En raison de la distance qui la sépare du continent nord-américain, l’île de Terre-Neuve ne compte que 14 espèces de mammifères indigènes. Elle n’abrite ni amphibien ni reptile indigène, mais elle sert d’habitat à un grand nombre de plantes rares. Les populations terre-neuviennes de nombreuses espèces sont considérées comme des sous-espèces endémiques qui ont évolué à l’écart de leurs cousins du continent pendant des millénaires. Cependant, un grand nombre d’espèces non indigènes ont également été introduites à Terre-Neuve, et il se peut qu’elles nuisent aux populations indigènes de l’île. Le parc national a servi de refuge protégé à la faune, et il figure parmi les meilleures destinations au Canada pour l’observation d’animaux comme le caribou et le lagopède. Voici quelques-unes des espèces emblématiques du parc :

Un orignal

Orignal – L’orignal a été introduit à Terre-Neuve il y a plus d’un siècle. En l’absence de prédateurs, la population a connu un essor rapide dans le parc pour atteindre son point culminant à environ 7 800 individus en 1995. Le broutement excessif des orignaux empêchait les forêts de repousser, car un seul orignal peut consommer 18 kg d’arbres et d’arbrisseaux par jour! Aujourd’hui, le parc gère la population d’orignaux à un niveau durable, et les forêts commencent à se rétablir, ce qui profite à de nombreuses autres espèces. Le long du sentier du Ruisseau-Bakers, visitez un « exclos » à orignaux, une zone clôturée qui empêche les orignaux d’accéder à la végétation poussant à l’intérieur et qui montre bien les impacts de ces grands herbivores sur les forêts.

 

Un jeune caribou

Caribou des bois – Fait particulier, les mâles et les femelles de cette espèce portent des bois. Le caribou erre sur un vaste territoire – aussi bien dans les tourbières et les forêts des basses terres que dans les landes des hautes terres – à la recherche de nourriture, de partenaires et d’un lieu de mise bas sûr. En hiver, il creuse dans une couche de neige qui peut faire un demi-mètre d’épaisseur pour accéder aux lichens dont il arrive à sentir l’odeur sous la neige! Parcs Canada interdit l’accès au mont Gros Morne de mai jusqu’au dernier vendredi de juin pour protéger les caribous nouveau-nés et les lagopèdes. Où peut-on voir cette espèce? Les caribous sont souvent observés dans les grandes tourbières côtières qui s’étendent au nord de Rocky Harbour, y compris celles qui longent la route 430, et le long du sentier du Lac-Western Brook Pond.

Un ours noir

Ours noir – Présent dans tous les secteurs du parc, quoique rarement observé, l’ours tend à fuir les humains, mais il est attiré par la nourriture. En prévision de l’hiver, les ours du parc grimpent aux sorbiers pour se nourrir de baies, laissant derrière eux d’éloquentes égratignures sur l’écorce des vieux arbres. Que faire si vous voyez un ours? Si vous rencontrez un ours noir, gardez votre sang-froid et abstenez-vous de courir ou de faire le mort. Arrêtez-vous, reculez lentement tout en faisant face à l’animal et en parlant d’une voix douce et prenez un autre chemin. Pour assurer votre protection et celle des ours, gardez votre emplacement de camping propre et rangez vos provisions dans votre véhicule lorsque vous n’êtes pas en train de manger. Pour en savoir davantage, consultez le site https://www.pc.gc.ca/fr/docs/v-g/oursnoir-blackbear.


Mammifères marins – Le parc national du Gros-Morne renferme 170 km de littoral. Il s’agit donc d’un bon endroit pour observer des petits rorquals et des phoques communs. Le rorqual à bosse, le marsouin commun et le dauphin à flancs blancs sont également aperçus à l’occasion. Faites une halte à la Station marine de la baie Bonne pour découvrir ce que cache l’océan! Où peut-on voir ces espèces? Guettez des jets d’eau, des nageoires ou des formes sombres dans l’eau dans le bras de mer St. Paul’s (phoques), à la plage Western Brook (phoques) ou à la baie Bonne (baleines et phoques).

 

Artic Hare

Lièvre arctique – Terre-Neuve sert d’habitat à la population la plus méridionale de lièvres arctiques du Canada. Cet animal de la toundra, le plus gros lièvre du pays, pèse de 3,5 à 5 kg, soit deux fois plus que le lièvre d’Amérique. Il tire des nutriments supplémentaires de sa nourriture ligneuse en la mangeant deux fois : pour son repas du matin, le lièvre arctique se nourrit de ses propres excréments de la veille! Où peut-on voir cette espèce? Le long du sentier du Mont-Gros Morne.

