Les animaux sont considérés comme étant en surpopulation lorsque leur nombre s'accroît de façon anormalement élevée et commence à avoir des répercussions négatives sur la santé de l'écosystème qui les abrite. Après plus de 15 années de projets de recherches et d'observation, le parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton a pu déterminer que les orignaux sont en surpopulation et présentent une menace sérieuse pour les écosystèmes forestiers présents à l'intérieur même du parc national.

Pour tenter de réhabiliter la forêt boréale et préserver la diversité de l'écosystème forestier, un programme visant à réduire la population d'orignaux dans le parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton a été mis en place à l'automne 2015. En effet, la population actuelle d'orignaux dans le parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton n'est pas viable.
La population actuelle d'orignaux dans le parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton n'est pas viable.

Un relevé de la population d'orignaux effectué en mars 2015 estimait que la densité d'orignaux présents dans le parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton était de quatre fois la quantité que la forêt boréale du parc était en mesure d'accueillir. Si les conditions ne changent pas, nous continuerons de perdre notre forêt boréale pour les générations d'aujourd'hui et de demain.

En 2012, suite à l'approbation du Plan de gestion de la surpopulation d'orignaux, Parcs Canada et les Mi’kmaq de la Nouvelle-Écosse ont conclu un arrangement intérimaire qui indique les secteurs dans lesquels les deux organisations aimeraient travailler ensemble (l'arrangement intérimaire a été renouvelé en 2017). Ceci encourage Parcs Canada à collaborer avec les Mi’kmaq de la Nouvelle-Écosse dans des domaines d'intérêt commun tels que les ressources naturelles et culturelles, la consultation, l'entrée/l'accès au parc, la cueillette de plantes et autres objets naturels ainsi que la création de comités consultatifs. Dans le cadre de cet accord, les Mi'kmaq de la Nouvelle-Écosse bénéficient de l'accès prioritaire à la récolte des espèces fauniques en surpopulation dans le parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton. 

Foire aux questions

  1. Quel est l’impact de l’orignal sur la forêt boréale du parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton?

    L’infestation massive de la tordeuse des bourgeons de l’épinette dans les années 1970-1980 a tué des arbres matures dans de vastes zones de la forêt boréale. Les jeunes arbres qui ont poussé par la suite étaient la nourriture préférée de l’orignal, et la population a augmenté de façon si importante que les orignaux ont ralenti la régénération naturelle de la forêt, transformant de grandes surfaces en terres herbeuses. Ce changement ne se produit pas naturellement dans la forêt boréale et de nombreux animaux et plantes boréales ont été touchés. Beaucoup d’autres espèces dépendent de forêts boréales saines, y compris les espèces en péril telles que la grive de Bicknell, la martre d’Amérique, qui est rare dans la province, et le lynx du Canada.

  2. En quoi consiste la surpopulation?

    Un animal est considéré en surpopulation lorsque sa population augmente d’une manière qui n’est pas naturelle et commence à avoir un impact négatif sur d’autres espèces et sur la santé de l’écosystème. Une forêt saine et équilibrée peut typiquement soutenir 0,5 orignaux/km2. La densité estimée dans le parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton est de 1,9 orignaux/km2 et l’écosystème forestier est durement touché par ces chiffres élevés. Cette situation nous préoccupe énormément, et c’est pourquoi nous prenons des mesures comme la récolte d’orignaux pour rétablir la forêt. Si la population reste la même, l’écosystème ne sera pas durable pour les générations actuelles et futures.

  3. Est-ce que l’ensemble de la population sera éliminée?

    La récolte permettra de réduire la population d’orignaux à un nombre qui peut être soutenu dans cette zone. La récolte se passe dans une zone de 20 km2 sur le mont North, et est coordonnée par l’Institut de ressources naturelles Unama’ki. L’objectif consiste à réduire d’orignaux à l’intérieur de cette petite zone (moins de 2 %) du parc. Le nombre exact dépend de la quantité d'orignaux qui se trouvent dans cette zone au moment de la récolte, mais on évalue une quantité approximative de 40 orignaux pour commencer, chiffre estimé à la baisse au fur et à mesure des récoltes. Il y a environ 1 800 orignaux dans le parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton et des milliers d’autres à l’extérieur du parc.

  4. N’y a-t-il pas une loi contre la chasse dans le parc?

    En vertu de la Loi sur les parcs nationaux du Canada, la chasse est interdite dans les parcs nationaux; cependant, la législation prévoit des exceptions à cette règle générale. Une réduction de la population est réservée à des situations de nécessité absolue telles qu'une surpopulation de la faune. Parcs Canada autorise la chasse limitée dans les parcs nationaux où il est évident qu’une population est trop élevée et a un impact sérieux sur d’autres plantes et animaux. La récolte est faite de manière humaine et respectueuse, et toute la viande est prélevée et utilisée par les chasseurs. Il convient également de préciser que la zone touchée ne comprend que deux pourcent de la superficie totale du parc.

  5. Pourquoi les Mi’kmaq ont-ils le droit de récolter les orignaux dans le parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton?

