projet permettra le rétablissement de saumons sauvages juvéniles et l’augmentation du nombre de montaisons naturelles d’adultes. Des saumons juvéniles d’origine sauvage sont recueillis dans le ruisseau Clyburn et transportés aux installations piscicoles du laboratoire Aquatron, à l’Université Dalhousie. Les saumons de l’Atlantique y sont élevés jusqu’à l’âge adulte puis relâchés dans le ruisseau Clyburn.

La sensibilisation des Canadiens et des visiteurs du parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton au projet est l’un des principaux éléments livrables de celui-ci. Parcs Canada conçoit de nouvelles expériences pour les visiteurs ainsi que des activités de participation du public afin de mieux faire connaître le sort du saumon.

Le parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton collabore, à l’échelle régionale, avec quatre autres parcs nationaux du Canada atlantique et des partenaires autochtones, le milieu universitaire, des parties intéressées et tous les ordres de gouvernement, afin de coordonner les efforts de rétablissement du saumon de l’Atlantique dans le ruisseau Clyburn. Pour obtenir un complément d’information sur le projet régional Rétablissement du saumon dans les parcs de l’Atlantique, visitez Rétablissement du saumon dans les parcs de l'Atlantique.

Un processus en cinq étapes

Ce projet de cinq ans au ruisseau Clyburn comporte la collecte de saumons juvéniles d’origine sauvage et leur élevage en captivité, dans le but d’accroître la population d’adultes reproducteurs dans la rivière. Il s’agit d’un processus global, en cinq étapes :

  • Collecte de saumoneaux durant la migration de printemps (mai-juin)


    De la mi-mai à la fin de juin, notre équipe recueille des saumons juvéniles (saumoneaux) du ruisseau Clyburn pour les transporter au laboratoire Aquatron de l’Université Dalhousie. Les saumons sont capturés au moyen de verveux à ailes, pour être dénombrés et préparés pour le transport vers l’installation piscicole. Les saumons capturés sont conservés dans leur habitat, à l’intérieur d’un réservoir-vivier, avant leur transport.


    Migration de saumoneaux Migration de saumoneaux
  • Transport des saumoneaux au laboratoire Aquatron de l’Université Dalhousie


    Le laboratoire Aquatron de l’Université Dalhousie (Aquatron) est un laboratoire aquatique de classe mondiale, la plus vaste installation universitaire en son genre au Canada. L’Aquatron travaille avec différents clients dans le monde, dont des professeurs et des étudiants de l’Université Dalhousie, le gouvernement et des entreprises privées de divers secteurs.

    Des techniciens qualifiés d’Aquatron transportent les poissons du parc national des Hautes Terres du Cap-Breton au laboratoire de l’organisme, à Halifax. À leur arrivée, les poissons sont introduits dans leur réservoir avec grand soin afin de maintenir leur niveau de stress au minimum. Puisque ce sont des poissons sauvages, l’étape suivante est de les entraîner à consommer la nourriture que leur sert le personnel d’Aquatron. Le personnel sanitaire surveille l’état de santé des poissons et fait rapport au vétérinaire de l’Université.

  • Saumoneaux élevés jusqu’à l’âge adulte


    L’Aquatron comporte diverses installations, dont un bon nombre de petits laboratoires expérimentaux et de grands bassins d’eau de mer, le volume de certains atteignant celui d’une piscine olympique.

    Les saumons de l’Atlantique de Parcs Canada sont conservés dans deux des laboratoires expérimentaux spécialisés. Chaque laboratoire est équipé de réservoirs-viviers où sont conservés les saumons. Les laboratoires expérimentaux et les réservoirs sont munis de systèmes de soutien de la vie aquatique spécialisés qui assurent le contrôle et le traitement de la qualité de l’eau pour les poissons. Les systèmes de chaque laboratoire peuvent contrôler la température de l’eau, le débit et d’autres paramètres, afin d’assurer la protection du poisson. Ces systèmes informatisés peuvent joindre le personnel d’Aquatron en tout temps. Si un changement indésirable survient dans le système, les techniciens en sont avertis et interviennent aussitôt.

    Les besoins particuliers d’un projet de ce genre nécessitent la participation d’un partenaire spécial qui est en mesure de développer la population de saumons. Il faut notamment un plan de biosûreté, l’accès à un vétérinaire, un contrôle des paramètres de l’eau et des installations de quarantaine. Parcs Canada a l’avantage de travailler avec le laboratoire Aquatron de l’Université Dalhousie, ce qui lui permet de bénéficier en plus de la présence de chercheurs universitaires susceptibles de collaborer au projet.