 

 

Mésange à tête brune – Ce spécialiste de la forêt boréale se reconnaît à sa calotte brune, à ses flancs cannelle et à son cri nasal, évocateur d’une mésange à tête noire enrhumée. Pour survivre à l’hiver, la mésange à tête brune cache des provisions dans des arbres pour pouvoir s’en nourrir en période de disette. Où peut-on voir cette espèce? Le long de sentiers boisés tels que le sentier du Littoral ou le sentier de l’Étang-Berry Head.

Lagopède alpin

Lagopède alpin et lagopède des saules Les lagopèdes sont bien adaptés à la vie en montagne : leurs pattes couvertes de plumes isolantes agissent comme des raquettes, et leur plumage hivernal blanc leur sert de camouflage. En tant qu’indicateur de la santé des landes du parc, le lagopède alpin fait l’objet d’un recensement chaque printemps sur le mont Gros Morne.  Où peut-on voir ces espèces? Le lagopède alpin préfère les landes du sommet du mont Gros Morne, tandis que le lagopède des saules est plus souvent aperçu sur les flancs de la montagne, parmi les arbres et les arbrisseaux.

 

Mésangeai du Canada

Mésangeai du Canada Cet oiseau chanteur de la forêt boréale niche en avril et en mai, avant les dernières neiges. La forêt lui sert de congélateur; l’automne venu, il la parsème de milliers de caches de nourriture dans lesquelles il puise au début du printemps, lorsque ses oisillons ont éclos et que les sources de nourriture sont encore rares. Les changements climatiques pourraient menacer cette espèce si les redoux hivernaux viennent gâter les caches de nourriture servant à alimenter les oisillons. Où peut-on voir cette espèce? Le mésangeai fréquente tous les campings et les sentiers boisés du parc. Veuillez ne pas nourrir ce détritivore.

 

Quatre-temps – Connu sous le nom anglais de crackerberry par les résidents de la région, le quatre-temps, ou cornouiller du Canada, recouvre une bonne partie du tapis de la forêt boréale. Cette plante est bien adaptée à l’ombre; ce qui ressemble à une touffe de plants est en fait un seul et même plant relié par des tiges souterraines (rhizomes). Tout au long de la journée, les rayons du soleil changent de position dans le couvert forestier, et les feuilles qui reçoivent de la lumière se servent des rhizomes pour partager leurs sucs avec le reste de la plante. Les tiges à six feuilles produisent une fleur, alors que celles qui en ont quatre recherchent simplement le soleil. Le saviez-vous? Le parc national du Gros-Morne abrite deux espèces de cornouillers du Canada : le quatre-temps commun, qui produit des fleurs dont le centre est vert et des feuilles qui sont disposées en cercle tout autour, et le cornouiller de Suède, plus petit, dont la fleur est de couleur foncée en son centre et qui produit des paires de feuilles. Cette dernière espèce pousse le long de la côte et dans la zone alpine.

 

Gros Morne forest in the fall.

Sapin baumier – Le sapin baumier est l’essence dominante des forêts boréales humides du parc national du Gros-Morne. Cette espèce sujette au feu a du mal à pousser dans d’autres régions. Cependant, les incendies sont rares dans le parc en raison du climat maritime humide, ce qui lui permet d’y prospérer. Le sapin baumier se caractérise par une tolérance extrême à l’ombrage. Les semis peuvent survivre pendant des décennies dans le sous-étage ombragé, en attendant la mort d’un gros arbre qui, en tombant, créera une brèche de lumière où le sapin pourra pousser et prendre sa place. Le broutement excessif de l’orignal, une espèce non indigène, a interrompu ce processus de repousse par le passé, mais, grâce à une réduction des populations d’orignaux, ce cycle naturel commence à se rétablir. Comment identifier l’espèce sur le terrain? Vous pouvez serrer la pince à un sapin baumier, mais pas à une épinette. Les aiguilles pointues et piquantes de l’épinette vous feront mal à la main si vous tentez d’en saisir une branche, alors que les aiguilles arrondies du sapin sont douces au toucher.

 

Certaines espèces indigènes doivent surmonter divers obstacles, non seulement dans le parc, mais aussi d’un bout à l’autre du pays et même à l’échelle du continent. Pour en apprendre davantage sur les mesures prises par le personnel de Parcs Canada pour venir en aide à la thélyptère de Quelpart, à la martre et aux chauves-souris, consultez notre page Espèces en péril.