Surveillance de l’intégrité écologique : 

Nous surveillons l’intégrité écologique des écosystèmes du parc de la même manière qu’un médecin surveille votre état de santé. Pendant votre bilan de santé annuel, le médecin vous pèse, mesure votre tension artérielle et compare les données de l’année en cours à celles de l’année précédente. Il obtient ainsi un aperçu des tendances qui se dessinent dans votre état de santé global. De notre côté, nous dénombrons ou mesurons les animaux et les plantes qui dépendent des écosystèmes du parc, de même que les processus naturels et les agresseurs, pour obtenir un portrait général de l’état de santé du parc. Nous voulons d’abord et avant tout nous assurer que les composantes indigènes des écosystèmes sont intactes et qu’elles fonctionnent comme elles le devraient. Ces composantes comprennent les roches et l’eau (composantes abiotiques), les plantes et les animaux (composantes biotiques) ainsi que des processus comme les inondations et la régénération, qui jouent un rôle important dans la santé des écosystèmes.

 

Dans le parc national du Gros-Morne, nous surveillons trois écosystèmes : les landes arctiques-alpines, les eaux douces et les forêts. Pour chacun de ces écosystèmes, nous disposons de cinq paramètres de mesure qui nous fournissent des indications sur l’état de santé du parc. Par exemple :

 

Dans l’écosystème des landes arctiques-alpines : Le mont Gros Morne sert d’habitat à l’une des populations les plus méridionales de lagopèdes alpins au Canada. Chaque printemps, le personnel du parc entreprend un recensement de cette population avant le début de la nidification. Ce programme de surveillance à long terme permet au personnel d’évaluer comment se porte l’espèce.

 

Dans l’écosystème des eaux douces : Chaque année, le personnel du parc dénombre les saumons atlantiques adultes qui remontent l’un des trois grands réseaux fluviaux du parc. Les résultats sont ensuite comparés aux cibles démographiques établies pour chaque rivière et utilisés pour éclairer les décisions de gestion concernant la pêche à la ligne dans le parc.

 

Dans l’écosystème des forêts : Le sapin baumier occupe une place importante dans la forêt boréale, et la succession naturelle de la forêt passe par une saine régénération. Cependant, les jeunes arbres subissent de nombreuses pressions, depuis un environnement changeant jusqu’à des orignaux affamés. Le personnel du parc dénombre et mesure les jeunes sapins baumiers pour évaluer la capacité de la forêt de se régénérer après une perturbation.

 

Recherche : 

Nos travaux de surveillance de l’intégrité écologique mettent souvent en lumière de nouvelles questions de recherche. Nous recevons aussi des demandes de chercheurs d’universités et d’autres organisations qui veulent obtenir des réponses à d’autres questions au sujet du parc. Les projets de recherche spécialisés peuvent nous permettre de répondre à des questions de toutes sortes, par exemple sur le nombre d’eiders qui nichent dans le parc ou sur les similitudes entre les roches des Tablelands et celles de la planète Mars! Ces projets de recherche approfondissent notre connaissance de l’histoire naturelle, géologique et culturelle du parc tout en nous renseignant sur l’activité humaine actuelle et la manière dont le parc est perçu. Les résultats de ces études peuvent ensuite orienter le choix des mesures de gestion à appliquer dans le parc.