Les changements climatiques correspondent à une transformation à long terme des conditions météorologiques, laquelle se manifeste par des dérèglements dans les températures, les précipitations, les vents et d’autres indicateurs. Ces changements s’observent à la fois dans les conditions moyennes et dans la variabilité, et ils peuvent prendre la forme, notamment, de phénomènes extrêmes. Les scientifiques savent que le climat de la Terre varie naturellement avec le temps. Par contre, les changements climatiques auxquels nous assistons au cours de notre vie sont causés principalement par l’activité humaine. Lorsque nous consommons des combustibles fossiles pour alimenter nos voitures, chauffer nos maisons et produire de l’électricité, nous générons du dioxyde de carbone. Ce gaz reste dans l’atmosphère et emprisonne l’énergie près de la surface terrestre. C’est cette énergie qui exerce une influence sur les températures, les précipitations et les vents.

Les parcs nationaux et diverses autres aires protégées proposent une solution naturelle au problème des changements climatiques. Ils aident à conserver la biodiversité, à protéger les services écosystémiques, à relier les paysages ainsi qu’à capter et à emmagasiner du carbone. En protégeant nos terres et nos océans, nous contribuons à atténuer les effets des changements climatiques. Les terres et les océans jouent le rôle de puits de carbone, en absorbant des émissions qui, autrement, réchaufferaient notre planète. Ils procurent aussi un refuge et des corridors de migration à des espèces animales indigènes touchées par les changements climatiques.

Il est important de préserver ou de rétablir des écosystèmes sains, parce que ceux-ci sont plus résilients et donc plus susceptibles de persister et de s’adapter à un climat changeant. Dans le parc national du Gros-Morne, nous surveillons les effets des changements climatiques sur nos écosystèmes. Par exemple :

 

  • Tous les deux ans, le personnel du parc se rend jusqu’au sommet du mont Big Level, un vaste plateau alpin, pour réaliser des travaux de surveillance des combes à neige. Dans le cadre de ce projet – l’un de nos moyens de mesure de l’intégrité écologique –, nous examinons la date de fonte des combes à neige, des zones où de grandes quantités de neige s’accumulent en hiver et persistent bien après le début de l’été. Ces dix dernières années, la date de fonte moyenne des 14 combes à neige tardives que nous surveillons a été le 12 juillet! Même si les modèles établis pour la région prédisent un réchauffement attribuable aux changements climatiques, les dates de fonte semblent rester les mêmes pour l’instant. Cette situation s’explique, croyons-nous, par le fait que les changements climatiques occasionnent pour l’Ouest de Terre-Neuve des précipitations accrues, dont la plupart tombent sous forme de neige en hiver. Nous continuerons de surveiller ces combes à neige et les communautés végétales arctiques qui y sont associées pour mesurer l’effet des changements climatiques sur les écosystèmes du parc. 

  • Chaque printemps, le personnel du parc enfile des cuissardes et des gilets de sauvetage pour entreprendre des travaux de surveillance de la niche thermique des ruisseaux. L’équipe traverse le parc d’une extrémité à l’autre pour installer des enregistreurs de température qui consignent la température de l’eau à des intervalles d’une heure tout au long de l’été. Parcs Canada analyse ensuite les données récupérées pour voir si la température de l’eau dépasse les limites thermiques convenant à l’omble de fontaine. Le réchauffement de l’eau exerce des pressions sur ce poisson adapté aux eaux froides, et, si nous constatons une tendance à la hausse au fil des ans, il se peut que nous prenions des mesures pour réduire ces pressions, par exemple en adaptant les règlements sur la pêche à la ligne.