  • Lâcher de saumons adultes dans le ruisseau Clyburn


    Les saumons parvenus à pleine maturité sont retournés dans le ruisseau Clyburn. Le saumon sauvage remonte la rivière à la fin de l’automne, généralement en novembre. C’est aussi à ce moment que le saumon élevé à l’Aquatron est réintroduit dans le cours d’eau. Le saumon est transporté dans un réservoir-vivier des installations d’Aquatron jusqu’au cours supérieur du ruisseau Clyburn.

    Pour garantir une transition en douceur, nous effectuons le lâcher dans un lieu où se trouvent des fosses profondes et de nombreux endroits où le poisson peut se cacher. Le poisson n’a pas fréquenté cette rivière depuis plus d’un an et a besoin de temps pour explorer les lieux et s’y sentir à l’aise!

    Le lâcher n’est pas sans rappeler l’introduction d’un poisson dans un aquarium. De l’eau de la rivière est ajoutée graduellement dans le réservoir, pour que le poisson s’adapte aux nouvelles conditions. Lorsque la composition chimique de l’eau du réservoir correspond à celle de la rivière, le saumon peut être relâché dans la rivière en toute sécurité. L’équipe de conservation exerce une surveillance durant un moment. Il ne reste alors qu’à souhaiter bonne chance aux nouveaux arrivants, qui vont rejoindre les autres saumons frayants.

    Nous espérons revoir ces saumons au cours de prochains relevés en apnée et découvrir leur progéniture parmi les juvéniles.

  • Dénombrement des saumons adultes


    L’équipe de conservation des ressources de Parcs Canada au parc national des Hautes Terres du Cap Breton nage avec les saumons du ruisseau Clyburn depuis 1985. Chaque automne, le saumon adulte revient frayer dans la rivière. Lorsque les conditions sont idéales, les membres de l’équipe revêtent leur combinaison de plongée et leur tuba et nagent en surface pour dénombrer les poissons.

    Le dénombrement des saumons adultes qui remontent la rivière pour y frayer est d’une importance cruciale pour surveiller la santé de la population. Si les saumons ne revenaient pas y frayer, la population ne pourrait être maintenue et elle disparaîtrait.

    L’équipe vérifie aussi le nombre et l’état corporel des juvéniles dans la rivière. Elle peut ainsi suivre l’évolution de la population tout au long de son cycle de vie.


    Nager avec les saumons Nager avec les saumons

Le cycle de vie du saumon de l'Atlantique

 

Le cycle de vie du saumon de l'Atlantique 

 

Saviez-vous que le cycle de vie du saumon de l’Atlantique comporte sept stades? C’est vrai. Les sept stades sont : œuf, alevin, fretin, tacon, saumoneau, adulte, charognard.

Œuf – Le saumon entreprend sa vie sous la forme d’un petit œuf rond, de couleur orange, dans une rivière d’eau douce. Les œufs se trouvent souvent sous le couvert de petites pierres.

Alevin – Après quelques mois, les œufs éclosent pour libérer de minuscules saumons : les alevins. Les alevins se dissimulent dans le gravier, à l’abri des prédateurs.

Fretin – De quatre à six semaines plus tard, les alevins sont devenus des fretins. Bien qu’ils soient encore très petits, ils quittent leur abri de gravier et commencent à se nourrir de créatures minuscules.

Tacon – – À un an, le saumon amorce le stade de tacon. Il vit dans les rivières d’eau douce pour une période d’un à cinq ans. Il se nourrit d’insectes et se développe pour atteindre la taille d’un crayon de cire.

Saumoneau – Le tacon devient ensuite saumoneau, d’une longueur de 11,43 à 24,13 cm. Il nage en aval, vers l’endroit où la rivière se jette dans l’océan, dans un mélange d’eau douce et d’eau de mer.

Adulte – Le saumon adulte vit dans les mers d’eau salée et les océans. Il parcourt des centaines de kilomètres, se nourrit de petits poissons et grossit. Après quelques années, entre avril et novembre, les poissons adultes retournent dans la rivière d’eau douce où ils sont nés. La tâche n’est pas facile. Ils doivent nager en amont, à contre-courant, pour aller frayer.

Charognard – Un charognard est un saumon qui s’est reproduit l’automne précédent et qui a hiverné dans la rivière. Au printemps, il retourne à l’océan, après la fonte des glaces.


Participez! Renseignez-vous!

Pour vous renseigner sur le projet de rétablissement du saumon au parc national des Hautes Terres du Cap-Breton, veuillez vous adresser à pc.cbinfo.pc@canada.ca ou 902-224-2306.

 

Pour en apprendre davantage :