La vie dans la forêt boréale

Grève de Bicknell (à gauche) | Martre a'Amérique (à droite)
© D. Speiser/lilibirds.com (à gauche) | Parcs Canada (à droite)

La santé de la forêt boréale du parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton est en déclin. Alors que les espèces forestières telles que le lynx et la martre d’Amérique doivent faire face à la perte de leur habitat, les oiseaux qui dépendent des forêts se retrouvent, eux, remplacés par des espèces des prairies. En collaboration avec l’Institut de ressources naturelles Unama’ki (UINR) ainsi que d’autres partenaires, et avec la participation des communautés avoisinantes, Parcs Canada s’emploie à favoriser le rétablissement de la santé de cet écosystème important afin que nous ne perdions pas notre forêt boréale au profit de prairies.

Un projet pilote de restauration intitulé “Rétablir la forêt boréale” se concentre sur deux aires d’intervention : le sentier Skyline et le mont North. Parcs Canada teste présentement différentes techniques dans chacune de ces zones afin de déterminer les approches les plus efficaces à la réhabilitation de la forêt. Ces approches incluent la plantation d’arbres et l’installation d’une clôture le long d’une partie du sentier Skyline afin d’empêcher les orignaux d’abroutir (de grignoter) les jeunes arbres, ainsi que la retrait de l’orignal d’une zone de 20 km2 située sur le mont
North. Parcs Canada entame à présent la troisième année de ce projet pilote. Dans le cadre d’un projet de réhabilitation séparé, un brûlage dirigé planifié dans une zone avoisinant le lac Warren nous aidera à en apprendre davantage au sujet de l’impact qu’ont les orignaux sur une autre région clé du parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton, la forêt acadienne.


Explorez un sentier, plantez un arbre, sauvez une forêt.


Des bénévoles d'un des « samedis de semis »

L’automne dernier, les visiteurs du parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton ont pu être témoins des progrès du projet “Rétablir la forêt boréale” en cheminant par-delà la clôture lors d’une randonnée le long du sentier Skyline, clôture érigée dans le but de protéger les jeunes arbres contre le grignotage des orignaux. En effet, cette zone devenue prairie est désormais incapable de se régénérer par elle-même. Parcs Canada s’emploie donc à y planter des arbres. Les orignaux aiment le sapin baumier mais ne raffolent pas de l’épinette; des sapins baumiers
seront donc plantés dans la partie protégée par la clôture et les épinettes seront plantées à l’extérieur de celle-ci.

Au début de l’automne 2015, Parcs Canada a organisé des évènements tels que “Les samedis de semis” et “Explorez un sentier, plantez un arbre, sauvez une forêt” afin de donner la chance aux visiteurs et aux groupes scolaires d’aider la forêt en plantant des arbres. Plus de 500 bénévoles ont participé à la plantation de 5 100 jeunes plants d’épinette blanche des Hautes-Terres à l’extérieur de la clôture située sur le sentier Skyline.

Cette année, les visiteurs comme les résidents locaux sont de nouveau invités à donner un coup de pouce à la nature en plantant un arbre et en suivant à pied le long du sentier Skyline afin de témoigner de la croissance des arbres selon les différentes méthodes utilisées lors de la plantation.

Ne manquez pas la prochaine édition de ce bulletin pour obtenir plus d’informations sur les possibilités de planter des arbres à compter de ce printemps. Si vous aussi désirez planter un arbre afin de contribuer à sauver une forêt dans le parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton, veuillez nous contacter au 902-224-2306 ou nous écrire à cbhnp.info.pc.gc.ca pour en savoir plus.


Vidéos intéressantes

« Rétablir la forêt boréale : Une histoire du Parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton » est disponible au www.pc.gc.ca/bringbacktheboreal. Cette vidéo animée raconte l’histoire de la forêt boréale.

Les vidéos de Land & Sea : « A Tale of Two Moose » et « Moose Cull » donnent un aperçu de la population d’orignaux en Nouvelle-Écosse, en particulier au parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton. Vous pouvez visionner ces vidéos au www.cbc.ca/landandsea.

Si vous désirez en savoir plus au sujet des droits issus de traités des Mi’kmaq, le documentaire intitulé « aptn Investigates: With Rights » est lui aussi disponible au http://aptn.ca.

Pour plus de détails sur le sujet du projet « Rétablir la forêt boréale » , consultez le www.pc.gc.ca/bringbacktheboreal..


Freiner le broutage excessif par les orignaux

Un arbre qui a été sévèrement brouté.

Une surveillance régulière des écosystèmes présents dans le parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton démontre qu’après 30 années de broutage excessif par les orignaux (broutage de jeunes arbres), des zones étendues de forêt ravagée par les tordeuses de bourgeons au cours des années 1970 n’ont pas été capables de se régénérer par elles-mêmes et sont de ce fait maintenant en voie de devenir des prairies. En conséquence, les espèces forestières telles que la martre d’Amérique luttent contre la perte d’habitat, tandis que les oiseaux en péril qui dépendent de la forêt, tels que la grive de Bicknell, sont remplacés par des espèces des terres herbeuses. Ces facteurs sont à l’origine d’une baisse globale de la santé de la forêt boréale dans le parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton.

