Porcupine Strand (Wunderstrand) Porcupine Strand (Wunderstrands)
© Parcs Canada

Situés au Labrador, sur la portion continentale de la province située le plus au nord et à l’est du Canada, les sommets de roche nue arrondis sous l’action glaciaire des Monts Mealy s’élèvent à 1180 mètres au-dessus du lac Melville. Les paysages intacts de toundra alpine, de littoraux marins, de forêts boréales, d’îles et de rivières de la région constituent l’habitat d’une multitude d’espèces boréales. Pendant des milliers d’années, d’anciennes cultures humaines ont également fait de cet endroit leur lieu d’appartenance. Pour les Innus, Inuits et autres collectivités de la région, les paysages de ce décor naturel exceptionnel revêtent une grande importance culturelle.

Le concept d’établissement d’une réserve de parc national, dans l’espace naturel riche en culture que constitue la région des Monts Mealy, est à l’étude depuis le milieu des années 1970. Après l’issue favorable d’une étude de faisabilité relative au parc effectuée en 2001, Agence Parcs Canada a entamé des négociations avec le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador et avec la Nation innue en 2010.

L’accord de transfert de terres officialise la création de la réserve de parc national

La réserve de parc national Akami-Uapishkᵁ – KakKasuak – Monts Mealy s’impose officiellement en tant que 46e parc national avec la signature du 31 juillet 2015 d’un protocole d’accord fédéral/provincial sur le transfert des terres. Les terres ont été officiellement transférées par la province de Terre-Neuve-et-Labrador le 10 juillet 2017, lorsque Parcs Canada a officiellement accepté les 10 700 km2 dans la région des Monts Mealy du centre du Labrador pour l’administration et le contrôle en tant que réserve de parc national. Les noms traditionnels de ce qui est maintenant le plus grand parc national de l’est du Canada sont Akami-Uapishkᵁ, un mot innu signifiant « des montagnes blanches de l’autre côté », et KakKasuak, le mot inuit en Labrador pour « montagne ».

La réserve de parc national Akami-Uapishkᵁ – KakKasuak – Monts Mealy protège sur le plan national un exemple significatif de la région naturelle boréale de la Côte Est. Sa création représente un important progrès dans l’établissement d’une système de parcs nationaux et de réserves de parcs nationaux qui révèle la diversité des écorégions distinctes du Canada.

Gestion participative avec les collectivités autochtones

L’un des traits caractéristiques de la réserve de parc national des Monts-Mealy sera le partage des responsabilités en matière de gestion et de planification avec nos collectivités autochtones:
Nation innue du Labrador :La zone d’intérêt de la Nation innue couvre l’ensemble du parc. L’entente de principe concernant les revendications territoriales des Innus comprend un engagement à créer le parc, sous réserve de la négociation d’une entente sur les répercussions et les avantages d’un parc (ERAP). L’ERAP négociée qui a été signée avec la Nation innue le 31 juillet 2015, le même jour que l’accord de transfert de terres, confirme que les Innus conserveront leur droit d’utilisation du sol et qu’ils siégeront à un conseil de cogestion.
Gouvernement du NunatsiavutEnviron huit pour cent du parc est situé à l’intérieur de la zone visée par l’entente avec les Inuits du Labrador et est assujetti à l’Accord sur les revendications territoriales des Inuit du Labrador. Conformément à l’Accord sur les revendications territoriales, un accord distinct sur les impacts et les avantages du parc a été négocié avec le gouvernement nunatsiavut. Il a été signé par Parcs Canada le 10 juillet 2017.
Conseil communautaire de NunatuKavut : En réponse aux droits revendiqués par les membres du NunatuKavut, anciennement Nation Métis du Labrador, Parcs Canada a négocié avec le Conseil communautaire de NunatuKavut un protocole d’entente définissant son rôle futur dans le parc. Signé le 21 septembre 2015, le protocole d’entente garantit la poursuite de leurs activités traditionnelles et offre un cadre pour la consultation, la gestion participative et la planification.
Innus du Québec :Les collectivités innues de la côte nord du Québec ont une revendication territoriale globale acceptée par le gouvernement du Canada qui comprend une portion de la région des Monts Mealy; l’Agence Parcs Canada s’emploie à négocier un protocole d’entente provisoire avec les Innus du Québec.

