Des vues satellitaires représentant le nord du Cap-Breton montrent que des changements drastiques sont survenus dans la forêt boréale du parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton. Par le passé, l’herbe recouvrait de très petites superficies du parc national et se limitait à des marais et terres herbeuses marécageuses.

Analyse de l’imagerie satellite Spot-5 du parc, montrant les zones forestières qui sont devenues prairies à la suite d’infestations de tordeuses des bourgeons de l’épinette et au broutage ultérieur des orignaux.
Carte d'imagerie SPOT5 du Nord du Cap-Breton
© Parcs Canada

Cependant, ces terres herbeuses n'ont cessé de s'agrandir depuis les 10 dernières années. De nouvelles terres herbeuses recouvrent désormais 11% du parc national et leur croissance continue de progresser, remplaçant aujourd'hui un tiers de notre forêt boréale.Ces vastes terres herbeuses constituent un habitat précaire pour les espèces qui dépendent des écosystèmes boréaux, incluant les espèces en péril au niveau fédéral et provincial, telles que la grive de Bicknell, le lynx canadienne et la martre d'Amérique.

Une forêt en bonne santé est en constante évolution. Les perturbations naturelles telles que les infestations d'insectes et les incendies font partie intégrante d'un processus normal pour la forêt boréale.

Lorsque des arbres adultes meurent, ils ouvrent alors la voûte forestière et laissent entrer la lumière. Ceci permet aux jeunes arbres de se développer et aux graines d'entamer leur processus de germination. C'est ainsi que la forêt se renouvelle, de génération en génération.

Où sont disparus les arbres?

Where did the trees go?





Les infestations de la tordeuse des bourgeons de l'épinette font partie du cycle naturel de la forêt boréale. Une épidémie dans les années 1970 et 1980 a enlevé 90 % de la couverture forestière dans certains secteurs.


La pousse de jeunes arbres et arbustes a fourni aux orignaux une nourriture idéale.
Sans prédateurs majeurs naturels au Cap-Breton, la population d'orignaux s'est élevée a plus de deux orignaux par kilomètre carré.
Depuis lors, la forêt boréale a connu peu ou pas de régénération.
Les terres herbeuses l'ont remplacée, transformant le paysage du parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton et mettant des espèces en péril.

Dans les années 1920, après de nombreuses années de chasse excessive et de changements survenus dans leur habitat, les orignaux ont disparu de l'île du Cap-Breton. Entre 1947 et 1948, 18 orignaux furent amenés du parc national Elk Island en Alberta et introduits dans le parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton dans l'espoir de rétablir une population saine. Leur population s'est lentement accrue alors qu'elle se propageait graduellement dans tout le nord du Cap-Breton.

Ensuite, dans les années 1970 et 1980, la tordeuse des bourgeons de l’épinette a décimé de vastes étendues de forêt boréale mature dans le parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton, supprimant jusqu'à 90 % de la couverture forestière dans certains secteurs. Cela a entraîné une vague de nouvelle croissance de jeunes arbres et arbustes – source d’alimentation idéale pour l’orignal.

Profitant d'une nourriture abondante et d'un nombre bien faible de prédateurs, la population d'orignaux dans le nord du Cap-Breton s'est rapidement élargie. Depuis cette époque, l'état de la forêt boréale s'est quant à lui détérioré. De vastes aires qui étaient autrefois des forêts sont aujourd'hui incapables de se régénérer, les orignaux abroutissant toute pousse atteignant plus de 30 cm de hauteur. Ces arbres chétifs et abroutis à l'excès ont commencé à mourir et ont maintenant été remplacés par un épais tapis tenace composé d'herbes et de fougères.