Les espèces en péril sont des espèces sauvages qui risquent de disparaître d’un secteur donné et auxquelles il faut accorder une attention particulière pour veiller à ce qu’elles demeurent un élément fonctionnel de l’écosystème. Elles peuvent être en péril parce qu’elles ont connu un déclin de population important ou parce qu’elles forment de petites populations isolées des autres individus de la même espèce. D’un bout à l’autre du Canada, y compris dans les parcs nationaux, il existe des lois qui nous obligent à protéger et à rétablir les espèces en péril. 

 

Dans le parc national du Gros-Morne, nous avons élaboré un plan d’action visant des espèces multiples afin de garantir la mise en place des mesures voulues pour assurer la survie des espèces en péril du parc. Le plan intégral se trouve ici. Voici certaines des espèces visées, les agresseurs qui les menacent et les mesures que nous prenons pour leur venir en aide :

Petite chauve-souris brune

 

Petite chauve-souris brune et chauve-souris nordique

Le syndrome du museau blanc est une maladie qui amène les chauves-souris à se réveiller régulièrement pendant leur hibernation et à épuiser ainsi toutes leurs réserves d’énergie avant l’arrivée des insectes qui leur serviront de nourriture au printemps. Bon nombre de chauves-souris infectées en meurent, et, dans les régions du pays où la maladie est présente depuis des années, le taux de mortalité oscille entre 90 et 95 %. Le syndrome du museau blanc a été détecté pour la première fois en 2017 chez les chauves-souris de Terre-Neuve, mais la maladie se propage rapidement dans la province, et elle a été découverte chez une chauve-souris à moins de 1 km du parc en 2018. Dans le parc, nous travaillons d’arrache-pied pour consigner la présence des chauves-souris avant le déclin prévu.

 

Une martre dans la neige

Martre de Terre-Neuve

La martre de Terre-Neuve appartient à la famille des mustélidés (dont fait également partie la belette) et se plaît dans les forêts matures, où elle chasse les petits mammifères et les oiseaux. Il s’agit d’une sous-espèce de la martre d’Amérique, et elle ne vit qu’à Terre-Neuve. Cet agile grimpeur a connu un tel déclin qu’il a été inscrit à titre d’espèce en péril au début des années 2000. Le parc national du Gros-Morne a participé aux efforts de rétablissement de la martre dans toute l’île par divers moyens : surveillance de l’effectif et de la répartition de la population, cartographie de l’habitat propice à l’espèce dans les différents secteurs du parc, promotion du respect de la réglementation sur l’utilisation de fil à collets en laiton (sans danger pour la martre) en vue de réduire les risques de mortalité accidentelle attribuable à la chasse aux collets du lièvre d’Amérique et réduction de la population d’orignaux pour prévenir toute disparition ou dégradation future de l’habitat de l’espèce. Autrefois disparue du parc, la martre y est de nouveau présente depuis le début des années 2000, et elle se rencontre en faible nombre dans la majeure partie du territoire du parc! La martre est certes mignonne, mais c’est plutôt sa ténacité qui lui a permis de se rétablir!

Fougère des bois des montagnes

La fougère des bois des montagnes est connue principalement dans l’Est de l’Asie et dans l’Ouest de l’Amérique du Nord. Sur le continent nord-américain, son seul lieu de croissance connu à l’est des Rocheuses se trouve dans le parc national du Gros-Morne, où elle a été recensée dans une seule vallée alpine. En raison de son isolement et de sa rareté, il est très important de surveiller et de protéger cette population. Pour empêcher toute perturbation de l’habitat et assurer la survie à long terme d’une population viable, Parcs Canada a délimité une zone de préservation spéciale autour du secteur où pousse cette fougère. Par ailleurs, d’autres plants de thélyptères de Quelpart ont été découverts pendant un recensement de la population en 2017, de sorte que le plan directeur de 2019 du parc prévoit l’agrandissement de cette zone afin de mieux protéger l’espèce.

En 2017 plus de 1300 fougères des bois des montagnes furent comptées dans de nouvelles zones de recensement. Nous pourrons désormais compter sur ces zones représentatives pour suivre l'évolution de la population.