    En 2012, Parcs Canada et les Mi'kmaq de la Nouvelle-Écosse ont conclu un arrangement intérimaire qui indique les secteurs dans lesquels les deux organisations aimeraient travailler ensemble (l'arrangement intérimaire a été renouvelé en 2017). Ceci encourage Parcs Canada à collaborer avec les Mi’kmaq de la Nouvelle-Écosse dans des domaines d'intérêt commun tels que les ressources naturelles et culturelles, la consultation, l'entrée/l'accès au parc, la cueillette de plantes et autres objets naturels ainsi que la création de comités consultatifs. Dans le cadre de cet accord, les Mi'kmaq de la Nouvelle-Écosse bénéficient de l'accès prioritaire à la récolte des espèces fauniques en surpopulation dans le parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton.

  6. Sur quels principes scientifiques repose le plan de réduire la population?

    Depuis plus de 15 ans, Parcs Canada et d’autres chercheurs ont étudié l’écologie des populations d’orignaux et la régénération de la forêt boréale dans les Hautes-Terres-du-Cap-Breton. Ces études incluent l'évaluation de la densité d'arbres et de semis, l'observation de l'abroutissage, les relevés aériens de population d'orignaux, la pause de colliers et le pistage des orignaux, l'étude des exclos, le dénombrement des oiseaux forestiers et l'analyse des données satellites. Toutes ces recherches et la surveillance en continu ont contribué à la décision de réduire la population d’orignaux.

  7. Combien d’orignaux sont actuellement dans le parc?

    On estime qu’il y a 1 800 orignaux dans le parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton selon un relevé effectué plus tôt en mars 2015, et des milliers d’autres sont à l’extérieur du parc.

  8. Pourquoi les orignaux sont-ils si nombreux?

    L’abondance de la nourriture, l’absence d’un prédateur, tel que les loups ou les humains, ainsi que le faible taux de maladie ont permis à la population de prospérer pour atteindre un nombre qui ne peut être soutenu.

  9. Est-ce que le nombre d’orignaux est en déclin?

    Les estimations ont atteint un sommet en 2004, mais le nombre global semble stable à 1,9 orignaux/km2, bien supérieur à la population qu’une forêt saine peut maintenir.

  10. Quelle serait la situation si on ne faisait rien pour contrôler la population d’orignaux?

    De plus grandes zones de la forêt seraient transformées en terres herbeuses, entraînant un déclin continu de la faune indigène et de la diversité végétale. Éventuellement, la population d’orignaux commencerait à diminuer à mesure que l’habitat propice disparaît. Beaucoup d’autres espèces dépendent des forêts boréales saines, y compris les espèces en péril telles que la grive de Bicknell, la martre d'Amérique, qui est rare dans la province, et le lynx du Canada.

  11. Est-ce que la récolte a été la seule option envisagée?

    La récolte a été choisie comme la méthode la plus appropriée pour ce projet pilote et celle qui imite de plus près la prédation en tant que processus de mortalité naturelle pour la régulation de la population d’orignaux. D’autres options ont fait l’objet de recherches approfondies et ont été prises en considération :

    Le déplacement : Les orignaux du Cap-Breton sont génétiquement différents de la sous-espèce de l’Est qu’on trouve sur le continent. Si la Province décidait de déplacer l’orignal au continent, elle préférerait réintroduire des orignaux de la même sous-espèce (du Nouveau-Brunswick ou du Québec) et préserver le caractère génétique unique sur le continent.

    La réintroduction de prédateurs : Les loups ont disparus du Cap-Breton au début des années 1900. En l’absence de loups, les orignaux n’ont pas de prédateurs naturels majeurs à l’intérieur du parc. Les loups ne resteraient pas dans la zone de 20 km2 du mont North, alors la réintroduction du loup n’est pas appropriée pour ce projet.

    L’installation de clôtures : Une clôture entourant cinq hectares a été construite sur le sentier Skyline. Il s’agit d’une autre composante du projet. Les résultats suite à l’installation de la clôture sur le sentier Skyline et de la suppression de l’orignal sur le mont North seront comparés et utilisés pour guider les discussions futures concernant la gestion de l’orignal.

    Parcs Canada assurera un suivi régulier du rétablissement des arbustes et des arbres, de la régénération de la forêt et de la taille de la population d’orignaux pour déterminer si la réduction de la population et d’autres initiatives commencent à montrer des signes que la tendance se renverse en terme de perte de la forêt et que la forêt boréale commence à se rétablir.

  12. Qu’est-ce que Parcs Canada a fait pour informer le public?

    Parcs Canada a mené un sérieux processus de consultation sur le Plan de gestion de la surpopulation d’orignaux sur le mont North. Les intervenants et les experts ont été invités à une session d’information à l’automne 2014 et, suite à cela, des séances d’information communautaires ont eu lieu à Cape North, Pleasant Bay et Wagmatcook. Parcs Canada a accordé de nombreuses entrevues sur le projet et beaucoup de renseignements sont disponibles au www.pc.gc.ca/RetablirlaForetBoreale depuis l'automne 2015.