Pourqoui le projet « Rétablir la forêt boréale » est-il si important?
Un épais tapis d'herbe est en train de remplacer la forêt autrefois robuste
Un épais tapis d'herbe est en train de remplacer la forêt autrefois robuste

Une forêt boréale en bonne santé abrite de nombreuses espèces de plantes et d’animaux comme l’orignal, l’ours, le lièvre d’Amérique, les oiseaux, l’écureuil roux, le coyote, le lynx et la martre d’Amérique. Ces animaux dépendent tous de l’habitat forestier pour survivre. Aujourd’hui, un épais tapis d’herbe est en train de remplacer la forêt autrefois robuste. Des espèces rares telles que le lynx et la martre d’Amérique font face à des difficultés, et certains oiseaux forestiers tels que la grive de Bicknell se voient graduellement remplacés par des espèces des prairies. Le projet Rétablir la forêt boréale cherche à rétablir la santé de la forêt boréale notamment en plantant des arbres et en empêchant les orignaux de brouter les arbres à l’excès, tout particulièrement les jeunes arbres qui s’efforcent de pousser en fournissant un abri et une source de nourriture aux animaux dont la survie dépend de la forêt.

Ce projet d’une durée de quatre ans met à l’essai différentes techniques au sein du parc afin de pouvoir déterminer les approches les plus efficaces à la restauration de la forêt. Ces approches incluent la plantation d’arbres, l’installation de clôtures le long d’une portion du sentier Skyline ayant pour but d’empêcher les orignaux d’abroutir (de manger) les jeunes arbres, ainsi que le retrait de l’orignal d’une zone de 20 km2 située sur le mont North (soit 2% de la superficie du parc).

Contrôler la population d'orignaux

Étant donné qu’une surabondance d’orignaux contribue au broutage excessif et à la détérioration de l’habitat forestier, les efforts doivent donc aussi se concentrer sur la réduction de la population d’orignaux afin que celle-ci atteigne un niveau jugé viable. On estime que la population d’orignaux au coeur du parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton (PNHTCB) a atteint quatre fois la quantité qu’une forêt saine et équilibrée peut normalement accueillir. La réduction de la population d’orignaux est une stratégie présentement à l’étude afin d’encourager la restauration de la forêt boréale. L’année dernière, 37 orignaux ont été récoltés dans une zone de 20 km2 située sur le mont North (soit 2% de la superficie du parc).

Cette année encore les objectifs de réduction de la population d’orignaux seront atteints au moyen d’une récolte menée par les Mi’kmaq dans cette même zone de 20 km2 située sur le mont North. Il a été provisoirement planifié que les activités liées à cette récolte commenceront tentativement dès la première semaine de novembre et pourraient continuer jusqu’au 18 décembre, une fois encore en collaboration avec l’Institut de ressources naturelles Unama’ki (UINR).

Bien que l’on ait recherché et pris en considération d’autres options, incluant le déplacement et l’introduction de prédateurs, la récolte a été choisie comme étant la méthode la plus appropriée à la réduction de la population d’orignaux dans le cadre de ce projet d’une durée de quatre ans. En effet, cette méthode reflète l’introduction d’un prédateur et elle est bien adaptée aux réalités présentes dans cette zone d’étude restreinte.

Le projet dans son ensemble a reçu beaucoup de soutien. Cependant, il est évident que cette partie du projet qu’est la récolte d’orignaux a fait l’objet d’une certaine opposition. Certains voient la chasse comme étant contraire au mandat de Parcs Canada. D’autres considèrent le parc comme étant un sanctuaire pour les orignaux, quand d’autres encore aimeraient pouvoir prendre part à la récolte.

Le mandat de Parcs Canada est de protéger et de préserver le patrimoine culturel et naturel du Canada afin que les générations à venir puissent en profiter. Le PNHTCB a été désigné pour protéger et présenter la forêt boréale dans la région. Un écosystème boréal sain est en mesure de fournir un habitat pour tous les animaux.

Une réduction de la population n’est pas une approche nouvelle mais elle reste réservée à des situations de nécessité absolue. Cette method a été mise en oeuvre avec succès dans d’autres parcs nationaux au Canada.

Le renforcement des partenariats avec les peuples autochtones est un élément crucial du travail de Parcs Canada et contribue à une approche pangouvernementale menant à la réconciliation avec les peuples autochtones. C’est pourquoi Parcs Canada et l’UINR collaborent dans le cadre de ce projet, tous deux partageant un intérêt commun dans le rétablissement de la santé de la forêt boréale pour les générations à venir.

Une récolte d’orignaux bien encadrée n’est qu’un des aspects de notre travail visant à restaurer la forêt boréale. Les résultats des récoltes et les plantations d’arbres seront comparés d’année en année afin de déterminer quelle méthode – ou quelle combinaison de méthodes – est la plus efficace pour le rétablissement de la santé de la forêt boréale.


La sécurité avant tout

Pendant qu’ont lieu les activités liées à la réduction de la population d’orignaux, les motoristes remarqueront peut-être des activités inhabituelles sur le mont North, près de la zone de récolte. Certaines fermetures entreront en vigueur dans cette zone afin d’aider à assurer la sécurité des voyageurs et des personnes prenant part à la récolte. Veuillez noter que le Cabot Trail restera accessible à tous les véhicules.