Mais comment peut-on empêcher les orignaux d’abroutir de jeunes arbres ? Il n’y a pas de réponse facile.

En 2007, Parcs Canada a érigé une clôture fermée (aussi connue sous le nom d’exclos) sur le mont North afin de voir si la forêt, une fois protégée du broutage par les orignaux, allait se régénérer. Bien que seulement huit ans aient passé depuis la construction de l’exclos, la forêt se régénère bien. Le contraste est vraiment apparent entre la forêt située à l’extérieur de la zone clôturée et celle située à l’intérieur. C’est une preuve supplémentaire que le broutage excessif par l’orignal empêche bel et bien la forêt de se régénérer par elle-même.

C’est pourquoi en 2015, dans le cadre du projet pilote “Rétablir la forêt boréale”, Parcs Canada a construit un second exclos bien plus vaste sur le sentier Skyline, en vue de mettre à l’essai un éventail de techniques de plantation d’arbres. Cette aire sera surveillée de près afin de recueillir des données qui pourraient être utilisées dans des zones similaires, à l’intérieur du parc.

Sur le mont North qui bénéficie comme nous le savons d’un potentiel élevé de régénération naturelle, nous étudierons la croissance forestière après le retrait de l’orignal d’une zone de 20 km2 (2 % du parc). Ceci aidera à déterminer si une population moins dense d’orignaux permettrait effectivement à la forêt de se régénérer naturellement.


Réduire le nombre d’orignaux

La tendance actuelle de la population d’orignaux dans le parc national des Hautes-Terres-du-Cap-Breton (PNHCB) est insoutenable et a un impact négatif sur l’écosystème forestier. Il est clair que, depuis la fin des années 1990, la population d’orignaux dans le PNHCB reste élevée. Un sondage sur la population d’orignaux effectué en mars 2015 qu’estimait le nombre d’orignaux dans le PNHCB représentait quatre fois la quantité qu’une forêt saine et équilibrée peut normalement accueillir. Après plus de 15 ans d’études scientifiques, nous savons désormais que notre forêt boréale ne peut pas assurer la subsistance d’une telle population.

Une des techniques mises à l’essai pour trouver l’approche la plus efficace à la réhabilitation de la forêt est de construire des exclos, c’est à-dire des zones clôturées ayant pour but d’empêcher les orignaux d’abroutir les jeunes arbres.

Une seconde technique de restauration également à l’essai est le retrait de l’orignal d’une zone du mont North afin de réduire le broutage excessif et de permettre à la régénération naturelle de s’effectuer. Il est important de noter que la réduction de la population d’une espèce n’est pas une nouvelle approche, et est réservée à des situations de nécessité absolue. Elle a été mise en oeuvre avec succès dans d’autres parcs nationaux du Canada.

En décembre 2015, un essai visant à réduire la population d’orignaux a été effectué dans une zone de 20 km2 située sur le mont North. Par l’entremise de l’Institut de ressources naturelles Unama’ki, Parcs Canada s’est associé aux Mi’kmaq de la Nouvelle-Écosse pour mener cette récolte d’orignaux, tous deux partageant un intérêt commun dans le rétablissement de la santé de la forêt boréale pour les générations futures. Conformément aux droits issus de traités des Mi’kmaq de chasser, de pêcher, Parcs Canada a établi une entente avec les Mi’kmaq accordant aux Mi’kmaq de la Nouvelle-Écosse la première récolte de population faunique surabondante à l’intérieur des parcs nationaux dans la province.

Cette récolte encadrée par les Mi’kmaq a réussi à retirer 37 orignaux sur une période de deux semaines. La récolte a été menée de manière humaine et respectueuse, et tous les orignaux ont été retires par les récolteurs et distribués aux Mi’kmaq et à d’autres collectivités de la Nouvelle-Écosse pour servir de nourriture et de matériaux pour l’artisanat traditionnel, tel que la fabrication de tambours. Des relevés
aériens effectués quatre jours plus tard dans cette même zone ont indiqué que la population d’orignaux dans l’aire centrale était notablement réduite alors que la lisière et les environs en comptaient encore beaucoup.

Suite aux mesures visant la réduction de la population d’orignaux, nous continuerons à surveiller la population d’orignaux, ainsi que d’autres espèces dans ces zones du parc, afin de confirmer une amélioration de la santé de la forêt boréale.

Nous surveillerons aussi la forêt avoisinante située sur le mont French, d’où aucun orignal ne sera retiré. Des résultats comparatifs entre l’aire à l’étude du mont North ayant accueilli la récolte et l’aire de contrôle du mont French aideront à éclairer les efforts en cours mis en oeuvre par Parcs Canada pour rétablir la santé de la forêt boréale.

Parcs Canada continuera de travailler en collaboration avec les communautés locales et les chasseurs en vue de partager les informations et d’explorer de nouveaux moyens d’inclure les communautés locales et les groupes d’intérêts dans les plans futurs de gestion des orignaux.