Outre ces partenaires autochtones, les utilisateurs traditionnels non autochtones du parc sont autorisés à mener des activités traditionnelles dans les limites de la réserve de parc national. Pour obtenir plus de renseignements, les résidents peuvent joindre Parcs Canada directement.

Parc national versus réserve de parc national

La Loi sur les parcs nationaux du Canada (LPNC) prévoit la création de deux catégories de parcs nationaux : des parcs nationaux et des réserves de parcs nationaux. On utilise la désignation « réserve de parc national » lorsqu’il existe des revendications en souffrance auprès de peuples autochtones relatives aux droits et titres ancestraux pour lesquelles le Canada a accepté de négocier. Tel est le cas de la réserve de parc national Akami-Uapishkᵁ – KakKasuak – Monts Mealy. La réserve de parc national Akami-Uapishkᵁ – KakKasuak – Monts Mealy sera officiellement protégée en vertu de la LPNC dès qu’auront été menés à terme les travaux actuellement en cours concernant la négociation d’un Accord sur les répercussions et les avantages du parc avec le gouvernement du Nunatsiavut, qu’un protocole d’entente provisoire aura été négocié avec les collectivités innues du Québec et qu’un projet de loi aura été déposé au Parlement. On prévoit que plusieurs années seront nécessaires pour concrétiser ces objectifs. En attendant, les travaux visant à rendre opérationnelle la réserve de parc national se poursuivront pour que cette dernière puisse s’acquitter de son mandat de protéger les ressources patrimoniales du parc et de promouvoir son importance auprès du public au profit et pour le plaisir de futures générations canadiennes.

 

Devenir opérationnelle

Collaborer avec des partenaires autochtones et autres partenaires pour protéger et mettre en valeur les valeurs patrimoniales de la réserve de parc national Akami-Uapishku – KakKasuak – Monts Mealy

La création d’une réserve de parc national marque le début d’une période dynamique et passionnante. Une fois établi, il faut du temps avant qu’un nouveau parc devienne opérationnel.

Avec le transfert des terres terminé en juillet 2017, Parcs Canada mettra désormais l’accent sur le respect des termes des accords importants conclus dans le cadre de l’établissement du parc. Parmi ceux-ci figure la création d’un conseil de gestion coopérative, et d’autres conseils consultatifs.

En travaillant de concert avec partenaires autochtones et autres partenaires dans ces cadres collaboratifs, nous entreprendrons l’élaboration du premier plan de gestion du parc. Le plan précisera la manière dont nous nous y prendrons collectivement pour : assurer la pérennité des terres dans le contexte de l’utilisation traditionnelle des terres; améliorer notre compréhension des valeurs patrimoniales du parc et des exigences qu’impose leur protection; et faire connaître l’histoire de cet endroit unique alors que nous nous préparons à accueillir des visiteurs.

Assurer la pérennité des terres

Outre la création d’un conseil de cogestion, d’autres comités et conseils consultatifs seront mis en place afin de fournir une orientation et de l’aide en ce qui a trait aux questions liées à l’exercice d’activités traditionnelles, à l’utilisation traditionnelle des terres et à la préservation de l’intégrité culturelle de modes de vie traditionnels.

Protéger les valeurs patrimoniales

La réserve de parc jouera un rôle important dans la conservation de la faune. Elle protégera une partie importante du territoire où vit la harde menacée des caribous des Monts Mealy, y compris des habitats clés le long de la côte et sur les îles situées au large. Tout juste au nord de la baie Sandwich ainsi que le long de la rive sud du lac Melville, on retrouve de grandes étendues de forêt boréale présentes partout dans le parc, abritant des espèces boréales telles que caribous, loups, ours noirs, martres et renards. De vastes terres humides offrent un habitat important aux oiseaux migratoires tels que canards et bernaches tandis que de hautes montagnes constituent un habitat arctique alpestre important pour des espèces nordiques.

Accueil de visiteurs

Parcs Canada, en collaboration avec les membres du conseil de cogestion qui sera formé dans un avenir proche, étudiera différents moyens de collaborer avec partenaires autochtones et autres partenaires du secteur du tourisme afin d’améliorer les activités de tourisme nature et de tourisme culturel qui seront éventuellement offertes aux visiteurs.